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Intelligence Economique

Colloque CED : intelligence économique et numériques (2/2)

By 1 septembre 2022No Comments
Intelligence économique et numérique

Comment traiter intelligence économique et numériques ? Les 2 et 3 octobre 2008 s’est tenu la 1ère Université d’Été de l’Intelligence Économique, avec pour titre : « La France, l’Europe et les États francophones sont-ils des marchés conquis ? »

Organisé de main de maître par le Forum Francophone des Affaires, présidé par Stève GENTILI, et l’association Culture Économie Défense, présidée par Yves -Marie MORAY (intervenu au Club IES), le colloque s’est tenu dans le cadre prestigieux de l’École Militaire. Les tables rondes se sont succédé durant un jour et demi, avec un large panel d’intervenants (45 exactement).

Voici quelques morceaux choisis relevés çà et là (je n’ai pu assister qu’à 3 tables-rondes sur 6). Je tiens à souligner que le texte ci-dessous n’engage que moi, et ne reflète que ma compréhension du discours des intervenants. Compte tenu de sa taille, je poste ce compte rendu en deux parties. Lire la première partie du compte rendu : L’Europe est-il un marché conquis ?

Intelligence économique et numériques

La table ronde numéro 4 avait pour thème : intelligence économique et numériques.

Nombre impressionnant de moteurs de recherche

Renaud FINAZ DE VILLAINE (Directeur marketing et communication de MICROPOLE-UNIVERS) a présenté un nombre impressionnant de moteurs de recherche (parmi eux, Grokker, Ixquick, kartoo, Quintura, Searchcrystal, Xcavator, …). Il est intervenu au Club IES. Les Français selon lui, se « débrouillent bien » dans certains compartiments du jeu (recherche, sémantique) mais sont inexistants dans les phases marketing et de commercialisation. Sur le sujet des outils, voir mon interview sur France 24.

Jean-François MARCOTORCHINO (Directeur Scientifique THALES Communications, Directeur de Recherche et Professeur des Universités) a confirmé cette analyse en pointant sur les domaines d’excellence française, mais aussi sur les occasions manquées. L’avenir des moteurs sera selon lui, dans le multimodal avec des moteurs qui traiteront en même temps le texte, l’image et le son.

Domination de Google

Claude MOLLY-MITTON (Responsable du pôle « veille et relations extérieures » au sein de l’AIFE, Membre permanent de l’Académie de l’Intelligence économique) a complété ces vues, et s’est notamment étonné du paradoxe suivant : la domination de Google sur ses concurrents est plus importante en France qu’aux Etat-Unis : 90% de part de marché en France, contre 62% aux EU, alors même que la France a une production dynamique en la matière.

Peter van der LINDEN (chef de projet Quaero) a rappelé que le projet Européen Quaero ne se veut pas concurrent de Google. La puissance financière de Google est telle, qu’elle le met à l’abri de ses concurrents. D’ailleurs, ce que craint le plus l’ancienne strat-up de Mountain View, n’est pas le développement d’un concurrent frontal (type yahoo) mais l’apparition d’une technologie de rupture, comme celle qui à l’époque lui a permis de se développer. En effet, vers les années 2000, tous les grands de l’internet ne juraient que par les portails. Google a innové par son algorithme et par sa présentation (page de recherche) totalement dépouillée à l’opposé de la tendance de l’époque.

On fait les préliminaires, et on ne couche pas

Jean-Pierre CORNIOU (Président de EDS CONSULTING France, membre du Conseil Stratégique des Technologies de l’Information auprès du Premier Ministre) a rappelé que les Français ont inventé l’ordinateur (André Truong), internet (Louis Pouzin ancien responsable du projet Cyclades), … et que nous n’en profitons pas. D’où cette formule qui a le mérite de frapper les esprits « On fait les préliminaires, et on ne couche pas » !! M. Corniou nous a livré son diagnostic de la France :
– Il y a un très bon appareil de formation initial et supérieur. Même s’il y a des axes d’amélioration, avec notamment un meilleur apprentissage du partage. Il évoque cet adage du football « Ce n’est pas avec les meilleurs joueurs que l’on fait la meilleure équipe ».
– Il appuie le constat que nous sommes mauvais en marketing. Nous avons une « incapacité à résister au marketing américain ». Nous faisons preuve d’un suivisme affligeant.

Nous n’acceptons pas les innovations.

– Nous n’acceptons pas les innovations. « On travaille en 2008 comme on travaillait dans les années 80 ». La mortalité des projets d’innovation informatique en France est spectaculaire. Cela est dû notamment au modèle très inerte de management de l’entreprise. Le processus malheureusement est le suivant dans nombre de sociétés « je monte un beau projet, je le passe à mon chef, qui le passe à son chef, qui le passe à son chef, et qui … l’enterre ». Le jeune ingénieur brillant à 20 ans, qui veut révolutionner le monde, devient à 50 ans patron de son entreprise, et ne fait plus que de la gestion des rivalités internes pour s’assurer de rester au sommet de la pyramide le plus longtemps possible.
– Il faut sortir du modèle de management passéiste. Il faut redevenir impertinent. Au XVIII ème siècle, la France est sortie des normes (système politique, religion, …). A cette époque nous avons « osé ».
– Il faut se départir de nos inhibitions, il faut une hiérarchie plus horizontale, et mieux utiliser la force qu’offre la mobilité et la connectivité.

Je lui laisse le mot de la fin en guise de conclusion « Il faut un combat de l’intelligence, qui passe par une éducation à l’information ».

Bravo pour ce colloque organisé par le FFA et le CED, et vivement la prochaine édition !!

Lire la première partie du compte rendu : L’Europe est-il un marché conquis ?

Jérôme Bondu

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