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Intelligence Economique

Syllogisme : entreprises françaises et IE

By 18 juin 2008juin 30th, 2022No Comments
Entreprises françaises et IE

Dans la dernière lettre du Club des vigilants (Vigilances n°62), on peut lire ces deux « alertes » l’une à la suite de l’autre concernant les entreprises françaises et IE. C’est certainement le fait du hasard, mais parfois le hasard fait bien les choses…

  • Dans la première alerte, Robert Guillaumot parle d’outil, pour souligner que les outils d’IE peinent à séduire les entreprises françaises.
  • Dans la seconde, Alain de Vulpian fait un parallèle entre les innovations technologiques et les changements socioculturels.

De là à tomber dans un syllogisme qui ferait dire que les entreprises françaises ne sont pas sociologiquement prêtes pour l’IE, il y a un pas « entreprises françaises et IE » que je me suis amusé à franchir … Quel lien peut-on, dans ce syllogisme, établir entre entreprises françaises et IE ?

Jérôme Bondu

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Extraits de Vigilances concernant les entreprises françaises et IE :

  • France frileuse

De nombreuses entreprises françaises ont adhéré au concept de l’Intelligence Economique mais la plupart d’entre elles privilégient l’aspect sécuritaire de cette discipline au détriment de son aspect offensif. Il est, certes, important de protéger ses actifs, et plus particulièrement son patrimoine de connaissances et de compétences mais il est tout aussi important (et peut-être plus) d’accroître ses capacités concurrentielles afin de gagner des parts de marché au niveau mondial. Les spécialistes en I.E savent comment des entreprises américaines et asiatiques se servent de l’outil pour améliorer leurs performances. Ils regrettent que beaucoup d’entreprises européennes, et spécialement françaises, fassent preuve de frilosité.

Robert Guillaumot

  • Nord/Sud : dialectique du changement

Les innovations technologiques et le changement socio-culturel sont souvent interactifs. Lorsqu’ils se nourrissent l’un l’autre ils constituent de puissantes dynamiques, des sortes d’attracteurs sociotechnologiques, qui attirent des transformations de la société, de l’économie et des moeurs.

En Occident, au XXème siècle, les changements socio-culturels ont été souvent les déclencheurs. Par exemple, la pulsion séculaire d’émancipation et d’autonomie des Européens et des Américains les a incités à accueillir la voiture automobile à bras ouverts et celle-ci a renforcé leur autonomie jusqu’à ce que les embouteillages ne la briment. De même, au milieu des années 80, l’usage des micro ordinateurs et la pratique de leur interconnexion n’ont pas été promus par IBM ni par les services informatiques des entreprises qui préféraient les gros ordinateurs. Ils ont été comme arrachés et imposés par les cadres avides d’autonomie et d’interconnections ; mais, une fois installés, la pratique des micros ordinateurs connectés a renforcé le besoin d’émancipation et de connexion et accéléré spectaculairement le développement des réseaux et socio-systèmes et l’influence des sociétés civiles. La fantastique rapidité de l’implantation des téléphones mobiles est un autre exemple de ce phénomène. Elle s’est produite parce que le portable répondait à un formidable besoin latent des personnes, des familles et des réseaux d’amis dont il a changé la vie quotidienne.

Dans les pays qui, aujourd’hui, s’ouvrent voracement à la modernité, le processus est souvent inverse. En Chine, par exemple, c’est, dans bien des cas, l’utilisation des techniques modernes de communication (automobile, micro ordinateur, téléphone mobile, web, etc.) qui est première. Mais, elle donne naissance et renforce rapidement des conduites de recherche de liberté personnelle et de libre interaction sociale qui multiplient les réseaux et socio systèmes, étoffent la société civile qui prend de l’indépendance par rapport à l’administration et au parti.

Alain de Vulpian

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