FC espionsJe vous recommande la série d’émissions sur France Culture « Conversations secrètes, le monde des espions » produite par Philippe Vasset et Pierre Gastineau.

Le site de France Culture la présente comme suit : « Conversations avec des éminences grises de huit grandes puissances du renseignement pour mieux comprendre les rouages de l'espionnage moderne. Une plongée dans les arcanes des services de renseignement. Comment une information secrète devient une politique publique ? Comment les services de renseignements informent-ils nos dirigeants ? Entre espions de cinéma et bureaucrates du secret, quelle est la réalité des liens entre espionnage et pouvoir ? Pierre Gastineau et Philippe Vasset ont interrogé les maîtres-espions de huit grandes puissances du renseignement, la majorité d’entre eux s’exprimant pour la première fois dans un média français. Toutes ces éminences grises racontent la mécanique du secret et détaillent les chausse-trapes et les frustrations auxquels sont confrontés les espions au cœur du pouvoir. »

Dans l’ordre de diffusion :

L'aristocratie de l'espionnage : le Royaume-Uni
06/07/2019
Aucun autre pays n'a su faire de ses hommes de l'ombre une telle mythologie nationale. Au Royaume-Uni, les espions sont des princes. On les célèbre au cinéma, à la télévision et sur les étagères des libraires. D'anciens membres du renseignement britannique nous racontent ses coulisses.

Les espions du Président : les États-Unis
13/07/2019
Les États-Unis disposent des services de renseignements les plus puissants au monde. Patriote, le peuple américain entretient des liens très particuliers avec ses espions, souvent érigés au rang de héros. Ces derniers vous emmènent dans les arcanes de l'espionnage à l'américaine...


Des espions au Kremlin : la Russie
20/07/2019
Développé durant la Première Guerre mondiale, l'espionnage est devenu affaire courante durant la guerre froide. Les troupes invisibles de la CIA et du KGB, agences d'intelligence américaine et soviétique ont déroulé une variété de tâches aux ordres de leurs dirigeants politiques.

Les espions qui n'aimaient pas espionner : l'Allemagne
27/07/2019
Les relations des Allemands et notamment des dirigeants politiques sont compliquées vis-à-vis de ses services de renseignements. En cause, des facteurs historiques et une incompréhension mutuelle entre la sphère politique et les maîtres-espions du pays.

Les espions qui aimaient trop le business : la Chine
03/08/2019
Le renseignement est profondément ancré dans la culture chinoise, et le parti communiste l'a institutionnalisé, dans un climat de paranoïa. Originellement destiné à combattre les ennemis du parti, le renseignement est aujourd'hui massivement mobilisé sur des questions économiques.

Les espions dans l'ombre des réseaux : Israël
10/08/2019
Comment Israël, un pays plus petit que la région Pays de Loire, âgé d'à peine 70 ans, a-t-il réussi à s'imposer comme une puissance majeure du renseignement au point d'être crainte par ses alliés eux-mêmes ?

Le pays où les espions ont été rois : l'Algérie
17/08/2019
Les services de sécurité algériens sont un État dans l’État. Tirant leur légitimité du rôle crucial des militaires dans la Guerre d'Indépendance, leur rôle a été de défendre le régime politique et de gérer la rente économique. Mais des zones d'ombre demeurent sur certaines de leurs activités.


Et les barbouzes devinrent des espions : la France
24/08/2019
Loin de traiter d'égal à égal avec le politique, comme c'est le cas au Royaume-Uni, le renseignement français suscite encore beaucoup de méfiance. Qui sont ces fonctionnaires qui ont le plus grand mal à valoriser leur contribution à l'histoire de la République ?

Toutes ces émissions sont très intéressantes pour comprendre un peu les rouages de ces institutions. Petit bémol néanmoins pour celle sur la Russie « Des espions au Kremlin : la Russie » parce que le doublage de l’interviewé russe est très lent, et cela gâche un peu le plaisir de l’écoute.

Jérôme Bondu

Autres sujets similaires :
- A écouter : La novlangue, instrument de destruction intellectuelle. Emission sur France Culture.
- A écouter : Le droit comme arme de guerre. Emission d’Antoine Garapon sur France Culture



arretRécemment j’ai entendu une conférence de 20 minutes (montre en main) durant laquelle le conférencier a réussi à placer 10 anglicismes. Soit un mot anglais toutes les deux minutes. J’ai pris en note : cluster, mindset, business line, le UK, broker, asset immobilier, property, use case, business owner, input ! Nous sommes de plus en plus face à des Jean-Claude Vandamme de la pensée (vous vous rappelez « je suis aware »).

Cette nouvelle langue du business m’a fait penser à la Novlangue d’Orwell. A ce propos, je vous recommande l’émission de France Culture « La novlangue, instrument de destruction intellectuelle ». 

Voici deux extraits de l’émission fortement éclairants :
---------------------------------------

« L’idée d'Orwell c’est que trop souvent nous nous laissons entraîner par les mots, nous laissons les mots penser à notre place, ce qui est vrai pour n’importe qui dans la conversation courante mais aussi vrai pour un écrivain, un penseur ou un philosophe… « Ce qui importe avant tout, c’est que le sens gouverne le choix des mots et non l’inverse. En matière de prose, la pire des choses que l’on puisse faire avec les mots est de s’abandonner à eux. » George Orwell
Jean-Jacques Rosat

"Quand on s’exprime mal, on pense mal ou pas du tout. Le but de la novlangue dans 1984 est de parvenir à l’anéantissement de la pensée et remplacer le sens par le signal."
Françoise Thom

---------------------------------------

Aucun mépris dans mon propos. Je ne critique pas ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir eu une bonne éducation. En l’occurrence le conférencier que je cite plus haut est plutôt dans le genre bardé de diplômes. Et dans son cas, quand il s’exprime mal c’est qu’il pense mal.

Et je me demande si nous ne serions pas en train de voir émerger avec ce globi-english une forme de novlangue particulièrement nocive. Sous couvert de modernité, de business et de solicon valley, elle me parait être une réduction de la pensée. Je me demande si ces bas+5, qui ne savent plus parler correctement, ne sont pas les idiots utiles d’une destruction de la pensée critique.

J’ai été à Québec cet été et j’ai été épaté par la capacité à utiliser des jolis mots, là où nous avons placé du « parking », du « hot dog » ou même le mot « stop ». Nous ferions bien de nous inspirer de nos cousins d’Outre-Atlantique. En tout cas, je vous recommande l’émission « La novlangue, instrument de destruction intellectuelle ». Vous vous ferez votre idée.

Jérôme Bondu

NB : Autre émission de France Culture très intéressante : Le droit comme arme de guerre économique.
NB 2 : Suite à mon billet, Pascal Tartarin m’a présenté un très bel article de la revue Interrogations.org, dont je ne peux que copier-coller la conclusion :

L’analyse de Victor Klemperer « nous parvient comme un mode d’emploi critique de notre présent » (p. 373), selon les mots d’Alain Brossat dans la postface de l’ouvrage. LTI (la manipulation de la langue allemande sous le IIIème reich) a une portée heuristique qui dépasse l’analyse des systèmes totalitaires. A l’heure de la mondialisation, du développement d’une « novlangue néolibérale » (Bihr) qui véhicule des concepts gestionnaires, et de la disparition de langues minoritaires, la réflexion de Victor Klemperer apparaît particulièrement pertinente pour interroger la société contemporaine prise dans un système non pas totalitaire mais « globalitaire» !

"Novlangue néolibérale" ... "système globalitaire" ... J'adore ! De quoi nourrir notre réflexion …

Source : Vandevelde-Rougale Agnès, « Victor Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich. Carnets d’un philologue », dans revue ¿ Interrogations ?, N°13.





carto

J'aurai le plaisir d'animer un webinaire sur le thème passionnant de l'influence et de la communication !

L’influence est multiforme : Depuis la publicité, en passant par le "Soft power", jusqu'à la propagande nous baignons littéralement dans un monde d'influence.

Dans le cadre de ce Webinaire, je rappellerai dans un premier temps les différentes formes d’influence. Puis j'insisterai sur l’impact de la révolution numérique. Et enfin je vous inviterai à réfléchir sur nos pratiques dans le cadre de nos entreprises et organisations. Je mêlerai réflexions théoriques, applications pratiques et outils.

Webinaire gratuit
Date : Jeudi 7 novembre 2019 à 14h30
Titre : Influence et communication
Lien d'inscription.

Au plaisir de vous y retrouver,
Jérôme


Sur le même sujet :
- A lire : lobbytomie
- A lire : le droit nouvelle arrme de guerre économique
- Influence et cigarettes
- Formation sur l'influence
- Influence et softpower
- Cartographie des membres du Bilderberg


 

garapon

 

Je recommande l’écoute des cinq émissions (de 45 min) de la série « Le droit comme arme de guerre » produite par Antoine Garapon, et diffusées sur France Culture dans l’émission Matières à penser.  L’ensemble des cinq émissions cerne très bien le sujet, avec des interventions de Renaud Beauchard, Ali Laïdi, Laure Deron, Raphaël Gauvain et Charles Citroën. Celles d’Ali Laïdi et de Raphaël Gauvain sont notamment particulièrement éclairantes. Je vous donne les liens vers ces émissions avec la présentation de quelques lignes que l’on trouve sur le site de France Culture.


1 De la lutte contre la corruption au lawfare : une histoire américaine
La guerre se fait désormais aussi par le droit. Les Américains ont même inventé un mot pour désigner l’utilisation du droit comme arme de guerre : le lawfare. On en parle ce soir avec Renaud Beauchard, avocat à Washington et auteur de "Christopher Lasch. Un populisme vertueux" (Michalon, 2018).
--> Renaud Beauchard évoque notamment l'origine de l'extraterriotorialité américaine.

2 Une menace pour les entreprises françaises
Nous analysons ce soir l'impact négatif et déroutant de l'extraterritorialité sur l'économie française avec Ali Laïdi, auteur du livre "Le droit, nouvelle arme de guerre économique. Comment les États-Unis déstabilisent les entreprises européennes" (2019).
--> Ali explique l'origine du FCPA, l'affaire Alstom, l'affaire Airbus en cours...

3 Faut-il craindre une extraterritorialité du droit chinois ?
Faut-il redouter un nouvel ordre mondial à la chinoise ? C'est la question à laquelle nous allons essayer de répondre ce soir, en compagnie de Laure Deron, avocate au barreau de Paris et professeure de droit chinois à l’université Paris VIII.
--> Laure Deron relativise la portée de l'extraterritorialité du droit chinois et pondère les craintes que nous pourrions avoir.

4 Une réponse française à la hauteur du défi
Comment peut-on se protéger de la guerre par le droit ? Nous répondons à cette question en compagnie de Raphaël Gauvain, député LREM de Saône-et-Loire.
--> Raphaël Gauvain détaille les éléments présentés dans son rapport. Il évoque entre autre l'importance d'avoir des avocats dans les entreprises ce qui permettrait d'améliorer le secret des affaires, et nous alignerait sur les pratiques de nos concurrents.

5 Organiser une protection européenne
Nous tentons dans cette dernière conversation avec Charles Citroën, de trouver la bonne échelle et le bon niveau pour répondre à la question de l’extraterritorialité qui caractérise, en particulier, le pouvoir dans un monde déterritorialisé.
--> Finalement Charles Citroën explique que l'Europe a aussi ses mesures extraterritoriales qui fonctionnent bien : le RGPD ou Reach en sont deux exemples !

Jérôme Bondu





droits voisins5Vous avez certainement entendu parler des "droits voisins" ! Pour résumer, c’est le mécanisme par lequel la presse va tenter de survivre en faisant payer à Google l’utilisation de leurs données. La question que je me suis posée est liée à mon milieu professionnel : Est-ce que les professionnels de l’Intelligence Economique en parlent ?J’ai utilisé une méthode simple : Interroger Google :-) Et voici les résultats.

Rappel du concept de "droits voisins"

Il s’agit d’un droit qui permet une juste rémunération des producteurs d’informations, comme les sites de presse, face au géant Google qui utilise leurs données sans les rémunérer. Le 24 octobre 2019 en effet entrera en vigueur en France la directive européenne dite des "droit voisins". Mais Google, dans un déni de démocratie, a fait savoir qu’il n’allait pas se plier à la loi. Il allait proposer l’alternative suivante :
- Soit le site de presse renonce à ce droit pourtant vital.
- Soit Google le "déréférence", dans la mesure où les informations provenant de son site ne seraient plus visibles dans Google Actualité que sous forme d’un titre, sans image, sans extrait pertinent. Bref sans invitation à cliquer sur le lien. Et donc au final sans recette publicitaire pour le journal.
Dans les deux cas c’est la mort de la presse. Google veut rester l’unique bénéficiaire des recettes publicitaires générées par les informations que le moteur ratisse. Il veut faire "plier les médias et les forcer à accepter un modèle économique assis sur la non-rémunération des contenus" comme l’écrit Sammy Ketz grand reporter à l’AFP pour les Echos dans son article du 23 octobre 2019 "Google une fois de plus au-dessus des lois ?".

Mais est-ce que les professionnels de l’intelligence économique en parlent ?

Requêtes Google

J’ai d’abord recherché tous les articles qui mentionnaient dans le titre les expressions "intelligence économique" et "droits voisins"
intitle:”intelligence économique” intitle:”droits voisins” OR intitle:”droit voisin”. 2 résultats
Puis rabaissant mes prétentions, intitle:”intelligence économique” ”droits voisins” OR ”droit voisin” 36 résultats. Ce n'est pas énorme.

Au-delà de l’absence de résultats probants, ces requêtes manquent de pertinence. Car des professionnels de l’IE on très bien pu parler des "droits voisins" sans mentionner ces expressions dans le titre. Suivons donc une autre piste.

Google custom search

J’ai donc créé un moteur de recherche personnalisé avec Google Custom Search en intégrant une trentaine de sites spécialisés en intelligence économique (liste ci-dessous). Je vous partage ce moteur pour que vous puissiez l’utiliser et vous amuser avec : https://cse.google.com/cse?cx=006392655821892627501:gk8fuk4j4yc

A la requête intitle:"droits voisins", on obtient trois résultats.
A la requête "droits voisins", on obtient 240 résultats. Avec l'expression au sigulier "droit voisin", on obtient 255 résultats.

Mais qui en parle ! J’ai donc fait 64 requêtes complémentaires (de ce type), en recherchant spécifiquement sur chacun des sites l'expression au pluriel et au singulier, pour pouvoir décomposer le résultat.

Le tableau se lit de la manière suivante :
Source : Nb de résultats à la requête "droits voisins" / Nb de résultats à la requête "droit voisin"
les-infostrateges.com : 200 / 228 résultats
archimag.com : 18 / 11
infoguerre.fr : 7 / 8
actulligence.com : 1 / 4
blog.euresis.com : 4    
fjb.blogs.com : 4    
fr.sindup.com/blog : 3    
portail-ie.fr : 2
business-commando.com : 1    
veillemag.com : 1
NB : je n'ai pas intégré de filtre de date, et certains articles datent un peu mais sont quand même intégrés dans les résultats.

Monopole de Google

Au travers de ce petit exercice on peut tirer quelques conclusions et un conseil opérationnel :
D’abord les conclusions :
- Les professionnels de l’IE, à part les juristes d’Infostrateges (bravo à Didier Frochot et Fabrice Molinaro) parlent peu des "droits voisins". On peut le regretter car il est aussi de notre ressort de veiller à une pluralité des sources d’informations. Cette critique s’adresse à moi aussi, car comme beaucoup de confrères, je n’ai pas fait de papier sur le sujet. Celui que vous lisez est mon premier !
- J’ai utilisé deux outils Google pour ma démonstration. Ce qui peut paraître paradoxal compte tenu de ma démonstration et de mes messages anti GAFAM. Mais c’est une autre manière de prouver l’importance de sortir du monopole informationnel du Léviathan Google. Là où il n’y a pas d'alternative, il n'y a pas de choix. C’est le thème de mon dernier livre "Maitrisez internet … avant qu’internet ne vous maitrise". 
- Il faut soutenir la presse dans son combat. Aujourd’hui ce sont eux qui sont sur la sellette. Demain ce pourrait bien être d’autres pans de notre organisation culturelle, sociale, politique et économique.
- Il faut faire attention aux effets de bords. Les Infostratèges soulignent que cette loi anti GAFAM peut poser problème aux gestionnaires des informations dans les organisations. 

Et pour finir un conseil opérationnel :
- Utilisez le combo Firefox / Qwant. Qwant est largement assez bon pour des recherches lambdas. Pas forcément celles qui nécessitent comme je l’ai fait des requêtes pointues, mais comme je le dis souvent en conférence et formation, Qwant est largement assez bon pour vous trouver la recette de la tarte aux pommes…
- Agrégez les flux RSS de vos journaux directement dans un agrégateur de flux, et opérez des filtrages avec les mots clés qui vous intéressent.


Jerome Bondu

Pour voir mes autres billets méthodologiques :
- Simulons comment Youtube peut analyser votre personnalité.
- Quelles entreprises font le plus d’Intelligence Economique ?
- Comment cartographier les influenceurs sur Twitter … en 5 minutes ?

PS : Liste des sites analysés et intégrés au Google Custom Search (par ordre alphabétique)
actulligence.com/
archimag.com
arnaudpelletier.com/intelligence-economique/
blog.digimind.com
blog.euresis.com
blogs.univ-poitiers.fr/n-moinet/
blueboat.fr/blog/
business-commando.com
cadderep.hypotheses.org/
cellie.fr
espritscollaboratifs.fr/articles/
fjb.blogs.com/
fla-consultants.com/fr/actualites
fr.sindup.com/blog
huyghe.fr
infoguerre.fr
intelligences-connectees.fr/
inter-ligere.fr
ixxo.fr/blog/
keepitsimple.fr
les-infostrateges.com
oeil-au-carre.fr/le-blog/
outilsfroids.net
outilsveille.com/
portail-ie.fr
recherche-eveillee.com
reputatiolab.com/
rsscircus.com/
veillemag.com