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Ecologie

Requiem pour un requin

By 19 décembre 2007No Comments

Il faut se méfier des idées reçues, et des images mentales automatiques. Les idées associées au requin en sont un parfait exemple. Si on pense au requin, on pense au mangeur d’homme, … mais qu’en est-il en réalité.

 
L’image du requin
Le mot requin vient de requiem. Car qui voyait un requin pouvait chanter son requiem, tant il est sur qu’il n’échapperait pas à la mort.
 
La réalité éthologique
Issus de la lointaine aire primaire (les plus anciens fossiles connus datent de 430 millions d’années), les requins ont conquis presque tous les milieux marins.
S’ils ont survécus et se sont adaptés, c’est sans doute grâce à leur formidable capacité de prédation. Leurs dents sont placées en rangées parallèles, qui constituent de véritables scies. Elles repoussent en cas de chute. En plus des 5 sens identiques à ceux de l’homme (dont un odorat hors du commun), ils ont un sixième sens nommé électrolocation (sensibilité aux champs électriques produits par le mouvement d’autres animaux) unique dans le monde animal.
 
La réalité du danger
Seuls un vingtaines d’espèces sont potentiellement dangereuses pour l’homme. Selon l’ISAF (1), sur 58 attaques « non provoquées » survenues en 2005, quatre furent mortelles. « Les requins demeurent bien moins dangereux que les abeilles, les guêpes et les serpents qui font beaucoup plus de victimes chaque année » explique Catherine Vadon (2).
 
La réalité écologique
Mais c’est sans doute l’image de puissance qu’il revoit, qui a fait de cet animal un élément important de la mythologie des peuples océaniens. Malheureusement, cette fascination a pris des formes diverses. Et la consommation de ses ailerons est devenue en Chine un signe d’aisance, un plat de prédilection. Aujourd’hui, le poids démographique de la Chine, cumulé avec l’industrialisation de la pêche mène à des aberrations. Les requins sont pêchés en si grande quantité (100 millions par an) qu’ils sont menacés de disparition. Et ceci, pour ne récupérer que leurs ailerons, c’est à dire 3% du poids de l’animal !!! Le requin dont on a coupé les ailerons est rejeté à la mer. S'il y a un cas de gâchis, c'est bien celui là.
« Une vingtaine de pays sont actuellement responsables de 80% des prises mondiales de requins signalés : Indonésie, Taïwan, Inde, Espagne, Etats-Unis d’Amérique, Pakistan, Argentine, Mexique, Malaisie, Japon, Thaïlande, France, … ». J’ai été étonne de voir que l’Espagne est dans le peloton de tête, et que la France soit en douzième position !
20% des requins sont menacés d’extinction.
 
Image et réalité…
Nous sommes loin de la réalité des requins mangeurs d’homme.
Actuellement, ce serait plutôt tout le contraire.
 
Jérôme Bondu
 
(1) ISAF : Fichier international des attaques de requins.
(2) Source : Le Rotarien. Conférence de Catherine Vadon, maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Elle est aussi commissaire scientifique de l’exposition « Requins », actuellement présentée au Marinarium de Concarneau (jusqu’en mai 2008). 

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