saoudJ’ai lu le livre de Pierre Conesa « Dr. Saoud et Mr. Djihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite ». J'ai fait un résumé assez précis, et donc relativement long, que je partage trois billets successifs.
Article 1 : Wahabisme et le salafisme
Article 2 : Rouages de l’influence wahhabite
Article 3 : Cécités Occidentales sur le wahhabisme

Ceci est le second billet !


Rouages de l’influence wahhabite

Le corps du livre est la présentation des rouages de l’influence wahhabite.

Pierre Conesa résume le système « C’est un hybride du système américain par la multiplicité des mécanismes et l’étroite coopération entre actions publiques et privées, mais aussi du système soviétique par son idéologie totalitaire à la fois révolutionnaire et conservatrice, portée par un corps de commissaires politiques idéologiquement formés ». p98

L’ancrage totalitaire et ultra-réactionnaire s’est fait par étape : Il y a eu des radicalisations régulières de la politique religieuse, toujours dans le sens le plus stricte, et souvent pour calmer les contestations intérieures. En outre, le rôle des Frères musulmans a été au départ prépondérant, avant d’être combattu : « La diplomatie religieuse saoudienne n’est pas une politique extérieure totalement coordonnée et pensée au plus haut niveau. Elle fut d’abord celle des Frères musulmans, seuls cadres dont le pays pouvait disposer à ses débuts, puis elle ne devient que progressivement saoudienne, et elle est maintenant très offensive contre la congrégation frériste » p254

La Ligue Islamique Mondiale a été l’instrument majeur de l’influence wahhabite. La LIM a décliné des stratégies différenciées selon les pays. Mais globalement cela s’est toujours passé par la fondation de milliers de mosquées, la formation des imams, la construction de madrassa (écoles), d’ONG, … Tout cela a un coût. L’auteur estime que l’Arabie saoudite aurait dépensé par an en moyenne 7 milliards de dollars pour sa propagande. Autant que son budget militaire ! Histoire de vous donner un outil de comparaison : C’est entre deux et sept fois ce que l’URSS dépensait à la grande époque pour la propagande soviétique.

L’enseignement wahhabite est un outil de propagation de la haine. Ainsi en Angleterre des livres d’école d’une rare violence étaient utilisés par plusieurs milliers d’élèves. Une jurisprudence islamique enseignée en classe de seconde en 2001 expliquait « Dieu, dans sa miséricorde, a édicté diverses façons de préserver la religion. Entre autres : tuer les apostats et les hérétiques ; le djihad pour la cause de Dieu par l’âme et par les biens » p94 La diplomatie de l’argent est efficace. Pierre Conesa raconte qu’un mufti de Bulgarie qui n’avait pas de budget pour sa communauté « était obligé de recourir, pour ses cours de religion, à des documents (wahhabite) préconisant le suicide » p168.

L’argent n’est pas seul en cause. Le royaume a pu utiliser des idiots utiles. A titre d’exemple l’auteur raconte l’attitude incroyable de l’ancien bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureau, qui a laissé se constituer un quartier-ghetto dans sa commune. Avec la réussite que l’on connait …

Les conséquences de cette politique sont bien connues, et l’auteur passe assez vite sur les attentats que nous avons tous vécu. Il développe par contre d’autres exemples comme les « Sharias zones » en Angleterre : « des quartiers signalés par des panneaux à l’entrée comme des espaces gérés par les règles de la charia ». Il y en aurait 25 en Angleterre dans des quartiers regroupant de fortes populations musulmanes. « Abu Izzaden, autoproclamé directeur des musulmans d’un de ces quartiers déclare : « Nous voulons transformer tous les quartiers en zones islamiques unies, à l’écart des excès de la civilisation occidentale : interdiction de l’alcool, du jeu, de la drogue, de la musique, du tabagisme, de l’homosexualité, et de la mixité » p209

La suite demain


Le Club IES aura le plaisir de recevoir Pierre Conesa en conférence le 12 décembre. Inscriptions ici


Jérôme Bondu