test requete google
Très peu de personnes savent bien utiliser un moteur de recherche. En effet utiliser un moteur de recherche avec deux ou trois mots clés revient à laisser au moteur le choix des résultats qu’il va mettre en avant. C’est confier à l’outil l’effort de réflexion que l’internaute devrait avoir. Cet effort, il va le payer sous une forme particulière : des résultats plus ou moins pertinents, saupoudrés d’annonces publicitaires. Afin de pallier à ce problème on peut utiliser les fonctionnalités avancées proposées par les moteurs de recherche, et notamment les « opérateurs de recherche » (plus simplement appelées « opérateurs » ou « commandes »).

Un opérateur est un élément que l’on peut placer dans la requête et qui sert à préciser ce que l’on recherche. Le tableau ci-dessous présente les opérateurs les plus intéressants, leur utilisation, un exemple de formulation, et une approximation du nombre de résultats dans Google. Prenons l’exemple d’une recherche sur le développement durable.

Opérateur

Utilisation

Exemple

Nombre de résultats (1)

AND

L’opérateur AND ne s’écrit pas dans une requête. Il se matérialise par un espace (ce que tout le monde fait naturellement). AND est l’opérateur que chacun utilise sans le savoir. Il impose au moteur de rechercher chacun des mots.

Développement durable

229 millions

« … »

Les guillemets encadrant plusieurs mots imposent au moteur de trouver l’expression exacte. Il convient d’écrire les mots avec la bonne accentuation. La casse (majuscule / minuscule) n’est pas prise en compte.

"Développement durable"

35 millions

OR

OR permet de rechercher un mot OU un autre. C’est le seul opérateur qui doit obligatoirement être écrit en majuscule.

"Développement durable" solaire OR éolien

11 millions

NOT

L’opérateur NOT s’écrit en plaçant le signe moins (-) devant un mot et permet d’exclure ce mot. Le signe moins peut aussi se placer devant un autre opérateur.

"Développement durable" solaire OR éolien -fossiles

8 millions

 
intitle:

intitle: placé juste devant un mot ou une expression impose au moteur de les rechercher dans un titre.

intitle:"Développement durable" solaire OR éolien
-fossiles

25 000

site:

site: placé devant un nom de domaine impose au moteur de rechercher des résultats uniquement dans le site mentionné.

site:gouv.fr intitle:"Développement durable" solaire OR éolien
-fossiles

465

inurl:

inurl: placé devant un mot impose au moteur de rechercher ce mot dans une adresse internet (que l’on appelle une URL).

Dans la requête ci-joint nous allons rechercher le mot « data » dans l’URL.

inurl:data site:gouv.fr intitle:"Développement durable" solaire OR éolien
-fossiles

8

filetype:

filetype: placé devant une extension (PDF, DOC, PPT, XLS...) impose au moteur de rechercher le format correspondant.

filetype:pdf site:gouv.fr intitle:"Développement durable" solaire OR éolien
-fossiles

163

 

(1) Nombre de résultats approximatifs. Testé le 5 octobre 2019.

Sur le même sujet :

- Les opérateurs de recherche – le plus beau mensonge par omission de Google
- Etes-vous analphaNet ? Savez-vous rechercher des informations sur Internet ?
- Formation: C1- Savoir rechercher et veiller sur internet.




quote what the book does as a technology is shield us from distraction nicholas g carr 149 40 60

J’ai lu le très bon livre "Internet rend-il bête ?" de Nicholas Carr. Le livre porte sur la transformation de notre cerveau avec la pratique d’internet.
Je partage mes notes de lecture en trois billets distincts. Voici le troisième et dernier (lire le premier, et second billet).

Parmi nos capacités cognitives les plus en danger, il y a notre capacité de mémorisation

Dans le chapitre "Cherche, mémoire, cherche" Nicholas Carr s’intéresse aux processus mémoriels.
- L’auteur explique d’abord que nous avons deux types de mémoire : mémoire de travail, et mémoire long terme qui passe par la création de nouvelles synapses. La mémoire de travail est sursaturée, et la création de nouvelles synapses en amoindrie. L’auteur ne cite pas l’effet Skinner mais on peut voir internet comme une gigantesque "boite de Skinner" ! 
- La mémoire c’est de l’attention, du temps et de la répétition. Or Internet capture notre attention, notre temps et ne nous permet pas de nous remémorer ce qui est important. "La Toile, elle, est une technologie de l’oubli".
- Il explique ensuite que sans mémoire l’homme n’a pas d’intelligence. Or à sous-traiter notre mémoire nous allons perdre notre intelligence.
- "Le fait de confier la mémoire à des banques de données extérieures ne met pas seulement en danger la profondeur et l’individualité du moi. Il menace aussi la profondeur et le caractère distinct de la culture que nous avons tous en commun".

Outre la mémorisation, c’est notre essence humaine même qui est en danger

Dans le dernier chapitre "Une chose qui est comme moi" Nicholas Carr lâche ses dernières cartouches en s’appuyant sur de nombreuses études scientifiques.
- Il relate le travail de Joseph Weizenbaum qui dans les années 60 a fait un programme d’analyse du langage (Eliza) qui allait faire grand bruit. Les conclusions de l’informaticien sont que nous ne faisons qu’un avec les outils que nous utilisons. Nous réfléchissons à travers eux, et en retour ils transforment notre vision du monde. Une expression que j’affectionne particulièrement illustre bien cette idée "Quand on a un marteau dans la main, tous les problèmes ont la forme d’un clou". On pourrait ainsi dire que l’omniprésence des ordinateurs et d’internet nous fait voir le monde qu’au travers de ces outils. Plus on se sert d’internet, "plus on se moule dans sa forme et sa fonction". "Le prix que nous payons pour prendre à notre compte la puissance de la technologie est l’aliénation".
- Une expérience édifiante de Christof van Nimwegen en 2003, prouve qu’utiliser des logiciels trop faciles tue notre esprit critique, notre capacité de raisonner et de résoudre des problèmes. Les médias sociaux avec leur obsession de faciliter l’accès aux données nous rendent en réalité un très mauvais service.
- Une autre constatation de James E. Evans est riche d’enseignements. Il a comparé la variété des citations dans des ouvrages scientifiques sur des dizaines d’années. Sachant que le Net apporte plus de facilité pour trouver des citations, il s’attendait à trouver une plus grande variété de citations après 1990. Or il a découvert le contraire "plus les revues se publiaient en ligne, moins les universitaires citaient d’articles" (p 297). Selon Evans "Une extension de l’information disponible a conduit à un rétrécissement de la science et du savoir". Cela rejoint le concept de bulle de filtre de Pariser avec la polarisation des idées.
- La capture incessante de notre attention implique un bourdonnement visuel constant. Selon Mary Helen Immordino-Yang le net "altère la profondeur de nos émotions et de nos pensées" (p 302).

L’ouvrage est à lire pour tous les travailleurs de l’internet … c’est à dire tout le monde !

Jérôme Bondu


Sur le même sujet, on pourra lire :
- L'article de Capital
- Celui de Telerama
-
C'est drôle, en 2009 j’avais chroniqué cet article de Télérama !
- Une analyse intéressante de Marc Le poivre.





carrJ’ai lu le très bon livre « Internet rend-il bête ? » de Nicholas Carr. Le livre porte sur la transformation de notre cerveau avec la pratique d’internet.
Je partage mes notes de lecture en trois billets distincts. Voici le deuxième (lire ici le premier).

Les technologies que nous utilisons changent ce que nous sommes. À fortiori les technologies informationnelles

Dans le chapitre 3 « La page qui s’approfondit » Nicholas Carr relate l’histoire passionnante de l’écriture et de son impact. Il explique par exemple que les premières lectures étaient toujours vocalisées. On ne lisait pas pour soi mais pour un public. Saint Augustin dans ses mémoires raconte le choc qu’il a eu en découvrant Saint Ambroise pratiquer une lecture silencieuse. À partir du moment où l’on a commencé à lire silencieusement, les contenus des livres ont changé et sont devenus plus personnels et introspectifs (un auteur s’adressant à un lecteur à la fois). La nature du livre a alors changé, et notre manière de percevoir le monde a évolué de concert. « Les livres permirent aux lecteurs de comparer leurs idées et leurs expériences pas seulement avec les préceptes religieux (…) mais avec les idées et les expériences personnelles d’autres individus ». Cela entraina la propagation de la méthode scientifique pour atteindre la vérité, le développement d’une république des lettres, dont les attributs pour les citoyens étaient la lecture et l’écriture !

Internet a un modèle économique qui vise à capter toujours plus notre attention

Dans les chapitres suivants Nicholas Carr explore la naissance des ordinateurs et les premiers impacts sur nos manières de travailler. Il reprend, par exemple, l’histoire de la présentation par Xerox du système de fenêtres (qui sera copiée par Windows). Dès le départ, s’est posée la question d’un outil qui facilite le travail en multitâche (autant de tâches que de fenêtres ouvertes). Certaines voix se sont immédiatement opposées à cette innovation craignant la dispersion de la concentration.

La technologie d’internet altère le fonctionnement du cerveau notamment par la capture constante de notre attention

Dans le chapitre « Le cerveau du jongleur », Nicholas Carr met en lumière la multitude d’études qui alertent sur l’impact d’internet avec la « lecture en diagonale, la pensée hâtive et distraite, et l’apprentissage superficiel ». « C’est que le Net donne précisément des stimulus sensoriels et cognitifs – répétitifs, intensifs, interactifs et addictifs – du genre de ceux dont on a démontré qu’ils altèrent fortement et rapidement les circuits et les fonctions du cerveau ». Plus loin on lit « notre aptitude à établir les riches connexions mentales qui s’élaborent dans la lecture en profondeur et sans distraction reste au point mort ». Pour finir l’auteur a cette image plutôt parlante : « essayez de lire un livre en faisant une grille de mots croisés ; c’est cela, l’environnement intellectuel d’internet ».
Bien sûr tout n’est pas négatif : Des choses se renforcent comme la coordination entre l’œil et la main (notamment chez les joueurs de jeux vidéos). Mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Et dans le court chapitre « Pourquoi le QI tient la route », il tord le cou à l’effet Flynn et évoque les biais dans le calcul du QI.

Google en tant que champion du web est aussi le champion du vol de notre attention

On entame les débats qui fâchent avec le chapitre « L’Église de Google ».
- Le Taylorisme avait pour but d’optimiser la rapidité, l’efficacité et la production dans le monde industriel. Taylor écrivit en 1911 dans ses Principes d’organisation scientifiques des usines « dans le passé, l’homme avait la première place ; à l’avenir c’est le système qui devra l’avoir ». Google ne propose rien de moins qu’un nouveau taylorisme cognitif. Et l’auteur transpose l’utopie taylorienne au monde de Google : « Ce qu’à fait Taylor pour le travail de la main, Google le fait pour le travail de l’esprit ». Même volonté d’organisation du temps, même vision messianique.
- L’auteur ne masque pas le génie des fondateurs et retrace leurs débuts. Mais il démasque toujours ce qu’il y a dernière les bonnes intentions de façade : « Google veut que l’information soit gratuite car, avec la chute du cout de l’information, nous passons tous plus de temps devant notre écran d’ordinateur, et les profits de la société augmentent ». « Google a bien fait savoir qu’il ne sera pas satisfait tant qu’il ne disposera pas de « 100% des données de ses utilisateurs » » (page 226 du livre, source sur ReadWrite.com)
- J’aime beaucoup l’analyse de Nicholas Carr quand il dit que notre difficulté à nous concentrer sur le web fait que Google peut nous donner autant de contenu qu’il veut, autant de livres qu’il peut, nous n’en aurons que des fragments. Notre concentration est l’ennemi de la commercialisation de notre attention.
- Bien sûr, l’auteur américain ne cite pas Patrick Le Lay ancien patron de TF1 et son célèbre « Nous vendons du temps de cerveau disponible. » Mais dans la lignée de cette confession on pourrait compléter la formule de Le Lay en disant que Google fait mieux que les chaines de télévision en vendant du temps de cerveau actif, la où le téléspectateur sera passif ! Le mot actif est important et explique pourquoi TF1 est moins valorisé que le moteur de recherche Google.  
- L’ouvrage est très documenté sur les fondateurs d’internet. Nicholas Carr rappelle par exemple l’idée de Vannevar Bush qui était, avec le Memex , d’augmenter la capacité de retrouver plus facilement des informations utiles. Mais l’auteur s’appuie sur des travaux récents de chercheurs pour pourfendre l’internet actuel :  « apparemment, le développement des systèmes d’information numérique personnel et de l’hypertexte global, loin de résoudre le problème qu’à identifié Bush, l’a exacerbé ».
- Bien qu’écrit en 2009 Nicholas Carr analyse déjà les visées transhumanistes de Google. Il résume la vision des fondateurs Page et Brin « on ne peut alors faire la distinction entre l’intelligence humaine et l’intelligence de la machine ». Et c’est là que l’on reparle de Taylor : « Google tient à sa croyance tayloriste que l’intelligence est un processus mécanique, une série d’étapes discrètes que l’on peut isoler, mesurer et optimiser ».

La suite : demain

Jérôme Bondu





nicholas carrJ’ai lu le très bon livre "Internet rend-il bête ?" de Nicholas Carr. Le livre porte sur la transformation de notre cerveau avec la pratique d’internet. Je partage mes notes de lecture en trois billets distincts. Voici le premier.
« Internet rend-il bête ? »  est la version française du titre original The Shallows (les basfonds).

En introduction Nicholas Carr rappelle que l’on peut diviser nos inventions technologiques en quatre catégories selon qu’elles renforcent ou complètent nos capacités innées. Elles peuvent :
- Décupler notre force physique (charrue, voiture …).
- Élargir le spectre de notre sensibilité (microscope, télescope, ampli…).
- Remodeler la nature (pilule contraceptive, engrais …).
- Étendre ou soutenir nos capacités mentales (imprimerie, machine à écrire, ordinateur …).

Ces inventions technologiques ont un impact sur ce que nous sommes. Mais jusqu’à quel point ?
- Les tenants du déterminisme technologique pensent que le progrès technologique est une force autonome qui échappe au contrôle de l’Homme.
- Les tenants de l’instrumentalisme pensent que les innovations sont des artéfacts neutres que nous maitrisons.

L’instrumentalisme est l’opinion la plus répandue. Surtout, explique malicieusement l’auteur, parce que l’Homme a du mal à accepter de ne pas être maitre de ses propres innovations (question d’égo). L’auteur est consensuel quand il affirme que de nombreuses innovations technologiques ont marqué un tournant dans l’histoire. Par exemple la poudre à canon a changé la manière de protéger les châteaux forts. Mais le problème se complique quand il s’agit d’innovations intellectuelles qui ne laissent pas de traces visibles, et dont les modifications sont de l’ordre de nos manières de penser !

Par chance, l’analyse des impacts d’internet va être facilitée par les progrès en neuroscience. C’est cette analyse que va faire Nicholas Carr, en mesurant les impacts d’internet sur notre développement cognitif. Et le tableau n’est pas réjouissant comme le titre le laisse transparaitre !

L’auteur va démontrer sa thèse en plusieurs temps :
- Les technologies que nous utilisons changent ce que nous sommes. À fortiori les technologies informationnelles (écriture, impression) et leurs évolutions successives ont changé profondément nos civilisations. D’où l’intérêt de se pencher sur la dernière révolution en date, la révolution numérique.
- Dès le départ, la révolution numérique a posé le problème de l'attention. Internet a un modèle économique qui vise à capter toujours plus notre attention. Google en tant que champion du web est aussi le champion du vol de notre attention.
- Or notre cerveau est malléable et se modifie selon la manière avec laquelle nous l’utilisons. C’est ce que l’on appelle la plasticité neuronale.
- Les recherches scientifiques prouvent qu'une utilisation forte d'internet, avec ses sur-sollicitations constantes, a des conséquences fortes sur le cerveau.
- Notre cerveau se modifie dans un sens négatif : Perte de la capacité mémorielle. Perte de concentration. Perte de l'aptitude à lire « en profondeur » (par opposition à une lecture superficielle). Perte de la capacité d'analyse. Perte même de la compassion.

Suite de la note de lecture : demain
Jérôme Bondu





Edward Snowden 2Edward Snowden a dévoilé un des plus énormes scandales de tous les temps. Il a expliqué les mesures d'interception et de surveillance des services secrets et du gouvernement américain, et s’est ainsi battu pour la liberté de tous. Actuellement réfugié en Russie, il demande l'asile en France.
Cette réunion aura pour but de réfléchir à sa demande d’asile, établir une position, et construire des moyens de communication et d’influence pour partager cette position à tous les niveaux en France.

La réunion sera animée par Jérôme Bondu, expert en intelligence économique.

Mardi 15 octobre de 19h30 à 21h30.

Inscription ici.

Au plaisir de vous y retrouver,

Jérôme Bondu
Nb : La réunion aura lieu dans Lille. Le lieu de cette réunion sera choisi en fonction du nombre d’inscrits.