geopol chineLe jeudi 26 mars 2020 à 19H30
Le Club IES de l’IAE de Paris Alumni et le réseau Inter-Ligere
Vous invitent à la 156ème conférence-débat sur le thème :


Géopolitique de la Chine

Par Eric Battesti
(inscription)

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THEME :
« Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera » a dit Alain Peyrefitte en 1973. La Chine s’est éveillée … et pour éviter de trop trembler, je vous propose d’écouter Eric Battesti. Il expliquera :
- Le fonctionnement intérieur de la Chine.
- Les risques que fait peser l’Empire du Milieu sur l’économie mondiale.
- Les bonnes pratiques pour pouvoir commercer avec le géant asiatique.

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INTERVENANT :
Eric Battesti est expert sur la Chine et fondateur du cabinet de conseil HYPHEN SAS.
Il est ancien commissaire Divisionnaire, ancien directeur de la Direction des Renseignements Généraux, ancien attaché de Sécurité Intérieure pour la Chine à l’ambassade de France à Pékin.
Par ailleurs, il est auditeur de la 3e session nationale au Centre des Hautes Études du Ministère de l’Intérieur (CHEMI) et auditeur de la 24e session nationale de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ).

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DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
19h15 - 19h30 : Accueil des participants par Jérôme Bondu
19h30 - 20h15 : Intervention d’Eric Battesti
20h15 - 21h00 : Débat avec la salle
21h00 – 21h45 : Cocktail dînatoire

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LIEU :
IAE DE PARIS - SALLE D4
12 Rue Jean Antoine de Baïf
75013 PARIS

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INSCRIPTION OBLIGATOIRE :
Inscription en ligne ou par chèque.
- 10€ pour les membres de l’AAE IAE.
- 20€ pour les non-membres, dont 10 € remboursés aux IAE en cas de cotisation payée sur place ou dans la semaine qui suit l'événement.


Jérôme Bondu





covid2Dans le cadre d’une formation en veille stratégique auprès des Executive Master de l’IESEG, nous avons mené un atelier d’analyse cartographique.
Il s’agissait d’analyser avec quels mots clés négatifs le coronavirus était associé. Voici les 7 mots clés sélectionnées : danger, crise, épidémie, contagion, panique, pandémie, mort.


Méthodologie


Nous avons interrogé Google Actualité sur les dernières 24 heures. Voici les 7 requêtes que nous avons créés
- intitle:coronavirus OR intitle:covid-19 intitle:épidémie
- intitle:coronavirus OR intitle:covid-19 intitle:danger
- intitle:coronavirus OR intitle:covid-19 intitle:crise
- intitle:coronavirus OR intitle:covid-19 intitle:contagion
- intitle:coronavirus OR intitle:covid-19 intitle:pandémie
- intitle:coronavirus OR intitle:covid-19 intitle:mort

covidJPG


Analyse


Après une collecte des résultats et un petit dépouillement dans un tableur, voici le graphe :
- On y voit que le mot "épidémie" est de loin le plus utilisé.
- Suivi du mot "crise"
- "Mort", "contagion" et "danger" sont à peu près à égalité.
- Viennent les mots "panique" et "pandémie" en queue de peloton.

On voit aussi qu’il y a quelques sources qui sont centrales, dans le sens où elles utilisent plusieurs des mots clés.
- Ainsi BreakingNews est lié à quatre des mots clés : épidémie, crise, contagion et danger.
- Pour BFMTV, ce sont les mots : épidémie, crises et mort.
 

covid3

- Le Figaro, joue sur la panique et la crise.
- France Soir et Sciences et Avenir, ne parlent que de crise.
 covid4


Un grand merci à la super promo de cette année ;-) Composée de Alexandre Poitou, Cécile Tapinoy, Cédric Moretau, Céleste Faivre, Elodie Saint-Cyr, Figen Kaybal, Gautier Grellety, Johann Lacroix, Juliette Bodet Prattico, Laurent Benard, Marina Ubeda, Maxime Jacobus, Miguel Dos Santos, Nathalie Moser Ribeiro, Nicolas Girard-Cheron, Papa Amadou Sarr, Rosine Trival, Sebastien Millanvoye, Sébastien Pannetier, Sidy Mohamed Cissé, Stéphan Sautron, Thibaut Duret.

Jérôme Bondu

NB : j’explique en détail les biais méthodologiques de ce type d’étude, notamment dans les articles :
- Quelles entreprises font le plus d’Intelligence Economique ?
- Professionnels de l'Intelligence Economique : Trouverez-vous votre profil Linkedin sur Google ou Bing ?
- Les professionnels de l’IE font-ils vraiment de la veille, de l’influence et de la sécurité économique ?


web20 15ans et aprèsJ'ai eu le grand plaisir de participer au livre "Web 2.0 15 ans déjà et après ?" coordonné par Fadhila Brahimi et David Fayon. J'ai pu développer l'idée d'une nécessaire réappropriation du web par les internautes, et du danger de la centralisation du pouvoir par les GAFAM et BATXH.

57 pionniers francophone du Web 2.0

Je suis en très bonne compagnie avec 57 pionniers francophone du Web 2.0 et excellents professionnels. Le livre a été préfacé par Claudie Haigneré, première spationaute française et européenne. L'ouvrage a été intelligemment découpé en 15 chapitres (pour les 15 ans du web 2.0) et le tout fait 365 pages ! On y trouvera les repères, les révolutions et les relations bouleversées ou générées par le Web 2.0. Ce livre a vocation à devenir LE livre de référence sur le Web 2.0 Internet est un magnifique outil d'épanouissement et le collectif a voulu dresser sept pistes pour réenchanter Internet !

Sommaire Web 2.0 15 ans déjà et après ?

Introduction : Le pourquoi du livre
Chapitre 1 – Repères historiques
Chapitre 2 – La conquête du Web par les pionniers
Chapitre 3 – Révolution économique
Chapitre 4 – Révolution politique
Chapitre 5 – Révolution juridique
Chapitre 6 – Révolution culturelle
Chapitre 7 – Révolution des usages
Chapitre 8 – Relation à soi et aux autres
Chapitre 9 – Relation à l’information
Chapitre 10 – Relation avec les marques
Chapitre 11 – Relation au travail
Chapitre 12 – Relation aux mondes virtuels (et réels)
Chapitre 13 – Relation aux mondes réels (et virtuels)
Chapitre 14 – Retour vers le futur
Chapitre 15 – Et d’ici 2035 ?
Conclusion : Et après ?


On peut lire sur la 4e de couverture :


"En 15 ans, le Web 2.0 a radicalement transformé notre façon de travailler, de consommer, de vendre, de communiquer… Les technologies (mobile et tablette, 3G ou 4G, médias sociaux, big data, intelligence artificielle, etc.) ont bouleversé nos sphères de vie et notre rapport aux individus, à l’information, aux objets… 57 pionniers vous proposent d’explorer rétrospectivement les conséquences du digital sur notre société (économie, politique, juridique, culturel…). Le but : imaginer 7 pistes de réenchantement pour un futur numérique plus sain et plus responsable face à la domination des géants d’Internet, GAFA (Google Apple Facebook Amazon) et BATX (Baidu Alibaba Tencent Xiaomi)."


Avec les experts


Farid Arab . Thierry de Baillon . Christine Balagué . Éric Barbry . Beer Bergman . Olivier Berlingué . Nicolas Bermond . Fanny Berrebi . Michelle Blanc . Jérôme Bondu . Fadhila Brahimi . Frédéric Canevet . Dominique Cardon . Nicolas Celic . Cyrille Chaudoit . Jean-Pierre Corniou . Céline Crespin . André Dan . Yannis Delmas-Rigoutsos . Damien Douani . Antoine Dubuquoy . Jean-Philippe Encausse . Fabrice Epelboin . Olivier Ezratty . Isabelle Falque-Pierrotin . David Fayon . Mathieu Flaig . Cyrille Frank Yann Gourvennec . David Guillocheau . Claudie Haigneré (Préface) . Olivier Iteanu . Henri Kaufman (Postface) . François Laurent . Yann Leroux . Éric Maillard . Vérone Mankou . Émilie Marquois . Grégory Maubon . Pierre Mawas . Pierre Métivier . Jean-Claude Morand . Ahmed Mehdi Omarouayache . Anthony Poncier . Grégory Pouy . PPC . Benoît Raphaël . Cyril Rimbaud Vincent Rostaing . Jean-François Ruiz . Éric Seulliet . Serge Soudoplatoff . Virginie Spies . Yaëlle Teicher Stein . Pierre Tran . Pierre Vallet . Henri Verdier

100 % des droits d’auteur sont reversés aux associations Emmaüs Connect et Startup for kids qui oeuvrent pour la réduction de l’illectronisme ou fracture numérique. Pour le commander, le lire et faire une bonne action, c’est ici ou chez votre libraire.

Le livre est édité aux Edition Kawa

Livre : 34,90€ TTC . ebook : 22,90€ TTC
Sortie : mars 2020
365 pages

Achetez le chez votre bon vieux libraire. Ou éventuellement sur Amazon.
Bonne lecture

Jérôme Bondu



Louis Pouzin 1Louis Pouzin et John Day, deux acteurs de la création d’internet, ont donné une conférence commune organisée par Inter-Mines le 25 février 2020.

L’objectif était de présenter la naissance d’Internet (intervention de Louis Pouzin), d’en critiquer l’architecture (John Day), puis de proposer le nouveau modèle RINA (interventions de Miguel Ponce de Leon et Philippe Poux). C’était passionnant. Voici quelques notes, essentiellement issues de la conférence de Louis Pouzin :

- Arpanet, n’est pas le premier réseau d’échange de données numériques. Il a été devancé par le système d’échanges d’informations mis en place entre les compagnies aériennes, et un réseau bancaire espagnol. Arpanet n’est donc pas le premier, mais a développé le réseau le plus vaste.
- En France, dans les années 70, il y a eu la volonté de rattraper un retard : un consortium européen d’entreprises informatiques était en train de voir le jour, et la C2I (française) devait les rejoindre. Pour rendre la C2I plus attrayante dans le consortium européen, le gouvernement français a voulu développer un réseau similaire à Arpanet. L’objectif était surtout d’avoir une place valable au sein du consortium.
- La commutation par paquet et surtout l’utilisation d’un chemin non-préétabli était une idée à « rebrousse-poil » des télécoms en France. Car sans chemin préétabli, pas de facturation ! Donc pas d’intérêt.
- La démonstration des Cyclades en 1972 devant divers ministères a prouvé que le système fonctionnait.
- Mais la mort de Pompidou a permis aux télécom de prendre le dessus. La CGE voyait cela aussi d’un très mauvais œil. Et EDF a aussi supporté le réseau Transpac, car il avait besoin d’une mise en réseau de leurs gros ordinateurs. Bref tout se liguait pour l’arrêt du projet Cyclade.
- Les Américains ont repris une partie du travail des Cyclades.
- Au final, Cyclade a tourné de 1972 à 1982 soit une dizaine d’années.

Louis Pouzin 2John Day a présenté avec beaucoup d’humilité et d’humour son apport à la création d’internet. Cette diapo présente sa vision très critique de l’internet d’aujourd’hui. Selon lui, beaucoup de mauvais choix ont été effectués. D’où son intérêt pour RINA.

Miguel Ponce de Leon a présenté avec beaucoup d’enthousiasme le projet RINA. Enthousiasme visible aussi dans le témoignage du Philippe Poux président de RINA.

Louis Pouzin 3

Enfin, le général Watin-Augouard a conclu brillamment cette conférence. Il a rappelé que la France en arrêtant le projet Cyclade et bloqué le travail de Louis Pouzin avait « tué une première fois Mozart ». Il espérait que la France ne reproduise pas cette bêtise en ratant le projet RINA.


Jérôme Bondu

Sur le même sujet :
- Interview de Louis Pouzin.
- Compte rendu du livre : Louis Pouzin, l’un des pères d’internet. Par Chantal Lebrument et Fabien Soyez.




toile que nous voulonsJ’ai acheté « La toile que nous voulons », ouvrage collaboratif sous la rédaction de Bernard Stiegler. Je l’ai acheté essentiellement pour les articles de Dominique Cardon, Evgeny Morozov et Julian Assange. Ces trois articles sont effectivement très intéressants. Le reste est inégal. Voici quelques notes sur les 13 articles de ce livre en deux billets.

Second billet : Morozov et les autres contributeurs.


Émergence d’un État-providence néolibéral

Evgeny Morozov intitule son article « Émergence d’un État-providence néolibéral ».
Il commence par dresser un constat lucide d’internet : il dénonce les défaillances techniques, la puissance économique et politique de la Silicon Valley, la privatisation de la ressource essentielle qu’est l’information, leur technopopulisme, l’extractivisme des données. Il rappelle que dans notre bêtise infinie (ça c’est de moi, pas de lui) nous payons deux fois l’utilisation des outils numériques : une première fois avec notre attention. Et une deuxième fois en offrant nos données. Le premier type de paiement peut être comptabilisé car on maitrise bien l’économie de la publicité. Par contre le second paiement n’est pas comptabilisé car trop récent, trop neuf …

Dans un second point, il assène que cette « domination silencieuse de nos vies par la Silicon Valley n’est pas un fait accompli et peut encore être contestée pourvu qu’il y ait suffisamment de volonté politique ». Cela peut passer par :
- Le droit des données : les GAFAM se sont approprié nos données sous prétexte que ces géants du web font fonctionner l’infrastructure de l’internet. Alors que c’est faux.
- Nous avons besoin « d’un régime politique, économique et juridique qui reconnaisse les droits sociaux et la jouissance collective des données ».  
- Nous devons réapprendre à rêver en dehors des sentiers balisés par les GAFAM.
- « Tandis que le jargon de la technologie devient de plus en plus central dans nos vies, il faut que nous le désapprenions et que nous soyons extrêmement méfiants vis-à-vis de ses prétentions à la neutralité ».

Autres articles

J’ai peu accroché avec l’article de Paul Jorion intitulé « La mise à l’écart de l’homme par la machine est-elle irréversible ? »
J’ai carrément buggé avec celui de Thomas Berns (intitulé « Sortir de la répétition de la gouvernementalité algotythmique ») dont les circonvolutions littéraires rappellent le style de Stiegler. Extrait de son introduction « je voudrais tenter de cerner le type de normativité qui s’y développe, de montrer en quoi le registre de la volonté et du consentement ne permet pas de s’y référer, tenter d’approcher dès lors cette normativité à partir de l’idée derridienne de la citation, et enfin dessiner quelques pistes critiques qui s’arriment à cette idée de la citationnalité en réinscrivant en son sein de la différence tout en s’éloignant d’une répétition purement machinique ». Je jure que c’est du mot à mot. Je me suis relu trois fois pour être que j’avais bien écrit tous les mots … Je suis preneur d’une explication de texte…

L’article de David Barry « théorie critique des algorithmes » est très technique.

L’article « Le déluge des corrélations fallacieuses dans le big data » démontre que la quantité énorme de données stockées dans les datacenters permet de faire des corrélations arbitraires. « Paradoxalement, plus nous avons d’informations et plus il est difficile d’en extraire du sens. Une quantité d’information trop importante tend à produire les mêmes effets qu’une quantité d’information trop faible ». Et plus loin « plus une base de données exploitée pour des corrélations est grande, plus grandes sont les chances de trouver des régularités récurrentes et plus grand est le risque de commettre des erreurs ». Intéressant.

L’article « Le web qui vient de la NSA à l’intelligence collective » de Harry Halpin est alarmiste. « Aujourd’hui, nous voyons clairement que l’appareil de surveillance de masse est en train de créer la machine idéale pour des évènements de ce type (il fait référence à la bombe atomique et à l’Holocauste). Seul un nouveau mouvement global et social peut reprendre le pouvoir sur le web pour avoir des chances d’empêcher d’autres catastrophes à venir ». A bon entendeur …

Vient la retranscription d’un dialogue en Stiegler et Julian Assange. Ce dernier fait preuve d’une belle culture universaliste. Il rappelle les fondamentaux : « Ainsi, au niveau de la structure technique, comme au niveau financier, juridique et social, il n’existe pas de séparation adéquate entre Google et le gouvernement américain. Et cela est vrai pour presque toutes les autres grandes entreprises de technologie ». CQFD !

Au final les articles de Cardon, Morozov et Assange sont très intéressants et méritent une lecture. Le reste est inégal.

Jérôme Bondu