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Mais où sont passés les trentenaires ?

By 28 janvier 2008janvier 6th, 2022No Comments


 

Une jeune association « 30attitude » a organisé il y a peu, une réunion très intéressante sur la place des trentenaires*. 

On a pu y entendre lors d'une première table ronde, Jean-François Copé et Manuel Valls **, tous deux engagés en politique dans leurs trentaines.

 
On a pu ressentir une certaine complicité entre ces deux personnes, qui s'ils n'appartiennent pas au même parti, semblent avoir des valeurs communes. Ils sont par exemple tombés d'accord pour dire que le quinquennat va accélérer le renouvellement des générations en politique. Que la meilleure manière d'attirer les jeunes talents est d'avoir un langage de vérité et de simplicité (pour l'instant c'est un message classique). 

Ils n'ont pas caché que faire de la politique est un domaine extrêmement violent, que les campagnes de presses, les rumeurs, ne laissent jamais indemne. Ni que chaque nouveau talent qui arrive dans un parti représente « un danger » pour les autres, les anciens qui attendent leur tour (ou jour) de gloire, et qui peuvent voir le nouveau venu audacieux comme un « concurrent potentiel » (là, on est sorti de la langue de bois !). 

S'il y a beaucoup de têtes chenues en politique, c'est parce que la progression s'apparente à un chemin initiatique. Pour s'y épanouir, il faut passer beaucoup d'obstacles, ce qui prend forcément du temps. Ils trouvent tout deux scandaleux qu'il n'y ait pas un seul député issu de l'immigration. Ils pensent qu'il ne s'agit pas de la part des partis d'une volonté déterminée, mais plutôt le résultat d'une simple équation : sur le terrain, quand il s'agit de choisir la tête de liste, on prend simplement le mieux placé. Ceci dit, il faut selon eux améliorer la représentativité et la diversité sociale des élus. Si la droite a gagné, c'est qu'elle a crevé ses abcès idéologiques. Travail que la gauche n'a pas entrepris.

Etait-ce parce que le public était plutôt « jeune » que ces deux mentors politiques ont eu un langage aussi décontracté. En tout cas bravo.  

 
Une seconde table ronde a réuni des chefs d'entreprise, dont Mercedes Era la charismatique patronne d'EURO-RSCG monde. J'ai retenu une de ces anecdotes. Elle raconte avoir voulu un jour installer un « open space » sur un des étages du siège. Elle se demandait comment faire accepter cette idée. Puis finalement elle a trouvé la solution : elle a tout simplement installé son bureau au milieu de l'open space ainsi créé. Elle n'a pas dit si elle y est restée longtemps, mais j'ai trouvé l'idée géniale. Le meilleur des arguments dans le cadre d'une « conduite du changement » est souvent l'implication directe du patron ! Ce chef d'entreprise affirme manquer de jeunes qui « prennent leur responsabilité ». Elle voit les jeunes générations comme « inquiètes », ayant besoin d'être rassurées.

A cette même table ronde siégeait aussi Denis Granger, président d'aXense. Ce dernier a une méthode pour traiter ce sempiternel sujet du salaire : quand un collaborateur lui demande une augmentation, il répond invariablement « Prouve-moi que j'ai intérêt à te payer plus ». Et il ajoute, qu'à chaque fois qu'il a tenu ce langage, ? personne n'est jamais revenu !

A bon entendeur ?
 
Jérôme Bondu
 
 * Réunion organisée le 30 novembre 2007 au MEDEF par 30attitude
 
 
 ** Jean-François Copé est député maire de Meaux et président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale. Manuel Valls est député-maire d'Evry (PS)

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