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Intelligence Economique

Un nouveau délégué interministériel intelligence économique

By 2 octobre 2009juin 27th, 2022No Comments

Olivier Buquen est nommé depuis le 30 septembre, délégué interministériel à l’intelligence économique. Bienvenu au nouvel homme fort de l’Intelligence Economique en France. Olivier Buquen est un homme d’entreprise, c’est donc une excellente nouvelle ! Je reprends ci-dessous quelques éléments issus de la presse, émaillés de considérations personnelles.

La direction bicéphale de l’intelligence économique

Jean Guisnel, du Point, précise son affectation et souligne la direction bicéphale de l’Intelligence économique en France.
« Le décret de Christine Lagarde qui accompagnait la création du poste précisait que son titulaire serait placé au sein de son ministère auprès du secrétaire général du ministère de l’Économie. (Dominique Lamiot).

Le nouveau « comité directeur de l’intelligence économique » a déterminé les « orientations » du délégué interministériel selon le décret. Il sera placé auprès de la présidence de la République. Cette double dépendance Bercy/Élysée ainsi que l’élévation de la fonction au niveau d’un délégué interministériel constituaient une des grandes nouveautés de ce profil de poste. »

–> Cette direction bicéphale semble être le résultat d’un savant dosage pour respecter des susceptibilités ? Espérons que cela fonctionne ! Il y a un précédent malheureux. En 1995, le rapport Martre a créé le Comité pour la compétitivité et la sécurité économique. Il dépendait alors du Premier ministre et comprenait sept membres élus pour deux ans. Ce comité sera l’objet de rivalités entre les ministères. Et comme ne régnait pas la sagesse de Salomon, le bébé fut sacrifié plutôt que de le voir s’épanouir au profit d’une de ses mères !!

Un homme d’entreprise en tant que nouveau délégué interministériel intelligence économique : une surprise

Le Point souligne aussi la surprise de la nomination d’un homme d’entreprise :
« Nicolas Sarkozy s’est surtout montré sensible à son profil d’homme de l’entreprise. Il a, de ce fait, été préféré à des candidats, pourtant de haut niveau, issus de la fonction publique ou du secteur de l’intelligence économique. « L’Élysée a voulu sortir des sentiers battus, souligner la nécessité de se rapprocher du monde de l’entreprise, où se trouvent de très nombreuses informations. » »

–> Personnellement, je sais d’où vient cette décision de l’Elysée. J’avais écrit le 17 septembre dans mon blog « Alain Juillet connaissait bien le monde de l’entreprise. Espérons qu’il en sera de même pour le futur délégué ministériel à l’intelligence économique. » Il ne faut pas chercher plus loin 😉

Plus sérieusement, cette dernière phrase que Jean Guisnel met en guillemet (provenant donc certainement de l’Elysée) m’interpelle « se rapprocher du monde de l’entreprise, où se trouvent de très nombreuses informations. » Il est bien sûr difficile de juger d’une phrase sortie de son contexte. Néanmoins il me semble que les entreprises sont la finalité de la politique publique d’intelligence économique, et non une source d’informations.

La relation État – monde de l’entreprise

L’État détient énormément d’informations qu’il ne met pas toujours à disposition des entreprises. Les colloques spécialisés rappellent ce constat. Je me rappelle notamment que c’était une des conclusions d’un événement organisé par l’AFDIE et présidé par Jean-Louis Levet. Un colloque tenu à l’IHEDN rappelle cette même conclusion avec force. Pire, l’État Français oblige les entreprises françaises à se dévoiler outre mesure. Hier lors d’un colloque organisé par Ile de Science, et où j’ai eu le plaisir de m’exprimer, le PDG du laboratoire Lyocentre a rappelé que l’obligation de publication des bilans est une hérésie sur le plan de l’intelligence économique. C’est une distorsion de concurrence majeure que l’Etat impose aux entreprises même qu’il devrait protéger. Mais comme mon blog est célèbre, même au plus haut niveau, je ne doute pas que cela change très rapidement 😉

Le parcours du nouveau délégué interministériel intelligence économique

Le Moci insiste quant à lui sur son parcours :
« Olivier Buquen a un diplôme de l’Essec et de l’IEP de Paris. Ce dirigeant d’entreprise a débuté sa carrière comme auditeur à la Française d’audit et d’expertise (1987-1988) avant d’intégrer le groupe Bolloré comme responsable de la communication (1988-1990). Il a ensuite rejoint le groupe Paribas comme cadre à la direction au siège (1990 -1999), puis comme directeur de l’exploitation de BNP Paribas Lease Group Italia, à Milan (1999-2002).
Olivier Buquen a ensuite quitté la banque pour devenir en 2002 directeur du développement de Plastic Omnium. Ce groupe au chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros en 2008, est numéro un mondial dans deux métiers. D’abord, l’automobile avec des pièces et modules de carrosserie et des systèmes à carburant en plastique. Et dans l’environnement où il est spécialisé dans la pré-collecte des déchets. Sur le plan politique, Olivier Buquen est un proche de Brice Hortefeux. C’est l’ancien conseiller municipal (UDF puis DL) de Carnac (1983-2001), maire de Carnac (1996-1998) et conseiller régional de Bretagne (1998-2000). »

–> Il a donc divers expériences professionnelles, dans divers secteurs, avec une expérience à l’international ! Bravo pour ce parcours transverse ! Ce parcours témoigne de l’ouverture nécessaire à la tenue de ce poste. Ce dernier sera certainement compliqué…

Jérôme Bondu

On pourra lire un historique du développement de l’intelligence économique dans Wikipédia

crédit image : https://portail-ie.fr/resource/hommes-de-l-ie/1050/olivier-buquen

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