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Intelligence Economique

Compte rendu conference : Les dispositifs territoriaux d’intelligence économique

By 13 juin 2007No Comments

Compte rendu rédigé par Jérôme Bondu, de la conférence du 20/11/2003 au CLub IES

Sur le thème « Les dispositifs territoriaux d'intelligence économique. Analyse comparée du Japon, du Royaume Uni, du Canada et de la France »

Animé par Philippe CLERC

 

Présentation de l'intervenant

Philippe Clerc est Directeur de l’Intelligence Economique et des Technologies de l'Information et de la Communication à l’ACFCI , et est président de l’AFDIE .

Avant d’intégrer l’ACFCI, M. Clerc fut notamment Chargé de Mission au Commissariat Général au Plan et à ce titre, Rapporteur général du groupe de travail présidé par Henri Martre « Intelligence Economique et Stratégie des Entreprises ».
Il fut ensuite Chef de la mission compétitivité et sécurité économique au SGDN  et secrétaire du Comité pour la Compétitivité et la Sécurité Economique.
Il fut enfin Chargé de Mission auprès du Préfet de Basse-Normandie pour la mise en place du dispositif régional d’IE.
 

Introduction

M. Clerc rappelle que les informations présentées lors de cette conférence sont issues d'une collaboration.
Il y a un tropisme vers les Etats-Unis lorsqu'il s'agit de parler d'économie. Mais d'autres pays peuvent être pris pour référence. La présentation de ce soir a justement pour but de comparer les dispositifs territoriaux d'IE de quatre pays : Japon, Royaume Uni, Canada et France.

1. Les dispositifs territoriaux d’intelligence économique

 

Nous commençons par un constat paradoxal : à l'heure de la mondialisation il y a une affirmation de l'importance de la localisation. Et pour citer Michael Porter : « L'accès compétitif aux marchés du monde s'opère à partir d'une extrême localisation des activités et des dynamiques d'entreprises » .
– En effet, il y a une « redécouverte » des nouvelles formes spatiales d'organisation, qui portent des noms divers : districts, clusters, grappes, SPL (Système de Production Local), ?
– Ces structures fortement localisées facilitent la constitution et l'utilisation de réseaux qui vont être des outils nécessaires (voire indispensables) dans la lutte concurrentielle.

Ces territoires, qui sont des vecteurs de développement économiques, vont donc bénéficier de Projets et d'une mise en place de stratégies propres. A cet égard, l'intelligence économique va être un outil de pilotage de la stratégie de ces territoires.

L'apport de l'IE peut être défini comme :
– une capacité à comprendre et interpréter les enjeux et les réalités,
– une démarche de détection, d'interprétation de signaux de l'environnement économique, culturel, social et politique,
– une aide à l'implémentation des décisions prises, une démarche d'influence.
Ces trois éléments définissent ce que l'on peut appeler un SLIE ou Système Local d'Intelligence Economique.

Les finalités des SLIE sont de :
– développer des capacités d'intelligence de l'environnement,
– produire des connaissances adaptées au paradoxe « local/global » et utiles aux stratégies individuelles et collectives,
– définir et conduire des stratégies d'influence.

 

2. Analyse comparée dans quatre pays

 

Pour chacun des quatre pays on se posera deux questions :
– quelle est la pratique de l'IE dans les territoires ?
– quels sont les réseaux mis en place ?
Cette analyse comparée est risquée, car nous disposons encore de peu de connaissances sur les systèmes locaux d'IE (P. Bergeron).

Canada

En ce qui concerne la pratique des PME canadiennes (basée sur une étude des secteurs industrie et hautes technologies) 57 % des PME enquêtées avaient mis en place un dispositif plus ou moins formel de « Business Intelligence » (P. Bergeron).

Réseaux :
– En ce qui concerne la mise en place de réseaux : on peut remarquer la création de 14 centres de veilles concurrentielles (Business Intelligence Centres). Ces centres ont pour vocation d'apporter aux PME les services suivants : expertise, transferts de technologies, informations, apprentissage de l'utilisation de l'information stratégique et mise en place démarche de Business Intelligence (BI). Ces centres sont créés avec des fonds publics, mais au bout de trois ans la structure doit s'auto financer.
– Notons aussi le programme d'assistance à la recherche industrielle (NRC)
Il y a donc un réel effort de « socialisation » de la démarche auprès des PME.

Royaume Uni

La pratique de l'intelligence concurrentielle et même la culture offensive du renseignement économique (par exemple l'utilisation de war room) est bien encrée dans les grands groupes. Les PME sont initiées à la démarche via les « Business Links ».

Réseaux : Les « Business Links » sont de véritables réseaux territoriaux d'appui et de diffusion des pratiques et d'informations à valeur ajoutée : export, innovation, technologie, Business Intelligence, ?
Les opérateurs de Business Links sont basés dans chaque région (il y en a 45 en tout). On notera deux types de formations à l'attention des PME : le « general business and market intelligence » et le « local business intelligence». Des fiches pratiques sont consultables en fonction des problématiques « marchés » (benchmarking, positionnement concurrentiel?).

Japon

Pratique :
L'innovation et la Recherche & Développement sont au c?ur de la gestion des rapports de force concurrentiels. Il est intéressant de noter que le Japon est passé du modèle d'innovation tiré par le marché et l'imitation au modèle tiré par la découverte.
Au Japon comme ailleurs on note la formation de clusters pour une mutualisation des ressources. Ci-dessous, nous présentons une schématisation du « Kansai Bio Cluster ».

Les Réseaux sont multiples. Notons :
– Les Centres régionaux (dans chaque municipalité) qui sont en appui à la création et à l'innovation (Ex: Osaka Small Business Information Center).
– Les centres préfectoraux qui sont en appui à des projets (étude de faisabilités, mise à disposition d'experts, diffusion d'information sur le management, la technologie, l'innovation).
– Les centres de « venture capital » pour PME.
– La Japanese SME corporation

France

La pratique de l'IE est assez répandue dans les grandes entreprises. Par contre il y a un déficit de culture stratégie et concurrence dans les PME. Il est à noter que l'enseignement de l'IE est parmi le plus dense au monde avec de nombreux mastères, DESS, DEA, ?

Les réseaux mis en place sont multiples et quadrillent le territoire français. Philippe Clerc présente ci-dessous une grande partie des structures d'appui pour les PME en matière d'intelligence économique.

Il existe plusieurs réseaux d'expertises :
– les RDT, Réseau de Diffusion Technologique ,
– les CRCI, Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie, avec les Résis (Réseau d’informations stratégiques pour les entreprises), et les Arist (Agence régionale d'information stratégique et technologique),
– les ARD, Agence Régionale de Développement.

Des programmes de socialisation de la démarche IE sont en cours. Notons  :
– PROMIS, Programme régional destiné à acco
mpagner les entreprises à la maîtrise de l’Information Stratégique (CCI de Rennes, Toulouse, ?),
– le partenariat entre l'ACFCI et les Cercles de l'IE Medef Paris.

Deux programmes à vocation expérimentale ont été menés :
– en Bourgogne, 7 PME ont été sensibilisées à l'IE entre 1997 et 1999.
– en région Centre, le programme « Avant-Centre » est en cours, avec des Ateliers IE à l'Ecole Supérieure de Commerce de Tours – Poitiers.

Des programmes à vocation stratégique sont menés (les SLIE -Systèmes régionaux ou Locaux d'IE – évoqués plus haut). Notons ceux :
– de Basse-Normandie, de Picardie, ou d'Essonne,
– ou celui de Franche-Comté, où l'Agence régionale d'IE est financée par la Région, l'État et portée par la CRCI.

Pour finir, M. Clerc présente deux exemples de réussites de Territoire grâce à l'application d'une dynamique d'intelligence économique :
– La plate-forme collaborative du pôle d'excellence «dépollution – nettoyage» de Basse-Normandie. Ce cas a été présenté par Jean-Marie Mouchel, Directeur du CRITT BNC , lors d'une réunion SCIP-CCIP le 10 octobre 2002.
– La plate-forme collaborative plasturgie et la plate-forme collaborative micromécanique en Franche-Comté. Cas présenté par M. Tartonne directeur de l'ARIE (Agence Régionale d’Intelligence Economique) de Franche-Comté, en octobre 2002.

 

Conclusion

Quelles sont les axes de progrès pour assurer un développement stable et efficace des territoires ?
– Articuler les stratégies de développement territorial avec les stratégies d'IE par un travail d'innovation.
– Réhabiliter la prospective vers l'intelligence stratégique partagée en Europe.
– Définir la doctrine de sécurité globale comme facteur du développement.
– Inclure dans le travail de réflexion les thématiques de développement durable.

 

Quelques éléments bibliographiques

– R. D'Aveni, Strategic supremacy: how Industry Leaders create growth, wealth and power through spheres of influence, Free Press, 2001.
– Made in Japan, sous la direction de H. Yoshikawa, Livre de Poche, 1998.
– Philippe Clerc, Rémy Pautrat, Prospective des dispositifs nationaux d'IE, in ?IE et économie de la connaissance? sous la direction de Jean-Louis Levet, Economica, 2003.
– Jan P. Herring, Business intelligence in Japan and Sweden: lessons for the United States, Journal of Business Strategy, v.13, n.2, mars/avril 1992.
– Geneviève Lecamp, Vers la plus-value des territoires et leur mise en synergie, document de réflexion, juin 2003, ACFCI.
– The IPTS Report, Numéro spécial : prospective et développement régional, 11/2001, n° 59, JCR, Séville.
– Commission européenne, La prospective, Rapport final, DG Recherche, juin 2002.
– Michael Porter, The basis of Economic Prosperity, 1998 .
– Jean-Yves Prax, Le management territorial à l'ère des réseaux, Edition de l'Organisation, 2002.

 

Compte rendu rédigé par Jérôme Bondu

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