charbonnierJ’ai lu deux ouvrages d’Olivier Charbonner et Sandra Enlart : « Faut-il encore apprendre ? » et « Quelles compétences pour demain ». Ces ouvrages traitent de l’impact de la révolution numérique et des mutations que cela va impliquer.
Ouvrages passionnants. En voici une courte synthèse personnelle.


Nouvelles approches du savoir
- Plutôt qu’apprendre des choses qui risquent d’être rapidement obsolètes, mieux vaut apprendre à apprendre. Dans ce cadre, les auteurs proposent deux choses :
- D’une part l’apprentissage d’un « alphabet du futur » pour être autonome dans l’apprentissage.
- D’autre part des « savoirs de base » qui seront comme des « fondations » intellectuelles, sur lesquelles l’on pourra « élever » une connaissance. La métaphore architecturale est très parlante.

Les capacités du futur
Dans le chapitre sur les capacités du futur, les auteurs traitent d’abord des « capacités informationnelles ». Ils opposent l’importance de maitriser les « flux d’informations » plutôt que les « stocks ». Ils appellent ensuite chacun à concevoir son propre système d’information personnel.

Dans cet ouvrage qui est tiré notamment par les nouvelles technologies, ils n’oublient pas les « capacités relationnelles ». La capacité à créer et gérer les réseaux humains sont à juste titre distingués.

Enfin, dans une approche réflexive, ils insistent sur les « capacités existentielles » comme étant un antidote à l’instabilité de tous savoirs.

Acquérir les capacités du futur
L’acquisition de ces capacités n’est pas innée, et les auteurs insistent sur :
- L’importance de refonder les modalités pédagogiques de demain.
- La nécessaire adaptation des outils pédagogiques.
- Le fait pour chacun de développer des postures d’apprentissage.

Au final, j’ai trouvé ces deux ouvrages passionnants. Très en phase avec la révolution informationnelle en cours.
J’aurai bien aimé que les auteurs évoquent plus les aspects de « dépendance informationnelle ». En effet la vision de l’avenir, la construction de son futur, l’appropriation de son histoire, … dépendent des informations avec lesquelles on se nourrit. Or si les flux d’informations sont maitrisés par d’autres, toute votre vision est impactée. Il me semble que l’évocation d’une politique de « souveraineté informationnelle » ou « souveraineté numérique » aurait été un bon complément aux propos très éclairés des auteurs.

Jérôme Bondu