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Gestion des risques

« L’intelligence des risques » : la Hiérarchisation des risques 5/5

By 24 février 2008juin 27th, 2022No Comments
hiérarchisation des risques

Bernard Besson et Jean Claude Possin m’ont fait l’honneur d’écrire un article pour Inter-Ligere. Les auteurs de « l’Intelligence des Risques » (ouvrage que j’ai eu le plaisir d’éditer en tant que directeur de l’IFIE Editions) reviennent sur la nécessité de prendre en compte tous les types de risques possibles (notamment les risques managériaux, pour avoir la vision la plus globale possible). Cette prise en compte globale appelle une hiérarchisation des risques. Cette vision « englobante », ne souffre pas de cloisonnement. Effectivement, elle impose un travail collectif, qui n’est pas sans rappeler celui de l’intelligence économique.

Leur article va être posté en 5 billets :

1- Les quatre familles de risques

2- Le risque sécuritaire global

3- La dimension collective des risques

4- Le calcul des risques

5- La hiérarchisation des risques dans un panorama d’ensemble

Cela étant, veuillez trouver ci-dessous, le cinquième et dernier billet.

Jérôme Bondu

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La hiérarchisation des risques dans un panorama d’ensemble

D’abord, le directeur de la gestion des risques (véritable risk manager) doit fournir à l’organisation un panorama complet et hiérarchisé de tous les risques et menaces qui la concerne.

Ces risques seront périodiquement revisités, réévalués et remis à jour et enfin comparés les uns aux autres en fonction de leur criticité pondérée.

La hiérarchisation des risques passe par le calcul

La criticité pondérée d’un risque se calcule selon une formule mathématique simple (13) que nous proposent MM Geiben et Nasset dans le domaine de la sécurité. Il nous paraît possible et souhaitable d’étendre ce mode de calcul à l’ensemble des risques et des menaces.

Ainsi, la criticité d’un risque est égale à sa fréquence que multiplie sa gravité.

Criticité = Fréquence (F) x Gravité (G)

Un calcul différencié implique une hiérarchisation des risques différente

Ensuite, la fréquence et gravité n’ont pas la même signification selon les secteurs ou les branches professionnelles. En effet, un défaut de fabrication dans l’industrie aéronautique n’a pas la même gravité qu’un défaut de fabrication dans le domaine de la pâte à papier. La fréquence des accidents n’a pas la même portée dans le domaine hospitalier que dans le domaine agricole.

Chaque entreprise et chaque communauté de risque participe à l’élaboration de coefficients de pondération de la fréquence (Fp) et de la gravité (Gp) qui tiendront compte du chiffre d’affaires, des normes d’une profession, des réactions de la clientèle, de la culture de l’entreprise et de son environnement économique.

Dès lors, la criticité pondérée d’un risque sera égale à sa fréquence pondérée multipliée par sa gravité pondérée.

Cp = Fp x Gp

L’intelligence des risques, véritable « GPS » d’identification et de localisation des risques dans l’entreprise, est née de l’observation « in situ » des besoins de l’entreprise en matière de gestion des risques. Par conséquent elle offre sans prétention scientifique un langage commun aux acteurs internes et externes de la prévention.

Des outils pour la modélisation et la gestion des risques

L’ouvrage propose en outre les outils de modélisation et de gestion juridique et éthique des risques, (mise en place de la mission protection, charte de sécurité/sûreté, le schéma directeur, la délégation de pouvoir, etc.).

Il prône une nouvelle vision de la cellule de crise. Les rôles respectifs du délégué général à l’intelligence économique (DGIE) et du Directeur de la gestion des risques (DGR) y sont précisés.

D’ailleurs, des exemples significatifs permettent d’aborder la prévention de risques réputés difficiles comme le risque financier, le risque terroriste, la contrefaçon, l’espionnage industriel et concurrentiel, le risque sectaire. La démarche démontre l’obsolescence des approches classiques dans le domaine de la protection et de la sécurité économique. En d’autres termes, c’est la fin de l’entreprise bunker.

De nombreux ouvrages traitant le sujet

L’intelligence sociale développée par Stevan Dedidjer (14), un des pionniers de l’IE qui inspira de nombreux experts.

  • L’intelligence verte L’agriculture de demain de Philippe Desbrosses Editions du Rocher 1997
  • L’intelligence politique rubrique d’Intelligence Online
  • L’intelligence des risques, comme l’intelligence juridique de Maitre Thibault du Manoir de Juaye (15)
  • L’intelligence commerciale de Louis Hauser, Ifie août 2006
  • L’intelligence des banlieues de Corinne Prezelj, Hervé Azoulay et André Added, Ifie avril 2007, demain « L’intelligence décisionnelle (16) ».

Une démarche d’entreprise ouvrant de nouvelles perspectives

Ces ouvrages ouvrent des perspectives professionnelles, un approfondissement d’enseignements spécifiques et une arborescence nouvelle à l’intelligence économique dont elles sont issues. Ces sujets de conversation, voire de polémiques qui annoncent la naissance de nouveaux métiers seront, n’en doutons pas, le ciment fécond d’une véritable transformation sociétale fondée sur le partage d’informations et de concepts émergents hyperspécialisés.

La participation active de l’Association des Mangers du Risque et de l’Assurance en Entreprise (AMRAE) aux travaux du groupe Métiers et Compétences du Haut Responsable à l’Intelligence Economique conforte sur un plan méthodologique et « politique » la pertinence de la démarche entreprise.

Finalement, les professionnels du risque reconnaissent dans ce concept une vision capable de renouveler les pratiques et l’horizon de leur métier.

Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Bernard Besson et Jean Claude Possin

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Présentation

Jean Claude Possin est Vice Président du Groupe Intelligence Economique de l’INHES.

Bernard Besson est chargé de mission auprès de M. Alain Juillet Haut Responsable à l’Intelligence économique (HRIE).

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(13) Geiben B, Nasset JJ ; ouvrage déjà cité.

(14) Né à Sarajevo en 1911 le Dr Dedidjer est décédé le 14 juin 2004 à l’âge de 93 ans. Pionner de l’IE, il inspira de très nombreux experts internationaux. « Il écrivit un premier texte sur l’intelligence sociale aux Etats Unis, au collège Darmouth en 1972. Puis après avoir publié plus de 250 articles sur le thème de l’intelligence il rédigea une communication « Développement et intelligence, 2003- 2053 » présentée à Zagreb dans sa ville natale en 2003. Cette communication sera la dernière, c’est un testament tourné vers l’avenir, son obsession. Il y formule les questions suivantes « Comment évolue l’humanité ? Quel est le rôle de l’intelligence dans cette évolution ? Dans quelle direction l’intelligence évoluera-t-elle ?… » Extrait de l’article de Philippe CLERC, Président de l’AFDIE Regard sur l’IE N°5 septembre/octobre 2004.

(15) « Le droit pour dynamiser votre business » Stratégies judiciaire, stratégie de protection du patrimoine, stratégie d’alliance et de pouvoir. Edition d’Organisation. Sept 2004

(16) En cours d’élaboration, Titre déposé.

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