Dans le cadre de mon activité je suis amené à réaliser régulièrement des analyses d’entreprise. Un critère intéressant peut être la répartition des postes au sein de la direction. Il y a bien sûr différentes solutions. Je vais en présenter une assez sympathique, basée sur une analyse des profils LinkedIn et une présentation cartographique.

L’étude commence par une requête complexe sur un moteur de recherche. Nous allons utiliser Google (en espérant qu’un jour Qwant soit aussi bon ;-)
Nous allons rechercher les profils dans LinkedIn qui contiennent dans leur titre le nom de l’entreprise XPO et le mot « director » (volontairement en anglais) et dont le profil a été indexé sur les deux dernières années (pour avoir des profils récents).

XPO logistics est une société américaine de 15 milliards $ de CA.

Voici la requête :

XPO requete
 
Cette requête peut bien sûr être optimisée pour minimiser le bruit (voir les biais méthodologiques en fin d’article). Mais dans le cadre de cet exemple elle est déjà largement satisfaisante.

Google ramène 99 résultats qui ont été intégrés dans un tableur. J’ai ensuite uniformisé certains titres pour donner plus de cohérence. Par exemple j’ai logiquement regroupé « Director Financial » et « Director Financiero ».

XPO requete3
 

J’ai ensuite intégré les données du tableur (sous format CSV) dans Gephi pour une cartographie des postes de directeurs.
On voit alors clairement que les postes de direction les plus présents sont :
- 13 postes de directeurs des opérations.
- 10 directeurs des ventes.
- 6 directeurs de « business unit ».
- On peut détecter qu’il y a autant de directeurs des Ressources Humaines que de directeurs IT (Information Technologie).
- …

J’ai volontairement réduit la taille des noms, mais sur une carto de taille « normale » tout est bien sûr parfaitement lisible ;-)

XPO requete5
 

C’est une bonne base pour :
- Un benchmarking entre structures concurrentes.
- Une analyse de l’évolution de cette société sur le long terme (avec des collectes à intervalles réguliers, par exemple tous les six mois).
- Une chasse de tête.
- Des actions d’influence.
- Et beaucoup d’autres choses …

Deux conclusions :
- Faire de l’analyse requiert des compétences de recherche, de tri, et de cartographie.
- Linkedin peut reconstituer les structures managériales de beaucoup de sociétés à travers le monde. En matière de protection de l’information et de souveraineté informationnelle, cela est préoccupant. On pourra lire à ce sujet mon article « Quelles entreprises font le plus d’Intelligence Economique ? ».

Et pour ceux que tout cela intéresse, ces techniques (et bien d’autres…) sont enseignées notamment dans la "formation Analyse" de mon catalogue ;-)


Jérôme Bondu

Comme toujours, je devance les futures remarques pertinentes de mes chers lecteurs avec la mise en avant des biais méthodologiques ! Ils sont surtout liés à la requête sur Google :
- Tous les directeurs n’ont pas forcément de profil dans Linkedin.
- Il faut qu’ils aient utilisés le terme « director » … ou alors il faut compléter la requête avec la traduction du mot « directeur » dans différentes langues.
- J’aurai pu rechercher XPO Logistics qui est le nom complet de la société (et non pas seulement XPO)
- Il faut que Google ait bien indexé Linkedin.
- Le choix d’un filtre temporel de 2 ans peut aussi être optimisé. S’il y a sur un même poste trois directeurs qui se sont succédés sur les 24 derniers mois… j’aurai alors trois occurrences alors qu’il n’y a qu’un poste.

Interroger Google plutôt que directement Linkedin a quelques avantages et un gros inconvénient :
- On peut faire ce travail sans abonnement LinkedIn.
- On peut récolter 100 résultats par page (pratique pour le copier-coller dans Excel).
- Mais les résultats sont évidemment moins pertinents qu’avec une interrogation directe de Linkedin. En l’occurrence LinkedIn présente plus de 703 postes de directeurs alors que Google en trouve environ 1200 (dont 99 ont été modifiés sur les deux dernières années).