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Gestion des risques

A lire : La face noire de la mondialisation

By 30 septembre 2009juillet 29th, 2022No Comments
La face noire de la mondialisation - Xavier Raufer

Dans le cadre de la préparation de la conférence de mardi 6 octobre, animée par Xavier Raufer sur La dimension criminelle des crises financières, j’ai lu son dernier ouvrage (106 pages, petit format). Le livre « La face noire de la mondialisation » a été co-écrit avec Alain Bauer, qui est lui-même intervenu au Club IES, et dont vous pouvez lire le compte rendu de son intervention « Nouvelles menaces : Etat des lieux« , ainsi qu’une appréciation de son avant dernier ouvrage « Le nouveau chaos mondial« .

Compliance et Due Diligence : le début de la face noire de la mondialisation

Les deux auteurs se livrent dans une première partie à un diagnostic « Dans quel monde vivons-nous ? », avant de proposer dans une seconde partie des principes et perspectives « Percevoir et affronter les entités dangereuses ».

J’ai été attentif à leur critique de la « compliance » et de la « due diligence ». Jean-Michel Lavoizard était venu au Club pour présenter cet aspect de son travail et son exposé avait été très convainquant. En fait les deux auteurs ont une vision très différente de ces deux méthodes venues des États-Unis. La due diligence est un de ces mots valise qui ont des sens très différents selon les interlocuteurs.

Leur critique repose sur le système de compliance dans un contexte financier, et notamment de blanchiment d’argent, et la création de listes de personnes exposées : « Bâti à l’aide de postulats intellectuellement critiquables, le socle du système compliance + due diligence est fragile. Evaluer, comme il le fait, les menaces après coup, n’offre finalement qu’une idée rétrospective du danger, et donc une fausse sensation de maitrise du problème. Partant de ce système, pas d’anticipation, pas de prévision possible ». P31

On peut lire aussi ces formules imagées :

  • Compliance : une fuite est détectée sur un « tuyau » financier – Mettons-y une rustine !
  • Due diligence : des individus sont dangereux ? Dressons-en la liste.

La poursuite de la face noire de la mondialisation : fétichisme technologique et pauvreté

Ils critiquent aussi le fétichisme technologique : « Or en matière de diagnostic, la haute technologie ne sert à rien et contribue même à égarer les acteurs concernés. Elle pousse à oublier le problème et se fascine pour la solution, qui est l’équivalent hi-tech de la baguette magique ». P34

On comprend parfaitement leur propos qui est de critiquer tout ce qui bride l’anticipation : « Cette définition du chaos induit aussi notre méthode, celle d’un décèlement précoce des menaces du monde présent. Dans un espace chaotique en effet, le tardif, le rétrospectif ont perdu d’avance. Prolonger les courbes est inopérant. Dans un tel monde, gagner, c’est forcément prendre les devants ; les décisions doivent s’y prendre, non selon le passé, mais pour ce qui est à venir ». P37

Leur préoccupation concerne en particulier les immenses mégalopoles des pays pauvres, qui sont en réalité de vastes bidonvilles où l’inégalité et la pauvreté règnent en maître (deux fléaux qui sont présentées par les deux auteurs comme malheureusement très « durable » !) Ce sont des « couveuses du crime organisé et champs de bataille du terrorisme ». P53 Le chaos s’y installe et comme un « bouillon de culture », et génère des germes pathogènes les plus divers. C’est cette diversité qui impose une ouverture et un décloisonnement le plus total. « Car l’ère de l’ennemi lourd, stable et lent ? donc identifié, visible et descriptible ? est révolue ».

Leur vision de la sphère médiatique n’est pas tendre : « Cette sphère médiatique est doté d’un système de perception semblable à celui des squales : elle voit bien ce qui bruisse et s’agite ? mieux encore, ce qui saigne. Le calme, le silencieux, l’enfoui, le dissimulé, la médiasphère le voit peu, ou ne le voit pas. » P85. (Sur ce sujet, on pourra lire l’analyse du livre de Pierre Servent  « La trahison des médias, le dessous des cartes »)

Savoir se questionner…

Ils filent la métaphore océanique un peu plus loin : « L’aveuglement surmonté, tâche ardue dans une société réagissant en banc de poissons, concevoir un projet pertinent en terme de sécurité globale consiste d’abord à ne pas puiser dans le passé, dans les conceptions préexistantes, de quoi satisfaire nos besoins futurs en matière de défense et de sécurité ; mais à regarder devant soi, à ouvrir des perspectives, à s’étonner et à questionner ».

On retrouve ce « questionnement », qui est la première étape de toutes démarches d’intelligence économique, et que Bernard Besson et Jean-Claude Possin ont largement développé. « Questionnement » qui est aussi plus globalement une démarche de vie dans un monde en mouvement.

Il sera très intéressant d’écouter M. Xavier Raufer mardi 6 octobre à 19h30 sur « La dimension criminelle des crises financières« . Voir la liste des prochaines conférence du Club IES, la chaîne Youtube d’Inter-Ligere.

Jérôme Bondu

 

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