
Dans son ouvrage « La guerre mondiale n’aura pas lieu », sous-titré « Les raisons géopolitiques d’espérer », Frédéric Encel propose une analyse optimiste de la situation géopolitique mondiale actuelle. Ce livre publié en mars 2025, qui fait suite aux « Voies de la puissance », s’appuie sur des arguments multiples pour expliquer pourquoi la perspective d’un conflit mondial généralisé semble aujourd’hui peu probable. Cette position contraste fortement avec les déclarations récentes du Chef d’État major des armées. Je publie cette note de lecture, que j’ai écrite il y a maintenant plusieurs semaines, non pas pour apporter une contradiction, mais pour alimenter une réflexion.
Avertissement : Cette note de lecture ne reflète pas mes idées, et encore moins celles des structures avec lesquelles je travaille. Les phrases entre guillemets sont issues du livre.
Une prochaine guerre mondiale ?
Remise en cause du choc des civilisations
Dès la première partie, l’auteur s’attaque à la théorie du « choc des civilisations » développée par Huntington. Frédéric Encel considère cette idée comme un fantasme, en s’appuyant notamment sur la division profonde du monde musulman entre sunnites et chiites, qui rend la notion de bloc civilisationnel homogène illusoire.
Rationalité des régimes politiques
La deuxième partie, intitulée « Les régimes politiques ne se suicident pas », met en avant le fait que, bien que certains régimes puissent paraître déraisonnables, ils agissent rarement de manière irrationnelle. Les décisions politiques, même contestables, suivent généralement une logique propre à chaque État.
Fragilité des alliances et limites militaires
Dans la troisième partie, « Alliances rares et fragiles, armes et armées douteuses », Frédéric Encel souligne que les alliances internationales actuelles sont principalement bilatérales et bien plus fragiles que celles qui existaient en 1914. De plus, il évoque les limites des réarmements contemporains, souvent incomplets, et l’incapacité de nombreux États à projeter efficacement leurs forces armées.
Refus populaire de la guerre
La quatrième partie du livre s’intéresse aux raisons qui poussent les populations à refuser la guerre. Ce facteur sociétal joue un rôle de plus en plus déterminant dans l’évolution des conflits et dans la capacité des gouvernements à engager leurs pays dans une guerre.
Le monde arabe et Jérusalem
Dans la partie suivante, l’auteur se penche sur la situation du monde arabe, en particulier sur le cas de Jérusalem. Il expose le caractère fluctuant et aléatoire de la priorité accordée au monde arabe dans les stratégies internationales.
La question climatique
L’avant-dernière partie aborde la question climatique, qui devient un enjeu majeur dans les débats géopolitiques contemporains et influence potentiellement la dynamique des conflits internationaux.
L’impact de Donald Trump
Enfin, la dernière partie, ajoutée après la seconde élection de Donald Trump, analyse la position du président américain face à la guerre. Frédéric Encel suggère que, pour Trump, « la guerre coûte bien trop cher pour bien trop peu », ce qui constitue un frein supplémentaire à l’émergence d’un conflit mondial.
Conclusion
Les conclusions d’Eric Encel rejoignent celles d’une autre de mes lectures récentes, Amin Maalouf dans « Le labyrinthe des égarés ». L’auteur invite ainsi à l’optimisme. Mais son livre ne vise pas à peser le pour et le contre. Il fait simplement une liste des arguments qui incitent à la tranquillité. Il y a autant, si ce n’est plus, d’arguments pour la thèse inverse. Et si selon Frédéric Encel, la quatrième guerre mondiale ne devrait pas avoir lieu, cela ne doit pas nous empêcher de nous préparer à cette éventualité : si vis pacem para bellum ! L’ouvrage est illustré par plusieurs cartes.
« La guerre mondiale n’aura pas lieu » est publié chez Odile Jacob.
Jérôme Bondu


