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Gestion des risques

Crise irakienne: Intelligence économique & la gestion de crise

By 21 octobre 2007juin 27th, 2022No Comments
Intelligence économique et gestion de crise

L’Intelligence économique dans la gestion de crise en Irak

Cet article est de Jérôme Vialatte. Il aborde le thème de l’Intelligence économique et gestion de crise. Il souhaite montrer, d’après l’exemple irakien tiré de l’actualité, comment des entreprises françaises peuvent utiliser l’Intelligence Économique (IE) pour s’adapter à un contexte de crise. L’article faisait partie du numéro spécial sur l’Intelligence économique de la Revue de l’Association des Diplômés de l’IAE de Paris. Jérôme Bondu a coordonné ce numéro 170 paru en mai 2003, intitulé « Intelligence Economique, un outil au service de la compétitivité ».

Introduction : Intelligence économique et gestion de crise

Cet article souhaite montrer, d’après l’exemple irakien tiré de l’actualité, comment des entreprises françaises peuvent utiliser l’Intelligence Economique (IE) pour s’adapter à un contexte inhabituel, et plus particulièrement aux menaces de boycott américain. Précisons d’abord que l’IE ne fera pas de miracles : si bonne que soit la mise en œuvre des principes d’IE cela ne compensera jamais complètement un rapport de force disproportionné. Cependant cela peut contribuer à en limiter les conséquences. Ainsi, pour le marché de la re construction en Irak, il serait possible de persuader les États-Unis de choisir des sous-traitants non américains.
Un exemple du manque de lisibilité de la situation actuelle est donné par les politiques divergentes des pétroliers : relations USA-nouveau gouvernement (Exxon Mobil), intégration dans un plan d’ensemble (Unocal), association-agreement entre compagnies (Total Fina Elf).

Etat des lieux de la situation de crise

La nature de la situation actuelle peut se résumer en quelques caractéristiques. Un rapport de forces fortement défavorable (ici hostilité de la puissance dominante ou d’une partie d’entre elle). Instabilité et illisibilité de la situation. Ces éléments caractérisent bien une situation de crise.
Les entreprises concernées sont nombreuses, et regroupent tant des exportateurs / importateurs (la France fut le premier exposant à la Foire Internationale de Bagdad fin 2001) que des sous-traitants (contrat Sodexho pour le Pentagone). Aux États-Unis, la French touch (image de marque de raffinement) serait en fait plus visée que les groupes français, aux labels américanisés (Dannon pour Danone).

L’Intelligence économique et gestion de crise : un travail sur les informations.

Ces dernières sont toujours dirigées et sélectionnées. Cette règle vaut plus encore en tant de crise. Et il faut donc redoubler de vigilance dans la collecte et multiplier les recoupements d’informations.
Les outils de collecte automatique d’informations ne captent que difficilement les éléments de surprise. Ils sont dont très mal adaptés aux crises, qui sont toujours des événements non prévus. Par exemple, ce type d’outil n’a pas anticipé la procédure de sélection par l’USAID de 5 sociétés américaines en mars.

Ceci posé, la collecte des informations prendra plusieurs formes complémentaires :
Activation ou réactivation de ses réseaux d’information. On pourra de même identifier de nouvelles personnes, ressources (experts militaires, pacifistes, kurdes, chiites). Aussi, identifier l’utilisation de nouveaux supports d’information. Ne nouveaux supports pourront surveiller grâce à des alertes en spécial Irak, weblogs de journalistes. Mais aussi par des sources inédites (Think tanks, agences de développement, organismes humanitaires). Enfin, de nouveaux produits de veille peuvent émerger, comme des points de situation sécuritaire.
Utilisation des organismes français et européens. Tels que la DREE (Direction des Relations Économiques Extérieures), le CFCE (Centre Français du Commerce Extérieur), les Missions Économiques, les CCI à l’étranger (Chambres de Commerce et d’Industrie) pour ne citer que ces quelques exemples. On pourra aussi se tourner vers des structures moins connues comme l’Association Franco-Irakienne de Coopération Économique. Enfin, des cellules de crise ont été créés créées dès le début des opérations le 20 mars (L’Européenne d’Assurances, ministère des Affaires Etrangères)

Second apport de l’IE, la mise en place d’actions adaptées.

Nous nous limiterons à trois points :

Création d’une cellule de crise : Une cellule de crise a pour objet d’accélérer les processus de prise et de mise en œuvre des décisions. Pour cela, on pourra réunir un effectif peu nombreux composé de décideurs, d’informateurs et d’experts.
Mise en place d’actions de lobbying. En France le Medef s’inquiète des boycotts et l’Elysée pense que les affaires reprendront sans problèmes durables. Les incertitudes juridiques pourraient pousser à saisir des occasions d’affaires. Par exemple si l’un des opposants irakiens en exil a dénoncé le contrat d’exploitation de Majnoon (TotalFinaElf) comme illégal, le bras de fer ONU / administration Bush porte aussi sur le statut du pétrole.
Appel à des intervenants spécialisés ou occasionnels. Durant la guerre, il pouvait être utilisé des prestataires ou services de renseignements pour des opérations sensibles (gel d’avoirs, rapatriement). Il pouvait aussi utilité pour savoir, par exemple, si des cartes fallacieuses ne sont pas en train d’être établies dans la zone pétrolifère de Majnoon (négociée par TotalFinaElf).

Pour conclure, de telles mesures ne réduiront pas à néant la crise, si elle éclate effectivement. Mais bien menées et par un nombre suffisant d’acteurs économiques coordonnés, elles pourront en réduire l’amplitude et la durée.

Par Jérôme VIALATTE (mai 2003)

Jérôme Vialatte est docteur en Science Politique. Il l’enseigna au Mozambique et s’intéressa aux menaces de déstabilisation du royaume du Swaziland. Il s’est orienté vers l’Intelligence Economique (DESS d’IE de Marne la Vallée, major 2001), et exerce des missions de veille stratégique dans des grandes entreprises du secteur de la Santé et de la Pharmacie. Également, il est l’auteur de deux ouvrages : sur les partis Verts et

le Swaziland.

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Jérôme Bondu

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