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Géopolitique

La NSA espionne le monde, ? et alors ?

By 19 novembre 2007No Comments

Le témoignage d’un technicien d’AT&T remet en lumière l’espionnage opéré par la NSA sur l’intégralité du trafic Web et voix. La NSA s’appuie pour cela sur l’entreprise américaine AT&T. Cela n’est pas un scoop, puisque c’est l’objectif même de la NSA que de procéder à ce type d’écoute. Néanmoins, ce témoignage relance le débat sur l’étendue de la dérive paranoïaque américaine?

On peut lire sur Silicon.fr :
« Le gouvernement américain avait affirmé après la révélation par le New York Times, en décembre 2005, que l’existence d’un programme de surveillance des emails et des conversations téléphoniques, découlait directement (ou profitait) des évènements du 9/11 et ne concernait que les communications relevant de la sécurité nationale, en particulier les personnes suspectées de liens avec le terrorisme.

Seulement voilà, la chaine MSNBC vient de révéler, citant le témoignage d’un technicien d’AT&T, Mark Klein, que cette pratique d’espionnage dépasse largement l’objectif fixé, et que la NSA (National Security Agency) chargée de la sécurité intérieure des Etats-Unis, reçoit des copies de l’intégralité des communications et du trafic.

Sont concernés les communications, appels téléphoniques, emails, messages et trafic Web, domestiques et professionnels, nationaux et internationaux (?).

En réponse aux interrogations sur de telles pratiques, AT&T rejette sa responsabilité en affirmant qu’il répond aux injonctions du gouvernement américain. Quant à ce dernier, il se réfugie derrière le ‘State Secrets Privilege’ pour justifier, non pas de ces pratiques condamnables selon la loi américaine, mais du secret qui les entoure?

Tout le monde est conscient que l’Amérique espionne le monde. Aujourd’hui, les preuves s’accumulent. Mais l’administration américaine n’en a cure, et se réfugie derrière sa paranoïa sécuritaire pour justifier ses abus. » *

Qu’y a-t-il réellement derrière cette fuite ?
Même si ce témoignage est inquiétant, on peut s’interroger d’une part sur « l’exploitabilité » de la masse d’information récupérée.

D’autre part, il est symptomatique que dans les films d’anticipation américains, le héro s’en sorte toujours grâce à sa technologie, bien évidemment supérieure à celle de l’adversaire. Parallèlement, on se rappelle qu’il y avait eu une grosse publicité sur le réseau social créé pour les espions américains. Dernier ingrédient à ma réflexion, la guerre des étoiles : Quand le président Ronald Reagan a lancé la guerre des étoiles contre la Russie, il a entrainé ce dernier sur un terrain sans issue. L’ennemi soviétique a dépensé des fortunes dans ce « leurre », et s’y est épuisé. Pendant ce temps, les Etats-Unis préparaient la révolution numérique, la silicon valley, arme de domination économique autrement plus efficace.

Je ne serai pas étonné que la publicité donnée autour de leur capacité d’interception des données transmises, soit un miroir aux alouettes, un leurre pour faire dépenser des fortunes à « leurs concurrents » en les incitant soit à reproduire un système similaire, soit à s’en protéger. Focaliser la capacité d’innovation dans ces domaines, au détriment d’autres plus importants pourraient être là le véritable enjeu de ces alertes. On voit bien la Russie, qui renaît de ses cendres notamment grâce à ces richesses gazières, et dirigé par un homme qui n’a pas caché sa nostalgie de la Grande Union Soviétique, comme cible de cette campagne.

Comment la France devrait réagir ? Améliorer ses protections, reproduire ce système ?
Traitant d’un autre sujet, Michel Godet s’insurge contre les mirages technologiques. Il s’en explique dans une tribune paru dans « La Tribune » (14 nov). Si la connaissance est bien le moteur de l’innovation, « ce n’est pas une raison pour cultiver le mirage technologique et la fuite en avant dans les dépenses de R&D ». L’innovation est aussi commerciale, organisationnelle et financière. Il rappelle que des études internationales prouvent qu’il n’y a pas de corrélation claire entre les dépenses R&D et les performances des entreprises !

Il faut donc aider les PME innovantes, aider à la production d’innovation à hautes valeurs ajoutées, former les jeunes au gout de la création d’entreprise, de l’innovation et de la vente.

Car conclue Michel Godet « il n’est de richesse que d’hommes éduqués ». Et s’ils sont écoutés par les grandes oreilles de l’oncle Sam, ce n’est pas si grave. Rappelons-nous que l’écoute est passive. Seule la création est constructive.

Jérôme Bondu

 * Quasi intégralité d’un article d’Yves Grandmontagne issu de Silicon.fr

 

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