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Stratégie

Les vastes étendue du web sont comme un marécage peuplé de monstres

By 3 avril 2009janvier 6th, 2022No Comments

« Les européens de la fin du XXème siècle ne soupçonnaient pas « l'étendue du web », décrit comme un marécage peuplé de monstres. »

 

J'ai toujours à portée de main quelques livres d'histoire. Entre deux missions de veille, qui me font jouer avec les technologies modernes de recherche d'information, je m'amuse souvent à lire quelques paragraphes sur l'histoire de France, du monde ou d'ailleurs. Ce sont comme des paliers de décompression, après une longue plongée en apnée dans le web profond. Et cela me permets de relier (inter-ligere) des informations et des Hommes qui n'ont pas l'habitude de se rencontrer ?

 

Les grands explorateurs (Vasco de Gama, La Pérouse, Magellan, ?) n'ont pas fait que découvrir des nouvelles terres. Les frontières qu'ils ont traversées sont autant géographies que psychologiques. L'extrait ci-dessus (détourné en replaçant « l'étendu des océans » par « l'étendue du web ») rappelle que l'inconnu faisait peur. Et cette peur a développée une riche fantasmagorie, qui faisait voir aux contemporains des grands explorateurs des monstres de toutes sortes peupler l'océan. Ils s'étaient donné de bonnes raisons pour ne pas y aller. L'imagination a remplacé la raison.

 

Je ne sais pas si on peut comparer Gates, Jobs, Brin, Page, Zuckerberg, ?aux grands explorateurs d'alors. Mais osons quelques parallèles :

-Il est certain que le web fascine, et fait peur à certains.

-Il est clair aussi que ceux qui découvrent des « nouvelles terres » (par exemple les réseaux sociaux) sont bien placés pour se les approprier (Facebook s'approprie les données personnelles qu'on veut bien lui confier).

-Ces explorateurs d'alors se vendaient au plus offrant. Magellan n'ayant pas réussi à convaincre le roi du Portugal, il alla offrir ses services à Charles Quint. Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de google rejoignent Live Search le moteur de recherche de Microsoft.

 

Quand à ces nouveaux territoires, là encore, on peut imaginer leurs contours. Ce sont des territoires définis par l'instantanéité, l'interactivité, la diffusion du savoir.

Enfin, comme avec la découverte du nouveau monde, il y aura certainement des gagnants et des perdants. Les populations amérindiennes, en ont payé un bien lourd tribut. Pas tant par le feu des mousquets que par les bactéries emportées par les conquistadors qui ont été à l'origine d'une des tueries (épidémie) les plus importantes de l'humanité. Sans parler du commerce triangulaire qui a saigné le continent africain, et a déraciné une population, qui en 2009 voit l'un des leurs devenir le chef des nouveaux explorateurs ?

 

Jérôme Bondu


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