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rama_yade.jpgJ'ai assisté le 23 mars 2011 à la conférence de Rama Yade au Club des Vigilants sur le thème : Eviter la guerre entre générations. Voici ci-dessous quelques éléments piochés dans son discours.

Petites précautions d'usage :
- D'abord ces lignes reflètent ma compréhension des propos de Rama Yade, et en aucun cas ne peuvent lui être imputés (avec les politiques, on ne sait jamais ;-).
- Ensuite, je ne me suis pas intéressé à Rama en tant que personne, mais uniquement à son discours. Il me semble que son profil est si atypique, qu'elle cristallise un enthousiasme autant qu'une antipathie qui peuvent masquer ses propos.
- Rappelons enfin que Mme Yade est Ambassadrice de France auprès de l'UNESCO. Voir une sélection d'article du Monde. Voir son blog.

 

 

Son discours s'est articulé autour de quatre questions.

1- Pourquoi s'intéresser à la question des jeunes ?
On peut s'intéresser à la jeunesse sous de nombreux angles, notamment celui de l'intérêt national, car la jeunesse est source de richesse pour la France.
La question est prioritaire : la jeunesse française est la plus pessimiste d'Europe. Deux chiffres prouvent la profondeur du malaise.
- 23% des jeunes sont au chômage.
- 20% vivent au dessous de seuil de pauvreté.
C'est la fraction la plus souffrante de la société. Mais paradoxalement il y une absence de débat public.

2- Pourquoi les politiques ont du mal à adresser ce problème ?
Les politiques ont du mal à investir le sujet car :
- la jeunesse est un état transitoire,
- les jeunes ne votent pas, et "quand ils votent ils ne votent pas bien" !
Mais ne pas s'occuper des problèmes qu'ils rencontrent revient à amorcer une "bombe à retardement".

3- Pourquoi ce malaise des jeunes ?
Si l'on se met à la place des jeunes, on peut avoir la vision d'un horizon fermé, d'un pays sclérosé :
- Sur le plan social : le système scolaire est une « sélection par l'échec ».
- Sur le plan politique : les perspectives sont étroites, ce qui explique sans doute que 20% de la jeunesse voit le Front National comme seule alternative politique.
- Sur le plan économique : beaucoup de jeunes ne trouvent pas en France le terreau favorable pour travailler, ni pour créer leur entreprise.
- Sur le plan des idéologies : 1989 a vu la chute du mur de Berlin et l'effondrement du communisme. 2001, la chute des Twin towers, et la fin de l'idée de la possible protection des nations occidentales face au terrorisme. 2008, la chute de Lahman Brother et fin du capitalisme triomphant. Fukuyama a même évoqué une "fin de l'histoire", expression qui porte en elle une absence d'avenir.

4- Quel avenir ?
Parmi les scénarios possibles, il y a celui d'une guerre des générations. On peut imaginer une révolte des jeunes à l'image des révoltes arabes.
La meilleure manière de la faire émerger est de continuer à faire l'autruche. Il faut sortir de l'égoïsme ambiant qui fait que les plus âgés se désintéressent des plus jeunes.

Jérôme Bondu