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Réseaux humains

Professionnel en toutes circonstances

By 27 janvier 2008janvier 17th, 2022No Comments

J'ai lu récemment un livre qui a première vue n'avait rien à voir avec le management. Pourtant, l'auteur qui expliquait son métier, a fait de très nombreuses références à sa manière de gérer ses équipes. Je vous livre quelques extraits et vous propose un petit jeu ? essayez de deviner quel métier se cache derrière ce texte.

 
Sur l'état d'esprit dans son équipe :
« Non, on n’impose pas le travail (?) par la contrainte et l'autorité. On l'insuffle par un certain état d'esprit, une convivialité, une joie de travailler ensemble et de former une équipe. La « batonite » (imposer un rendement en fin de mois dans le nombre d'affaires réalisées) n'a jamais fonctionné longtemps » P46
 
« Mais le plus difficile n'est pas enseigné dans les écoles (…), c'est l'ambiance à créer, l'état d'esprit à insuffler, faire en sorte que les (?) [NDLR : collaborateurs] soient heureux de venir travailler, qu'ils se sentent bien au travail, cadrer leurs fonctions sans les étouffer. Poser des limites claires et nettes ; inspirer des valeurs, une façon d'agir, une volonté de résoudre tel problème ». P61
 
Derrière cette volonté, il avoue avec modestie ne pas tout métriser « Un état d'esprit est né. Tant mieux. Cela relève d'une alchimie qui m'échappe. Le résultat est là, il faut continuer calmement, sans triomphalisme ». P75
 
Sur la constitution des équipes :
Il mêle les profils différents, et évite la consanguinité que l'on peut retrouver dans certains cadres. Pour lui l'efficacité rime avec le mélange des différences. Dans un groupe de travail « il y a un mixte de tempérament qui forme une équipe la plus performante possible. Comme je l'ai indiqué à un journaliste de façon humoristique, il y a le fort, l'intellectuel et le rapide ». p71
 
Quelque soit la composition des équipes, il est important que chacun soit à sa place. « Et surtout qu'ils ne se prennent pas pour ce qu'ils ne sont pas ». P76
 
Sur le rôle de l'encadrement :
« Le mot « Patron » (?) est empreint de beaucoup de choses, il doit assumer tout : féliciter, sanctionner justement, orienter, désigner, élever la voix, ne rien dire et laisser agir mais montrer sa présence, être là en cas de coups durs, savoir laisser la hiérarchie intermédiaire (?) résoudre le problème » P61
 
Il ajoutera plus loin que c'est « une stratégie d'action, une rigueur de gestion, et surtout une volonté de tout les instants ». P94
 
Sa conclusion commence ainsi : Etre à la tête d'un groupe est « non seulement un grand plaisir mais aussi un honneur ». P109
 
Alors, de qui sont ces superbes phrases ? Est-ce un grand ou un petit patron d'entreprise, un professeur, un chercheur sciences sociales, un chef cuistot, un élu ou un dirigeant associatif ? ?

 
Non, c'est un officier de police ! L'auteur de ces lignes est Michel Felkay qui été le patron de la BAC-N (Brigade Anti Criminalité de nuit). Il est contrôleur général et Sous Directeur de la Police de la Sécurité ferroviaire au Ministère de l'intérieur. Son petit ouvrage (un peu plus de 100 pages) « Donner sa vie au quotidien »* présente les activités de la brigade qu'il a dirigée.
 
J'ai eu l'occasion et le plaisir de le rencontrer au sein du Club Rotary Paris Notre Dame. Il m'a rappelé une autre personne que j'avais rencontrée brièvement lorsque j'ai passé (de ma propre volonté) mon brevet de secourisme. Il s'agit du « patron » des sapeurs pompiers de Paris. Tous deux avaient ce mélange rare de charisme, d'éthique et d'humilité. Il le faut quand on commande des personnes qui risquent leur vie !
 
Si j'avais un conseil à donner à un directeur d'école de commerce ou tout autre structure qui enseigne le management, ce serait d'inviter ces « meneurs d'hommes » exceptionnels que l'on trouve dans d'autres corps de métier que « l'entreprise ».
 
La devise de la BAC « professionnel en toutes circonstances » pourrait être l'objectif de beaucoup de sociétés.

 
Jérôme Bondu
 
* Edition L'Harmattan 2003

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