Entrer en strategieJ’ai lu « Entrer en stratégie » du général Vincent Desportes.

Le général Vincent Desportes, Saint-cyrien, a été à la tête du Collège interarmées de défense (CID) de 2008 à 2010. Il est aujourd'hui professeur associé à Sciences Po et enseigne la stratégie à HEC. Conférencier international, il s'exprime sur les thèmes de la géostratégie, de la stratégie et du leadership. Il est régulièrement consulté par les pouvoirs publics et les grands médias sur les affaires internationales et militaires.
- Vincent Desportes est aussi directeur de la collection « Stratégies & doctrines » aux éditions Economica.
- Il est auteur du livre "La dernière bataille de France", et expert APM.

Vincent Desportes est intervenu au Club IES en mars 2016 (on pourra consulter le compte rendu écrit et la vidéo de sa conférence)

Voici quelques notes de lecture, qui ne se veulent être ni un résumé, ni une synthèse.

En introduction en peut rappeler la différence entre stratégie et tactique :
- La stratégie vise un objectif global et à plus long terme (équivalent de gagner la « guerre ») ;
- La tactique vise un enjeu plus local et limité dans le temps (équivalent de gagner une « bataille »).
- L'art opératif et les opérations visent à aborder la bataille en position favorable.

Vincent Desportes propose une méthodologie pour aborder le champ stratégique :
Faire diagnostic
Analyser objectivement la situation.
Maximiser les sources de renseignement.

Définir des buts
Définir des buts réalistes.
Intégrer nos forces et celles des adversaires.
Déterminer la situation finale dans laquelle nous voulons arriver.

Déterminer des objectifs stratégiques
A partager avec votre équipe, vos partenaires…
Tenables dans le temps.

Mettre en œuvre la stratégie
Prendre en compte que les plans seront forcément bousculés.
Intégrer que « rien de ce que nous aurons prévu ne se passera correctement ».
Intégrer que nous allons nous battre « contre d’autres orientations stratégiques ».
Se focaliser sur les éléments faibles de l’adversaire.
Concentrer ses forces.
Être agile et adaptable dans la capacité à remettre en cause sa propre stratégie.

Contrôler les résultats
Contrôler de la manière la plus objective et impartiale.


Pour finir, le livre de Vincent Desportes « Entrer en stratégie » enseigne que la stratégie est un combat contre un autre mais aussi contre soi-même. Et c'est sans doute le message que je retiendrai en premier lieu. On doit prendre en compte ses propres biais de raisonnement, et intégrer au plus profond de nous la stratégie de l’adversaire. Enfin, il convient d’être le plus souple et mobile possible dans l’évolution de notre stratégie.
A lire !

Jérôme Bondu




IA et IE cote divoire 

La table ronde « Intelligence Artificielle et Intelligence Economique, le cas de la Côte d’Ivoire » s’est tenue hier soir. Voici un petit compte rendu informel.

Cette table ronde venait clôturer les 5ème assises africaines de l’Intelligence Economique menée de main de maitre par François Jeanne-Beylot.

Dans l’ordre de prise de parole :
Introduction de Akré Salomon BIEFFO, Directeur de la planification des études et de la statistique du Centre de Promotion et des Investissements de Cote d’ivoire (en remplacement d'Emmanuel Esmel ESSIS, Ministre de la Promotion de l’Investissement Privé de Côte d’Ivoire).

J’ai ensuite présenté succinctement l’origine et l’intérêt de cette table ronde (cf ci-dessous).

Mbaye Fall DIALLO, professeur à l’Université de Lille, Membre du Conseil Présidentiel pour l’Afrique auprès de l’Elysée, fait un très beau panorama de l’IA : origine, développement, position de l’Afrique.

Ibrahima KONE, Administrateur Directeur général chez Quipux, a présenté un exemple d’application de l’IA en Côte d’Ivoire.

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Pour ma part :
J’ai rappelé dans un premier temps que nous vivons une 5eme révolution informationnelle. Les 4 précédentes (développement du langage, de l’écrit, de l’impression, et de l’électrification des moyens de communication, ont tous eu un impact considérable). Il en sera de même évidemment pour la révolution numérique, et ses multiples développements que sont l’IA, la blockchain ou l’ordinateur quatique. En outre, les professionnels de l'intelligence économique, spécialistes de la gestion des informations, sont "bien placés" pour profiter des changements induits.

Mais, dans un second temps, j’ai expliqué que sur les 20 dernières années, nous avons raté quelques opportunités de mettre en avant notre savoir-faire dans la gestion des informations. Bien sûr, cette vision demande à être nuancée, mais il me semble flagrant :
- Que nous n’avons pas su populariser les techniques avancées d'interrogation des moteurs de recherche. Nous aurions eu une belle carte à jouer à ce niveau. Les gains induits dans les organisations auraient été énormes. Nous avons été très peu présents sur le sujet.
- Avec l’émergence des médias sociaux, nous aurions aussi pu apporter notre savoir-faire. Or mis à part quelques initiatives comme celle de François Jeanne-Beylot avec InMediatic ou la création de Digimind Social, le domaine a été préempté par la Communication.
- En matière d’intelligence collective, nous avons aussi laissé passer le coche. Là encore, il y a des contrexemples, avec la création de Jamespot par Alain Garnier, ancien créateur d’Arisem. Mais globalement, les ressources humaines ont joué le premier rôle.
- Enfin, sur le problème des infox, je ne pense pas avoir vu un professionnel de la veille s’exprimer dans des médias grand public pour apporter notre expertise dans ce domaine.

J’ai abordé dans un troisième temps le fait que nous ne devons pas rater le train de l'Intelligence Artificielle sous peine de ringardisation de notre profession.
- Car, il est évident que l'IA va tout changer, à commencer par nos métiers. Et que l’IA va être un levier essentiel de création de richesses, comme l’a été le développement de l’électricité.
- Or dans le cadre d'un sondage, que j'ai réalisé il y a quelques mois, on sent bien que les professionnels de l'Intelligence Economique subissent l'arrivée de l'Intelligence Artificielle. Il n’y a eu malheureusement que 30 répondants au sondage*. Il n’y a donc pas de valeur statistique. Mais on voit déjà poindre des tendances :
- 15% des veilleurs ont subi la mise en place de l'IA dans leur entreprise.
- 5% se sont même opposés à la mise en place de l'IA.
- 50% ont vu leur travail déjà impacté.
- 30% ne savaient même pas si leur travail a été impact par l'IA.
- 80% pensent que l'IA va impacter leur métier avant 5 ans. (je posterai prochainement toutes les réponses au sondage)
Bien sûr des acteurs sont déjà très investi comme Geotrend ! Et l'on peut s'en réjouir.

D'où l'importance de multiplier les occasions de parler d'IE et d'IA. Voila pourquoi j’ai proposé à l’AEGE et à François la tenue de cette table ronde pour analyser ce sujet sous l'angle ouest-africain, et notamment Côte d'Ivoirien.

Merci aux trois intervenants. Merci à Charles Pahlawan de l’EGE et à François Jeanne-Beylot pour avoir donner une réelle envergure à cette idée.

Jérôme Bondu

*vous pouvez toujours répondre au sondage sur votre perception de l’IA.




villiersOn parle de plus en plus du général Pierre de Villiers. Il a écrit plusieurs livres, dont le dernier "L’équilibre est un courage" que j’ai lu.
Voici quelques bonnes lignes, collectées çà et là.

Les trois France
Il souligne les fractures au sein de la France. Extrait : « La première peur est celle du grand déclassement, celle notamment des Gilets jaunes. La deuxième est celle du grand remplacement, la peur du communautarisme. La troisième, celle du grand réchauffement, face à l’urgence climatique. La quatrième est celle du grand renversement, celle du chaos politique et social ».

Les cinq déséquilibres
Il évoque (trop rapidement à mon gout) les problèmes de souveraineté. Extrait : « « Peut-être aussi va-t-on pouvoir enfin assister à un sursaut de souveraineté, à tout le moins d’indépendance, pour ne plus dépendre de personne pour ce qui concerne les produits de première nécessité et les domaines touchant à l’intérêt national, notamment la santé, la sécurité, l’alimentation et les nouvelles technologies sensibles, comme l’espace ou l’informatique quantique ».

Toute réconciliation passe par la jeunesse
Il met en avant ses passages dans les cités difficiles, où il s’est frotté aux problèmes d’emploi, de désocialisation et de séparatisme. Il utilise une formule choc pour souligner le problème du bac : « Avec le bac, t’as rien ; sans le bac, t’es rien ».
Il revient très régulièrement sur son passé de militaire. Il soulève que la première compétence et la première exigence sont de faire collaborer des personnes de tous les horizons : « Au demeurant nos futurs dirigeants sont parfois trop formés dans une optique de compétition individuelle et non de coopération ».

Unité nationale
Le titre du chapitre 7 est éloquent « Arrêtons d’opposer Europe forte et France souveraine ». Le titre est porteur de sens.

La personne au centre des préoccupations
Il est mordant envers le capitalisme « Pour sauver notre planète, il faudra réguler l’ensemble du capitalisme économique mondial, réexaminer en profondeur les règles et les normes qui le régissent ».

A lire
Jérôme Bondu






presse citronJe recommande cer article intéressant de Presse Citron "Cette IA permet de simuler des discussions avec de grands penseurs de l’humanité". Il y a quelque temps quand Google avait communiqué sur « la mort de la mort » j’avais imaginé le phénomène suivant :
En collectant tout sur tout sur nous, Google est déjà en capacité de recréer notre double numérique.

On peut imaginer que dans l’avenir, à notre mort, Google pourrait vendre à nos descendants la capacité de (au choix) :
- faire disparaitre nos données,
- de les récupérer,
- de les garder en ligne (sous forme d'abonnement annuel évidemment).
- voire de les modifier (positivement) moyennant évidemment monnaie sonnante et trébuchante.

J’avais aussi imaginé que Google vende la capacité d’interroger des morts sur des sujets précis. Imaginons que la vie de De Gaulle soit entièrement numérisée. Il serait possible de lui demander des conseils sur la position à tenir face à Trump. Avec cet article de Presse Citron, on sent bien que l'on avance petit à petit vers cette solution.

Il y a eu aussi il y a environ un an, un article sur un ingénieur qui a numérisé les paroles de son père (qu’il a longuement interviewé). Son père est décédé. Et grâce à une Intelligence Articielle, il a pu continuer à converser avec lui.

L’avenir va être passionnant. Mais ce qui est sûr, c’est qu'avec la puissance des GAFAM et des BATXH, il sera culturellement très américain et chinois, pas européen ! A moins que l'Europe prenne conscience de l'effort collectif à fournir dans cette direction.

Jérôme Bondu



searchday

#veillemagazine organise un webinaire gratuit le 1er juillet de 10h à 11h sur le thème "Information Stratégique & Décision. Tendances et perspectives. Business Modèle, Data intelligence, Innovation".

Trois témoins des évolutions et des tendances du secteur vont partager leur vision, Meriem Boudokhane de Geotrend, Alexandre du Sordet de Cleverm8 et votre serviteur. Je ferai pour ma part un témoignage sans concession sur l'évolution de l'intelligence économique. Je parlerai notamment d'intelligence artificielle, et je donnerai les résultats du sondage sur la perception de l'intelligence artificielle par les professionnels de l'intelligence économique. N'hésitez pas d'ailleurs à enrichir les résultats avec votre contribution. Votre témoignage peut être anonyme et le questionnaire prend moins de 5 minutes.

Lien d'inscription sur Veille Mag.

Ce webinaire, animé par Carole Chevalier, intervient en lancement de Search-Day (14 octobre 2020 – Paris).

Au plaisir de vous y retrouver,


Jérôme Bondu


google maps challenges

Un article intéressant de Challenges « Google Maps quadrille le terrain »  dans le numéro du 5 au 11 mars 2020 évoque la position ultra dominante de Google dans la collecte d’informations géographiques. L’article présente bien la situation hégémonique de Google Maps. Il évoque aussi les suiveurs (Mappy, Citymapper, …). Mais il omet de présenter les effets induits négatifs de cette monopolisation des services de géolocalisation. Quels sont-ils ?

Impact de la monopolisation des données géographiques

Il est clair que la capacité qu’à Google de connaitre vos déplacements induit de nombreuses externalités négatives. Cela donne au géant américain :
- La connaissance de votre niveau de vie, en fonction des lieux que vous fréquentez, du lieu de votre habitation, si vous allez au restaurant souvent (ou pas), le type de restaurant (malbouffe ou étoilé), si vous allez souvent en vacances (ou rarement) et dans quel endroit.
- La connaissance de vos relations sociales, si vous fréquentez des clubs huppés (Golf) ou plus populaires (bowling…).
- La connaissance de vos conduites à risques, selon vos excès de vitesse en ville ou sur autoroute, selon que vous fréquentiez des rues malfamées (prostituées, drogue).
- La connaissance du type de travail que vous exercez, selon vos déplacements quotidiens, vos horaires, …
- La connaissance de votre état de santé, selon la vitesse de votre marche, si vous faites du vélo (ou pas) si vous prenez tout le temps votre voiture, si vous fumez (vous arrêtez-vous souvent dans des bureaux de tabac ?)…
- Même cette infime sélection de quelques indicateurs récoltés par Google Maps, donne la mesure de la connaissance qu’à Google de votre intimité.

Tout ceci lui permet de calculer de précieuses choses :
- Une note de crédit ou plutôt une capacité de remboursement des prêts (ce qui intéresse les banques).
- Une note d’assurance qui marque une conduite à risque.
- Une note de santé …

Nous sommes nous aussi notés

Si nous nous effrayons du système de crédit social chinois, qui est focalisé en partie sur des aspects politiques et sociaux, il faut bien comprendre que nous sommes nous aussi notés. Notre notation est focalisée sur des aspects économiques et culturels. Le système de crédit économique et comportemental des GAFAM est juste plus discret car notre note ne s’affiche pas sur notre téléphone, et rien ne nous permet de rattraper des points. Mais il est tout aussi dérangeant car induit un fichage des informations personnelles, une utilisation de ces données, une revente à des tiers, et ceci dans une totale opacité !

La solution est pourtant simple, il faut varier les outils : OpenStreetMap https://www.openstreetmap.org est une solution pour rechercher un itinéraire utilisable sur ordi ou téléphone. Le monde du logiciel libre … n’a jamais aussi bien porté son nom !

Jerome Bondu


L’article, qui est à mettre au crédit d'Adrien Schwyter, n’est pas en ligne. Challenges avait déjà fait un article à la tonalité similaire « Calculs d'itinéraires: en 15 ans, Google Maps et Waze ont écrasé Mappy et TomTom » .
Photo issue de Challenges !



le pointLe Point a fait sa Une avec Margrethe Vestager – La personnalité de l’année. Et l’on peut lire un dossier intéressant composé de 4 éléments.

1/ Le premier article fait le portrait de la vice-présidente exécutive désignée de la commission européenne, chargée de la concurrence et du Numérique. L’article est surtout intéressant dans la présentation des positions de cette européenne. Elle explique notamment que « si les GAFAM faisaient quelque chose de très grave, nous pourrions les démanteler ». Si je peux me permettre un avis personnel, la ligne rouge me semble déjà avoir été franchie, et la part de marché de Google dans les moteurs de recherche ou les systèmes d’exploitation de téléphone dépassant 80%, on pourrait sans doute commencer à s’affoler … Mais bon.

2/ L’article suivant de Gaspard Koening intitulé « Notre dernière chance » va dans ce sens et tire très justement la sonnette d’alarme.

3/ La double page suivante présente une belle infographie de Google, Facebook et Amazon (image ci-jointe).

4/ Mais c’est le dernier article qui m’a surtout intéressé, et que j’ai décortiqué. La journaliste Hélène Vissière explique que « L’Amérique a peur de ses géants ». Voici ci-dessous les idées importantes et les principaux protagonistes cités.

Les opposants aux GAFAM

- Démocrates.
 * Dénoncent l’exploitation des données personnelles, et la désinformation qui a contribué à la défaite de Clinton.
 * Elizabeth Warren est en première ligne. Alexandria Ocasio-Cortez est aussi citée.
- Républicains.
 * Dénoncent la censure des voix conservatrices.
 * Trump a une position ambivalente, puisqu’il dénonce cette censure, mais défend aussi les GAFAM face à une taxe européenne.
- La chambre des représentants
 * Qui a taraudé Zuckerberg lors d’une audition particulièrement mouvementée.
- Autorités de règlementation américaines qui reprochent
 * A Amazon (qui contrôle 50% du commerce sur Internet) de privilégier ses produits et ses marques.
 * A Google (qui contrôle environ 80% des requêtes dans le monde) de privilégier ses services.
 * A Facebook (qui comme Google) abuse de sa position dominante sur le marché publicitaire.
 * A Apple, de faire la pluie et le beau temps sur la sélection des applications de sa boutique.
- Groupe de procureurs généraux
 * 9 septembre, audition à la Cours Suprême.
 * Les procureurs de 50 Etats ont ouvert une enquête sur Google. Ken Paxton, procureur du Texas a déclaré « Il y a des indices montrant, selon nous, que ses pratiques commerciales ont pu réduire le choix des consommateurs, étouffer l’innovation, violer la confidentialité ».
 * Un second groupe se penche sur Facebook mené par la procureur général de New York, Letitia James.
- Ministère de la justice (Fédéral Trade Commission) et la Chambre des représentants ont lancé une avalanche d’enquêtes.
- L’Ecole de Chicago, et notamment le professeur Luigi Zingales, qui veut faire bouger les positions de cette école ultralibérale.
- Le grand public qui a pris conscience
 * De la libre circulation d'infox sur leurs plateformes.
 * De l’utilisation des données personnelles des internautes (Cambridge Analytica).
 * De leurs pratiques d’évasion fiscale.

Les soutiens aux GAFAM

- Le Congrès est paralysé par les divisions.
- L’impact de la déclaration du juge conservateur Robert Bork. Il a écrit en 1978 « Le paradoxe de l’antitrust ». Il y développe l’idée que la lutte contre certains monopoles a nui à l’économie. Et qu’il y a une question fondamentale à se poser avant d’entamer un dossier antitrust « le consommateur est-il lésé ? ». Cette « philosophie » a protégé les Big Tech.
- Leurs actions de lobbying
 * 55 millions de dollars en 2018.
- Les multiples relais de communication :
 * Par exemple le rachat du Washington Post par Bezos.
 * Les relations très proches des géants de la tech avec les politiques.
- Leur défense axe de défense :
 * Ils apportent de nombreux avantages aux utilisateurs.
 * La concurrence dans le numérique est rude, et les barrières à l’entrée très basses.

Les pistes pour réduire le pouvoir des GAFAM

- Démantèlement suivant la loi antitrust Sherman de 1890 :
 * Amazon devrait céder sa chaine de supermarché Whole Foods.
 * Facebook pourrait céder Instagram et WahtsApp.
 * Google pourrait céder YouTube.
 * Apple, sa boutique d’application.
- Contrôle des rachats. Jusqu’à présent les GAFAM ont été boulimiques et ont pu acheter sans entrave :
 * Google 214 sociétés.
 * Amazon 91 sociétés.
 * Facebook 67 sociétés.
- Règles ou lois :
 * Pour protéger la concurrence.
 * Interdiction pour une plateforme de vendre des produits sous sa marche.
 * Obligation pour les Big Tech de rendre leurs services interopérables.
- Créer une nouvelle entité pour la concurrence dans le numérique.


A lire dans Le Point !
Pour aller plus loin, on peut lire une description des arguments pour et contre GAFAM dans l’Opinion.

Bonne lecture

Jérôme Bondu
Directeur de la société Inter-Ligere.fr
Président du Club IES

 

 

La panne 1 189x300Le jeudi 27 février 2020 à 19H30
Le Club IES, Le Club Analyse de l'AEGE et le réseau Inter-Ligere
Vous invitent à la 154ème conférence-débat sur le thème :

La panne de l’intelligence stratégique

Par Bruno Jarrosson

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THEME :
Les malheurs de l’histoire se nourrissent d’une panne d’intelligence stratégique. Ce problème peut être décomposé en plusieurs questions :
- Y a-t-il une logique commune que l’on retrouve à certains moments ?
- Les mécanismes de la panne sont-ils repérables en soi-même ?
- Le décideur qui s’obstine dans l’échec, dans l’irréalisme, est-il accessible à l’idée qu’il pourrait et devrait regarder le monde d’un autre point de vue ?
- Y a-t-il au tréfonds de sa conscience une zone d’incertitude d’où puisse surgir un débat, une inflexion, un changement ?

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INTERVENANT :
Bruno Jarrosson est directeur associé du pôle stratégie chez DMJ Consultants. Il combine quatre domaines d’expertise : la stratégie, la philosophie, la science et l’histoire.
Auteur d’une trentaine d’ouvrages sur des thèmes abordant et combinant les liens entre économie, stratégie et philosophie, Bruno Jarrosson enseigne la philosophie des sciences à Centrale-Supélec et la théorie des organisations à Paris IV Sorbonne. Il est aussi chroniqueur sur iPhilo depuis 2012. Bruno Jarrosson est par ailleurs co-fondateur et président de l’AFACE (académie francophone des auteurs et conférenciers d’entreprise) et de l’association Humanités et entreprise. Il est membre de la Ligue des Optimistes de France.

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DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
19h15 - 19h30 : Accueil des participants par Jérôme Bonduet Julien Penneçot
19h30 - 20h15 : Conférence de Bruno Jarrosson
20h15 - 21h00 : Débat avec la salle
21h00 – 21h45 : Cocktail dînatoire

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LIEU :
Ecole de guerre économique. 196 rue de grenelle 75007 Paris

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INSCRIPTION OBLIGATOIRE sur le site de l'AEGE

Au plaisir de vous y retrouver
Jérôme Bondu






jdn1Voici mon dernier article sur la souveraineté numérique, posté sur le JDN. J'ai profité de l'intérêt d'une société américaine sur Brainloop pour soulever quelques questions importantes. Voici ci-dessous l'introduction et les titres des quatre parties.

"Si le Cloud Act a été largement médiatisé, la presse s'est peu intéressée aux acquisitions réalisées par les entreprises américaines sur le numérique européen. La combinaison entre ces OPA et l'extraterritorialité du Cloud Act est pourtant explosive.
Il n'y a pas que l'Iran et la Russie. L'entrée en vigueur du « Cloud Act » aux Etats-Unis, qui permet à l'administration américaine de consulter les données des entreprises étrangères, touche également l'Europe. Elle n’a toutefois pas provoqué qu'un émoi relatif en Europe. Le rachat d’une entreprise stratégique va-t-elle provoquer une réaction ? Présentation des enjeux en quatre actes."

Acte 1 : Où l’Europe fait preuve d’une totale immaturité numérique
Acte 2 : Où les Etats-Unis affirment l’extraterritorialité de leurs lois
Acte 3 : Où les Etats-Unis veulent racheter une entreprise européenne stratégique
Acte 4 : Où l’Europe doit faire des choix courageux en matière de souveraineté numérique

Jerome Bondu




livre turkJ’ai lu « La souveraineté numérique – Le concept, les enjeux ». Comme son nom ne l’indique pas ce livre est très axé sur le droit. Et plus exactement sur le droit constitutionnel. C’est certainement cette orientation qui en fera un ouvrage passionnant pour les juristes… mais qui en fait aussi un ouvrage ardu à lire pour tous les autres.

L’ouvrage reprend les conférences de spécialistes qui ont participé au colloque organisé le 7 octobre 2016 à Nice, sous l’égide de l’Association Française des Constitutionnalistes.

Pour aborder ce livre je recommande de commencer par la synthèse page 219 de Christian Vallar, doyen de la faculté de droit de Nice. Il synthétise parfaitement en quelques pages les témoignages des 14 intervenants.

Il y a bien sûr une interrogation forte sur le mot « souveraineté ». Certains comme M. Vallar ne voient derrière ce mot qu’une prérogative de l’Etat. D’autres imaginant une « souveraineté partagée » dans le cadre d’une humanité en réseau.

Les témoignages qui m’ont le plus intéressé sont ceux d’Isabelle Falque-Pierrotin et de Bernard Benhamou.
-    Ce dernier pose d’emblée la bonne question « l’Europe, combien de divisions industrielles ?». Sa paraphrase de Staline (Le Vatican, combien de divisions ?) pointe directement notre insuffisance technologique, mère de toutes les défaites. Il rappelle aussi l’arrogance du patron de Google Eric Schmidt quand ce dernier affirme que « Les Etats sont inefficients. Nous sommes efficaces, nous avons vocation à les remplacer ». Il appelle de ses vœux un traité international sur les réseaux, à l’instar de la Convention des Nations Unis sur le droit de la mer.
-    Isabelle Falque-Pierrotin rappelle quant à elle que le rapport de force entre l’individu isolé et les grands acteurs de l’internet est très défavorable à l’individu. Le RGDP a posé un nouveau cadre juridique, mais ce n’est qu’une étape et il faut que les acteurs économiques comme les individus s’en emparent. « Il faut que les individus se saisissent des nouveaux droits qui sont les leurs » affirme-t-elle.

Certains éléments m’ont étonné dans l’ouvrage. Par exemple il est souvent fait mention du réseau internet comme étant transnational, transfrontière, donc sans territorialité. Il me semble que rien n’est moins juste. Théoriquement internet ne connait pas de frontière. Soit. Mais en réalité l’infrastructure est très territorialisée. Ainsi l’ICANN a été créé, et est restée longtemps sous la coupe du ministère du commerce américain. La possession des câbles sous-marins, et le passage de ces câbles près des côtes de tel ou tel pays, donne un avantage considérable à l’Etat côtier. Certains auteurs sont néanmoins très conscients de cette nouvelle territorialité. Comme le général Marc Watin-Augouard qui explique que « pour les Etats-Unis la vraie frontière est celle que dessine le rayonnement des GAFA ». On ne peut être plus clair.

Jérôme Bondu