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Voici une courte vidéo de Laurent Gaildraud juste après la remise du trophée Sun Tzu.

 

Le sujet de l'édition 2010 tient en quelques lignes énoncées par le fondateur du prix Laurent Gaildraud :
"Dans cette édition, il s'agissait d'une OPA hostile de NOKIA sur PALM. Les participants étaient du coté de NOKIA et devaient éviter la flambée du prix de PALM, phénomène inhérent à toute OPA et fort couteux au prédateur."

 

Christophe Stalla-Bourdillon et Andréa Brignone ont fait une analyse des résultats. J'en retiens trois choses :

 

Si un prédateur veut diffuser des rumeurs pour faire baisser le prix d'une proie (ou éviter que son prix d'opéable ne monte trop), il doit le faire de manière mesurée. Car si la rumeur fait perdre trop de valeur  à l'entreprise cible, le prédateur fait au final une mauvaise opération. D'où la technique qui consiste à attaquer quelque chose qui peut être facilement « renouvelable » comme ? la vision ou la stratégie de la direction. C'est pour cela que beaucoup des OPA voient fleurir des critiques à l'encontre du management de la cible, avec la « promesse » que son remplacement permettra de créer de la valeur pour l'actionnaire.

 

Seconde idée, la rumeur doit toucher le « public cible », donc généralement les actionnaires. Un des groupes participants au concours avait envisagé de construire une affaire de m?urs pour déstabiliser le management de la cible. Outre le fait que cela ne soit ni éthique ni légal, cela risque en plus d'être inopérant. Car comme le soulève un des membres du jury : le développement d'une affaire de m?urs dans les milieux financier n'aura pas forcément l'impact voulu. Car c'est un milieu qui a une conception spécifique de l'éthique, qui est plus liée à une bonne gestion des fonds.

 

Enfin, j'ai apprécié la métaphore suivante : Dans un duel à trois, celui qui meurt en premier est celui qui paraît le plus agressif, car il concentre les premiers tirs des deux autres. Belle image à méditer?

 

La remise du prix a donné lieu à une petite séquence technologique, avec la liaison par Skype d'une des membres de l'équipe lauréate qui se trouvait en Grèce.

 

Le trophée a été remis par Jérôme Cail de Lexis Nexis (partenaire de l'opération) à Henri Samier, directeur du mastère « Innovation et intelligence économique » à l'Université d'Angers.

 

Henri Samier a souligné l'importance de la prise en compte de la rumeur dans la stratégie d'entreprise. Non seulement parce que cela existe, mais aussi parce que cela permet de sortir du cadre classique de la gestion d'entreprise, et permet d'envisager les ruptures, de plus en plus fréquentes dans un monde mouvant. Concourir à ce prix, ajoute-t-il, dont les participants sont des équipe et non des personnes individuelles, permet de souligner que la valeur réside plus dans le collaboratif et les réseaux humains que dans l'individu seul.

 

J'ai eu le plaisir de remettre avec Julien Flandrois directeur marketing et commercial de KB Crawl (second partenaire avec de l'opération) le second prix à l'équipe de l'ICOMTEC.

 

Pour en savoir plus :

- Histoire de l'IE (1/8): Sun Tzu
- Le réveil du Samouraï, livre de Pierre Fayard

- Présentation de l'Art de la Guerre sur wikipedia