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Géopolitique

Critiquer la Chine n’est pas être anti-chinois

By 5 octobre 2007septembre 9th, 2022No Comments
Critiquer la Chine

Critiquer la Chine, est-ce être anti-chinois ? Dans le dernier numéro de Foreign Policy, on peut trouver de nombreuses références sur la Chine dans différents articles. Je me suis amusé à en relier les enseignements. Et les conclusions ne sont pas faciles à établir…

 

Le poids de la Chine

Page 16, c’est sous l’angle du tourisme qu’est rappelé le poids du pays du matin calme. Il y a eu « 34 millions de touristes chinois sur la planète » en 2006. C’est une augmentation de 300% par rapport à 2000. Et dans 13 ans (en 2020), il est estimé que près de 115 millions de chinois iront dépenser leurs yuans à l’étranger.
Où vont-ils ? D’abord en Thaïlande, notamment pour des raisons de proximité (1 million de touristes). La seconde destination est la France (600 000 touristes), car ils sont attirés par le Louvre, la Tour Eiffel, le romantisme et le shopping de luxe. Viennent ensuite Las Vegas et Sydney. Si on garde ces ratios, il faut nous apprêter à recevoir en 2020 deux millions de Chinois sur notre territoire soit vraisemblablement 1/35ème de ce que sera la population française à cette époque.

 

Critiquer la Chine : les erreurs d’appréciation…

Page 17, une courte interview de Chris Patten, dernier gouverneur anglais de Hong Kong, rappelle que la démocratie est un concept confus pour ce grand pays. Je cite M. Patten « Je me souviens particulièrement des premières négociations menées à Pékin (1992). J’essayais d’expliquer à mon interlocuteur ce que l’Etat de droit signifie. J’ai précisé que quand j’avais été ministre, j’avais été traîné en justice à plusieurs reprises par des citoyens. Je n’avais jamais su par avance si les juges trancheraient en ma faveur ou non. Je crois que mon interlocuteur a pensé que je me moquais de lui. »
Puis ce grand homme d’Etat aborde le sujet de l’Irak « L’une des erreurs majeures de (l’ancien premier ministre Tony) Blair, a été de croire que critiquer les Etats-Unis revient à être anti-américain. Si cela était vrai, alors la moitié des Américains le seraient. C’est un argument ridicule. La vérité, c’est que, à cause de la politique de Blair, il y a maintenant plus d’antiaméricanisme en Grande-Bretagne qu’il n’y en avait à mon époque. Ce que je regrette profondément ».

 

Le plus grand danger 

A propos d’erreur d’appréciation, on parle souvent du développement de la Chine comme du plus grand danger pour les veilles économiques industrielles dont nous faisons partie. Or Philippe le Corre page 65 détonne en disant que « le plus grand danger pour les pays occidentaux n’est certainement pas une Chine qui réussit mais bien une Chine qui échoue » !

 

Et si le capitalisme tuait la démocratie ?

Quant à Robert B. Reich, que l’on ne peut pas soupçonner d’alter mondialisme, il s’interroge lui sur la perte d’influence des Etats au profit des grandes entreprises mondialisées. « Des marchés libres étaient supposés conduire à des sociétés libres. Au lieu de cela, une économie mondialisée gonflée à bloc est en train d’éroder le pouvoir des citoyens dans la plupart des démocraties de la planète. Bienvenue dans un monde où le résultat financier dévoie l’intérêt général et où les gouvernements sont à la remorque du « big business » ».

 

Voilà pour la collecte. Place maintenant à l’analyse. Qu’en déduire sur le fait de critiquer la Chine ? 

Beaucoup de choses.
D’abord, que même si l’on est sensibilisé à la privation des droits de l’Homme en Chine, il faut se rappeler que l’apprentissage de la démocratie est un chemin lent. Que le plus grand danger de la démocratie n’est peut être pas la Chine, mais le fait que nos propres grandes entreprises ont tendance à remplacer les Etats. Dans tous les cas, il serait autant contre productif de stigmatiser ce pays ou de faire preuve d’une complaisance aveugle. Les deux positions créant un anti-sinoisme (le mot existe-t-il ? allez je l’invente 😉 populaire contre productif. Ainsi, critiquer la Chine n’est pas être anti-chinois…
Surtout si la France, en tant que seconde destination préférée des Chinois, doit bientôt d’accueillir avec égard deux millions de chinois venir enrichir notre balance commerciale ! N’y a-t-il pas à ce propos, un challenge intéressant à relever en essayant d’être leur destination préférée (l’augmentation de leur pouvoir d’achat biffant l’attrait financier de la Thaïlande). Dernier point, comment nous préparons-nous ? Ou en est l’apprentissage du Chinois ? Ceux qui auront 25 ans en 2020, en ont 12 aujourd’hui (et sont en 6ème au collège). Ne serait-ce pas le bon âge pour s’initier à la langue de Confucius ?

 

Pour en apprendre plus sur la Chine…

La source est le Numéro de Septembre – Octobre 2007 de Foreign Policy.

Qu’aurait bien pu faire Sun Tzu face à une situation de cette complexité ? Pour tenter d’y voir plus clair, mon post du 6 octobre concernera l’adaptation de la stratégie du jeu de GO à la stratégie d’entreprise.

Affaire à suivre ?

Jérôme Bondu

 

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