christophe binotLe jeudi 30 septembre 2021 à 18h30
Le Club IES – Inter-Ligere
Vous invite au wébinaire sur le thème :


Gouvernance de l'information

Par Christophe Binot

Inscription gratuite sur Eventbrite.


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THEME :
La révolution numérique a modifié profondément la gestion des informations dans les organisations. Christophe Binot présentera les enjeux et les risques liés à l’information pour l’entreprise et le citoyen dans cette ère du tout digital (big data, IA, IoT…) sur fond d’infobésité, de dataclysme, d’infodéluge, de fake news, de guerre économique et de déstabilisation de la sécurité et de l’ordre mondial. Il détaillera notamment :
- Les menaces qui ne cessent de croître pour l’entreprise et l’Etat autour de la conservation des documents, de la sécurité de l’information et des données personnelles.
- Les enjeux de cette fameuse souveraineté numérique dont on espère tant.
- Le travail à mener par les entreprises et les administrations pour rester « hors de l’eau » avec des approches combinant la gouvernance de l’information et l’intelligence économique.
- L’hygiène informationnelle que l’on doit avoir en tant que citoyen pour être le moins possible à risque.

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INTERVENANT :
Christophe Binot est Information Governance Manager chez Total. Il enseigne dans plusieurs master 2, est membre du CA de l’Institut Fredrick Bull et co-président des IAI Awards, les trophées de la gouvernance de l’information. Il a débuté comme chercheur en Automatique et Traitement du Signal dans un laboratoire associé au CNRS. Il a ensuite occupé après différents postes dans les DSI d'Elf, Sanofi et Total sur les domaines de l'Intelligence Economique, du Knowledge Management, de la Gestion Electronique des Documents et de la Business Intelligence. Il a été ensuite Analyste Senior à la Direction de l'Intelligence Economique de Total. Puis il a développé l'e-learning à la Direction Formation avant de créer le domaine transverse de la Gouvernance de l'Information il y a 9 ans.

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DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
18h30 - 19h15 : Intervention de Christophe Binot
19h15 - 19h30 : Débat animé par Jérôme Bondu avec les participants

Cette réunion est un wébinaire en distanciel. Mais notez que selon les circonstances sanitaires, le tournage de cette réunion pourra accueillir un public restreint sur Paris !
Nous tiendrons au courant les inscrits des possibilités de participation physique en présentiel.

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Inscription gratuite au webinaire.


Voir la liste des précédentes conférences du Club IES (organisée jusqu'en avril 2021 au sein de l'IAE de Paris Alumni).
Notez qu'à partir de mai 2021, ces réunions continuent et sont organisées par Inter-Ligere.

Au plaisir de vous y retrouver,
Jérôme Bondu
Société de conseil Inter-ligere.fr





biomimétisme


Troisième échange avec Idriss Aberkane sur la thématique du biomimétisme organisationnel. Derrière cette expression un peu compliquée, on s’est demandé quelles sont les techniques animales en matière en recherche, veille, influence et protection (voir aussi les précédents entretiens sur l’influence et les GAFAM).

Comme vous le savez la nature est extrêmement riche et est une source d'inspiration intarissable. C'est le fondement du bio-mimétisme et de la bio-inspiration. Idriss et moi évoquons plusieurs parallèles entre des systèmes de gestion des informations et des pratiques animales. Il est question d’AirB&B et du Bernard l'hermite, des varans de komodo et de la rumeur, et de plein d’autres choses…

Je suis en train d’éditer un livre sur le sujet « Petit bestiaire de la gestion des informations ».


SOMMAIRE de la vidéo :
00:00:00 : Introduction au Biomimétisme
 00:10:56 : La gestion des connaissances
 00:22:19 : Les rumeurs
 00:24:20 : Conclusion


Jérôme Bondu

 

 

blamontJe viens de finir « Réseaux, le pari de l’intelligence collective » de Jacques Blamont. Je l’ai croisé à quelques reprises dans la cadre du Club des Vigilants. Pour ceux qui ne le connaissaient pas, il est tout simplement l’un des pères de l’aventure spatiale française. Si vous êtes fan comme moi de ThinkerView vous savez que l’animateur le cite souvent comme un des « sponsors » de la chaine, et que l’interview de Jacques a été la première d’une longue série. Jacques Blamont est décédé aujourd’hui. Je poste ce compte rendu de lecture, écrit il y a une semaine, avant son décès, et donc en le citant au présent.

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Un premier chapitre est consacré aux moteurs de la révolution numérique, avec un focus particulier sur la conjecture de Moore. Vous la connaissez, cette « loi » empirique explique qu’il y aura un doublement du nombre de transistors dans les microprocesseurs tous les deux ans. Si elle concernait jusqu’à présent la puissance des microprocesseurs, Jacques Blamont prédit qu’elle sera applicable aux nombres d’applications dans les plateformes.

Un second chapitre concerne le monde de la donnée, avec une attention particulière aux risques de monopolisation du pouvoir par les GAFAM. Il consacre de nombreux chapitres à la conquête de l’espace, et développe l’idée que l’innovation verticale initiée par les grandes agences a été disruptée par les GAFAM (notamment Jeff Bezos) et NATU (notamment Elon Musk).

Il détaille ensuite la force d’internet, liée à la participation des internautes, les communs, les logiciels libres, les blogs et le 2.0, les mouvements de « makers », le modèle de Wikipedia, … Tout ceci qu’il rassemble sous la terminologie du pouvoir de la « Foule ». Et en conclue qu’il faut qu’au niveau européen nous soyons en mesure d’intégrer cette dimension participative, cette « Foule », sous peine de sclérose. Il a pour cela créé au sein du CNES une dynamique qu’il a baptisée la Fédération.

Jacques Blamont est un visionnaire. Il cherche à appliquer au domaine spatial très rigidifié par le souci de l’excellence, les leçons de la mutation structurelle qu’internet entraine. Sa vision m’a rappelé celle de Joël de Rosnay dans son ouvrage Symphonie du vivant (résumé ici) Les deux ont en commun d’avoir vécu de grandes réussites dans le monde d’avant. Et loin de se reposer sur leur laurier, de vouloir comprendre le monde à venir, et de vouloir donner du sens à l’émergence parfois brouillonne d’internet. Joël de Rosnay imagine par exemple que l’ensemble des codes et algorithmes qui constituent l’ossature d’internet soient une forme d’ADN. Et partant de là, il imagine une épigénétique des mèmes qu’il appelle épimémétique.

Les deux savants imaginent comment changer, améliorer, orienter positivement l’internet ! En cela, ils sont plus jeunes que les jeunes. Bravo ! Esprits brillants, ils ont une foi immense dans l’intelligence collective. J’espère que l’avenir leur donnera raison.

Acheter sur le CNRS, le Furet ou sur la FNAC.

Jérôme Bondu






web20 15ans et après coauteurs

J’ai eu le plaisir de participer à l’écriture du livre « WEB 2.0… 15 ans déjà et après ? » (déjà annoncé ici). 57 pionniers du web 2.0 ont été réunis par David Fayon et Fadhila Brahimi pour produire ce beau témoignage.

Je viens de lire le livre et ait découvert les autres contributions. Voici quelques notes en deux billets (voir le premier).

Les aspects juridiques sont notamment traités par Eric Barbry et Olivier Iteanu . Ce dernier rappelle une évidence « un seul État, les États-Unis, a pu pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, opérer au niveau mondial une surveillance des populations car il s’appuie sur une puissance industrie nationale qui collecte et stocke les données du monde entier, faisant des États-Unis le grenier des données personnelles du monde et de l’Europe en particulier ».  
Il rappelle que le respect de la vie privée tel que le droit français le défendait, est maintenant proche de ce que les Américains appelle la privacy. Or cette privacy « s’efface chaque fois que les propos sont tenus dans un espace public ». (voir p 103).

Anthony Poncier revient sur l’infobésité : « C’est donc une course contre notre « temps de cerveau disponible » est plus globalement notre niveau d’attention et de concentration qui est en jeu. Car avec l’augmentation constante de la production de contenus, c’est aussi celle des notifications, puisque nous sommes en moyenne interrompus toutes les trois minutes … ».

Cela revient comme une antienne dans beaucoup de témoignages. Olivier Berlingué cite Philippe Verdier qui confirme la chute d’attention à 8 secondes des personnes connectées » (voir à ce propos le livre de Patino La civilisation du poisson rouge).

Cyrille Frank rappelle les mécanismes de l’infobésité : « les réseaux sociaux sont passés maitres dans l’art de capter régulièrement cette attention par le système des rétributions symboliques. Les likes, retweets, favs qui récompensent nos publications entretiennent notre autosatisfaction et déclenchent ainsi des mécanismes hormonaux de plaisir, par production de dopamine ».  Si cela nous fait rester plus longtemps sur notre fil d’actualité, on voit plus de pub ! « voila pourquoi les algorithmes de Facebook se mettent à favoriser les informations les plus émotionnelles : émouvantes, choquantes, révoltantes… tout sauf la normalité trop fade du monde réel ». Et il enfonce le clou : « Pire, ils ont permis l’avènement de cette société de post-vérité où tout est relativisé, où les principes de la raison hypothéticodéductive sont remis en cause par le doute nihiliste, où les valeurs républicaines sont niées au bénéfice d’intérêts communautaires et religieux ». Et les sources d’informations sérieuses, mais ennuyeuses, disparaissent dans le fond du classement. Il conclut « Il y a donc un paradoxe assez surprenant : la technologie a permis l’explosion des sources d’information et de contenus via internet. Pourtant, c’est elle qui rétrécit aujourd’hui notre horizon informationnel ».

François Laurent et Damien Douani traitent des marques. Céline Crespin et Yann Gourvennec expliquent le combat des marques pour exister sur les réseaux sociaux. Yann a une belle métaphore pour fustiger ces réseaux qui tiennent les marques par la barbichette « c’est un peu comme si TF1 faisait payer ses annonceurs une première fois pour faire de la publicité et éteignait dans leur dos les postes de télé des spectateurs, forçant ainsi les annonceurs à remettre au pot pour rallumer les postes de TV » ! CQFD.

Mathieu Flaig traite de réalité virtuelle dans un article passionnant. Il évoque notamment l’intérêt des GAFAM. « Facebook annonce également que sa vision à 10 ans est basée sur la réalité augmentée et virtuelle (avec sa division Oculus), laissant penser que bientôt, on n’ira plus sur Facebook, mais dans Facebook ».

Serge Soudoplatoff revient sur les pouvoirs des algorithmes : « Une des grandes erreurs sur l’impact d’internet sur la société a été de croire que cela allait améliorer les rapports humains, et apporter de l’ouverture. (…) En fait, le net a favorisé les phénomènes de polarisation bien plus qu’il n’a effacé les différences ».

Mes deux articles sont en fin d’ouvrage et soulignent l’importance de reprendre la maitrise du web face aux acteurs hégémoniques.

L’ouvrage se conclut sur les manières de réenchanter internet. Et on en a besoin …

Au final, ce livre apporte une vision caléidoscopique des 15 ans du web 2.0 L’ensemble est très riche, profond, et passionnant. C’est une référence à lire et à avoir dans sa bibliothèque. Bravo David et Fadhila pour ce beau travail !

Le livre a été édité par Kawa et on pourra retrouver toutes les informations sur le site dédié réenchanter Internet

Bonne lecture !

Jérôme Bondu
Auteur de « Maîtriser Internet, … avant qu’internet ne nous maîtrise » Editions Inter-Ligere
Directeur du cabinet de conseil en Intelligence Economique Inter-Ligere.fr



web20 15ans et après

J’ai eu le plaisir de participer à l’écriture du livre « WEB 2.0… 15 ans déjà et après ? » (déjà annoncé ici). 57 pionniers du web 2.0 ont été réunis par David Fayon et Fadhila Brahimi pour produire ce beau témoignage.

Je viens de lire le livre et ait découvert les autres contributions. Voici quelques notes avec de bons extraits.

J’ai trouvé l’article de Jean-Pierre Corniou particulièrement intéressant.
- Il rappelle l’arrivée du web dans une France acquise au Minitel : « Aussi le web s’est-il installé par effraction, de façon marginale, dans le paysage économique français au milieu des années 1990. Le web n’a pas été immédiatement perçu comme une révolution, mais comme une alternative ouverte, libérale, voire libertaire, d’inspiration nord-américaine, à un système national, performant, mais couteux et fermé ».
- Il continue en pointant les faiblesses commerciales des inventions françaises : « La France avait connu une longue série de performances techniques sans retombées commerciales majeures. On peut citer le système SECAM de télévision couleur, le Minitel lancé dès 1982, mais aussi le Plan Informatique pour tous de 1985 avec les fameux ordinateurs M05 de Thomson. Dans ces trois cas, la technologie n’était pas en cause, mais le refus obstiné et orgueilleux de s’inscrire dans une logique de standards de faits internationaux a coupé les industriels de tout espoir d’exportation ».

David Fayon (avec qui j'échange régulièrement, via ses livres ou rencontres) rappelle entre autres que le web social repose sur quatre lois empiriques :
- La loi de la longue traine
- La loi de Metcalfe
- La théorie du petit monde
- La loi des médias participatifs 90/9/1

Henri Verrier commence par rappeler lui aussi que la France avait joué un rôle majeur dans la naissance d’internet avec le datagramme de Louis Pouzin (voir son livre, sa cofnérence sur RINA et son interview), une solide industrie informatique, de grandes sociétés de service, l’invention de l’ADSL, du triple play, …
Mais nous allons subir un décrochage lié à trois éléments :
- L’explosion de la bulle internet a semblé donner raison aux tenants de la vieille économie.
- La faiblesse du tissu français de capital-risque.
- La limite du marché français, alors qu’une croissance ultra rapide et internationale est un facteur clé de réussite.

Cyrille Chaudoit commence par une citation de Marc Dugain issu de son roman Transparence : « la révolution numérique a conduit à peu de dictatures, mais elle a vu éclore des démocraties autoritaires élues par des internautes manipulés sans conscience de l’être ». Et finit par La Boétie « il est moins utile de vouloir empêcher la tyrannie en luttant contre elle que d’en comprendre ses mécanismes pour parvenir à ne pas la subir, ni la désirer ». Chapeau !

Pierre Valet en rajoute une couche avec une question terriblement ironique sur la France : « comment un peuple de dépressifs notoires, le plus consommateur d’anxiolytiques au monde, est-il parvenu à confier à des pythies-algorithmiques, nourries par ses affres et noirceurs, son information, son avenir, ses choix de vie individuels comme collectifs ? ». Plus loin il lance que « au XXIème siècle, les nations sont devenues mortelles ». Et encore plus loin « la réalité n’est jamais qu’une perception manipulée par notre sérotonine et folle envie d’avoir raison, un champ de bataille, un théâtre d’ombres et d’opérations ». Et il évoque une pharmacopée :
- Retrouver notre capacité de concentration.
- Lutter contre notre indigence sémiotique, retrouver une richesse de vocabulaire.
- Renforcer le rôle de l’éducation nationale.
- Réenseigner la philosophie, en tant qu’outil permettant de penser par soi-même, et de jouer un rôle dans la fabrique du citoyen.
- Rendre nos outils d’observation du monde à nouveau intelligibles à tous.
- Nous redonner le pouvoir sur notre fil d’actualité, en pouvant réintégrer ou retirer des sources d’informations.
- Faire face aux prétentions démiurgiques d’un Google « souhaitant ordonner l’ensemble des informations du monde – tel un Jorgue de Burgos, le bibliothécaire aveugle du « Nom de la Rose » d’Umberto Ecco, qui seul connait le plan de la bibliothèque, seul en connait la géographie obscure, le système de classement, seul peut nous guider vers ses ouvrages ou les mettre à l’index des livres interdits »

C’est sur cette image sublime, forte et saisissante que je finis ce premier billet. Je m’en veux de ne pas avoir vu avant ce superbe parallèle ! Mais Pierre ne m’en voudra pas de lui piquer (en lui en attribuant bien sur la paternité ;-)

Comme on a pu le lire, ces pionniers du web sont aussi des fins lettrés, riche de plusieurs cultures, informatique, historique et littéraire.

Le livre a été édité par Kawa et on pourra retrouver toutes les informations sur le site dédié Réenchanter Internet

Bonne lecture !

Jérôme Bondu
Auteur de « Maîtriser Internet, … avant qu’internet ne nous maîtrise » Editions Inter-Ligere
Directeur du cabinet de conseil en Intelligence Economique Inter-Ligere.fr






ABD cahiers 2020 01 cover 725x1024

L’Association Belge de la Documentation publie un numéro spécial intitulé « La veille aujourd’hui » dans les Cahiers de la Documentation (numéro 2020/1 publié en mars 2020). J’ai eu le plaisir d’y participer avec un article sur la veille collaborative.

Cette participation fait suite à une conférence à Bruxelles le 9 mai 2019 sur le même thème dans le cadre de "Inforum 2019" séminaire intitulé "Stronger together : les pratiques collaboratives en Information & Documentation". Le colloque était aussi organisé par l'ABD Association Belge de Documentation.

Voici l’extrait de l’édito de Michèle ORBAN qui mentionne les co-auteurs :
« Notre itinéraire se poursuivra sous l’angle de la technologie et de l’intelligence artificielle. Cette étape incontournable sera assurée par Marc Borry, qui nous exposera les opportunités et les menaces que représentent les derniers développements de l’intelligence artificielle, et plus particulièrement du ”deep learning”, pour les veilleurs. Et parce que la technologie ne fait pas tout, Jérôme Bondu enchaînera sur la nécessité de l’aspect collaboratif à toutes les étapes du processus. »

On y lira aussi un article de Véronique Mesguich sur les méthodes d’analyse de l’information stratégique, et de Christophe Deschamps sur le mindmapping.

Bonne lecture et bravo pour ce beau travail !

Jerome





carto ouvrages veille TOP 20

Pour finir ce panorama en 5 billets voici la cartographie des ouvrages qui m’ont le plus marqué sur les 20 dernières années. Je précise que ces sont des lectures professionnelles dans le domaine de la gestion des informations. Je précise aussi que cette sélection est totalement subjective car correspondant à mes besoins. Vous pouvez aussi consulter la liste de mes 200 dernières lectures, une cartographie des ouvrages en intelligence économique, une cartographie sur le numérique, et une cartographie sur les GAFAM.

Légende de la cartographie :
-    L’axe horizontal : date de publication.
-    L’axe vertical : des apports techniques vers les apports stratégiques.
-    Taille de la bulle : influence.
-    Couleur : regroupement par domaine
     Blanc : sociologie / divers.
     Orange : gestion des informations / numérique / souveraineté numérique.
     Rouge : intelligence économique / guerre économique.
     Vert : humanismes.


Sociologie / divers


Dans cette catégorie j’ai sélectionné Gérald Bronner et notamment son livre « La démocratie des crédules ». Son ouvrage m’a tellement intéressé que je l’ai résumé en trois billets
1- Les biais d’Internet 
2- Les biais démocratiques et médiatiques
3- Les biais cognitifs

Plus ancien (dans sa première édition) le très célèbre « Petit traité de manipulation » de Joules et Beauvois. Il a été réédité en 2014. Cet ouvrage m’a littéralement fait découvrir l’importance de la psychosociologie.

Les livres d’Olivier Charbonnier et de Sandra Enlart répondent à des questions fondamentales « Faut-il encore apprendre ? » Et quelles sont les compétences pour demain ?

Le Manuel d’autodéfense intellectuelle de Sophie Mazé est très bien. Ce petit ouvrage se lit vite et est très abordable. Il m’a fait penser au Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens de Joule et Beauvois. Ces deux ouvrages ont le mérite d’apporter au grand public des outils de compréhension des mécaniques de manipulation.

Mme Stéphane Horel a fait un pamphlet contre les lobbies. Son livre « Lobbytomie » est un réquisitoire important à lire, notamment contre les cigarettiers. Si le style laisse à désirer le fond est passionnant.

Michel Desmurget s’est fait connaitre par deux ouvrages « TV Lobotomie » en 2013 et « La fabrique du crétin digital » en 2019. Le contenu est très intéressant, mais malheureusement noyé dans un style d’écriture un peu difficile. L’auteur est revanchard, dans le sens où il a le sentiment que la réalité scientifique a du mal à se frayer un chemin vers le grand public.

J’ai lu trois ouvrages de Bernard Sablonnière : Les nouveaux territoires du cerveau, Le cerveau, La chimie des sentiments. Tous sont intéressants et permettent de mieux comprendre les ressorts chimiques du comportement. Bien qu’il ne figure pas dans cette liste, on peut aussi lire « Tout est chimie dans notre vie ».

Gestion des informations / numérique / souveraineté numérique

Le livre de Nicholas Carr « Internet rend-il bête ? » est devenu une référence. Il a été un des premiers à populariser les effets induits négatifs d’internet.

Pascal Perri, a écrit un très bon livre « Google un ami qui ne vous veut pas que du bien ». L’auteur est journaliste, bien renseigné, et décrypte les manipulations économiques et fiscales du géant.

Dugain & Labbé ont écrit « l’Homme nu ». On peut lire en 4ème de couverture « la révolution numérique a enclenché un processus de mise à nu de l'individu au profit d'une poignée de multinationales, américaines pour la plupart, les fameux big data. » Tout est dit.

Seth Stephens-Davidovitz, avec "Tout le monde ment", m’a confirmé dans l’idée que l’utilisation du moteur de recherche Google donnait à Alphabet (la maison mère) une puissance considérable. Cela lui permettait de savoir ce qu’avait en tête 90% des internautes du monde entier !

Dominique Cardon est le sociologue incontournable sur les aspects numériques.

Bruno Patino a écrit un très bon petit traité sur le marché de l’attention qui présente un miroir de notre utilisation d’internet.

Pierre Bellanger a écrit le livre de référence, qui a fait date « La souveraineté numérique ». Incontournable

Enfin Edward Snowden s'est expliqué dans « Mémoires Vives ». Il n’a pas été lanceur d’alerte pour le plaisir, mais parce que le système mise en place aux Etats-Unis viole délibérément la constitution américaine.


Intelligence économique / guerre économique


« La guerre des métaux rares » de Guillaume Pitron se lit comme un roman, même si le sujet est essentiel. La gestion des métaux rares fait partie des éléments essentiel d’une souveraineté numérique, avec la maitrise de l’intelligence artificielle ou la la blockchain.

Ali Laidi a écrit deux ouvrages passionnants « Histoire de la guerre économique » et « Le droit, nouvelle arme de guerre »

« Le piège américain » de Frédéric Pierucci est un livre incontournable pour comprendre les rouages de la guerre économique. http://www.inter-ligere.fr/index.php/fr/geopolitique/1437-a-lire-le-piege-americain-de-frederic-pierucci-livre-incontournable?

Humanismes


Deux livres pour finir qui sont comme une bouffé d’air pur.
Peter Wohlleben a écrit le très beau livre « Le réseau secret de la nature » qui rappelle que les arbres sont aussi en réseau !

Enfin, la meilleure lecture est sans conteste Sapiens de Yuval Noah Harari. Il retrace toute l’histoire de l’humanité, depuis l’évolution de l’Homo Sapiens à l’Âge de pierre jusqu’aux révolutions politiques et technologiques actuelles. Si cet objectif est ambitieux, il a néanmoins été parfaitement atteint.

Bonnes lectures !!!

Jérôme Bondu






carto ouvrages veille 5 GAFAM

Voici une sélection de livres sur l’omnipotence des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Cette sélection est bien sûr subjective, et je ne prétends pas que ce soient les meilleurs ouvrages « en valeur absolue ». Cette sélection est issue de mes 200 lectures professionnelles sur les 20 dernières années (voir la liste des 200 livres). Vous pouvez aussi consulter la cartographie des livres en intelligence économique  et sur la culture numérique.


Légende de la cartographie :
-    L’axe horizontal : date de publication.
-    L’axe vertical : des apports techniques vers les apports stratégiques.
-    Taille de la bulle : influence.

Pierre Bellanger a écrit le livre de référence, qui a fait date « La souveraineté numérique ». Incontournable.

Nous connaissons tous Assange et Snowden. Mais je suis sûr que peu d’entre vous les ont lus. Entre les deux livres, je recommanderais plutôt celui d’Edward Snowden « Mémoires Vives ».  Edward rappelle qu’il n’a pas été lanceur d’alerte pour le plaisir, mais parce que le système de surveillance mise en place aux Etats-Unis viole délibérément la constitution américaine.

Pascal Perri a écrit un très bon livre « Google un ami qui ne vous veut pas que du bien ». L’auteur est journaliste, bien renseigné, et décrypte les manipulations économiques et fiscales du géant américain.

L’ouvrage de Benjamin Loveluck "Réseaux libertés et contrôle" n’est pas facile à lire, mais est passionnant. Il présente la genèse d’internet et ses évolutions, jusqu’à tracer trois grands systèmes d’organisation et de contrôle : centralisation (Google, Facebook), dissémination (Perr-to-peer, Wikileaks) ou auto-organisation (Logiciels libres, Wikipedia).

Dugain & Labbé ont écrit « l’Homme nu ». On peut lire en 4ème de couverture « la révolution numérique a enclenché un processus de mise à nu de l'individu au profit d'une poignée de multinationales, Américaines pour la plupart, les fameux big data. » Tout est dit.

Tristan Nitot est bien connu du monde du numérique. Il est notamment fondateur de l’association Mozilla Europe. Son livre présente notamment les moyens de se protéger de la surveillance généralisée. Surveillance://

Scott Galloway a écrit The Four. Il s’agit évidemment de Google, Apple, Facebook, Amazon. J’ai lu la version en anglais. L’auteur détaille avec brio les modèles économiques des 4 géants.

Christine Kerdellan a écrit « Dans la Google du loup ». Très bon livre de vulgarisation sur la dystopie Googlienne. Dans chaque chapitre, elle reprend d’abord 1984 en prolongeant le livre d’Orwell dans un futur proche. Puis dans elle continue en expliquant que cette dystopie est bien réelle.

Dans « Les gafam contre l'internet » Nikos Smyrnaios fait un exposé assez technique. Mais totalement passionnant. A lire obligatoirement.

Pour finir, je recommande l'étude de Douglas Schmidt « Ce que Google collecte ! ». Ce document est essentiel, car il permet de comprendre l’étendue de la collecte d’informations de Google. Si je connaissais déjà beaucoup d’éléments, ce travail apporte une assise technique précieuse. L’auteur et son équipe ont fait des tests, ont précisé les modes opératoires et les résultats, ont résumé les faits en graphes et tableaux. Bref, c’est un excellent travail et une référence solide.

Si je ne devais qu’en conseiller un, ce serait peut-être Bellanger !
Dans le prochain billet, je vous présenterai finalement le TOP 20 des livres sur mes 200 lectures ! Ce sera le dernier billet sur l’analyse d’une bibliothèque dans le domaine de la gestion des informations.

Jérôme Bondu





carto ouvrages veille 3



Voici une sélection des lectures qui m’ont permis d’acquérir une bonne culture numérique. Cette sélection est bien sûr subjective, et je ne prétends pas que ce soient les meilleurs ouvrages « en valeur absolue ». Cette sélection est issue de mes 200 lectures professionnelles sur les 20 dernières années (voir la liste des 200 livres).

Vous pouvez aussi consulter la cartographie des livres en intelligence économique.

Légende de la cartographie :
-    L’axe horizontal : date de publication.
-    L’axe vertical : des apports techniques vers les apports stratégiques.
-    Taille de la bulle : influence.


On peut commencer par le livre de Pascal Caillerez qui est généraliste, bien fait, concis et complet. Il offre un panorama global des SI.

David Fayon a écrit plusieurs livres sur le numérique (dont "Web 2.0 et au-delà", "Géopolitique d’Internet", "Made un Silicon Valley - Du numérique en Amérique") qui sont autant de bons ouvrages pour s'initier au web 2.0.

Dominique Cardon est le sociologue incontournable sur les aspects numériques.

Guillaume Sire (déjà cité dans la cartographie sur l’intelligence économique) est un spécialiste des moteurs de recherche. Son analyse est précieuse. Le livre est à lire car il propose une très bonne grille de compréhension de ce qu'est un moteur de recherche, de son fonctionnement technique, et de sa place dans la société.

Seth Stephens-Davidovitz m’a confirmé dans l’idée que l’utilisation du moteur de recherche Google donnait à Alphabet (la maison mère) une puissance considérable. Cela lui permettait de savoir ce qu’avaient en tête 90% des internautes du monde entier !

Luc de Brabandere casse les idées reçues sur l’informatique et internet. Rafraichissant.

Le livre de Nicholas Carr « Internet rend-il bête ? » est devenu une référence. Il a été un des premiers à populariser les effets induits négatifs d’internet.

L’ouvrage de Benjamin Loveluck n’est pas facile à lire, mais est passionnant. Il présente la genèse d’internet et ses évolutions, jusqu’à tracer trois grands systèmes d’organisation et de contrôle : centralisation (Google, Facebook), dissémination (Perr-to-peer, Wikileaks) ou auto-organisation (Logiciels libres, Wikipedia).

Bruno Patino. Ce petit traité sur le marché de l’attention présente un miroir de notre utilisation d’internet.

Nikos Smyrnaios a fait une analyse des modèles économique des GAFAM qui permet de comprendre le dessous des cartes. Sa démonstration est claire : il y a une prise de conscience collective que la direction prise par l’internet n’est pas la bonne : marchandisation accrue, concentration des ressources, surveillance omniprésente.

Jean-Philippe Rennard figure dans cette cartographie pour son éclairage sur le dark web et les dark net. A lire pour ceux qui s'interrogent sur cette face cachée du net, et qui voient dans la marchandisation du web un danger au moins aussi redoutable que son utilisation à des fins illégales.
Patrick Engbretson a sa place dans cette liste pour son livre « Les bases du hacking ». Même si l’ouvrage présente des éléments techniques bien au-delà de mes compétences, sa lecture a été très enrichissante.

Luc Julia est un expert en intelligence artificielle. Il bat en brèche des idées reçues sur l’intelligence artificielle. Il rassure, aussi, sur un futur qui peut paraitre parfois anxiogène.

Et pour finir, Joel de Rosnay est un visionnaire qui très tôt avait parlé de "pronétaire". Son livre porte sur l’épigénétique de l’internet ! J’ai été très intéressé par le parallèle imaginé par l’auteur entre ADN biologique et ADN numérique.

Si je ne devais qu’en conseiller un, ce serait peut-être Dominique Cardon… mais le choix est rude tant ces auteurs sont tous excellents !!

Dans le prochain billet, je vous présenterai une sélection de livres spécifiquement sur les GAFAM  !

Jérôme Bondu




J’ai eu le plaisir de participer au livre « WEB 2.0 15 ans déjà et après ? »   à l'initiative de David Fayon et Fadhila Brahimi. J’en profite pour faire un petit billet rétrospectif sur mon activité de bloggeur. J’ai créé le blog Inter-Ligere le 13 septembre 2005 ! Pratiquement 15 ans ! Et ce billet est le 1508 ème (100 billets par an, pratiquement un tous les quatre jours). Un âge vénérable qui me permet de faire un retour d’expériences et une petite analyse de mon lectorat.

1/ Retour d’expériences

Début 2005 un ami m’a conseillé d’ouvrir un blog. Ma première publication était le compte rendu d’une conférence du Club IES sur la géopolitique du pétrole. C’était un test. J’ai attendu quelques semaines puis j’ai consulté les stats. Et j’ai eu la surprise de voir que j’avais quand même eu une petite centaine de lectures ! Cela peut paraitre bien faible, mais ce chiffre m’a semblé à l’époque suffisamment probant pour continuer.

Le blog a grandi doucement. Mais j’ai par la suite subi une double hémorragie de lecteurs. D’une part, lorsque je suis passé d’Over-Blog à Inter-ligere.fr Je n’ai pas su récupérer l’adresse inter-ligere.com (qui était la propriété d’Overblog). Et d’autre part, parce que mon webmaster n’a pas réussi à recréer un flux RSS.

Le développement des outils de curation a aussi porté un coup dur à ceux qui, péniblement, publiaient du contenu. Et l’on a vu apparaitre des stars de la curation, qui n’écrivaient rien, mais qui gagnaient énormément en visibilité en relayant. Ça a été l’apogée d’outil comme Scoop.it. Outil que j’ai par la suite aussi adopté, avant de le laisser tomber à cause de leur changement tarifaire.

Aujourd’hui je publie toujours avec obstination, des réflexions, notes de lectures, compte rendu de conférences. L'audience se maintient et certains billets ont une bonne résonnance ;-) Mais la recherche de l'audience n'est pas l'objectif. Publier demande un effort intellectuel certain : s’assurer que le propos a du sens, et que cela apporte un élément de réflexion, même minimes … Et c’est cet effort qui est ma gymnastique hebdomadaire. En fait j’écris autant parce que cela me force à sortir du piège de la facilité intellectuelle, que pour « enrichir » (même de manière minimaliste) la Toile.

2/ Analyse du lectorat

Voici quelques vues de Google Analytics (oui je sais, c’est Google :-)

On voit un pic de consultation le 29 février 2016. Il s’agissait d’un article sur Qwant qui a été particulièrement relayé. Malgré les défauts réels du moteur Qwant (dont son adossement à Bing, la faiblesse de son indexation) j’ai toujours défendu une pluralité de la recherche sur le web, et le danger d’une monopolisation de la recherche par Google. L’actualité donne plutôt raison à ceux qui prédisaient la mort inéluctable de Qwant. Mais je ne change pas de vision. Qu’un seul moteur de recherche concentre 80% de parts de marché dans le monde me semble totalement dystopique. Si Qwant meurt, il aura néanmoins aidé à la prise de conscience…
 

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Des lecteurs dans presque tous les pays.

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Hors de la France qui contient 67% des lecteurs, il y a 8% des lectures au Maroc et 6% aux États-Unis (on verra plus bas où exactement).

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On trouve mon blog avec les requêtes suivantes … Certaines sont étonnantes ;-)

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Les pages les plus vues selon Analytics.
En position numéro 3, on trouve un billet que j’ai fait pour promouvoir une vidéo qui démontre que si l’on peut lancer une requête vocale sur son téléphone, c’est que le micro fonctionne en permanence. C’est une évidence, mais il semble que beaucoup l’ignorent. Cette vidéo a été vue plus de 10 millions de fois (essentiellement sur Facebook, Instagram, Twitter … et un peu Youtube) !

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Voici pour finir la liste des villes qui consultent le plus mon site sur les derniers mois. En troisième position apparait Ashburn, en Virginie près de Washington ! Après quelques recherches, il apparait qu’il y a une grosse concentration de data center (La région d’Ashburn, dans le comté de Loudoun, est le centre névralgique du cloud computing. Surnommée « Data Center Alley », elle accueille la plus grande concentration de data centers du monde).


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Mais ce n’est pas tout. En creusant un peu j’ai trouvé deux articles de cryptome.org/ (source similaire à Wikileaks) sur Ashburn daté de 2006 et 2008 :
- Verizon Business Opens Government Network Operations and Security Center  
- Verizon Secret Spying Facilities
C’est peut-être cela le plus intéressant dans la tenue d’un blog. C’est l’agilité informationnelle que cela impose.

Jérôme Bondu