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Géopolitique

A lire : Le conflit sino-américain pour la domination du monde 1/2

By 28 février 2026No Comments
conflit sino-américain

J’ai lu « Le conflit sino-américain pour la domination du monde » de Christian Saint-Etienne (édité en 2023).
Je précise que cette note de lecture (en deux parties) est parcellaire et ne prétend pas être un bon résumé du livre. Les phrases en guillemet sont de l’auteur. Cette note n’engage que moi et en aucun cas les structures avec lesquelles je travaille.

L’auteur a une plume acerbe et ne ménage personne dans un essai qui prend la forme d’un réquisitoire. Attention, tout le monde en prend pour son grade : Trump, XI, l’Europe …

Voici le résumé sur le site de l’éditeur

« L’affrontement entre la Chine et les États-Unis ne cesse de se durcir. Duopole instable doublé de conflits régionaux de haute intensité, comme au Moyen-Orient ou en Mer de Chine, ce couple infernal continue son entreprise de démolition de l’ordre mondial, qui pourrait nous conduire à court terme à une véritable guerre ouverte. Les relations internationales et l’économie globale en sont transformées. L’Europe, quant à elle, masse inorganisée et divisée, est la spectatrice d’un conflit qu’elle observe avec une apparence de détachement à la mesure de son impuissance. Pourtant, c’est elle qui détient la solution pour éviter un désastre planétaire. »

Biographie de Christian Saint-Étienne

Christian Saint-Étienne est un économiste, universitaire, analyste politique. Il est professeur émérite à la Chaire d’économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers. On peut lire une biographie complète sur son site.

Il écrit pour Les Échos, Le Monde, et intervient pour Radio France.

Introduction. Le nouvel ordre du monde

Biden ne fait que continuer la politique de Trump, et veut préserver la place des États-Unis comme première puissance du monde. Xi, de son côté, veut ravir cette place. Dans cette perspective, le conflit sino-américain semble difficilement évitable.

Première partie – Deux puissances déterminées

1. Trump et Biden : même combat

Inexistence stratégique de l’Europe

Le ton est rapidement donné : « Les États-Unis ont toujours favorisé l’essor d’un ordre international ouvert bénéficiant à tous, mais surtout à eux. Cette politique constante a évidemment bénéficié de l’inexistence stratégique de l’Europe, dont les principaux pays, hors la France gaullienne, ont toujours su se transformer en « paillassons » pour les grands pieds américains ».

L’auteur détaille les ressorts de la puissance américaine : « Echelon, contribue, avec les grands cabinets d’audit, à l’espionnage des entreprises d’Europe continentale, parfois avec l’appui des services secrets de certains pays européens participants non officiellement à Echelon ».

Face à la perspective d’un conflit sino-américain, les États-Unis auraient dû renforcer les outils de contrôle de l’Empire du Milieu. Mais Trump les a cassés les uns après les autres :

  • L’Alena était un glacis protecteur face à la Chine dans la zone nord-américaine.
  • Le TPP, idem pour les pays autour de la Chine.
  • L’accord de Paris sur le climat devait stigmatiser la Chine comme le plus grand pollueur mondial.
  • L’accord sur le nucléaire iranien devait éviter une nucléarisation du Moyen-Orient.
  • Renforcer l’OTAN aurait permis de tenir en respect la Russie alliée de la Chine.

Extraterritorialité des lois américaines

Christian Saint-Etienne évoque l’extraterritorialité des lois américaines (voir le Piège américain, et le Droit, nouvelle arme de guerre économique). « L’Union européenne, qui n’est pas une force stratégique unie, mais un collectif de nains impuissants, tolère que les États-Unis appliquent l’extraterritorialité de ses lois à ses ressortissants, entreprises ou organisations ».

Pour éviter de subir les foudres américaines, il faut que l’Europe se dote de six instruments essentiels :

  • Une monnaie globale avec des chambres de compensation indépendantes des États-Unis.
  • Des agences de notation.
  • Des bourses de matières premières.
  • Des investisseurs domestiques puissants.
  • Des compagnies maritimes.
  • Une production nationale de semi-conducteurs.

L’Amérique est un berger « qui fait payer l’herbe que broutent les moutons (européens) et qui les tond régulièrement par des sanctions (…) et des amendes ».

2. Xi, le nouvel empereur

Xi a inversé la route, sage et prudente, prise par Deng. « Xi est l’anti-Deng et se rêve en nouveau Mao ». Les États-Unis ont fait une erreur stratégique majeure en acceptant l’entrée de la Chine dans l’OMC alors qu’elle ne respectait pas les critères d’entrée. La Chine :

  • « Ferme notamment le contrôle de ses entreprises,
  • N’autorise les investissements étrangers que dans le cadre de co-entreprises servant à piller les technologies occidentales,
  • Et pratique l’espionnage à grande échelle des entreprises et des laboratoires de recherche occidentaux ».
  • « La BRI est l’arme de guerre de XI pour prendre le contrôle de petits pays ayant des finances publiques faibles, comme la Grèce ou le Pakistan, en leur faisant des prêts pour financer des projets qui servent les intérêts de la Chine ».

On lit plus loin : « Trump a inventé le national-capitalisme au XXIè siècle, le pendant du national-socialisme au XXè siècle » ! L’expression est forte ! Comme vous le savez tous, le national- socialisme a donné le nazisme (Nationalsozialismus) !

Deuxième partie – Les États-Unis et la Chine s’imposent dans la révolution iconomique tandis que l’Europe patauge.

Derrière le néologisme iconomique, Christian Saint-Etienne parle évidemment de révolution numérique https://www.inter-ligere.fr/la-revolution-numerique-sous-un-angle-historique/ , que l’Europe rate avec brio. « L’Union européenne réussit l’exploit insensé de passer à côté de la dimension stratégique et politique de la révolution de l’iconomie alors que cette révolution se fait de façon significative avec ses chercheurs et ses technologies ». Le conflit sino-américain se joue déjà à tous les niveaux du numérique.

3. Un combat frontal pour le leadership mondial

Cette partie-là est mieux connue des professionnels de l’Intelligence Economique. J’ai pris moins de notes. Néanmoins, j’ai relevé la pique contre l’excès de réglementation « L’approche réglementaire a-stratégique de l’Union européenne dans la Troisième révolution industrielle prépare l’asservissement des peuples européens. (…) La période 2000-2022 entrera dans l’histoire comme celle du grand sommeil européen et son absence de réaction collective face à la révolution de l’iconomie. »

4. Les velléités européennes

Dans cette partie l’auteur fait une métaphore que je vais certainement réutiliser.
« En astrophysique, un trou noir est un objet céleste si compact que l’intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper ».
« Par symétrie, l’Union européenne est un objet terrestre si compact que l’intensité de son déchirement politique et économique, conduisant à une concurrence suicidaire par les normes fiscales et sociales, et le durcissement de l’opposition entre démocraties libérales et illibérales, empêche toute forme de puissance ou d’influence géostratégique de s’en échapper ».

Il propose la création d’un noyau dur de pays qui auraient des objectifs géostratégiques en commun, et une politique assumée de puissance. Une force qui pourrait équilibrer le conflit sino-américain.

5. Un nouveau conflit mondial est-il inévitable ?

Le conflit sino-américain est évitable si le noyau dur de pays européen joue un rôle régulateur. La suite demain …

Suite demain
Jérôme Bondu

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