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Compte - rendu de la conférence du 22 septembre 2005, organisée par le Club Intelligence Economique et Stratégique de l'AAE IAE de Paris.

Sur le thème "LA NOUVELLE FAÇON DE GERER LES RESEAUX HUMAINS"
Animé par Alain Lefebvre


Présentation de l’intervenant
Autodidacte, d’abord documentaliste puis informaticien, Alain Lefebvre a cofondé à 30 ans SQLI une société de services en informatique qu’il a menée en bourse (en 10 ans, SQLI est passée de 4 à 700 collaborateurs et a été introduite au nouveau marché).
Il a crée et anime www.6nergies.net , outil internet de gestion de réseaux relationnels.
Il est auteur de nombreux ouvrages.


Introduction
Il y a unanimité sur l’importance des réseaux. De tous temps, les historiens le rappellent, les grands hommes d’Etat se sont élevés sur la base du soutien de leurs … réseaux.
On pense que tout repose sur le rôle de l’animateur (président, …), mais le réseau est une construction où chaque membre a sa place.
Le dynamisme dans la création des solutions informatiques de gestion de réseaux, nécessite que nous nous penchions sur les récents développements et leurs répercussions.


1. Les récents développements
Ces dernières années ont vu le développement de solutions englobantes pour la gestion des entreprises et des hommes. Il s’agit des ERP, CRM, Groupware et autres solutions KM . Ces solutions ont en commun d’essayer « d’accélérer et d’accompagner le fonctionnement des gens entre eux ».

Or selon notre intervenant, un aspect est constamment oublié. Il s’appuie sur une étude de l’université de Caroline du Nord qui assure que le critère le plus important pour augmenter la productivité d’une équipe est … l’harmonie entre les membres de l’équipe ! Il annonce donc une nouvelle vague de solutions qui prendra en compte cet aspect, et qu’il appelle non sans humour les « People Ware » ou solution de réseaux sociaux.


2. L’étude des réseaux sociaux
L’étude des réseaux sociaux est une branche des ressources humaines qui existe depuis près de 40 ans.
De cette discipline est apparue un certain nombre de théories, dont :
- la théorie dite des « petits mondes », et qui présente -entre autre- l’idée que seulement 6 degrés séparent chaque individus sur la terre. Ce qui revient à dire que l’ont peut joindre n’importe qui avec 5 intermédiaires,
- l’idée que l’on ne peut mémoriser que 150 personnes à la fois (soit 150 connexions fortes),
- l’idée que les « liens faibles » sont plus importants.

Cette dernière idée peut paraître paradoxale, mais elle s’explique très bien par le fait que :
- dans un groupe trop homogène composé de personnes qui se connaissent bien, c’est le nouveau venu (moins connu des autres) qui apportera le plus d’idées nouvelles,
- en outre, si l’on demande une information à quelqu’un que l’on connaît bien, il tentera d’apporter une réponse même s’il n’est pas sûr de la fiabilité de ses dires. Un lien plus faible n’apportera de réponse que s’il est certain de la fiabilité des informations qu’il rapporte. Ceci pour se forger une crédibilité au sein du groupe qu’il vient de rejoindre.

Les logiciels sociaux s’appuient sur ces théories.


3. Les logiciels sociaux
On peut distinguer différents types de logiciels sociaux :
- Les sites de rencontres, type Friendster, Orkut, Meetic, …
- Les sites pour retrouver des anciennes relations, type Copains d’avant www.copainsdavant.com qui compte 2 millions d’abonnés, ou son homologue pour le monde anglo-saxons Classmate qui en compte 10 fois plus.
- Les rencontres IRL, type Ryze, Ecademy, Meetup,
- Les sites d’anciens (alumni en anglais). Les grandes sociétés comme Mars ou Danone ont un réseau d’anciens très structuré. Le site Corporate Alumni fait office de regroupement de ces structures.
- Enfin les sites de constitution de réseaux privés basés sur la confiance, type Linked In www.linkedin.com, Open BC www.openbc.com, les  français Viaduc www.viaduc.com, et 6Nergies www.6nergies.com créé par notre intervenant.

Ces dernières solutions assurent des services aux utilisateurs :
- D’abord elles assurent des services -à proprement parler- pour une activité professionnelle :
o Dans 50% des cas, ces solutions sont utilisées pour détecter des profils, que ce soit par des chasseurs de têtes pour un recrutement, par des financiers pour rechercher des porteurs de projets, …
o Dans 25% des cas, pour trouver des clients ou des prospects,
o Dans 10% des cas, pour trouver un expert, un fournisseur, …
o Enfin dans 15% des cas, pour trouver une personne qui n’a pas les caractéristiques précédentes (à savoir un ancien copain, un ancien collègue, …).
- Ensuite elles assurent une visibilité, une identité numérique. Cette idée ne peut se comprendre que dans le sens où une personne veut essayer de maîtrise ce que l’on dit d’elle sur la toile. Plutôt que de laisser les autres donner un avis, il peut être utile de construire soi-même sa « fiche » sur un de ces réseaux sociaux pour être sûr du contenu.
- Gérer sa réputation, sa notoriété. Cette idée est proche de la précédente.
- Permettre une vérification. En effet, un sondage a révélé que près de 40% des sondés vérifient avant chaque rendez-vous les informations en leur possession sur la personne à rencontrer. Ces outils peuvent l’y aider.

Conclusion
La gestion de ses références (prouver que l’on est le fournisseur, le client, … de quelqu’un), de sa visibilité et de sa réputation, va devenir de plus en plus courant avec le développement d’internet et des pratiques de recherche d information sur les personnes. Actuellement, si seuls ceux qui ont un intérêt très direct dans la gestion de leur image (homme politique, chef d’entreprise, …) analysent avec précision ces éléments, cela va forcément se démocratiser.

Et en conclusion, notre intervenant se demande s’il ne va pas apparaître dans un avenir proche des organes de notation de personnes, comme il existe aujourd’hui des agences de notation des entreprises. Ces outils de gestion de réseaux seront alors au centre de ce nouvel enjeu qu’a fait naître la toile.

 

Compte rendu rédigé par Jérôme Bondu