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Le combat le plus dur

By 5 mars 2008No Comments

Le Monde en date du 1er mars décrit le retour à la vie « normale » d'anciens champions de boxe. L'article met en exergue les difficultés de ces hommes qui ont tout donné dans un sport et qui se retrouvent, une fois avoir déposé les gants, complètement démunis dans une nouvelle vie dont ils ne connaissent pas les codes.

 
Ce qui m'a intéressé dans cet article est la vision de ces champions, du monde du travail « normal » (le notre). Morceaux choisis ?
 
Fabrice Bénichou (champion du monde des super-coq) va droit au but et explique « qu'il ne se sentait pas à l'aise dans un milieu « hostile » où l'on doit toujours « être plus intelligent ou plus vicieux » que (?) les autres ».
 
Il dit plus loin « un coup de poing dans la gueule, ca fait mal à l'égo sur le moment, mais ça s'oublie. Alors que les coups au figuré, ceux des gens méchants, tu les gardes longtemps avec toi. Mais les plus durs, c'est quand c'est toi qui les donnes parce que tu es tellement centré sur toi que tu oublies les autres ».
 
Beau jugement en finesse, et à double titre. Le monde du travail est dur car il nous « oblige » à être rude envers soi et envers les autres.
 
Le cas de Christophe Tiozzo est tout aussi révélateur. A la fin de sa carrière (champion du monde des super-moyens) contrairement à Bénichou qui n'avait pas épargné, il avait capitalisé la coquette somme de 10 millions de francs. Aujourd'hui il est au RMI ! Sa fortune s'est volatilisée « grâce » aux bons soins de personnes « de confiance ». Il s'en explique : « Pendant ma carrière, je faisais confiance à tout le monde. J'ai toujours vécu dans une bulle ».
 
Finalement, on peut se demander lequel de ces deux univers est le plus rude !
A moins que la difficulté ne soit pas d'être dans un « univers » mais de savoir (devoir) en changer. Certes, toute phase de transition est difficile. C'est ce qui rend les populations d'adolescents, chômeurs ou retraités particulièrement fragiles (chacun étant dans une phase de transition). D'où la force de ceux qui ont su maitriser leurs transitons, valeur détectée dans les recrutements à l'anglo-saxonne, alors que (sans vouloir caricaturer) les recruteurs en France sont souvent à la recherche de parcours rectilignes et unidirectionnels. Donc paradoxalement plus fragiles. Moins aptes à gérer les changements de ce monde.
 
Revenons à nos boxeurs. Pour les aider à passer d'un univers à un autre, Mahyar Monshipour (ancien champion du monde des super-coq) a reçu une mission du secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports, Bernard Laporte.
 
Nul doute qu'il saura faire preuve de pugnacité, ? pour peu qu'il ait les codes.
 
Jérôme Bondu
 

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