sondage iae de parisL'IAE de Paris envisage de faire une formation en Intelligence Economique certifiante en ligne. Des étudiants de l'IAE sont en train de faire une étude de marché sur la base d'un petit questionnaire. Leur message est ci-dessous. Je serai ravi que vous puissiez prendre 2 minutes pour y répondre ! Vous pouvez y répondre de manière anonyme.

Au plaisir de vous revoir très bientôt,
Jérôme Bondu
Responsable du Club IES - IAE de Paris Alumni

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Les connaissances que l'IE englobe deviendront essentielles dans un monde de plus en plus digitalisé et en proie à des attaques toujours plus sophistiquées.
Et pourquoi ne pas dès maintenant commencer à vous former efficacement sur le sujet ?
L'IAE de Paris travaille sur une formation certifiante en ligne de 12h sur l'IE. De multiples professionnels réputés dans le domaine de la contre intelligence participeront à sa création et interviendront dans ce cours en ligne.

Six modules seront proposés :
-    Les concepts généraux, le cadre juridique et l'éthique
-    L'environnement stratégique de l'entreprise (méthode d’analyse & outils)
-    Le management de l'information pour la décision
-    L'action par l'information
-    La contre intelligence (influence / contre-influence, lobbying)
-    Cybersécurité  

Nous vous invitons à participer à un sondage en ligne portant sur votre possible intérêt pour une telle formation

Cordialement
IAE de Paris et ses étudiants






voeux 2021 inter ligere

IA et moi desjoux

J’ai lu « Ce sera l’IA ou/et Moi » de Cécile Dejoux. L’ouvrage est intéressant pour ceux qui commencent à s’intéresser de près à l’intelligence artificielle.

Les plus du livre

- Le livre est pédagogique, bien structuré.
- L’auteure a fait de très nombreuses interviews et les comptes rendus écrits alimentent son propos. Elle a aussi fait des interviews vidéos qui sont accessibles via des QR codes (par exemple celle de Luc Julia).
- L’ouvrage est un plaidoyer pour s’initier à l’IA. La première partie explique où nous en sommes avec l’IA. La seconde, comment participer à un projet d’IA. La troisième, quelles sont les complémentarités entre l’homme et l’IA.
- Il y a de très nombreuses informations intéressantes, dont je liste quelques éléments ci-dessous.

Quelques extraits pertinents

Quand on installe une IA, il y a trois phases pour l’utilisateur :
- L’émerveillement.
- La prise de conscience que cela ne sera pas si facile, et éventuellement la déception.
- Le réalisme, et le début d’un travail fructueux avec l’IA.

L’Homme va garder certains domaines de compétence : innovation, créativité, capacité à traiter des sujets transversaux, à interpréter des informations complexes, à intégrer une dimension sociale et émotionnelle. Il faut développer adaptabilité, opportunisme et agilité.

Face à la révolution de l’IA qui risque d’être très violente, il y a deux écoles :
- L’une schumpetérienne, qui pense qu’après une phase de destruction des emplois, il y aura de nombreux nouveaux emplois créés.
- L’autre, qui parie sur le revenu universel.

Cécile Dejoux oppose les tenants du transhumanisme aux bioconservateurs. Elle cite Pierre Levy, professeur à Montréal, qui rappelle que les expériences d’IA doivent se faire dans des « bacs à sable » non connectés à internet pour maîtriser les problèmes de viralités.

Elle rappelle les biais classiques dans la mise en place d’une Intelligence Artificielle : biais d’échantillonnage, biais de généralisation, biais de confirmation, biais de corrélation, biais de disponibilité des données.

Elle rappelle qu’un projet sur deux en IA échoue ! Voici les causes principales :
- Le problème ne nécessite pas d’IA pour être résolu
- L’équipe est trop focalisé technique et pas assez usage
- L’équipe n’a pas intégré d’expert métier
- Les données ne sont pas de bonne qualité
- Les méthodes agiles n’ont pas été utilisées
- Les algorithmes ne sont pas interprétables, actionnables, scalables (en bon franglais dans le texte de Desjoux)
- Les résultats coûtent trop cher par rapport aux bénéfices

Elle évoque la société Bridgewater qui a intégré une Intelligence Artificielle dans son conseil d’administration. Elle explique que l’IA n’est pas convaincante dès qu’il y a des ambigüités ou des incertitudes.

Pour l’instant, aux échecs, la machine bat l’homme seul. Mais l’homme aidé de la machine bat la machine !

Les GAFAM utilisent des techniques de neuromarketing :
- Nous culpabiliser de ne pas consulter notre fil d’actualité.
- Une fois que nous sommes sur notre fil, nous inciter à y rester.
- Nous faire ressentir un sentiment de satisfaction quand nous augmentons notre réseau.
- Idem quand nous recevons des notifications.
Elle plaide pour continuer à travailler nos compétences cognitives « Le danger est que sans attention, pas de concentration, pas de réflexion, pas d’approfondissement, pas de mémoire ». Il va falloir déléguer des travaux aux machines sans cesser de travailler notre mémoire.

Tout ceci est donc très positif.

Avant de finir, il y a deux éléments qui m’ont un peu énervé: 

- Certaines interviews vidéos me semblent faites pour un public jeune. Celle de Luc Julia est particulièrement étonnante dans le sens où Cécile Dejoux reformule tout ce qu’il dit. J’aurais aimé qu’elle s’efface plus devant le spécialiste.
- Et même si c’est un détail, j’ai été choqué par la multitude d’anglicismes. Pas pour l’emploi de deep learning ou machine learning, comme je l’ai fait plus haut, et qui sont quasi incontournables. Mais pour tout le reste. Exemples : Elle utilise pattern (même pas en italique comme il est d’usage pour des mots étrangers) pour modèle. Social ranking pour parler du crédit social en Chine. Entrepreneurship pour entrepreneuriat … alors même que Georges Bush a été la risée du monde économique pour avoir dit que les Français n’avaient pas de mot pour désigner un « entrepreneur ». Road map, feed back, design thinking … peuplent les pages. La phrase la plus caricaturale est sans doute (attention je cite) : « engager une démarche bottom-up de personnalisation en fonction des projets en utilisant les POC (Proof of concept) et le test and learn pour identifier les obstacles… » Mais pourquoi tant de haine du français ? Et je pense que c’est dramatique. Ainsi quand elle s’ingénie à utiliser l’expression Natural Language Processing (NLP) au lieu de Traitement Automatique du Langage naturel (TAL) elle incite les lecteurs à intégrer l’expression anglaise. Ces derniers ne feront aucune recherche sur l’expression française, et ne seront donc pas renvoyés aux acteurs tricolores du domaine. C’est donc un vrai manque de visibilité pour la recherche et l’entrepreneuriat français dans le domaine.
Fermons cette parenthèse linguistique. Le livre de Cécile Dejoux est à lire pour comprendre pourquoi et comment nous devons nous sensibiliser à l’Intelligence Artificielle et prendre en main cette révolution. J’ai beaucoup appris.

IA et moi

Jérôme Bondu

On pourra lire d’autres billets sur l’intelligence artificielle :
- On lira le livre de Luc Julia, « L'intelligence artificielle n'existe pas », pour avoir une présentation de son parcours, et de la réalisation de SIRI.
- On lira le livre d’Aurélie JEAN « De l’autre côté de la machine » pour comprendre qu’une IA peut se tromper et que la compréhension des biais algorithmiques est essentielle.
- On pourra lire La guerre des intelligences, de Laurent Alexandre, pour avoir une vision polémique des impacts de l’IA.
- On pourra visionner « Au cœur de la souveraineté numérique » cartographie réalisée avec Geotrend (outil de recherche qui utiliser l’IA et notamment le TAL).

 




Dans mon billet d’hier, j’évoquais le sondage que j’ai mis en place il y a quelques mois sur la perception de l’intelligence artificielle par les professionnels de l’intelligence économique. Vous pouvez toujours y répondre pour affiner les résultats. Il n’y a pour l’instant que 31 répondants, ce qui est plutôt faible, mais permet déjà de déterminer des tendances. Je précise que l'on peut y répondre de manière anonyme et que le sondage ne prend pas plus de 3 minutes.

On se rend compte que les professionnels de l'IE / veille n'ont pas encore pris la mesure de l'IA et qu'ils sont globalement plutôt passifs.

Voici les résultats :

Intelligence économique intelligence artificielle sondage 1

Intelligence économique intelligence artificielle sondage 2

Intelligence économique intelligence artificielle sondage 3

Intelligence économique intelligence artificielle sondage 4

Intelligence économique intelligence artificielle sondage 5

Intelligence économique intelligence artificielle sondage 6

 

Sur le même sujet
Compte rendu : Table ronde Intelligence Artificielle et Intelligence Economique.
A lire : L’intelligence artificielle n’existe pas, de Luc Julia.
A lire : "De l’autre côté de la machine" d’Aurélie JEAN.
Mooc : Objectif IA : initiez-vous à l'intelligence artificielle. Openclassrooms.





IA et IE cote divoire 

La table ronde « Intelligence Artificielle et Intelligence Economique, le cas de la Côte d’Ivoire » s’est tenue hier soir. Voici un petit compte rendu informel.

Cette table ronde venait clôturer les 5ème assises africaines de l’Intelligence Economique menée de main de maitre par François Jeanne-Beylot.

Dans l’ordre de prise de parole :
Introduction de Akré Salomon BIEFFO, Directeur de la planification des études et de la statistique du Centre de Promotion et des Investissements de Cote d’ivoire (en remplacement d'Emmanuel Esmel ESSIS, Ministre de la Promotion de l’Investissement Privé de Côte d’Ivoire).

J’ai ensuite présenté succinctement l’origine et l’intérêt de cette table ronde (cf ci-dessous).

Mbaye Fall DIALLO, professeur à l’Université de Lille, Membre du Conseil Présidentiel pour l’Afrique auprès de l’Elysée, fait un très beau panorama de l’IA : origine, développement, position de l’Afrique.

Ibrahima KONE, Administrateur Directeur général chez Quipux, a présenté un exemple d’application de l’IA en Côte d’Ivoire.

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Pour ma part :
J’ai rappelé dans un premier temps que nous vivons une 5eme révolution informationnelle. Les 4 précédentes (développement du langage, de l’écrit, de l’impression, et de l’électrification des moyens de communication, ont tous eu un impact considérable). Il en sera de même évidemment pour la révolution numérique, et ses multiples développements que sont l’IA, la blockchain ou l’ordinateur quatique. En outre, les professionnels de l'intelligence économique, spécialistes de la gestion des informations, sont "bien placés" pour profiter des changements induits.

Mais, dans un second temps, j’ai expliqué que sur les 20 dernières années, nous avons raté quelques opportunités de mettre en avant notre savoir-faire dans la gestion des informations. Bien sûr, cette vision demande à être nuancée, mais il me semble flagrant :
- Que nous n’avons pas su populariser les techniques avancées d'interrogation des moteurs de recherche. Nous aurions eu une belle carte à jouer à ce niveau. Les gains induits dans les organisations auraient été énormes. Nous avons été très peu présents sur le sujet.
- Avec l’émergence des médias sociaux, nous aurions aussi pu apporter notre savoir-faire. Or mis à part quelques initiatives comme celle de François Jeanne-Beylot avec InMediatic ou la création de Digimind Social, le domaine a été préempté par la Communication.
- En matière d’intelligence collective, nous avons aussi laissé passer le coche. Là encore, il y a des contrexemples, avec la création de Jamespot par Alain Garnier, ancien créateur d’Arisem. Mais globalement, les ressources humaines ont joué le premier rôle.
- Enfin, sur le problème des infox, je ne pense pas avoir vu un professionnel de la veille s’exprimer dans des médias grand public pour apporter notre expertise dans ce domaine.

J’ai abordé dans un troisième temps le fait que nous ne devons pas rater le train de l'Intelligence Artificielle sous peine de ringardisation de notre profession.
- Car, il est évident que l'IA va tout changer, à commencer par nos métiers. Et que l’IA va être un levier essentiel de création de richesses, comme l’a été le développement de l’électricité.
- Or dans le cadre d'un sondage, que j'ai réalisé il y a quelques mois, on sent bien que les professionnels de l'Intelligence Economique subissent l'arrivée de l'Intelligence Artificielle. Il n’y a eu malheureusement que 30 répondants au sondage*. Il n’y a donc pas de valeur statistique. Mais on voit déjà poindre des tendances :
- 15% des veilleurs ont subi la mise en place de l'IA dans leur entreprise.
- 5% se sont même opposés à la mise en place de l'IA.
- 50% ont vu leur travail déjà impacté.
- 30% ne savaient même pas si leur travail a été impact par l'IA.
- 80% pensent que l'IA va impacter leur métier avant 5 ans. (je posterai prochainement toutes les réponses au sondage)
Bien sûr des acteurs sont déjà très investi comme Geotrend ! Et l'on peut s'en réjouir.

D'où l'importance de multiplier les occasions de parler d'IE et d'IA. Voila pourquoi j’ai proposé à l’AEGE et à François la tenue de cette table ronde pour analyser ce sujet sous l'angle ouest-africain, et notamment Côte d'Ivoirien.

Merci aux trois intervenants. Merci à Charles Pahlawan de l’EGE et à François Jeanne-Beylot pour avoir donner une réelle envergure à cette idée.

Jérôme Bondu

*vous pouvez toujours répondre au sondage sur votre perception de l’IA.