biomimétismeIsabelle DENANTES-VERDIER a donné une conférence au réseau Inter-Ligere à Lille le 9 mai 2019 très intéressante sur le thème « le biomimétisme comme source d’inspiration. » En voici une courte synthèse, forcément parcellaire.

En introduction, Isabelle a présenté un exemple emblématique. Si l’Homme pense avoir inventé les engrenages, on s’est rendu compte récemment que la nymphe de la cigale bossue possédait des engrenages d’une finesse extrême qui lui permettait de sauter. Cette première référence, témoignage de l’inventivité de la Nature, nous a mis dans le bain …

Dans un premier temps elle a présenté quelques précurseurs et figures charismatiques du biomimétisme : Léonard de Vinci, Pierre-Gilles de Gennes, Gauthier Chappelle, Pablo Servigne, Janine Benyus à qui l’on doit la formule « La nature comme modèle, La nature comme étalon, La nature comme maitre » et enfin Kalina Raskin, directrice générale de CEEDIOS.

Isabelle ensuite a présenté trois niveaux d’innovations bio-inspirées

Sur la forme des objets. Avec par exemple les rémiges des rapaces qui ont permis d’améliorer les ailes d’avions. Avec le piquet du martin-pêcheur qui a permis d’améliorer l’aérodynamisme d’un train à grande vitesse japonais.
. Sur la forme des bâtiments : Le fruit durian a inspiré la forme extérieure du théâtre de Singapour. La forme de la fleur de lotus a inspiré le musée des sciences de Singapour notamment pour optimiser le système de récupération des eaux pluviales. Les termitières ont un système de gestion de la chaleur très optimisé car elles affrontent une amplitude de température de 50° entre le jour et la nuit. L’air chaud de la journée est stocké pour être rediffusé durant la nuit. Cela a été pris pour modèle pour l’EastGate Bulding.
. Sur les matériaux. La surface de la fleur de lotus qui a permis la création d’un verre antiadhérent et autonettoyant. La patte des gékos, qui a 5000 poils au millimètre carré, a permis la création d’un adhésif très puissant. Le fil d’araignée, qui a des propriétés extraordinaires (extrêmement résistant, peut être étiré d’un tiers de sa longueur, peut redevenir liquide, …) a permis la création d’un manteau. Pour ce faire, plutôt que de procéder à l’élevage d’araignées, un de leur gène a été extrait et a permis une production d’un fil spécifique à un niveau « industriel ». L’exemple le plus connu et sans doute le plus ancien est la fleur de la bardane qui a donné naissance au velcro (contraction du mot velours et crochet).
. Sur les écosystèmes. En Allemagne un quartier a été construit de telle manière que le pavage puisse absorber l’eau et limiter le ruissèlement.

Elle a enfin évoqué plusieurs secteurs d’application

Santé : Les vers arénicoles possèdent une hémoglobine qui capte 50 fois plus d’oxygène que la nôtre. Les innovations autour de cette découverte peuvent permettre de mieux conserver les greffons lors de transplantations chirurgicales. Les moustiques possèdent une « aiguille » qui nous pique sans que l’on ressente la moindre douleur. L’innovation dans ce cas consiste à créer des aiguilles indolores.
. Chimie. Les diatomées produisent du verre à température et pression ambiantes, et qui peut être dissout dans l’eau. La « colle » des moules (qui leur permet de rester accrochées à leur rocher) n’est pas encore imitée, mais est un prochain objectif en termes d’innovation.
. Energie. La nageoire de la baleine bossue a inspiré les pales d’éolienne. La nage de l’anguille a inspiré des hydroliennes.
. Information. Les fourmis ont la capacité à partager des informations sur le chemin le plus court pour atteindre un endroit cible. Cela a inspiré des outils comme Waze qui indique le chemin le plus rapide en fonction de l’encombrement des routes. L’abeille change de rôle au sein de la ruche à intervalle régulier : Nettoyage, soin du couvain, alimentation des adultes, construction des rayons, ventilation, garde, réception et stockage, butinage. Les trois caractéristiques de leur organisation sont : Division du travail, coopération, chevauchement des générations. Pour pouvoir mettre en pratique ces principes d’organisation dans nos sociétés il faut : un objectif solidaire, de la communication, de l’adaptabilité et de la frugalité dans les comportements.

En conclusion, on peut souligner des éléments structurants dans la nature, source d’une innovation pérenne : La nature ne gaspille rien. Elle puise sa créativité dans les limites imposées par l’environnement. Elle récompense l’innovation.

Cette conférence était organisée en partenariat avec SKEMA Lille, et à eu lieu à la Fusée.

Jérôme Bondu

NB :
- Isabelle a évoqué deux rendez-vous à Paris : le 11 sept et 4 octobre 2019.
- A lire : L'âge de la connaissance





biomimétismeLe jeudi 9 mai 2019 à 19H30
Le Club Inter-Ligere Lille et le Club des Veilleurs, en partenariat avec SKEMA Lille
Vous invitent à sa 33ème conférence-débat sur le thème :

L’apport du biomimétisme dans les processus d’innovation

Animé par Isabelle DENANTES-VERDIER

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THEME :
Durant cette conférence, Isabelle Denantes-Verdier évoquera notre rapport à la nature et l’intérêt du biomimétisme. Ce processus d'innovation consiste à s'inspirer des formes, matières, propriétés, processus et fonctions du vivant.

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INTERVENANT :
Isabelle Denantes-Verdier est Docteure en Sciences de la Vie et de la Santé, Master VS2I (Université de Lille) - Chargée d’enseignement en biomimétisme (ESPAS/ESTICE/ISA) - Intervenante en APE (Arts & Métiers ParisTech).

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DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
19h15 - 19h30 : Accueil des participants par Jérôme Bondu
19h30 - 20h15 : Intervention d'Isabelle Denantes-Verdier
20h15 - 20h30 : Débat
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LIEU :
Skema Lille
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INSCRIPTION OBLIGATOIRE :
Entrée gratuite sur préinscription obligatoire.

Cette conférence est organisée par le Club Inter-Ligere Lille et le Club des Veilleurs de Lille, en partenariat avec Skema Lille.

Cordialement,
Jerome Bondu

BN : Lire sur un sujet similiare l'Age de la connaissance.



portes ouvertes hiver

Petit coup de gù€ù£e en cette période de noël : Nous avons tous remarqué qu'en hiver par grand froid, les portes de certains magasins restent ouvertes, malgré le chauffage. De même en été quand il faut très chaud et que la climatisation est au maximum. Personnellement je suis sidéré par ces pratiques. C'est un non-sens énergétique en plus d'être un mauvais calcul. Ci-dessus un petit montage avec les portes de Jennyfer, Okaïdi, Jules, Camaieu, Armand ... grandes ouvertes en plein hiver alors que la température est à peine au dessus de zéro ! Signez la pétition sur Change.org

C'est un non-sens énergétique car cela augmente la facture énergétique, et au final augmente la pollution. On peut se demander à combien se monte la facture globale de cette pratique stupide. Car au final, c'est le consommateur qui paye doublement : Sur le prix des produits achetés. Et sur la destruction de notre environnement.

C'est aussi un mauvais calcul commercial :
- Quelqu’un qui entre par hasard n’achètera pas forcément ; alors que quelqu’un qui ouvre lui-même la porte sera plus enclin à acheter.
- En outre, une porte ouverte invite peut-être à entrer, mais invite tout autant à ressortir.
- Enfin, une porte fermée donne un standing certain à un magasin.

Il y a plusieurs solutions :
- Obliger les magasins à fermer leur porte. Ils peuvent poser une affichette : «Poussez, c’est ouvert»
- Ne pas rentrer dans les magasins qui ont des portes ouvertes.
- Fermer nous-mêmes les portes de ces magasins quand en rentrons ou sortons.

Le pire est que je n'ai pas trouvé beaucoup d'articles pour dénoncer cette pratique. Preuve d'une acceptation tacite d'un grand public mi-anesthésié mi-résigné. Bravo en tout cas aux journaux qui en parlent : La Voix du Nord, L'Obs, Télérama, ...

J'ai créé une pétition sur Change.org
N'hésitez pas à la signer et à partager !!
Entre intelligence économique et intelligence écologique, il n'y a que quelques lettres de différence.

Jérôme Bondu





Sommes nous trop betes pour comprendre l intelligence des animaux Je recommande la lecture du dernier livre de Frans de Waal « Sommes-nous trop 'bêtes' pour comprendre l'intelligence des animaux ? »

Je n’ai pas fait de résumé mais voici la présentation sur le site de l’éditeur

"Qu’est-ce qui distingue votre esprit de celui d’un animal ? Vous vous dites peut-être : la capacité de concevoir des outils ou la conscience de soi – pour citer des traits qui ont longtemps servi à nous définir comme l’espèce dominante de la planète.
Dirons-nous que nous sommes plus stupides qu’un écureuil parce que nous sommes moins aptes à nous souvenir des caches de centaines de glands enterrés ? Ou que nous avons une perception de notre environnement plus fine qu’une chauve-souris dotée de l’écholocalisation ?
De Waal retrace l’ascension et la chute de la vision mécaniste des animaux et ouvre notre esprit à l’idée d’un esprit animal bien plus raffiné et complexe que nous ne l’imaginions…

Frans de Waal nous emmène à la découverte de pieuvres qui se servent de coques de noix de coco comme outils ; d’éléphants qui classent les humains selon l’âge, le sexe et la langue ; ou d’Ayumu, jeune chimpanzé mâle dont la mémoire fulgurante humilie celle des humains. Sur la base de travaux de recherche effectués avec des corbeaux, des dauphins, des perroquets, des moutons, des guêpes, des chauves-souris, des baleines et, bien sûr, des chimpanzés et des bonobos, Frans de Waal explore l’étendue et la profondeur de l’intelligence animale. Il révèle à quel point les animaux sont en réalité intelligents et à quel point, trop longtemps, nous avons sous-estimé leurs aptitudes."

L’auteur conclut : « Cessons de faire de l'homme la mesure de toute chose ! Evaluons les autres espèces par ce qu'elles sont, elles ! ». Chaque espèce a son propre univers mental.

Pour ceux qui s’intéressent à ce sujet, le Club IES et Inter-Ligere organisent le lundi 29 sur Paris à 19h30  une conférence avec le primatologue Thibaud Gruber !  

On pourra lire aussi la présentation sur Télérama et écouter l’interview sur France Inter

Acheter sur la FNAC.  

Jérôme Bondu

 

 

 

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Je réalise pour un client une veille Développement Durable. C’est une veille passionnante, qui mêle business, écologie, ONG, … et bien d'autres composantes encore.

 

Dans ce cadre, j’ai eu à analyser la campagne DETOX. Je vous la résume en deux mots :
C'est un mouvement initié par Greenpeace qui vise à dénoncer l’usage de produits dangereux dans la fabrication de vêtements. Ces produits dangereux polluent les endroits où se trouvent les usines de fabrication (Indonésie, Inde, Chine, …). Mais ces substances dangeureuses restent aussi sur les vêtements… oui, vous avez compris, donc sur nous !

 

Voir notamment l’article de Green & Vert dont voici un extrait :

« L’ONG (Greenpeace) est allée faire du shopping (durant Fashion Week de Paris) et a analysé 141 échantillons de 20 grandes marques de vêtements (présentes dans 29 pays). Verdict : 2/3 des échantillons analysés contenaient des traces résiduelles ou des concentrations assez importantes de produits chimiques ».

 

Quand on sait que le cyanure était utilisé au Moyen-âge pour stabiliser les pigments sur les fibres… et que selon les concentrations cela pouvait provoquer la mort de celui qui portait le vêtement, … on se demande finalement s’il y a eu tant de progrès que cela !



Voici le compte rendu de la dernière conférence du Club IES. Je précise que cet écrit n’engage que moi, et ne reflète que ma compréhension des propos de l’orateur.

 

LES GRANDS ENJEUX GEOPOLITIQUES DU XXI SIECLE
Animé par Alexandre MELNIK


Conférence organisée le 25 octobre 2012 à 19H30
Par le Club IES de l’IAE de Paris Alumni

INTERVENANT :
Alexandre MELNIK est professeur associé de géopolitique à ICN Business School Nancy - Metz. Ancien diplomate à l'ambassade de Russie à Paris, PHD du MGIMO (Institut des Relations Internationales de Moscou), il est également conférencier international (Conseil Européen, UNESCO, Assemblée Nationale, Sciences Po, universités, business schools et "think tanks" en Chine, aux Etats-Unis, au Canada, en Russie, etc). Auteur de nombreuses publications et interventions dans les media sur les problématiques géopolitiques (Le Monde, Le Figaro, Revue Défense Nationale, Politique Internationale, Les Echos, BFM TV et radio, France 24, etc), ainsi que du livre autobiographique "Itinéraire d'un diplomate franco-russe" (L'Harmattan, 2009).


L’intervenant a fait une présentation extrêmement vivante, avec un fil conducteur suivant : la globalisation est en marche. Plutôt que de la subir, il faut s’y intégrer pour bâtir au mieux notre avenir ! Au passage il a écorné l’attitude de la France en pointant les boulets que nous trainons aux pieds et qui nous ralentissent considérablement dans la compétition mondiale.

La globalisation est inéluctable
M. Melnik a utilisé le mot anglais « globalisation » plutôt que le mot « mondialisation », qu’il trouve trop connoté négativement. Pour lui c’est un phénomène inéluctable dont la genèse remonte à l’antiquité. Il l’a définie comme « a network of nexus, peoples, places and ideas ».
La globalisation s’est imposée en trois temps :
- Elle s’est ouverte au monde communiste suite à la chute du mur de Berlin.
- Elle a été accélérée par la révolution numérique, qui abolit les frontières géographiques et mentales.
- Elle voit le monde occidental perdre son monopole de l’histoire et de la modernité. Ce rôle moteur est maintenant pris par les nouveaux pôles d’excellence que sont l’Inde, la Corée du Sud, le Brésil, la Turquie, … Le parallèle avec le déclin de l’Empire Romain est évident.

Le XXIème siècle ne sera pas Occidental
Selon M. Melnik le XXIème siècle ne sera pas Occidental. Mais il n’y a pas de fatalisme. Et le monde Occidental pourrait garder son rôle s’il savait se remettre en cause, se réinventer, retrouver sa créativité.

Au sein du monde Occidental les Etats-Unis sont mieux placés que l’Europe pour répondre à ce défi. L’orateur a illustré cette idée par une anecdote significative. Lorsqu’il a visité le musée de l’immigration à New-York il a lu cette citation d’un immigrant « Avant de venir à New-York je pensais que les rues étaient pavées d’or. Quand je suis venu j’ai compris trois choses : qu’il n’y a pas d’or, que les rues n’étaient même pas pavées. Mais surtout que c’est à moi de les paver ». Les Etats-Unis sont à l’image de cette position très volontariste. Cette fédération a la force de se réinventer. D’ailleurs Obama a été élu car il a su incarner cet espoir.

L’intervenant a eu des mots durs envers l’Europe. Il s’est demandé si l’on n’assistait pas actuellement à un « suicide de l’Europe ». L’Europe implose faute de vision claire. La crise de la dette est une sublimation de la crise des valeurs qu’elle vit face aux enjeux du XIXème siècle. Le modèle démocratique est remis en cause à travers le monde. Et le meilleur exemple de cette remise en cause est apporté par la Chine qui n’est pas démocratique, mais qui réussit notamment par ce qu’elle a des objectifs, une lisibilité et une visibilité. Autant de choses qui manque à l’UE.

La France se trompe de siècle
La France, avec ses velléités de démondialisation, se trompe de siècle. Imaginer que c’est possible revient à nier les courbes de l’histoire ; revient à verrouiller les jeunes dans une sorte de sinistrose ; et prouve surtout un réel manque de confiance en soi ainsi qu’un rejet des autres.
La France ne peut pas se démondialiser tout comme le nuage de Tchernobyl ne peut pas s’arrêter à la frontière. Ceux qui pense cela, voient la France comme une île et caressent des rêves illusoires. On gagne en s’adaptant et non en se repliant.
M. Melnik a cité Raymond Aron « la France met l’accent sur l’égalité au détriment de la liberté ». Les Français préfèrent l’analyse à la synthèse. L’analyse opère un découpage en morceau d’une problématique, ce qui ne permet pas d'invitation à l'action, ce qui peut être une béquille intellectuelle.

Dans le mouvement de globalisation, il faut distinguer ce qui est du ressort de l’économie et ce qui est du ressort du politique. Si la globalisation économique est simple et visible de tous, le phénomène de globalisation du politique est moins visible. Il est dicté par des institutions supranationales qui reposent sur deux éléments : valeurs et identités. La peur d’une globalisation qui gommerait les identités et qui mènerait vers une sorte d’uniformisation n’est absolument pas fondée. On voit au contraire ressurgir les identités nationales avec force. Et l’intervenant a surpris tout le monde en affirmant que le nouveau mot d’ordre des ingénieurs indiens étudiant l’informatique aux Etats-Unis est BtoB … ce qui ne signifie pas « Business to Business » mais « Back to Bengalore ! ». Ils veulent retourner « au pays », retrouver leur culture. Et les plus talentueux d’entre eux, recruteront même… leurs anciens professeurs !

M. Melnik a terminé son intervention en évoquant le printemps arabe. Il a fustigé ceux qui disent qu’il est mieux de maintenir des régimes autoritaires pour ne pas tomber dans l’islamisme. Et ce dernier de s’interroger « En quoi ces pays seraient génétiquement inapte à la démocratie ? La France a bien mis cent ans pour passer de la Révolution à la Troisième République ». Et on sent bien que cet ancien marxiste pèse ses mots quand il parle de Liberté.

Il l’a rappelé en conclusion : C’est à nous à créer notre propre avenir. C’est à nous de paver la route de notre futur. C’est à nous d’être acteur de notre propre changement. L’action est impérative. A l’heure actuelle, le changement est la condition nécessaire de la stabilité !