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digimind article

J'ai eu le plaisir d'écrire récemment un article dans le cadre du nouveau "Guide des tendances 2021 en digital, veille, marketing & social média" édité par Digimind. Ce guide compile les points de vue de 35 spécialistes.

- Je développe pour ma part l'idée que les professionnels de la veille sont particulièrement « bien placés » pour bénéficier de la révolution numérique que nous sommes en train de connaitre.
- Mais je m'interroge sur notre capacité à tirer parti de cette révolution de l’information ! En effet, les professionnels de la veille et de l'intelligence économique auraient pu être promoteur d'une utilisation avancée des moteurs de recherche, des médias sociaux, d'outils et d'organisation favorisant l’Intelligence collective, ou plus récemment dans la détection des infox. Or il me semble que notre profession a été atone sur ces sujets. Elle tout cas, elle n’est jamais apparue sur le premier plan.
- La maîtrise de l’IA me semble est une véritable opportunité pour nous. C'est le dernier train à ne pas rater.

En conclusion, il me semble essentiel de tirer la profession vers l’IA. Les plateformes de veille doivent montrer l’exemple. Certaines le font déjà comme Digimind avec AI Sense. Mais c’est toute une profession qui devrait se mobiliser pour gravir cette nouvelle marche. L’avenir peut être passionnant, pour peu que nous nous y préparions convenablement.

L’article complet est à découvrir sur Digimind.
Bonne lecture

Jerome Bondu





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ega

J'ai eu le plaisir de rejoindre en février 2021 le Conseil scientifique de l'Institut d'Études de Géopolitique Appliquée en tant que chercheur associé. J'en ai profité pour publier un premier article sur notre perception d'internet : Vivre dans la vie réelle comme sur internet serait un enfer !


Voici l'introduction :
"Il est saisissant de comparer ce que l'on peut faire dans la vie réelle et dans la vie numérique. Dans la vie réelle on peut se déplacer librement, acheter un produit et le réparer, lire un livre sans être épié, acheter un produit sans que le prix évolue en fonction de l'intérêt qu'on lui porte... Mais sur internet tout ceci est anormal ou interdit ! Pour bien comprendre la situation, je vous propose d'imaginer trois situations : Que nous vivions sur internet comme dans la vie réelle. Que nous vivions notre vie réelle comme sur internet. Et pour finir, que nous continuions à faire comme si de rien n'était... Partons voyager ensemble sur le numérique."

Et comme je l'écris au milieu de l'article :
"Le modèle actuel de l'internet est infernal, mais le grand public ne s'en rend pas compte, car nous nous y croyions libres. Nous nous y croyions libres parce que l'on peut s'y mouvoir librement, naviguer, acheter, lire, visionner. Mais où est la liberté quand tout est surveillé ? Où est la liberté quand on ne maitrise rien des règles du jeu ? Il faut construire un autre modèle ! Mais comment ?"

 
Voici quelques commentaires reçus après une publication sur Linkedin:

- "Très juste et très pertinente cette analyse."

- "Bravo pour cet article très explicite et concret !"

- "Excellent  papier"

- "Merci pour cette excellente démonstration et votre « appel » à une véritable souveraineté numérique dont vous donnez les grandes lignes."



C'est à lire sur le site de l'Institut EGA !
Bonne lecture.

Jerome Bondu

 

 

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cercle K2Je viens de publier une tribune pour le Cercle K2 intitulé "Pour une Déclaration d’indépendance informationnelle".

Voici ci-dessous l'introduction :
Dans un livre passionnant sorti très récemment, "Apocalypse cognitive", le sociologue Gérald Bronner nous invite à faire notre "Déclaration d’indépendance mentale". Superbe formule qui m’a inspiré le titre de mon article. Et si la révolution numérique, à l’instar de la révolution sociale et politique de 1789, débouchait sur une déclaration d’indépendance informationnelle ? Ne serait-ce pas un bel héritage des pères fondateurs d’internet, qui à l’instar de la déclaration d’indépendance du cyberespace de John Perry Barlow, avaient en tête d’offrir au monde un outil de libération plus que d’enfermement ? Mais toutes ces belles formules se heurtent contre le mur de réalité. Notre indépendance et liberté numériques semblent factices. Commençons par expliquer pourquoi nous vivons dans une période révolutionnaire, puis évaluons les forces en présence, et imaginons le cours de l’Histoire numérique.

Extraits :
La révolution numérique est en marche, et mieux vaut ne pas lutter contre ce prodigieux courant. Embarqué sur notre clavier comme sur un frêle esquif dans les rapides tourbillonnants de la data, la force des flots numériques aurait tôt fait de nous engloutir et envoyer côtoyer la vase. Ramons donc plutôt dans le sens du courant, et essayons de naviguer au mieux comme l’a fait Ulysse à la fin de la guerre de Troie entre les monstres Charybde et Scylla.

Charybde, monstre effrayant de la mythologie grecque, pourrait-être aujourd’hui superbement incarné par les GAFAM

Scylla, c’est nous, où plutôt nos circuits neurologiques qui tombent que les piègent de l'attention.

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Je vous laisse lire la suite sur le site du Cercle K2.

Jérôme Bondu





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bug humain 1

bug humain 2

bug humain 3

J’ai tenté dans un précédent post, une synthèse du très bon livre de Sébastien Bohler « Le bug humain ». Ses messages me semblent de première importance. Pour en faciliter l’accès j’ai réalisé la cartographie ci-dessus. Je vous copie ci-dessous le texte de la carto « en clair ». Vous pourrez l'utiliser comme bon vous semble. Faites-en bon usage ;-)

Bonne lecture.

Jerome Bondu

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Je reproduis ci-dessous, le texte de la carto. N’hésitez pas à en faire bon usage. Le nombre de décalages sur la droite correspond au placement dans la cartographie.

Le bug humain
    Introduction
        Comment comprendre notre surconsommation irrationnelle et dommageable des biens matériels et de services numériques ?
    Les progrès scientifiques ont permis une meilleure compréhension de notre fonctionnement neuronal
        Les êtres vivants ont cinq besoins primaires essentiels
            Manger, se reproduire, explorer, conquérir, dominer
        En période de rareté
            Ces besoins sont le moteur de l'évolution
            Le système est équilibré
            Il n'y a pas besoin d'un "bouton stop"
            Et au contraire, le système est conçu pour s'habituer à un état, et en demander ensuite plus
        Cela s'est matérialisé par une structure neurologique
            Le circuit de la récompense
            Composé notamment du striatum
            Siège des neurones dopaminergiques
            Commune à tous les êtres vivants, preuve de son ancienneté dans la chaîne du vivant
    Mais notre situation a changé
        Nous vivons dans une société d'abondance caractérisée par un accès quasi illimité et non régulé aux "renforceurs primaires"
            A la malbouffe qui donne une fausse impression d'alimentation
            Au porno qui donne une fausse impression d'assouvissement de la sexualité
            Au contenu indigent sur le web qui donne une fausse impression d'exploration
            Aux produits que l'on peut acheter et qui donnent une fausse impression de conquête
            Aux éléments factices de notoriété sur les réseaux sociaux et qui donnent une impression de domination
        Conséquences sont multiples et expliquent les comportements irrationnels actuels
            Consommation irraisonnée de biens matériels : Effondrement du vivant, de la biodiversité, de l'écologie
            Consommation irraisonnée du numérique : Infox, addictions aux écrans, ...
            "L’être humain est devenu un danger mortel pour lui-même" ! Nous sommes devenus les esclaves de nos neurones dopaminergiques
    Comment ce sortir de ce piège ?
        Au niveau neurologique
            Contrôler les renforceurs primaires
            Développer les aires du cortex préfrontal qui donnent accès à des représentation fictives de l’avenir
        Trouver d'autres nourritures pour le circuit de la récompense
            avec des actions désintéressées
            avec l'acquisition de nouvelles connaissances
        Cela nécessite
            D'opérer un bon conditionnement pour les générations à venir
            Développer une maitrise de notre conscience pour les générations actuelles. Par exemple jouer sur la norme sociale
            D'avoir une maitrise globale et non plus individuelle
    Conclusion
        L'auteur conclue : « Nous constatons avec amertume que la liberté de droit sans la recherche d’une liberté réflexive nous a fait retomber dans l’esclavage » !!!
        J'adhère tout à faire à cette vision. Cette conclusion me semble avoir des implications immenses, et doit être pris très au sérieux.

Jérôme Bondu

 

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bug humain

Je recommande très chaudement l’excellent livre de Sébastien Bohler « Le bug humain ». Il est semblable sur bien des points au livre de Gérald Bronner « Apocalypse cognitive » que je viens de chroniquer (lire ici et la). Bronner part du fonctionnement du cerveau pour expliquer notre incapacité à utiliser intelligemment notre temps « cerveau disponible » et préserver notre identité. Bohler part du même constat initial, mais va se focaliser sur notre incapacité à utiliser intelligemment notre environnement naturel et préserver la nature. Démonstration.

Dans la boite noire du cerveau

Sébastien Bohler explique qu’une partie de notre cerveau, le striatum, contient les neurones dopaminergiques. Ces neurones commandent l’envoi de la dopamine, responsable du sentiment de bien-être, de bonheur. C’est le circuit de la récompense. Et ce bien être est lié à cinq actions primaires essentielles : manger, se reproduire, explorer, conquérir, dominer. C’est le cas chez nous, les Humains, comme chez les autres animaux, depuis les poissons jusqu’aux singes. Quand nous étions chasseurs-cueilleurs et que ces cinq éléments étaient rares (nourriture difficile à acquérir, partenaire sexuel peu nombreux …) le système était équilibré. Notre striatum était un aiguillon qui nous poussait à nous dépasser, à survivre dans des conditions difficiles.

Mais avec l’avènement de la société d’abondance, notre striatum est devenu notre pire ennemi. Il nous envoie des récompenses quand nous mangeons de la nourriture trop grasse, trop salée, trop sucrée (manger). Quand on mate des images de personnes dénudées (se reproduire). Quand on clique sur un article dont le titre annonce une révélation (explorer). Quand on fait un achat (conquérir). Quand on obtient une nouvelle notification sur un réseau social (dominer). Ayant vécu des millions d’années dans un système de pénurie, notre cerveau n’a pas inventé de « frein » à la boulimie du striatum. Il n’y a pas de système « stop ».

Sébastien Bohler évoque la célèbre expérience de Olds et Milner et fait le parallèle avec notre utilisation de Facebook. Les notifications que l’on reçoit sont des gratifications liées à notre besoin de domination. Chaque nouvelle notification déclenche un jet de dopamine. Et il qui explique dans une image saisissante que « nous sommes comme les rats de Olds et Milner dans une cage munie d’un levier que nous pouvons actionner sans fin… » !

Avec la mécanisation du travail, il y aura de moins en moins d’emplois. Et cette perte d’emploi implique une baisse du statut social, et une oisiveté grandissante. Nous avons là une double problématique importante pour les générations à venir.
La popularité d’internet est liée à la résolution de ces deux sujets :
-    D’une part les médias sociaux nous offrent une occupation.
-    Et d’autre part, ils offrent une gratification constante et régulière via l’augmentation de note réseau et des interactions sociales.
Et les grands acteurs du numérique (notamment les GAFAM) se sont engouffrés dans la brèche : les créateurs des produits numériques jouent sur les circuits de la récompense, et créent volontairement une forme d’addiction. Allant jusqu’à introduire des « punitions » si l’internaute délaisse les médias : « vous avez raté des informations de votre réseau » ! Les jeunes sont particulièrement vulnérables, dont l’auteur dit qu’ils sont des « purs striatum »

Le bug humain

Le striatum est essentiel, car il participe à notre capacité d’évolution, via un apprentissage constant. En effet, il se lasse vite de ce qu’il a obtenu et en demande toujours plus. Ce qui dans une situation de pénurie est un moteur puissant d’amélioration.

Mais dans la société d’abondance actuelle, nous sommes piégés par notre striatum, et condamnés à augmenter nos doses de malbouffe, de sexe, de notifications… « Nous sommes les esclaves d’une propriété très simple de nos neurones dopaminergiques qui conditionne une croissance perpétuelle ».
D’autant que le striatum ne se projette pas dans l’avenir (l’auteur cité la célèbre expérience du marshmallow de Walter Mischel). C’est en terme technique un biais de « dévalorisation temporelle ». Tout ce qui est bon à prendre doit être pris tout de suite. Et tant pis si l’alimentation déséquilibrée des pays riches détruit et nos corps (obésité) et la planète (disparition du vivant). Et tant pis si nous croulons sur les infox.

Il explique en des mots sobres, mais percutants notre situation : « Au terme de ce processus, l’être humain est devenu un danger mortel pour lui-même. Son programme neuronal profond continue aveuglément de poursuivre des buts qui ont été payants pendant une grande partie de son évolution, mais qui ne sont plus du tout adaptés à l’époque dans laquelle il s’est projeté ». p183


La voie de la sobriété

Mais bonne nouvelle : le striatum n’est pas seul ! Il rentre en conflit avec d’autres aires cérébrales, notamment les aires du cortex préfrontal qui donnent accès à des représentations fictives de l’avenir, et qui permettent d’anticiper l’avenir. Comment les développer ?

Il y a eu beaucoup de tentatives de contrôler ces « renforceurs primaires ». Les grandes lois religieuses ou laïques vont dans ce sens. Il suffit de revoir les sept péchés capitaux (lutter contre la gourmandise, contre la luxure …) p187

En prenant le modèle de mère Thérésa, Sébastien Bohler rappelle que notre circuit de la récompense peut aussi être activé avec des actions désintéressées.
- Le tout est d’avoir le bon conditionnement pour les générations à venir.
- Et une maitrise de notre conscience pour les générations actuelles. On pourrait par exemple jouer sur la norme sociale pour survaloriser les comportements vertueux.
- Enfin, nous pourrions alimenter autrement notre circuit de la récompense : la connaissance peut apporter une satisfaction propre à activer notre circuit dopaminergique. L’auteur explique « Notre striatum est avide de connaissances et il s’agit là probablement d’un gisement prometteur pour l’économie du futur, ainsi qu’un substitut intéressant à la croissance matérielle qui est actuellement le seul objectif des appareils industriels de nouvelle génération, dont le numérique » p237

La conclusion est sans appel : Internet nous impose de gérer les choses au niveau global. « Nous constatons avec amertume que la liberté de droit sans la recherche d’une liberté réflexive nous a fait retomber dans l’esclavage » p212. Il appelle à une « société de la conscience » ! Et on ne peut que lui donner raison !!!

Jérôme Bondu

nb : je poste dans les jours à venir une belle cartographie qui résume le livre.