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Dans un précédent post, je suggérais que Google puisse un jour s'effondrer, à l'image d'Alta Vista, le moteur star du début des années 2000 (disparu en quelques mois à peine !).

Jean Véronis, dans la page forum de La Tribune (du 8 novembre) revient sur ce thème, et rappelle que l'engouement actuel vis-à-vis du moteur de recherche vedette « peut être remise en cause de manière inattendue ». Pourquoi ?

1- D'abord, parce que le moteur de recherche de Google n'a connu aucune innovation majeure depuis son lancement.
2- Ensuite, si Google annonce beaucoup d'innovations, peu viennent de ses propres efforts de recherche.
3- Sa puissance (et notamment sa puissance de développement), lui vient en réalité de son exceptionnelle valorisation en bourse, qui lui permet d'acheter n'importe quelle start-up prometteuse.
4- Enfin, l'entrée de Google dans tous les recoins de la gestion quotidienne des individus a fait naître une « sourde inquiétude », qui pourrait bien se transformer en défiance, et à terme crever la bulle de confiance que l'entreprise à réussie à générer autour d'elle.
Si la confiance part, la bulle crève, la valorisation aussi, il n'y a plus d'achat de start-up, ni donc d'innovation ? La boucle est bouclée.

Cette « sourde inquiétude » est aussi en train de se développer autour d'une autre star de la nouvelle techno : Facebook. Mark Zukerberg, le fondateur du site de réseau social, a dévoilé récemment sa nouvelle plateforme publicitaire « Facebook Ads », qu'il a présenté comme « la machine la plus ambitieuse à ce jour de marketing ciblé et viral » (Les Echos du 8 novembre).

« Facebook Ads » comporte trois volets :
- La publication de pages de pub créées par des annonceurs, sur le modèle des pages personnelles.
- La distribution de messages publicitaires ciblés en fonction des centres d'intérêt et des activités des membres. En gros, si j'envoi un message comme quoi j'aime faire du jogging, je recevrais la pub d'un équipementier.
- Enfin, une analyse des profils des utilisateurs qui interagissent avec les messages publicitaires et leurs modes d'interaction. Cela veut dire que si je clique sur une pub pour une marque de boisson, je recevrai par la suite une pub ciblée.

Facebook a ceci de commun avec Google qu'ils ont su générer un engouement autour de leur marque. Facebook avec 50 millions de membres actifs est deux fois moins gros que MySpace (120 millions de membres), mais avec une valorisation deux fois plus importante (15 milliard, contre 6 milliards pour MySpace).

Durant la conférence de presse qu'il a donnée mardi 6 à New York, Mark Zukerberg s'est empressé « de rassurer son audience sur la protection de la confidentialité des utilisateurs, dont l'anonymat sera rigoureusement préservé ». Néanmoins, il est certain qu'il va être délicat de jongler entre deux intérêts divergents : d'une part les annonceurs, qui en échange des sommes investies vont demander des comptes. D'autre part, les membres du réseau en quête d'un minimum d'anonymat.
Comme le titre l'Expansion  (du 7/11)« Facebook se sert de vos amis pour vous bombarder de publicité ».

Ca ne devrait pas plaire à tout le monde. Et à partir du moment ou l'on inspire plus confiance ...

Jérôme Bondu