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Ecologie

Va t’on vers une crise mondiale de l’eau ?

By 20 novembre 2007No Comments
Ce vaste sujet a été traité avec brio et concision par Jean-François Donzier, lors d'une réunion du Club Rotary de Paris *.
 
L'intervenant, qui a été chargé par le gouvernement français de la création de l'Office International de l'Eau (qu'il dirige depuis 1991), a aussi de nombreux mandats internationaux (il est entre autre, administrateur du « Partenariat Mondial de l'Eau » à Stockholm, a été gouverneur du Conseil Mondial de l'Eau lors de sa création en 1997, ?). Voici quelques éléments saillants de son discours.
 
C'est un domaine qui génère de nombreuses idées reçues : La crise de l'eau douce touche déjà beaucoup de pays, et va en toucher toujours plus. Par exemple l'Angleterre, que l'on imagine mal manquer d'eau, connait pourtant des sécheresses estivales ! Certaines départements en France connaissent des situations complexes : le Gard connait 11 mois par an une pénurie d'eau, et le 12ème mois voit l'apparition de torrents incontrôlables.
 
Quelques chiffres permettent de mesurer la multipolarité du problème de l'eau dans le monde :
L'eau (son absence ou sa pollution) est la première cause mondiale de mortalité.
Un quart de la population mondiale n'a pas accès à de l'eau potable.
Un quart de la population mondiale n'a pas accès à l'assainissement basique (par exemple avoir des toilettes).
Vingt cinq pourcent des eaux anthropiques (utilisées par l'homme) retournent à la terre sans aucun traitement. Ce problème vient surtout des grandes mégalopoles (comme Mexico, 22 millions d'habitants, soit 1/3 de la population française).
Non seulement l'eau se fait rare, mais le gaspillage est énorme. Ainsi il est estimé que deux tiers de l'eau transportée est perdu durant le voyage (par exemple due à des fuites de canalisation).
 
Facteur aggravant, les changements climatiques vont renforcer les problèmes de gestion de l'eau ! On risque de voir la fréquence des inondations augmenter. Parallèlement, certaines régions du monde, comme les pourtours de la Méditerranée vont connaître une diminution de 25% des précipitations. Mais ce qui est le plus inquiétant est la perspective d'une augmentation de 50 centimètres du niveau de la mer qui va déplacer des millions de personnes ! Certaines régions du monde vont connaitre de véritables traumatismes.
 
Il y a donc une obligation de changer les pratiques !
Or pour l'essentiel, ce n'est pas un problème de technicité, mais un problème de volonté. Volonté politique d'une part, et volonté de la société civile d'autre part. L'intervenant esquisse quelques axes sur lesquels une volonté politique doit permettre d'aboutir à des décisions, comme sur la tarification de l'eau.
 
Et ce dernier de finir en nous rappelant que nous Français «râlons » souvent sur le goût et le coût de l'eau qui sort de notre robinet, mais qu'il ne faut pas oublier que nous sommes des « archis privilégiés » au niveau mondial. Ce qui ne doit pas nous empêcher d'?uvrer à tous les niveaux pour adoucir, voir empêcher une très probable « crise mondiale de l'eau ».
 
 
Jérôme Bondu
 

* Réunion du mercredi 14 novembre. 
Ce compte rendu informel n’engage que son auteur.  

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