Dans la cadre de ma dernière formation sur la veille dans les médias sociaux j’ai réalisé le petit atelier suivant :

La problématique était de cartographier les influenceurs sur Twitter sur un sujet spécifique, et sans outil. Le choix des stagiaires s’est porté sur le thème de la collapsologie. Je vous présente ci-dessous une méthodologie relativement facile, et surtout très rapide. Elle a été mise en œuvre dans le cadre de la formation en quelques minutes. Bien sûr un travail plus fouillé se ferait autrement. Mais dans la méthodologie ci-dessous, le rapport temps / résultats est très intéressant.

Méthode :
1- J’ai d’abord interrogé Twitter avec deux mots-clés : collapsologie ou effondrement. Twitter m’a présenté une série de comptes actifs sur ces sujets, notamment basé sur la présence de l’un des deux mots-clés dans leur nom, leur description, ou leurs tweets. J’en ai sélectionné une dizaine.

2- J’ai ensuite copié-collé les données (nombre de tweets, abonnés, abonnements) pour les premiers résultats. Nous avons retiré certains profils (comme celui de France Culture) et rajouté d’autres (comme celui d’Aurélien Barrau qui paradoxalement n’était pas ressorti).
Collaps 6

3- Le copié-collé initial dans Excel avait importé la mise en page. J’ai nettoyé ces données. Collaps 1
Collaps 2
4- J’ai ensuite proposé une cartographie en bulle. C’est un format que j’affectionne particulièrement, car il a le mérite d’être très visuel et d’aider à la décision. Comme la cartographie finale comporte 3 variables, il a fallu faire un choix : nous avons retenu le nombre d’abonnés (axe horizontal), le ratio abonnés/abonnements (axe vertical) et le nombre de tweets (taille de la bulle).
Collaps 4
5- La première carte (ci-dessus) avait l’inconvénient de superposer trop d’acteurs, et d’être difficilement lisible et exploitable. J’ai proposé une échelle logarithmique. Les distances entre acteurs sont alors artificielles, mais l’ordre de placement est respecté, et la carte ci-dessous est nettement plus lisible.
Collaps 5

Conclusion :
Trois acteurs se détachent nettement, dont Aurélien Barrau. Sur ces trois acteurs c’est celui qui tweete le moins. Mais cela renforce le poids de sa communication. La carte a été réalisée en moins de 5 minutes ;-)

Biais méthodologiques :
Toute bonne étude se doit de pointer les biais méthodologiques. Surtout pour un travail dont une des contraintes était d’être réalisé rapidement. Cette méthode est donc bien sûr perfectible :
- La recherche dans Twitter aurait pu être plus fine.
- Nous avons sélectionné avec un certain arbitraire les comptes à cartographier.
- La prise en compte des indicateurs (nombre de tweets, abonnés, abonnements) aurait pu inclure d’autres éléments.
- Le ratio abonnements/abonnés et critiquable.
- …

Sur le même sujet, je vous recommande :
- De visiter les formations que j’assure en veille, intelligence économique et gestion de la réputation numérique.
- Les précédentes études sur des cartographies avec Gephi


Jérôme Bondu





delecourtLe mardi 12 mars 2019 à 19H30
Le Club des professionnels de la Veille de Lille / Inter-Ligere
En partenariat avec SKEMA Lille
Vous invite à sa 32ème conférence-débat sur le thème :

Réseaux Sociaux, Social Selling et Ereputation : enjeux et perspectives
Par Miguel Delecourt

________________________________
THEME :
Durant cette conférence, Miguel Delecourt nous fera part de son expertise sur les médias sociaux. Il montrera comment utiliser aux mieux ces outils, comment se forger une notoriété tout en évitant les principaux écueils.

________________________________
INTERVENANT :
Miguel Delecourt est conférencier, formateur, coach, consultant Réseaux Sociaux et Ereputation.
Il a formé plus de 3500 professionnels formés dans 8 pays

________________________________
DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
19h15 - 19h30 : Accueil des participants par Jérôme Bondu
19h30 - 20h15 : Intervention de Miguel Delecourt
20h15 - 20h30 : Débat
_______________________________
LIEU :
Skema Lille
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INSCRIPTION OBLIGATOIRE :
Entrée gratuite sur préinscription obligatoire !

Cette conférence est organisée par le Club des professionnels de la Veille du Grand Lille, en partenariat avec Inter-Ligere.fr .    


Cordialement,
Jérôme Bondu







facebook cymesEn tant que veilleur, passionné par la révolution numérique, enseignant en techniques d’influence, ingénierie sociale, soft power et autres joyeusetés … je me sens assez fort pour ne pas me laisser prendre par le petit jeu de Facebook.
- Je sais par exemple que Facebook a 100 000 critères d’analyse de notre personnalité. J’ai testé Data Selfie et me suis rendu compte que l’outil pouvait déterminer facilement mes opinions politiques, ma religion, mon niveau de vie, … Je sais aussi que Facebook peut aller dans le très intime. Il a par exemple la capacité de déterminer quand vous « couchez avec quelqu’un » uniquement par l’analyse de la fréquence des échanges sur Messenger.
- Je sais enfin que les médias sociaux cherchent à exacerber notre engagement, et pour ce faire, jouent facilement sur la corde de la colère qui est sans doute le plus puissant moteur de l’engagement.
Tout ceci pour dire que quand je jette un œil sur mon profil Facebook pour détecter les notifications de mon réseau, je le fais avec un regard très critique. En un mot comme en cent, je pense maîtrisez la bête.

Et il y a eu la semaine dernière.

Alors que je regardais rapidement mon fil d’actualité, je suis tombé sur la vidéo de Michel Cymes sur la déportation de son grand père. J’ai hésité, flairant le piège émotionnel, et finalement je l’ai regardé. Ce témoignage était effectivement très émouvant. Après le visionnage, j’ai déroulé mécaniquement le fil pour trouver une autre info un peu plus réjouissante. Et justement il y avait une vidéo des Simon & Garfunkel jouant « The Sound of silence ». Magnifique morceau interprété par les deux complices devenus vieux. Beau duo qui redonne foi en l’humanité.

Et j’ai fermé Facebook pensant avoir bien géré mon temps…

facebook simon

Et puis …

Et puis j’ai opéré à postériori un recul critique. Je me suis appliqué ce que j’enseigne. Voyons voir. A bien y réfléchir, j’avais il y a quelque mois déjà fait suivre le témoignage d’une déportée. Et il y a environ un an, j’avais liké une vidéo de Simon & Garfunkel jeunes jouant le même morceau "The Sound of silence".
J’ai été attrapé par une première séquence émouvante. Puis une seconde qui m’a remis du baume au cœur. Comme si Facebook avait su jouer avec mes émotions. La descente et la remontée. L’adrénaline puis la sérotonine. L’infusion parfaite... Hummm. Et j’ai eu un doute. Est-ce que l’algorithme n’a pas joué avec moi comme un chat avec une souris ? Cela parait évident avec le recul. Et j’ai marché comme un bleu. Si je n’avais pas l’esprit tordu, je n’y aurais vu que du feu. Ce fil d’actualité m’a scotché à l’écran et m’a bien piégé.

Bien sûr certains pourront se réjouir d’avoir un si bon ami nommé Facebook qui vous connait par cœur, et vous apporte ce qu’il vous faut d’émotion. Mais cette amitié factice est unidirectionnelle. Vous aimez Facebook, mais Facebook ne vous aime pas. Il vous utilise. Elie Pariser a créé le concept de la « bulle informationnelle ». Je me permets très modestement d’introduire ici le concept de « bulle émotionnelle » qui en serait le prolongement.

Quel recul critique peuvent avoir les plus jeunes ? Comment pourront-ils ne pas se laisser capturer par cette toile d’araignée géante ? Et j’ai eu peur … pas pour moi, mais pour eux !

Jérôme Bondu

Auteur du livre « Maîtrisez internet … avant qu’internet ne vous maîtrise ».




carto

Dans le cadre de ma dernière intervention à Centrale Lille sur l’intelligence économique, j’ai proposé un petit TD avec l’outil de cartographie Gephi. Les étudiants ont choisi d’analyser l’utilisation des termes liberté, égalité et fraternité dans la presse. Je vous propose dans ce billet de voir le mode opératoire, les résultats, et pour finir les biais méthodologiques.

Mode opératoire :
Les étudiants ont interrogé G$$gle Actualité avec trois requêtes complexes sur le modèle :
 intitle:liberté intitle:politique OR intitle:société
Avec un filtre temporel de mois d’un an. Et une subtilité supplémentaire dont nous parlerons plus bas.
L’idée d’imposer les mots « politique » ou « société » visait à s’assurer qu’il s’agisse d’articles dans le champ du politique ou du social. Sinon, nous allions être submergé par des articles non pertinents comme par exemple des résultats sportifs : « égalité lors du match entre le club truc et machin ».
(nb : ceux que cette requête laissent perplexes doivent de toute urgence consulter la formation sur les techniques de recherche ;-)

Nous avons ensuite compilé les résultats des trois requêtes dans un tableur.
Puis avons intégré les données dans Gephi.

Résultats :
Comme on peut le voir très facilement sur le graphe :
-Le mot « liberté » est le plus présent dans les titres des articles (79 occurrences).
-Le mot « égalité » est le second plus présent avec 56 occurrences.
-La « fraternité » est le parent pauvre avec seules dix petites occurrences.

Le Monde utilise plus le mot égalité dans ses titres, tandis que Le Figaro utilise plus le mot liberté.
Parmi les rares journaux qui ont significativement utilisé le mot fraternité dans leurs titres, on trouve La Croix, Famille Chrétienne et l’Agence Bretagne Presse…

Sur la période écoulée, DNA, l’Obs, Le Parisien, … n’ont jamais utilisé le mot égalité dans les titres.
Inversement RTL, France Inter, La Voix du Nord, L’Alsace, … n’ont jamais utilisé le mot liberté.

Une surprise :
liberté politiqueNotre travail de requêtage nous a amené à découvrir une source d’information assez cocasse : « La Fondation de service politique » a qui littéralement submergé nos premiers résultats. Cette fondation a réussi à « tromper » les algorithmes de Google dans le sens où une de ses rubriques s’intitule « liberté politique ». Et avec notre requête intitle:liberté intitle:politique OR intitle:société nous tombions sur 1600 résultats provenant de cette source, sur un total de 2200 résultats en tout ! A tel point que nous avons dû l’exclure purement et simplement avec la requête :
Intitle:liberté intitle:politique OR intitle:société -site:libertepolitique.com


Biais :
Pour finir ce court billet, il faut souligner les biais méthodologiques. Cette étude a été menée en classe en une vingtaine de minutes pour illustrer des techniques en analyse des informations. Parmi les biais on peut citer :
-    Evidemment, G$$gle Actualité n’est pas représentatif de toute la presse.
-    Ensuite, nous avons choisi une période de temps courte, et qui n’est pas représentative de l’utilisation de ces mots sur le temps long.
-    Détecter ces mots dans le titre, sans prendre en compte leur présence dans le corps du texte est aussi un parti pris.
-    La volonté d’imposer les mots « politique » et « social » est bien sûr restrictive.
-    Enfin, comme vu plus haut, nous avons dû exclure une source !

En conclusion, cette étude démontre la force d’une bonne interrogation d’un moteur de recherche couplé avec une bonne visualisation des résultats. Deux principes qui forment avec la maîtrise de l’influence et de la sécurité informationnelle l’ossature de l’intelligence économique.  

Jérôme Bondu


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Dans ta bulleQue peut-on apprendre de l’autisme savant ?


On parle de plus en plus d’autisme et notamment d’autisme savant. A titre d’exemple vous avez peut-être entendu que l’armée israélienne intégrait des autistes pour des tâches très pointues de reconnaissance d’image. Je viens de lire deux livres sur l’autisme savant. Celui de Julie Dachez « Dans ta bulle », et celui de Joseph Schovanec « Je suis à l’Est ». Et voici en quelques lignes une partie de ce que j’en retire.

Le spectre autistique est vaste, et il existe beaucoup de nuances différentes. Julie et Joseph sont Asperger ou autistes savants. Cette forme d’autisme se caractérise souvent par des compétences intellectuelles stratosphériques couplées à des failles psychosociales tout aussi profondes. Ces difficultés peuvent les empêcher de prendre un métro, de répondre à une simple question ou de décrocher un téléphone. Ne parlons pas d’un entretien d’embauche.

Leurs témoignages sont poignants de sincérité et d’humanité. L’autisme décrit dans ces livres ne s’accompagne pas d’une privation d’émotion, mais au contraire d’une sensibilité décuplée. Sensibilité souvent mise à rude épreuve durant l’enfance, jalonnée de discriminations et d’exclusions. Voire comme l’explique Joseph de tabassage systématique dans la cours de récréation.

On peut se pencher sur l’apport intellectuel de cette catégorie de la population. L’analyse des parcours de grands savants laisserait penser que beaucoup d’entre eux aient été Asperger : On cite souvent dans ce cas Mozart ou Einstein… Récemment après avoir assisté à la projection privée du film Jane à l’UNESCO, retraçant l’histoire de Jane Goodall, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’elle était très certainement Asperger.

Pour finir, et c’est sans doute le point fondamental, les deux auteurs posent la question de la normalité. Qu’est-ce qu’être normal ? Qu’est-ce qu’être anormal ? La question est d’autant plus importante que le monde numérique que nous sommes en train de construire a l’effet perverse de nous priver d’anonymat. La question de l’anormalité va donc ressortir avec plus de force. Et nous devons tous y réfléchir.
- Est-ce que s’enfermer dans un monde virtuel où le vécu ne vaut que s’il peut être posté et liké est normal ?
- Est-ce que votre utilisation d’internet est normale ? Si vous préférez surfer anonymement sur internet … est-ce normal ?
- Est-ce que l’acceptation des Chinois du système de « scoring social » est normal ?

Mille questions se posent et nous devons tous y réfléchir collectivement. Notre cécité sur ces sujets pourrait nous coûter très cher. Et l’aveuglement actuelle me fait penser que nous avons collectivement abandonné notre responsabilité numérique. On peut se demander finalement qui sont les autistes de cette grande révolution numérique ?

Deux livres à lire pour se retirer les œillères cognitives.

Jérôme Bondu

 
NB : Julie Dachez a une chaine ioutoube.  Et Josef a fait un paquet de Tedx.




Un paleoanthropologue dans l entrepriseDans cet ouvrage, Pascal Picq mène une analyse critique des organisations actuelles avec son regard de paléoanthropologue. L’étude des temps longs (ses investigations l’amènent sur plusieurs millions d’années), le respect d’une discipline scientifique, ses combats contre les idées reçues, … donne à son regard une acuité particulière.

Sa connaissance de l’entreprise s’est formée notamment par la fréquentation des Clubs APM fondée par Pierre Bellon. Pascal Picq traite d’innovation, de développement durable, du réchauffement climatique, des scléroses que connait la France. Darwin et Lamarck sont partout présents dans son livre, qu’il mêle avec de nombreuses références industrielles. Il évoque par exemple l’innovation musicale qui part de l’inventeur Edison, jusqu’à la musique en ligne en passant par le gramophone. Son adaptation des mécanismes observés dans la nature sur les entreprises est particulièrement intéressante. Il évoque par exemple l’extinction des technosaures (dinosaures de la technique).

L’ouvrage met en valeur les idées de co-évolution, coopétition, communauté écologique, partage des compétences. Tout cela est riche d’enseignements en matière d’intelligence collective, de gestion des connaissances, et d’intelligence économique (ces trois expressions ne sont pas citées mais sont sous-jacentes).

Il prône une « entreprise darwinienne » qui saurait prendre en compte son empreinte écologique, économique et sociale. Qui serait apte à modifier ses facteurs internes, tout en étant sensible aux facteurs externes.

Il évoque une lutte difficile contre l’obscurantisme portée par le retour des fondamentalismes religieux et l’incroyable illusion des croyances finalistes qui voilent notre compréhension du monde. Ces théories finalistes sont de deux ordres : celles qui font croire que le monde s’est créé en 7 jours (fixisme). Ou celles qui, dans une version plus moderne, font croire que le monde a bien évolué mais uniquement dans le dessein de porter au pinacle l’Homme. Dans ces deux conceptions, il va sans dire que la Nature serait là uniquement pour nous servir ! Ces visions égocentristes sont à la base des ravages écologiques actuels.

C’est un ouvrage à lire pour ceux qui veulent comprendre les mécanismes qui régissent le monde, pour s’adapter, innover, en un mot pour évoluer.

Jérôme Bondu


Voir mes autres fiches de lecture sur Pascal Picq
- Les origines du langage, de Jean-Louis Dessalles , Pascal Picq & Bernard Victorri
- A la recherche de l’homme, de Pascal Picq et Laurent Lemire





lemireJ’ai beaucoup apprécié le livre de Pascal Picq et Laurent Lemire « A la recherche de l’homme ».

L’ouvrage est parfois un peu technique pour le néophyte en paléoanthropologie que je suis, et je pense qu’il s’adresse plus à des personnes qui ont un minimum de connaissance en la matière.

Néanmoins, il rappelle les fondamentaux, et c’est pour cela que je l’ai lu et a apprécié. En voici une synthèse tout personnelle.

- L’homme ne descend pas du singe ! L’homme EST un singe, ou plus exactement un « grand singe » au même titre que les Gorilles, Chimpanzés, Bonono et Orang-outans. Dire qu’il « descend » (et non pas qu’il « est ») est une manière de mettre une distance avec le monde animal. C’est se placer en position de supériorité, comme le stade ultime d’une évolution (comprendre progression). Or comme l’a dit Darwin, la différence entre les Hommes et les grands Singes est une différence de degré et non de nature.
- Le « chainon manquant » ne sera jamais trouvé car il n’existe pas. Là encore il s’agit d’une barrière mise entre « nous » et les autres « hominoïdes ».
- Les classements (arbres généalogiques du vivant) réalisés à différentes périodes reflètent plus la mentalité d’une époque, qu’une réelle avancée de la science. Ces classements cristallisent et épousent la vision subjective que les Hommes ont eue à un instant donné du monde animal.
- Le travail de réflexion sur nos relations avec le monde animal requiert un abandon absolu de nos préjugés, qu’ils soient politiques, religieux, moraux, idéologiques, …
- Notre vision actuelle est encore empreinte de siècles de préjugés moraux. Nous (Français du XXIème siècle) ne pouvons-nous en détacher complètement tant le poids des préjugés est lourd.
- Par avanie, nous préférons rechercher l’origine de l’Homme du côté du ciel plutôt que du côté de la terre. Pire : nous sommes en train de massacrer (sciemment ?) les derniers représentants des grands singes dont l’étude objective nous apprendrait énormément de chose sur ce que nous sommes. En l’espace d’une génération, nous aurons massacré les autres grands singes … Soit directement (par la chasse) soit en réduisant leur espace de vie (déforestation pour le commerce du bois ou la culture de l’huile de palme).
- Peut-être qu’avec ce massacre insensé de nos « cousins » nous espérons nous couper de la branche qui nous a porté. Mais nous allons plus sûrement couper la branche sur laquelle nous sommes assise !

Jérôme Bondu

Voir aussi
Les origines du langage, co-écrit par Pascal Picq.
Les animaux ont-ils une âme ?

 

NB : En tant que professionnel de l’intelligence économique, l’étude de nos rapports aux animaux m’intéresse en ce qu’elle est un témoin de notre difficulté de distanciation par rapport à un sujet étudié. La problématique pouvant se poser ainsi : Comment mener une analyse saine et sereine quand nous sommes juge et parti ?
Tous les analystes doivent faire ce travail de distanciation quand ils étudient des cibles (la concurrence, des groupes de pression, …) qui impactent leur organisation.



Petit billet pour rappeler de faire quand même un minimum attention aux propositions de contacts sur LinkedIn. 

Ce n’est pas compliqué de passer quelques secondes à regarder si le profil est crédible ou pas. Bien sûr, si vous avez 150 demandes par jour cela peut être compliqué. Mais si vous êtes un profil normal (comme moi) avec quelques demandes par jour, cela vaut le coup de faire attention.
Voici un petit florilège de faux comptes, photos à l’appui, et des signes qui devraient vous mettre la puce à l’oreille.

1/ Le profil a peine maquillé

Ici, le faussaire a carrément repris la photo d’une des plus célèbres femmes françaises. Je vous laisse deviner qui. Il ne s’est pas vraiment foulé.

faux contact Linkedin badinter

2/ Le profil trop parfait

Là le faussaire a voulu mettre toutes les chances de son côté pour capter sa cible. Il a multiplié les comptes plutôt séduisants. Le hic c’est qu’il a repris un même nom de poste et une même entreprise. Ce qui voudrait dire que la société STR a six postes de directeur/directrice marketing, dont certain(e)s pourraient faire la Une de magazines de mode (voir les profils de Sophie et Nicole). Quand la photo est trop belle, personnellement, je me méfie instinctivement.

faux contact Linkedin STR

3/ Le profil incohérent

Là c’est un profil d’une personne qui travaille dans une société nippone.

Il y a trois problèmes.
- D’abord, cette personne a un profil vide.
- Ensuite, elle n’a que 36 contacts. Ce qui n’est pas un mal en soi, il faut bien commencer un jour. Mais pourquoi me demander moi, pauvre petit frenchi, à la création de son compte. Pourquoi n’a-t-elle pas intégré ses -certainement nombreux- amis japonais. Ce n’est pas logique.
- Enfin, et c’est ce qui m’a poussé à écrire ce billet. Sur ses 36 amis, 29 sont des amis communs. C’est-à-dire que cette personne vise particulièrement des personnes dans l’intelligence économique. Et le pire, c’est que 29 d’entre eux sont tombés dans le panneau. Bon, je ne jette pas la pierre, j’ai dû aussi accepter une palanquée de faux profils.

faux contact Linkedin TCI

Sans compter qu'une petite recherche spécifique confirme que ce nom est inconnu. 
- La première requête ramène vers une page vide de Facebook.
- La seconde montre que ni son nom ni son prénom ne sont présents sur le site de son entreprise. 

faux contact Linkedin TCI verif

4/ Le profil difficile

Dernière demande en date, le profil ci-dessous.
Le personnage existe réellement comme le prouve cette photo trouvée grâce à Google image (on peut aussi utiliser Tineye pour la recherche d'image). 

ismail ismail5

Il y a quelques incohérences :
- Comme avoir indiqué parler l'espagnol alors qu’il aurait logiquement dû indiquer arabe et anglais.
- Et comme le choix parmi ses centres d'intérêt d'une université qu’il n’a pas suivie ! Mais bon, cela n'emporte pas la décision. 

Pour des cas difficiles comme celui-là, mon conseil est d’attendre… Et de revenir quelques jours plus tard pour voir comment le profil a évolué. Souvent cela permet de faire le bon choix.

Et en effet, après avoir attendu quelques jours je vois que ces centres d’intérêt ont radicalement changé.
- Sur la première image ci-dessous on peut lire ses centres d'intérêt le jour de sa demande.
- Sur la seconde image on voit ses centres d'intérêt une semaine plus tard.
Ce changement est sûrement fait pour appâter de nouveaux contacts potentiels.
Le doute est ainsi levé. Direction poubelle ;-)

ismail4

ismail7

Bien sûr, il n'est pas question de faire des captures d'écran sur chacun des profils louches qui nous demandent en contact. Ces captures ont été réalisées pour illustrer cet article. Mon dernier conseil est simple : n'acceptez pas tout de suite un profil dans lequel vous trouvez des incohérences. Revenez une semaine plus tard. Si vous voyez encore des incohérences, dans le doute, supprimez. Mieux vaut la qualité que la quantité. 

Mon grand-père m’expliquait que l’on reconnait un bon artisan au soin qu’il porte à ses outils. C’est toujours valable, même si nos outils sont de plus en plus numériques.

Jérôme Bondu

 

 

Dans ce quatrième article je présente un zoom sur quatre sources presse. (Attention il est très important de lire la méthode suivie pour comprendre ces cartes).

 

Le Monde a cité les huit candidats analysés dans cette étude (je rappelle qu’il s’agit de détecter quelles sources citent un nom de candidat et le mot « candidat » dans les titres d’article, et ce sur une période de moins de 6 mois). Le taille des liens est proportionnelle aux nombres des citations. 

election lemonde

Le Figaro a été plus sélectif et a surtout cité Macron (le lien est plus épais).

election lefigaro

Idem pour BFM qui lui a plus cité Valls.

election bfm

Sud-Ouest ne cite que Fillon et Macron.

election sud ouest

 

Cette étude, menée initialement avec un groupe d'étudiants à qui je donnais un cours d'intelligence économique, montre la force de requêtes complexes sur un moteur de recherche couplé à un outil de cartographie puissant (comme Gephi) pour aider à l'analyse ... CQFD

 

Jérôme Bondu

 

 

Je continue ma petite étude « Cartographie de la presse et des candidats à l'élection ». Ceci est le troisième article, et présente un zoom sur la couverture médiatique de Le Pen. (Attention il est important de lire la méthode suivie pour comprendre ces cartes [Article 1] [Article 2]).

Le Pen est très loin derrière. Ceci m’a étonné et j’ai placé plus bas quelques captures d’écran avec la requête d’interrogation utilisée sur Google Actu. On notera qu’il y a des sources en langue anglaise comme Sputnik (je n’avais pas présélectionné « Langue Française »).

Ces captures d'écran proviennent de l’outil Gephi. Ce sont des captures "de travail". Elles ont été prises à un stade intermédiaire de préparation de la cartographie. Ceci explique que certains nom de journaux soient peu lisibles (certains lettre sont masquées).

 

Ce graph présente la somme des articles qui ont mentionné dans le titre un nom de candidat et le mot "candidat" sur les six derniers mois :

stat

 

Cette cartographie présente les journaux qui ont cité les mots "Le Pen" et "candidat" dans le titre d'au moins un article sur les six derniers mois.

election lepen2

 

Cette capture d'écran présente la requête effectuée sur Google Actu à propos de Le Pen

election google actu lepen

 

Cette capture présente une partie des résultats et montre bien les résultats en langue anglaise et notamment de la source Sputnik.

election google actu lepen2

 

Jérôme Bondu