Symphonie du vivantJ’ai lu Symphonie du vivant de Joel de Rosnay. J’étais intéressé par le parallèle imaginé par l’auteur entre ADN biologique et ADN numérique.

Il développe dans un premier temps une description de ce qu’est l’ADN et la génétique, et surtout de ce qu’est l’épigénétique.
- Si notre ADN contient le plan général de ce que nous sommes, tout n’est pas inscrit en nous. Et selon ce que nous mangeons, faisons, pensons… nous pouvons modifier (améliorer ou détériorer) notre santé, notre moral et notre longévité.
- Evidemment, dit de cette manière cela semble une tautologie, mais le développement de l’épigénétique a été une petite révolution dans le domaine de la santé. Ecoutez plutôt l’auteur qui explique très bien cela dans cette courte vidéo.

Il envisage dans un second temps que l’ensemble des codes et algorithmes qui constituent l’ossature d’internet soit une forme d’ADN. Et partant de là, il imagine un équivalent de l’épigénétique qu’il appelle épimémétique. Il a formé ce néologisme à partir du mot « mèmes », sorte de réplication, qui symbolise selon lui notre pouvoir d’orientation (de co-construction en continu) du web.
Il évoque longuement notre capacité à changer, améliorer, orienter positivement l’internet. Il estime que la France, où l’on trouve un grand nombre d’entreprises mutualistes et où s’épanoui une formation de collaboration, est bien placé pour utiliser cet épimémétique.

Clairement, l’auteur est un monstre de connaissances et je ne vais pas m’hasarder à critiquer sa pensée. Mon commentaire est donc plus du côté du ressenti que de l’argumentation logique.
- Je suis moins techno-enthousiaste que lui. Il me semble que la difficulté pour l’immense majorité de la population à bien utiliser le web n’est pas réjouissante.
- Pire, il me semble qu’assez peu de structures vont tirer leur épingle du jeu. Il y aura quelques grands gagnants de cette révolution numérique, des californiennes, des chinoises, … et peu d’européennes. Et le sentiment de liberté que charrie le web est un leurre.

Cette divergence de point de vue ne doit néanmoins pas vous détourner de cet ouvrage. J’en recommande la lecture pour la capacité de l’auteur à dépeindre le concept très intéressant d’épimémétique.

Jérôme Bondu