Je poste aujourd'hui un article paru dans le magazine "Regards sur l'intelligence économique", le 1 Novembre 2005.
Cet article reprenait un colloque qua j'avais organisé alors que je dirigeais l'IFIE, sur le thème "Formation et territoires : deux priorités pour l'IE".
Il est intéressant avec le recul, de voir ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas marché ?
 
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Formation et territoires : deux priorités pour l'IE
Par Jérôme Bondu
 
Le 15 septembre l'IFIE et le Presse Club de France ont organisé une conférence sur deux sujets d'actualité : la formation et les territoires.
 
La formation, oui, mais l'embauche ?
L'IE n'est pas une préoccupation nouvelle pour le MEDEF, a rappelé Catherine Minard. Lors du rapport Martre en 1994, il avait déjà participé aux travaux. Dix ans après, à l'occasion du rapport Carayon, un comité IE s'est constitué et a publié « ce que l'État peut faire pour l'IE, ce que les entreprises peuvent faire, ce que le MEDEF peut faire ».
 
Vice-président de ce comité IE, Olivier Darrason, a souligné que nous étions à un moment charnière du développement de cette dynamique : Le rapport Martre est "arrivé trop en avance". Les entreprises, la société n'étaient sans doute pas prêtes pour ce message. Le rapport du député Carayon est venu raviver cet intérêt, avec la nomination d'Alain Juillet au poste de haut responsable à l'intelligence économique en 2004. Plus récemment des décrets ont renforcé un arsenal de défense de secteurs prioritaires. Cet été, le Premier ministre s'est penché sur le concept de "défense économique", et le ministère de la Défense devrait tout prochainement diffuser une circulaire...
 
Tout cela a créé un nouvel engouement et de nombreuses entreprises se sont créées en surfant sur la vague marketing de l'IE. »
 
Le besoin le plus pressant semble donc être celui de la formation. De nombreuses formations se sont créées en France, issues de la première vague soulevée par le rapport Martre ou suite au rapport Carayon. Le MEDEF en a dénombré 43, depuis le niveau bac +2 jusqu'au doctorat. Mais l'embauche des diplômés en entreprise ne suit pas. Moins de 10 % des grandes entreprises ont un service d'IE, à l'exception du secteur de la Défense. Pour les PME ce ratio tomberait à 1/1000, selon M. Darrason 40 % des embauches se font dans des cabinets d'IE.
 
Quel avenir pour la formation en IE ?
On ne peut pas contraindre les chefs d'entreprise à embaucher des diplômés en IE. « C'est aux entreprises de décider, de s'exprimer. Les solutions ne doivent pas émaner des universités ou de l'administration » avance M. Darrason.
 
À ce titre le MEDEF a constitué quatre groupes de travail : la "légitime défense économique", "la sortie de crise", "l'influence normative", la "formation".
 
Une des premières actions d'Alain Juillet a été d'établir un référentiel des formations, qui présente les contenus pédagogiques essentiels à toute formation en IE.
 
Les intervenants estiment que le manque de création de postes en IE est le reflet d'une frilosité conjoncturelle, et non d'une défiance envers l'IE.
 
Les aspects territoriaux
Le développement de l'IE sur le territoire est une autre préoccupation importante et le MEDEF s'y emploie notamment dans les départements Nord et Loire Atlantique.
 
De son côté, M. Darrason a mis en place le projet Décilor en Lorraine. La mission a consisté à créer un outil d'IE à disposition d'un groupe de PME, la mutualisation des charges permettant d'éviter l'écueil budgétaire. La création d'une joint- venture entre la CEIS et l'ADIT aidera sans doute à multiplier ces expériences.
 
Enfin, l'État, par le biais de la DATAR a lancé une consultation pour créer des pôles de compétitivité. Le succès de cette consultation a été au-delà des espérances. Elle a permis de cartographier les compétences des territoires. Reste à se protéger d'éventuels appétits d'investisseurs étrangers pour cet outil dévoilant ce qui pourrait être une future source de richesse et de dynamisme pour le pays.
 
Là encore, l'IE a un rôle à jouer !
 
Jérôme Bondu