arii Suite à une formation sur la veille à l'ARI PACA , ils m'ont dit recruter. Vous trouverez l'annonce ci-dessous !

 

L’ARII PACA RECHERCHE UN(E) CHARGE(E) DE MISSION VEILLE ET EVALUATION


CDD 9 MOIS TEMPS PLEIN
DATE D’EMBAUCHE : dès que possible
RATTACHEMENT : Pôle Observatoire

L’ARII PACA (Agence pour l’Innovation et l’Internationalisation des Entreprises) est l’agence régionale en charge du développement économique, d’innovation et d’internationalisation de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Dans le cadre de la réalisation de ses missions d’accompagnement à l’accélération de projets et d’entreprises régionales, l’ARII souhaite consolider ses activités d’Intelligence Economique et d’Evaluation pour alimenter la prise de décision sur ses différents champs d’actions.

MISSIONS :
Accompagner la prise de décision en orientant et proposant la/les stratégie(s) d’Intelligence Economique appliquée(s) aux champs d’intervention de l’ARII pour impacter significativement sur la réalisation et le développement de ses missions. Il s’agira notamment d’organiser le recueil, le traitement, l’analyse et la diffusion de l’information et des données utiles aux équipes :
1. Réaliser une veille sur les thématiques stratégiques des champs de missions de l’ARII : surveiller, traiter, diffuser et capitaliser les informations pertinentes pour alimenter les différentes actions
2. Contribuer à la résolution de problématiques ponctuelles dans le cadre d’une mission / d’un projet via la recherche et l’analyse d’informations / de données
3. Participer à la définition des approches, et à la mise en place des process et outils, pour évaluer et analyser les résultats et impacts attendus des actions conduites
Deux principaux outils sont mis à disposition pour la réalisation de ces missions : une plateforme de veille et un CRM pour la gestion des acteurs et des actions.

Formation :
- BAC+5 Université, école de commerce, école d'ingénieur
- Expérience professionnelle minimale de 4 ans en entreprise

Compétences :
- Connaissance de base en économie territoriale et en particulier des politiques publiques, de leur fonctionnement et organisation (Europe, Etat, Région collectivités locales) ainsi que les acteurs du soutien à l’innovation et au développement économique.
- Connaissances en observation, statistiques, indicateurs des politiques publiques
- Aisance dans la manipulation des outils de veille et de traitement de l'information
- Culture et méthodes de l’évaluation
- Capacité en gestion de projets
- Esprit d’analyse et de synthèse
- Rigueur, méthodologie, goût pour les chiffres
- Utilisation d'outils bureautiques (traitement de texte, tableur...) et de logiciels de gestion de données

CONDITIONS D’EMPLOI
Poste en CDD 9 mois
Poste basé à Marseille
Rémunération : 2500 à 3000 € brut mensuel selon expérience et aptitudes + avantages habituels liés aux salariés de la structure

CANDIDATURE
A adresser dès à présent
- par courriel : ecalmes [at] arii-paca [point] fr
ou
- par courrier à l’ARII 11-13 boulevard de Dunkerque, 13002 MARSEILLE

 

Jerome Bondu

 

alain juillet club ies boulversement économiques

 

Alain Juillet est intervenu au Club IES le 16 Mai 2016 pour analyser le "bouleversement des équilibres économiques mondiaux". Réunion en partenariat avec Inter-Ligere et ActuEntreprise.

Alain Juillet a dirigé de nombreuses entreprises françaises et étrangères avant d’être nommé Directeur du renseignement à la DGSE de 2002 à 2003. Il occupe ensuite jusqu’en 2009 les fonctions de Haut responsable à l’intelligence économique, rattaché au Premier Ministre. Il intègre ensuite le cabinet d’avocats ORRICK en qualité de Conseiller sénior. Il fut élevé au grade de Commandeur de la Légion d’honneur le 14 juillet 2009. Depuis le 1er janvier 2011, Alain Juillet est Président de l’Académie d’Intelligence Economique. Il est notamment l’initiateur du Référentiel de formation à l’intelligence économique. Il est auteur d’un ouvrage relatif à la sécurité et à la sûreté en entreprise intitulé « Gérer les risques criminels en entreprises », Larcier, 2012.

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Alain Juillet a voulu apporter un autre regard sur les bouleversements en cours, avec la volonté de décloisonner les disciplines et de soulever « le dessous ses cartes ». Il a utilisé les outils issus du monde de l’intelligence économique.

Ce compte rendu est ma vision personnelle, et n’engage pas l’intervenant.

1- Nous vivons actuellement plusieurs grandes fractures.

1.1- Première fracture : la fin du monde capitaliste occidental


Le système capitaliste occidental est basé sur un système économique qui a fait « ses preuves », mais se trouve aujourd’hui remis en cause.
La mécanique était la suivante :
- Conquête de pays fournissant des matières premières à bas prix (avec parfois colonisation de ces pays).
- Transformation des matières premières dans les pays occidentaux, avec parfois des personnels sous-payés issus des pays conquis.
- Revente des produits dans les pays conquis.
- Développement de marges, qui étaient réinvesties dans le développement du pays conquérant.
Ce système a fonctionné depuis 1492 (« redécouverte » de l’Amérique) jusqu’à nos jours. Et est maintenant en mutation.

Une seconde mutation concerne le déplacement des centres économique vers l’Est.
- Le centre économique du monde était en Europe durant l’époque moderne (situé tantôt en Espagne, en France, en Flandres, puis en Angleterre).
- Puis au début du XXème siècle il « se déplace » sur la côte Est des Etats-Unis. Les deux guerres mondiales qui constituent un véritable suicide économique de l’Europe ont accéléré ce déplacement.
- Un basculement s’est opéré vers la côte Ouest des Etats-Unis, avec une nouvelle approche économique.
- A partir des années 1990, l'épicentre a traversé le Pacifique et est maintenant en Asie. La Chine sera bientôt la première puissance économique du monde. L'Inde tiendra bientôt la seconde place. Le Japon, la Corée du Sud, Taiwan, l’Indonésie, ... seront dans le peloton de tête. La France et l’Allemagne sortiront du groupe des 10 premières puissances mondiales.
- Si l’Afrique va énormément se développer, il est difficile de juger de son rang dans l’économie mondiale.

D’autres forces sont en mouvement, notamment le numérique.

1.2- Seconde grande fracture : le développement du numérique

Il n’est pas nécessaire de décrire les ingrédients du développement du numérique … que tout le monde vit au quotidien. Alain Juillet insiste sur certains points :
- Il souligne que l’on accepte de perdre de notre liberté individuelle pour des gains "numériques".
- On accepte la vente de nos données personnelles à un niveau impensable il y a peu. « Jamais nos grands-parents n'auraient accepté cela » assène-t-il. Cette acceptation passive est paradoxale. D’un côté les Français ont refusé la création du fichier de police Edwige qui prenait en compte la religion et la couleur de la peau. Et ces mêmes Français acceptent que Facebook détecte (par nos publications sur le réseau) … non seulement la couleur de peau et la religion, mais aussi les orientations sexuelles, politiques, économiques, les habitudes, lieux fréquentés… bref tout ce qui constitue notre personnalité.
- La dépendance est énorme. Il rappelle à titre d’exemple que nous prenons en moyenne 200 fois par jour notre portable en main !

La numérisation de nos activités va avoir un impact cataclysmique sur toutes les activités économiques. Il cite quelques exemples :
- Demain on ne tapera plus sur un clavier, on dictera à la voix. On peut donc imaginer que les 600 000 secrétaires actuellement employées en France seront (pour une partie) au chômage.
- Le développement de la voiture connectée et autonome met en danger toutes les professions de la route (taxi, VTC, routiers, conducteurs de bus…).
- La robotisation et la démocratisation de l’impression 3D vont « toucher » les ouvriers peu qualifiés.

1.3- La troisième fracture concerne la finance

Nous vivons le crépuscule du dollar comme monnaie de référence :
- Il faut rappeler que grâce à l’usage du dollar comme devise internationale, les Américains financent leur déficit sur le dos du reste du monde.
- L’Europe n’a pas réussi à imposer l’euro.
- Mais les pays émergent ont la volonté de sortir de cette dépendance. Ils ont créé une banque centrale qui pourrait imposer une monnaie de substitution au dollar.

Cette présentation des trois grandes fractures n’est pas exhaustive. Mais cela permet de prendre la mesure du changement en cours, et de l’obligation de réaction !

2- Quelles réactions ?

2.1- Les rapports de puissance


Il convient d’abord de réfléchir aux rapports de puissance.
Les Etats Unis veulent continuer à faire la course en tête. Ils ont pour cela des « outils ».
- Le premier est le volume de dépenses militaire. Les dépenses américaines représentent 38% des dépenses mondiales. Les quatre pays suivant ne représentent que 28% (Chine, Russie, France, Grande Bretagne). Cette force permet d’exercer une pression sur de nombreux pays (et cela même s’ils ont perdu toutes leurs guerres depuis la guerre de Corée).
- Le second est lié au numérique. Les Gafa sont d’une puissance considérable (une prochaine conférence du Club IES traitera de ce point). Le pouvoir de la CNIL est dérisoire par rapport à leur force de frappe.
- La position de GAFA par rapport à l’Etat américain sera déterminant. M. Juillet se pose la question : Vont-ils dans une optique patriotique œuvrer pour l’Amérique ? Ou comme les grandes banques internationales vont-ils s’affranchir de leur patrie d’origine et jouer « l’indépendance » ?
- D’autres outils sont bien sûr entre les mains des américains comme ce que l’on appelle le « soft power » (pouvoir d’influence)…

Si l’on pense que les frontières sont fermées, « nous avons tout perdu » comme l’explique Alain Juillet. Et ce dernier exhorte à « tout repenser ». « Il faut arrêter de suivre les idéologies quel qu’elles soient ! »
Et les outils de l’intelligence économique peuvent être utiles !

2.2- Les outils de l’intelligence économique

L’ancien haut responsable à l’intelligence économique rappelle les fondamentaux de l’IE et le process de veille :
- Il faut commencer par la prospective. Il déplore que la France ait la « culture de l’instant », notamment les politiques, ce qui ne permet pas de fixer des objectifs long terme.
- Il faut ensuite connaitre tous les éléments du dossier (aspect collecte).
- Il faut enfin se doter des outils et techniques d’analyse pour décider de la stratégie à suivre.
- Deux stratégies s’offrent aux décideurs : le défensif et l’offensif.

Le défensif prônerait l’adaptation.
Et notamment l’adaptation de nos entreprises.
- L’adaptation peut passer par la copie. La France n’a rien à apprendre en matière de copie de brevets, « l’ADIT a servi pendant des années à cela » rappelle-t-il. Le respect des brevets va être plus compliqué et la contrefaçon va être de plus en plus répandue. Pour l’entreprise la question est donc de savoir au bout de combien de temps son produit sera copié (avec une production à coût inférieur). Et comment elle pourra remplacer ce produit. Il faut donc des usines flexibles.
- L’adaptation peut passer par la modification de la structure managériale. Le numérique change l’accès à l’information et modifie le rôle et la position du management intermédiaire dont une partie du rôle est de relayer les informations du haut de la pyramide vers le bas. On va assister à un écrasement de la pyramide hiérarchique. Le patron sera celui qui saura prendre « la décision », car dans un monde « assisté par l’ordinateur » la prise de risque va faire défaut. On va certainement revenir sur l’importance de l’intuition.
- Dans la compétition internationale chacun va chercher à s’adapter au mieux. Et comme il y a toujours une prime au leader, il faut s’adapter au plus vite. Alain Juillet cite Napoléon : « Se faire battre est excusable. Se faire surprendre est impardonnable. » Il faut se mettre en position d’humilité.

Mais nous devons nous mettre aussi en position offensive.
- Cela passe par l’export. La prévision de croissance en Europe pour les années à venir est entre 0 et 2%. Il faut sortir du marché français qui est condamné à la stagnation
- Cela passe par la compréhension des « règles du jeu » de nos clients. La vente des Rafales au Brésil a échoué car les Brésiliens ont voulu des contreparties que les Français n’ont pas su donner.

En conclusion, nous vivons une période de mutation sans précédent. Les outils de l’intelligence économique, que ce soit en défensif ou en offensif, sont adaptés pour tirer le meilleur parti de ces mutations.

 

Voir aussi :

- Interview vidéo d’Alain Juillet : De l’intelligence économique à la souveraineté numérique

Interview vidéo d'Alain Juillet : l'intelligence économique est un retour aux bases du management

 

Jérôme Bondu 

 

desportes youtubeLe général Vincent Desportes a animé la 125ème conférence du Club IES sur le thème : 

GAGNER LA DERNIERE BATAILLE DE FRANCE
Les défis à relever par la défense française (vidéo).

Durant son intervention il a évoqué :
- Les menaces à l'échelle nationale et internationale, et l’effort de mobilisation de l’armée que cela entraine.
- L’évolution des moyens budgétaires de l’armée.
- L’importance d’un renouveau de la réflexion stratégique française.

Le général Vincent Desportes, Saint-cyrien, a été à la tête du Collège interarmées de défense (CID) de 2008 à 2010.
Il est aujourd'hui professeur associé à Sciences Po et enseigne la stratégie à HEC. Conférencier international, il s'exprime sur les thèmes de la géostratégie, de la stratégie et du leadership. Il est régulièrement consulté par les pouvoirs publics et les grands médias sur les affaires internationales et militaires.
- Vincent Desportes est aussi directeur de la collection « Stratégies & doctrines » aux éditions Economica.
- Il est auteur du livre "La dernière bataille de France", et expert APM.

Jérôme Bondu

 

 

Election1Dans le cadre d’un cours en Intelligence Economique auprès des étudiants du master Influence Lobbying et Médias sociaux (de l’université Paris Est 1 – Marne la vallée / UPEM) j’ai réalisé un TD sur l’élection présidentielle 2017.

Il s’agissait de réaliser en une heure une cartographie des sources de presse qui ont mentionné les candidats dans le titre de leurs articles.
La requête sur le moteur de recherche était par exemple pour Macron :
[intitle:Macron intitle:candidat] sur moins de 6 mois

Les contraintes sur les étudiants étaient fortes : contraintes de temps, d’outils à disposition (Gephi), …

Néanmoins, la cartographie qu'ils ont réussi à produire (avec mon aide ;-) est intéressante.

En voici une courte analyse :
- Il n’y a que trois sources qui citent l’intégralité des candidats sélectionnés (attention, nous avons recherché les sources qui mentionnent le nom et le mot candidat dans le titre / cf notre requête et sur une période de moins de 6 mois)
- La grande majorité des titres ne citent qu’un candidat (en fonction des critères présentés ci-dessus)
- Les candidats les plus cités sont MM. Fillon et Macron. A contrario Mme Le Pen est peu citée.

 

Election2


Quelques précisions complémentaires sur la méthodologie, et sur les limites de l'exercice :

-------------------------------------------
- Pour limiter la taille de la carte (et en faciliter la lecture) nous avons établis une limitation subjective : celle de prendre en compte les sources presse qui ont cité dans leur titre un nom de candicat ET le mot "candidat". Bon OK je me répète ... :-)
- Nous n'avons pas intégré tous les candidats. 
- Nous n'avons pas cherché à mesurer la tonalité de l'article, ni la citation d'autres candidats dans le corps du texte.
- Notez aussi qu'un même article peut citer plusieurs candidats dans le titre (l'article sera alors comptabilisé plusieurs fois). Notez enfin que le mot "candidat" peut évoquer autre chose que l'élection présidentielle.
- Il y a donc des biais évidents dans cette courte étude.

Légende
--------------------------------------------
1/ La taille des bulles (noeuds) et la couleur sont "proportionnelles" au nombre de candidats différents cités.

Ainsi :
- Le Monde cite 8 candidats (taille de bulle la plus importante, et de couleur rouge)
- RTL cite 6 candidats (taille moins importante et couleur plus pastelle)
- Europe1 cite 5 candidats
- Marianne cite 4 candidats
- Sud_Ouest cite 2 candidats
- ...

2/ L'épaisseur des liens (flèches) est proportionnelle au nombre de fois qu'un candidat est cité.

Ainsi :
- BFM cite 18 fois Valls (d'où l'épaisseur du lien)
- Le Monde cite de manière plus équilibrée les différents candidats : 7 fois Macron, 6 fois Fillon 4 fois Valls, 5 fois Mélenchon, 3 fois Jadot, 3 fois Hamon, 2 fois Montebourg, 1 fois Le Pen (d'où le fait que les liens soient d'épaisseur pratiquement équivalente).

 

Jérôme Bondu

 

 

 

 

Pierre Bellanger

Pierre Bellanger est le fondateur et Président de la radio Skyrock. Il est surtout (en ce qui nous concerne) l’auteur de nombreux livres dont « La souveraineté numérique » Éditions Stock paru en 2014.
Dans cet ouvrage, il décrit l’hégémonie américaine dans le domaine du numérique et les grands bouleversements sociaux et économiques qui en découlent.

Lors de cette interview (voir la vidéo), Pierre Bellanger rappelle que la souveraineté en démocratie instaure un droit qui garantit la liberté. Et la souveraineté numérique n’est que l’extension logique de la démocratie dans le cyber-espace.
Or les Etats comme les citoyens ont abdiqué ce droit.

Nous ne sommes plus souverains sur nos données. Nous signons une multitude de contrats appelés « Conditions Générales d’Utilisation », que nous ne lisons pas, et qui transfèrent à l’autre bout de l’Atlantique la propriété sur nos données.
Cette situation est affolante, et ne peut s’expliquer que par une cécité collective.
Pierre Bellanger évoque des solutions …


Jérôme Bondu

Invité : Pierre Bellanger
Animateur Stratégie et Intelligence économique : Jérôme Bondu, Dirigeant d’Inter-Ligere
Production : Franck Herbault & Bernard Berge (Yodise TV)
Réalisation : Bernard Berge (Yodise TV)
Rédaction : Franck Herbault

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alain juillet 3

Alain Juillet est une des personnes les plus connues et respectée dans le monde de l’intelligence économique.

D’où le l’importance que l’on peut accorder à son avis lorsqu’il évoque le spectre d’une Europe inféodée aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont perdu toutes leurs dernières guerres sur le plan stricto sensu militaire. D’où la prise de conscience que l’arme militaire est un outil imparfait, qu’il faut compléter pour assoir réellement sa puissance. Dans l’arsenal de domination complémentaire on trouve les leviers numériques, d’influence (softpower), juridiques, normatifs, … L’extra-territorialité de leurs lois du moment qu’une transaction est faite en dollar en est un bon exemple. L’amende infligée à BNP Paribas en est une application.

Dans ces conditions quel avenir pour une Europe souveraine ?

Voir la vidéo.


Bio :
Alain Juillet est ancien directeur du renseignement à la DGSE de 2002 à 2003. Il a été ensuite Haut responsable à l’intelligence économique, rattaché au Premier Ministre. Il est actuellement conseiller sénior dans le cabinet d’avocats ORRICK. Et depuis le 1er janvier 2011, président de l’Académie d’Intelligence Economique.
Il fut élevé au grade de Commandeur de la Légion d’honneur le 14 juillet 2009.


Invité : Alain Juillet
Animateur Stratégie et Intelligence économique : Jérôme Bondu, Directeur d’Inter-Ligere
Production : Franck Herbault & Bernard Berge (Yodise TV)
Réalisation : Bernard Berge (Yodise TV)
Rédaction : Franck Herbault

 

 

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Christian Harbulot ActuEntreprise

 J’ai eu le plaisir d’interviewer Christian Harbulot sur le thème de la souveraineté informationnelle.

Christian Harbulot explique qu’il existe désormais deux mondes : le monde matériel et le monde immatériel d’internet. Le second se développe et est à conquérir. Les Américains l’ont très bien compris et ont une politique agressive en la matière. Les Français et les Européens ont du mal à percevoir les enjeux et à mener des politiques adaptées de développement et de protection. Il est nécessaire de réveiller les consciences sur l'importance d'une souverainté numérique !

Christian Harbulot n’est plus à présenter. Il a fondé en 1997 avec le général Pichot Duclos l’Ecole de guerre économique qu’il dirige depuis. Spécialiste en intelligence économique, il a écrit divers ouvrages sur la stratégie économique – dont, Sabordage, comment la France détruit sa puissance – et intervient régulièrement pour la revue Perspectives Libres et pour le Cercle Aristote.  Christian Harbulot est aussi conférencier régulier à l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale), à l’ESSEC, à l’Ecole des Mine.

Voir la vidéo sur ActuEntreprise.


Jérôme Bondu

Animateur Stratégie et Intelligence économique : Jérôme Bondu, Dirigeant d’Inter-Ligere
Production : Franck Herbault & Bernard Berge (Yodise TV)
Réalisation : Bernard Berge (Yodise TV)
Rédaction : Franck Herbault

 

 

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qwant


Qwant
est un moteur de recherche « made in France ». Si ce moteur a des faiblesses, il semble néanmoins essentiel de le promouvoir.


Qwant a certes des faiblesses !


- Qwant est un méta-moteur, c’est-à-dire qu’il interroge d’autres moteurs de recherche. Ce n’est pas en soi condamnable, mais il est vrai que l’on peut alors préférer utiliser directement les moteurs. Il semble néanmoins s’affranchir de Bing et développer ses propres outils.

- Il produit moins de résultats que Google, qui comme tout le monde le sait est le leader du marché. C’est vrai (même si je me suis amusé à une petite étude comparative pour nuancer un peu cette affirmation).

Ces deux critiques étant formulées (et il peut y en avoir d'autres) est-ce une raison pour jeter ce moteur à la poubelle ? Non, bien au contraire. Car il y a d’autres enjeux…

Pourquoi promouvoir Qwant ?


- Parce que pour l’immense majorité des requêtes du grand public Qwant suffit bien largement. Si bien sûr les professionnels de la recherche d’informations se doivent d’avoir une parfaite connaissance et maîtrise des outils de recherche et utiliser quand il le faut les meilleurs d’entre eux, rien n’empêche de prêcher pour que le plus grand nombre donne sa chance à Qwant.

- Parce que plus on utilise l’outil plus il se bonifie. Comme tous les outils fonctionnant sur le modèle de la régie publicitaire, plus on le consulte, plus il a de « vues », plus la publicité lui rapporte, plus il peut investir en recherche et développement. Pratiquement tous les moteurs fonctionnent sur ce modèle. Google étant le premier en terme de chiffre d’affaires. L’hyper-moteur a déclaré 75 milliards de dollars de CA en 2015, dont une très grosse part provient de la pub. Et ne parlons pas du respect de la vie privée. La où Google est intrusif et carnassier, Qwant protège et anonymise votre utilisation.

- Parce qu’il faut à tout prix éviter la situation de monopole de la recherche sur internet. Même si Google est actuellement le meilleur, est-ce une raison pour en faire le seul ? Quand on sait que Google est utilisé dans 94% des recherches en France, on ne peut que frémir face à cette dépendance informationnelle. Si l’information (la donnée) est le pétrole du XXIème siècle, ne devons-nous pas chercher une certaine autonomie ?

- Parce qu’en plus Google est un danger démocratique et économique. Vous riez ? OK … c’est que vous ignorez tout ce que Google collecte sur vous. La Stasi à côté c’est de la rigolade (en terme de collecte de données). Si vous utilisez une messagerie Gmail et le navigateur Chrome, et que vous avez un appareil de téléphone sous Androïd … vous être totalement transparent. Google connait tous vos déplacements (même quand la « position » sur votre téléphone est désactivée), tout votre réseau relationnel (via votre carnet de contacts Gmail), tous vos échanges de mails, tous les sites que vous visitez, … Si en plus vous utilisez Google Agenda et Google Drive, vos rendez-vous et vos documents sont aussi digérés. Parano ? Non, factuel. Ceux qui ne comprennent pas Internet doivent obligatoirement aller voir le film sur Edward Snowden

- Parce qu’on peut quand même raisonnablement pousser au développement d’un outil européen (Qwant est détenu à 20% par l’allemand Springer) ! Aucun chauvinisme, euro-patriotisme ou anti-américanisme mal placé à ce niveau. Juste que les européens méritent d’avoir un minimum de « souveraineté informationnelle ». Et comme cette expression est mal comprise, il faut rappeler (encore et encore) qu’internet n’est pas un outil neutre. Sortons de la bisounourserie et voyons les choses en face : internet est un champ de bataille. Christian Harbulot a fait un bel article sur le sujet. Pascal Perri dans son livre « Google, un ami qui ne vous veut pas que du bien », Pierre Bellanger dans son livre « Souveraineté informationnelle »  ou plus récemment Ali Laïdi dans son monumentale « histoire mondiale de la guerre économique » ... l’écrivent et le démontrent. Et ce champ de bataille a vu les Européens déserter sans même combattre.

- Parce que l’on peut croire encore à la réussite d’un projet industriel numérique européen. Ceux qui enterrent Qwant aujourd’hui, auraient rigolé dans les années 70 face à un certain Bernard Esambert proposant la création d’un concurrent à Boeing. Bien des sceptiques à l’époque ont dû arguer que l’on ne peut rien faire face au leader américain. Il faut lire son ouvrage précurseur « Guerre économique mondiale » écrit en 1971, ou plus récemment son autobiographie « Une vie d’influence ».

- Parce qu’il faut replacer le monde Européen sur l’échiquier numérique. Louis Pouzin dans une récente interview a rappelé que l’Europe a été autant moteur que les Etats-Unis dans la création d’internet. Nous sommes en train de renier notre propre création.


Analyser Qwant sous un angle uniquement technique, et conclure que l’outil est à mettre à la poubelle relève au mieux d’une cécité informationnelle au pire d’un manque d’analyse stratégique patent. C'est tout l'intérêt de sortir de la veille pour rentrer dans l'intelligence économique.

Pour finir, je précise que je ne suis pas payé par Qwant pour écrire cela. On ne sait jamais, des fois que l’on croirait … Et si Qwant ne vous plait pas, il y d’autres moteurs qui anonymisent les résultats comme DuckDuckgo https://duckduckgo.com  ou Ixquick https://www.ixquick.com/ . Il est de notre responsabilité de ne pas créer une situation monopolistique dont nous pâtirons tous. La maitrise d'internet passe aujourd'hui par le navigateur Firefox + le moteur Qwant. Ce n'est pas la panacée, mais c'est un début. Et pour ceux que cela intéressent j'organise une formation sur le thème "surfer anonymement sur internet".

Jérôme Bondu


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archimag europresse 2016

J’aurai le plaisir d’intervenir le 13 octobre sur le thème de « La veille comme outil d'aide à la décision ».

Comme l’explique Michel Remize, Rédacteur en Chef d'Archimag :
La veille stratégique évolue en fonction des nouvelles attentes des décideurs : il faut s'adapter et fournir une aide à la décision sur mesure. Pour les responsables de la veille, nous avons identifié 4 enjeux clés  : mettre en place des modes de collecte et d'analyse collaboratifs, personnaliser sa veille, soigner la communication et la diffusion sélective, et manager le tout grâce à une plateforme dédiée.

L’événement est organisé en partenariat avec Europresse.com

Le programme :
09h00   Accueil et petit-déjeuner
     
09h30   Les nouvelles orientations de la veille stratégique : le sur-mesure
Michel Remize, Rédacteur-en-chef d'Archimag
     
09h40   De la veille à l'aide à la décision : quelles évolutions ?Comment mettre en place des modes collaboratifs de collecte et d'analyse
Jérôme Bondu, Consultant chez InterLigere

10h00   Retour d'expérience : diffusion automatique et/ou service sur mesure, le choix du meilleur service entre immédiateté et valeur ajoutée pour la veille dans un cabinet d'avocats d'affaires
Marie-Dominique Desmarchelier, Knowledge & Information Manager chez Clifford Chance Europe LLP
     
10h20   Veille à 360° et partage d'informations stratégiques avec Europresse.com
Ludovic Vaz, Directeur Commercial Europresse.com
     
10h40   Echanges, questions-réponses

Inscription

 

 

 

Pouzin

Qui a invité internet et le web ?

J'ai eu le plaisir d'interviewer Louis Pouzin, un très grand monsieur, dans le cadre d'une soirée ActuEntreprises en partenariat avec le réseau Inter-Ligere !! (lien video)

Pour rappel Louis Pouzin a inventé le datagramme, créant le système de commutation par paquets, qui est une des bases de l’Internet. Ses travaux ont été largement utilisés par Vinton Cerf pour la mise au point de l’internet et du protocole TCP/IP.

Dans cette émission il aborde les débuts de l'internet et son développement.
Je le questionne notamment sur:
- la place de l'Europe dans la création d'internet
- le fait que les Etats-Unis ont su développer cet outil avec beaucoup plus de force que l'Europe
- le fait que l'Europe soit aujourd'hui si en retard

 

Comme le dit ce scientifique, internet est dans son essence autant Européen qu'Américain. Le web notamment, explique-t-il, a été inventé par un Anglais et un Belge ... et les Américains se sont empressés de dire que c'était eux ;-) Il a la dent dure aussi contre l'ICANN qui selon lui est avant tout une boite à "faire de l'argent".

A écouter de toute urgence pour bien comprendre l'origine d'internet et du web.

Jérôme Bondu