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Benchmarking IE

Benchmarking des pratiques de l’IE : Description de l’entreprise J

By 23 décembre 2007janvier 5th, 2022No Comments

Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un « benchmarking des pratiques d’intelligence économique » (voir les autres descriptions d'entreprises). 

Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d'entretien de l'entreprise J
 

 

Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l’entreprise.
Magazine d’information hebdomadaire international.
Culture de l’entreprise.
Très forte culture de la gestion des informations : collecte via des informateurs, traitement, diffusion?
 
Le magazine a une vocation continentale, et une approche « terrain ».
Environnement concurrentiel.
 
Présentation de l’interlocuteur
Coordinateur des services de la rédaction, interface avec la direction de la publication.
 
L’intérêt de cet entretien est de détecter si des méthodes d’investigation, des méthodes de collecte et de traitement des informations, propres au monde journalistique sont susceptibles d’être utilisées dans le monde de l’entreprise.
L’essentiel du compte rendu est consacré aux méthodes de collecte des informations, et notamment à la gestion du réseau d’informateur.
 
La présentation du système de veille général est sans objet.
Ce compte rendu a été rédigé en grande partie par l'intéressé.
 
Présentation des techniques de collecte et de traitement de l'information
 
Détection des besoins
Les sujets de veille sont déterminés par l’environnement :
Le positionnement de la publication vis-à-vis des organes de presse « à chaud », que sont les quotidiens, la radio et la télévision, déterminent les sujets à traiter.
Nous partons de l'hypothèse que notre lectorat recherche une mise en perspective que les organes à chaud ne peuvent lui procurer.
 
L'actualité détermine en premier lieu les choix éditoriaux. Certaines sections peuvent être toutefois décalées (les sujets Société par exemple)
La publication défend une réputation d'originalité, d'où la recherche de sujets nouveaux (qui sont souvent des sujets anciens vu d'un angle nouveau). Ce dernier aspect fait souvent la différence, vu que l'actualité appartient à tout le monde.
 
Le pouvoir de la direction se limite à l'angle du traitement du sujet, car c'est ce qui fonde une ligne éditoriale. Les sujets s'imposent souvent d'eux-mêmes. Une exception : le directeur peut susciter des articles sur des sujets que le journal maîtrise mieux que ses concurrents.
Collecte
Nous partons du principe que notre lecteur est une personne bien informée. Pas question, donc de lui resservir ce qu'il sait déjà (ou qu'il pourrait savoir en ouvrant des livres ou même d'autres journaux).
 
A- Internet est précieux dans la recherche d’information brute, mais n’apporte aucunes informations originales.
Aucun outil informatique particulier n’est utilisé. Il s’agit essentiellement des moteurs de recherche classiques, et de certains moteurs spécialisés dans le domaine d’intérêt du journaliste.
 
B- Bases de données professionnelles :
Le fil de l'AFP ainsi que les dépêches des agences concrétisent cette matière brute qu'est l'actualité. Les dépêches sont souvent à l'origine de nos articles. Indépendamment des styles et des lignes éditoriales, nous essayons tous de créer une plus-value informative à partir de la brève d'agence. En ce sens, les agenciers sont les tauliers de la profession.
 
C- L'élément clé est certainement le carnet d'adresse. Lequel doit être cultivé, et doit faire l’objet de beaucoup d’attention. Un bon réseau d'informateur est primordial. Des contacts occasionnels peuvent déboucher sur un papier intéressant mais le coût sera plus élevé (car le besoin de vérification et de recoupement est plus important).
 
En ce qui concerne la motivation des « capteurs d’information » : Dans le monde journalistique, un informateur peut être désintéressé et peut trouver gratifiant le fait de contribuer à l'accouchement d'une vérité. Mais les risques de manipulation sont sérieux, les fausses confidences et les fuites calculées sont courantes. En règle générale, un informateur requiert (et doit obtenir) l'anonymat au nom du secret de la source. Dans la mesure où les magazines d’information tablent rarement sur le caractère sensationnel de l'info, les informateurs sont rarement rétribués à la pièce mais cela arrive pour « les gros coups » lorsqu'ils sont matérialisés par un support matériel (écrit, photo?). C'est ce support matériel qui justifie, dans ce cas la rétribution.
Les relations de confiance sont la base des rapports avec les informateurs. Qu'ils soient ou non des familiers, les informateurs s'entretiennent (contacts fréquents, envoi d'exemplaires..).
Personnellement, je n'ai pas de méthode standard, mais je considère mes informateurs d'abord comme des partenaires et parfois comme des amis.
 
Les contacts lorsqu'ils sont « impliqué » dans l'information, se soucient d'abord de l'impact que la publication aura sur leur image. Lorsque leur contribution est anonyme, mes contacts ressentent plutôt l'impression valorisante d'avoir participé à un travail collectif, de manière générale, ils tiennent à renouveler l'expérience.
 
Ceci dit, la contrainte est également présente, même si elle prend des formes plus douces dans la pratique. C'est le cas des personnes sollicitées pour une info qu'ils ne peuvent refuser car d'autres pourront de toute façon la fournir.
De manière générale, nous journalistes jouons sur la duplicité des sources pour mettre à l'aise nos contacts (« on ne saura pas que c'est vous qui avez parlé car vous n'êtes pas le seul à savoir ») mais en même temps, le procédé peut parfois ressembler à une forme de chantage (« de toute façon si vous ne parlez pas, d'autres parleront, alors autant que ce soit vous ! »)
Traitement
Il ne s'agit pas réellement d'analyser les données mais plutôt de les traiter à la lumière d'un plan d'article qui peut, soit préexister soit naître de la matière recueillie. Une fois que l'angle de l'article est retenu, il s'agit d'écarter sans état d'âme les infos qui ne cadrent pas avec. La sélection part du principe que l'on ne peut pas tout dire, mais que l'on peut aspirer à l'exhaustivité sur un aspect donné.
 
Le recours aux consultations « d’experts » devient de plus en plus courant. Notre travail nous amène à solliciter les opinions qui « font autorité » dans un domaine donné. La méthode : les écouter, puis traduire leur pensée dans la langue de tous les jours (sans toutefois faire du simplisme).
 
Il n’y a pas d’outils informatiques particuliers qui soient utilisés. Il s’agit essentiellement des outils bureautique.
Les opérations « copier-coller » permettent notamment de réorganiser après coup des données récupérées dans le désordre. La transcription des infos s'effectue encore à la main, du moins au premier stade.
Diffusion
 
Mémorisation / capitalisation
 
 
Réflexion sur
la corrélation entre « besoins de veille » et « système de veille »
 
Indicateurs d’évaluation de la veille au niveau de l’entreprise
 
Points forts, et points faibles de l’organisation
Le monde journalistique a une forte expérience dans l’utilisation des sources informelles.
Corrélation entre besoins et système de veille
 
 

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