goutte-d-eau.jpgJ'ai lu l'ouvrage de Maude Barlow et Tony Clarke « L'or bleu : L'eau, le grand enjeu du XXIème siècle ». 
 
Cet ouvrage fait le compte de toutes les aberrations, de tous les gaspillages qui concernent la gestion de l'eau.
Dans un premier chapitre qui s'intitule « La Crise », ils présent un constat sans nuance.
Le second chapitre « La Politique » est plus critiquable, car ils incriminent sans finesse, tout ce qui ressemble de pré ou de loin à une transaction commerciale autour de l'eau. On peut avoir l'impression que c'est l'économie de marché, le capitalisme, qui est au centre de leur vindicte, plus que le gaspillage. C'est dommage car cela nuit à la pertinence de leur discours sur les dangers et la nécessité d'agir vite pour « sauver » l'eau.
Le dernier chapitre « l'Avenir » se propose de donner des solutions d'action. La encore, le bât blesse, car il y a une contradiction forte dans les solutions qu'ils donnent. Ou plutôt, il me semble qu'ils escamotent une donnée cardinale du problème. La voici :
 
Les auteurs pensent que l'eau ne doit pas être une marchandise. L'eau doit -au même titre que l'air- être un bien commun. Mais ce qui est possible pour l'oxygène qui se trouve répartis de manière égale autour de la terre, ne l'est pas pour l'eau. Dès lors, comment faire pour apporter l'eau à ceux qui en manquent ? Car si l'eau peut être gratuite (en effet pourquoi pas), son transport, sa conservation, le contrôle de sa qualité ? génère forcément un coût. Sur qui faire peser ce coût ? Celui a possède l'eau dans son sol, ou celui qui en a besoin ? Cette question est totalement occultée de l'ouvrage. Elle me semble pourtant primordiale.
 
Ce questionnement sur la possibilité d'une plus juste répartition de l'eau a été le point de départ d'une réflexion personnelle plus large sur l'origine dans les sociétés humaines des « inégalités ». Si les Hommes ont construit des sociétés inégalitaires, cela ne serait-il pas le reflet de la compréhension qu'ils avaient du monde ? A partir du moment où l'on accepte qu'un habitant de la terre possède les richesses du sol sur lequel il se trouve, il y a une acceptation tacite des inégalités entre les hommes, car les richesses du sol sont -de fait- inégales.
D'où ce syllogisme, que je ne défends pas, mais que je soumets à votre sagacité :
- La répartition des richesses naturelles est inégale.
- Les organisations humaines se calquent sur leur perception de la nature.
- Donc les organisations humaines sont inégalitaires.
 
Le problème de l'eau induit des questions difficiles. Et des réponses ? qui le sont encore plus.
 
Jérôme Bondu