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christophe binot clubiesLe jeudi 2 juillet 2020 à 19h
Le Club IES de l’IAE de Paris Alumni
Vous invite à la 155ème conférence-débat sur le thème :


Gouvernance de l'information

Par Christophe Binot

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THEME :
La révolution numérique a modifié profondément la gestion des informations dans les organisations. Christophe Binot présentera les enjeux de la numérisation à l’aune du XXIème siècle. Il détaillera notamment :
- Les étapes de la mutation numérique en cours.
- Les risques pour les organisations, liés notamment à l’utilisation d’une informatique pratiquement totalement américaine.
- Les chances pour réinventer de nouvelles manières de travaille ensemble.

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INTERVENANT :
Christophe Binot est Information Governance Manager chez Total.
Il a débuté comme chercheur en Automatique et Traitement du Signal dans un laboratoire associé au CNRS. Il a ensuite occupé après différents postes dans les DSI d'Elf, Sanofi et Total sur les domaines de l'Intelligence Economique, du Knowledge Management, de la Gestion Electronique des Document et de la Business Intelligence. Il a été ensuite Analyste Senior à la Direction de l'Intelligence Economique de Total. Puis il a développé l'e-learning à la direction Formation avant de créer le domaine de la Gouvernance de l'Information.

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DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
19h00 - 19h45 : Intervention de Christophe Binot
19h45 - 20h00 : Débat

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Inscription gratuite au webinaire  

 

Au plaisir de vous y retrouver
Jérôme Bondu





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sondage

 

Bonjour à tous,

Ce n’est pas tout à fait un « appel du 18 juin » mais pas loin.
Les interrogations sur les perspectives du monde l’Intelligence Economique sont multiples. Si le Covid est un problème conjoncturel, il y a une interrogation plus structurelle sur l’impact de l’Intelligence Artificielle (IA), ses bénéfices et ses effets.
Dans ce cadre, je vous propose de consacrer 5 minutes (pas une de plus) à ce questionnaire qui nous aidera à y voir plus clair sur la place actuelle de l’IA, son impact, ses perspectives vis-à-vis de l’intelligence économique !

J’en ferai une restitution dans le cadre d’une conférence avec Veille Magazine, au Club IES (et sans doute dans d’autres événements à venir en cours de préparation).

Merci pour votre participation

Jérôme Bondu
Directeur Inter-Ligere.fr







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pratiquedesreseauxJ’ai lu « Pratique des réseaux – dix pistes pour progresser » de Marc Halévy. Ce petit livre de moins de 100 pages fait suite à « Réseaux – l’autre manière de vivre ». (voir mes deux notes de lecture précédentes 1  et 2 ).

Je reprends ci-dessous quelques passages particulièrement intéressants (citation entre guillemets) :

Sur les avantages et inconvénients du management pyramidal et en réseau.

Sa démonstration est un peu technique si vous êtes fâché avec les math. Mais en réalité elle est simple et limpide.
« Le modèle organisationnel traditionnel, la pyramide hiérarchique, est le modèle le plus pauvre en connexion entre acteurs. Mathématiquement, l’arborescence linéaire – c’est le nom savant de la pyramide – répond à l’exigence d’assurer la cohérence d’un système avec le nombre minimum de liens (L) entre les nœuds (N), alors L = N-1.
Si, en revanche, tous les nœuds (N) sont reliés dans les deux sens à tous les autres (c’est la définition du réseau maximal), le nombre total de liens (L) passe à L = N(N-1).
Le nombre de liens varie linéairement comme le nombre de nœuds, dans le premier cas, et exponentiellement comme son carré, dans le second. Tout le secret est là. Plus une organisation est pauvre en lien, plus elle est facile à contrôler et à diriger, mais plus elle est rigide et bureaucratique. Au contraire, plus elle devient riche en lien, plus elle devient réactive, créative, souple et agile … mais bien plus difficile à piloter »
Simple et génial n’est-ce pas ?

Sur les canaux informels

« Empiriquement, on a observé que 60% des messages au sein d’une organisation passent par des canaux informels. »
Encore un point qui me semble avoir été oublié dans l’organisation d’une veille ou d’une dynamique d’intelligence économique !

Sur la richesse informationnelle d’un réseau

La richesse globale d’un réseau (K) est le produit de six paramètres : le nombre d’entités (N), le nombre de canaux (L), l’intensité du flux (I), la fréquence du flux (F), la structuration utile des échanges (S), le contenu des échanges (C).
Soit la formule K = N x L x I x F x S x C

Sur la bureaucratie

« Dans son livre fameux, Le phénomène bureaucratique, dès 1971, Michel Crozier avait magistralement démontré qu’une bureaucratie développe, comme le cancer, une stratégie de croissance interne et de fermeture externe ».
Marc ne mâche pas ses mots.

Sur l’importance du passage à la stratégie réseau

« Ce qu’il faut retenir de toutes ces théories, c’est ceci : plus le milieu est instable, complexe et turbulent, plus la survie des organisations passe par une fractalité grande (…) et plus le passage à un fonctionnement très réticulé est vital, indispensable, incontournable. Notre monde réel d’aujourd’hui atteint des paroxysmes d’instabilité, de complexité et de turbulence. Donc … »
Je m’étais fait il y a pas mal de temps cette réflexion, mais avec une métaphore un peu différente.

Sur la dépendance aux États-Unis

« Le tout numérique n’est ni faisable, ni souhaitable (aujourd’hui, la plus grande part des moyens numériques est sous tutelle américaine et les États-Unis ne veulent pas que du bien aux entreprises européennes, comme on s’en rendra de plus en plus compte : l’Europe est l’ennemi économique n°1 des États-Unis … et réciproquement). »
C’est la dernière belle surprise du livre de Marc Halevy. Dans l’effervescence de sa pensée féconde, il a même intégré les notions de souveraineté numérique ! J’avoue que je suis totalement séduit.

Pour finir quelques pistes opérationnelles pour continuer :
- Présentation d’une de mes formations sur les réseaux humains 
- Présentation de la reconstitution d’un réseau de managers d’une entreprise
- Sur la souveraineté numérique, on pourra voir la vidéo de la conférence avec Alain Juillet, Ali Laidi et votre serviteur
  

Jérôme Bondu







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halevy siteJ’ai lu « Réseaux. L'autre manière de vivre » de Marc Halévy. J'ai publié hier un permier article sur le début du livre. Voici aujourd'hui un second article qui reprend le chapitre « Quel avenir pour les réseaux ? ».

Quatre ruptures

« Quatre ruptures majeures et irréversibles se sont produites durant le XXème siècle qui marquent la fin de cette Modernité héritée de la Renaissance, et son culte du « Progrès » sans limite et de la « Croissance » sans fin. »
- Rupture écologique avec l’augmentation exponentielle de la population et donc de la demande.
- Rupture noétique avec la conquête de tous les territoires qui pouvaient l’être, avec la mondialisation d’une culture faite de marchandisation et de médiocratisation des activités humaines.
- Rupture technologique de la numérisation du monde, qui a totalement dépassé notre cerveau de Cro-Magnon.
- Rupture éthique avec l’effondrement des valeurs tant chrétiennes que modernes.
Face à ces quatre ruptures, il y a quatre solutions :
- Face à la rupture écologique : frugalité et simplicité, et donc un autre rapport à la nature.
- Face à la rupture noétique : immatérialité et intelligence. Les connaissances n’ayant pas de limite, ce seront les nouveaux territoires à conquérir. Par contre cela passera par une refondation du système éducatif qui empile des collections de savoirs, mais qui ne prodigue pas de connaissances.
- Face à la rupture technologique : fonctionnement en réseau. Remplacer le travail et les notions de contraintes, par des « activités » réalisées avec un maximum d’autonomie.
- Face à la rupture éthique : intériorité et spiritualité.
Il nous faut prendre en compte ces ruptures, et avoir le courage de changer de vie. Les cinq phases de la prise de conscience passent par le déni, la colère, la négociation, l’effondrement et la sublimation (passer outre et reconstruire).

Abandon des pyramides hiérarchiques

L’auteur désigne un ennemi : Le renouveau passera notamment par l’abandon des pyramides hiérarchiques qui sclérosent toutes initiatives. Dans l’article précédent, j’avais placé une interrogation de l’auteur sur la démocratie (lien). Le voici qui s’attaque à l’État.
- « L’échelon national n’a plus ni sens ni pouvoirs réels. Les grandes décisions sont prises à l’échelon continental et les problèmes réels trouvent leurs résolutions réelles à l’échelon local. Les niveaux intermédiaires sont devenus, déjà aujourd’hui, inutiles, encombrants, onéreux et superfétatoires. Ils doivent donc disparaitre ; ils disparaitront donc. Les institutions nationales n’ont plus qu’un seul pouvoir : celui de nuire. Nuire en freinant l’intégration continentale. Nuire en étouffant les résolutions locales ».

Economie immatérielle de la connaissance et de l’intelligence

« En conséquence, il faut préparer nos jeunes à cette économie immatérielle de la connaissance et de l’intelligence et les armer afin qu’ils ne soient pas, comme souvent aujourd’hui, relégués au rang d’handicapés culturels ». Marc Halévy propose ensuite six axes de développement mental :
- Réaliser sa vocation.
- Maîtriser ses énergies internes.
- Développer des territoires cognitifs.
- Construire une éthique comportementale.
- Elaborer des architectures mentales.
- Pratiquer une hygiène intellectuelle et mentale.
Actuellement, les structures éducatives font tout l’inverse : diplômisme, psychologismes, égalitarisme et centralisme. Les Universités qui étaient des temples dédiés aux savoirs devront devenir des réseaux de communautés dédiés aux intelligences. Voici un exemple édifiant que donne Marc Halévy entre savoir et intelligence : « savoir par cœur les équations et caractéristiques de la matière sombre ou de l’énergie noire est bien moins fécond que de savoir que ces deux hypothèses totalement artificielles n’ont pour seule justification que le sauvetage du modèle standard cosmologique et le refus, donc, de le remettre en cause dans ses fondements ».

Procès vivant de l’idéal de Progrès

Et il attaque à nouveau : « Tout le XXème siècle et toutes ses dérives (…) furent un procès vivant de l’idéal de Progrès. Après avoir cru avec les Grecs, que le bonheur viendrait de la Sagesse, avec les Romains qu’il viendrait de l’Ordre, et avec le Moyen-âge qu’il viendrait de Dieu et du Salut, l’homme occidental découvre avec stupéfaction que la promesse de la Modernité ne pourra pas non plus être tenue. Il découvre ébahi que la joie de vivre ne vient jamais de l’extérieur, mais qu’elle se désire, se veut et se construit de l’intérieur ».

L’ouvrage est centré sur les réseaux. Mais paradoxalement, c’est quand il s’écartait des réseaux que cela m’a le plus interpelé. Bravo Marc. Profond et irrévérencieux. Brutal et mais toujours structuré. J’ai aadooorééé.


Le livre est soutenu par de nombreuses structures où Marc Halévy intervient comme conférencier : les réseaux APM (Association Progrès du Management), GERME (groupe d'entraînement et de réflexion au management des entreprises), Réseau Entreprendre, Stratégie & Avenir, CJD (Centre des jeunes dirigeants d'entreprises). On pourra aussi regarder l’interview de l’auteur dans le cadre d’un extra-club de l’APM.


Jérôme Bondu






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réseaux Marc Halévy 1J’ai lu « Réseaux. L'autre manière de vivre » de Marc Halévy. L’auteur est un spécialiste de la complexité, disciple d’Ilya Prigogine. Voici quelques notes en deux billets (tous les passages en italique sont de l'auteur). Ci-dessous le premier article.

Voici d'abord le résumé officiel du livre sur le blog de l’auteur :
"Les réseaux bouleversent toutes les dimensions de nos vies parce que le réseau est le modèle émergeant de toutes nos organisations sociales et communautaires, professionnelles et entrepreneuriales.
Le modèle pyramidal qui, longtemps, fut le grand modèle de référence des organisations humaines est devenu trop lent et trop lourd pour pouvoir affronter, avec efficience, l'effervescence, les turbulences et les complexités de nos environnements socioéconomiques."
Nous vivons en réseau, nous travaillons en réseau, nous évoluons en réseau ; il est temps de comprendre ce que "réseau" veut dire !

Le livre est très fécond, évoque beaucoup de sujets, ce qui en fait un ouvrage très riche. Marc Halévy tape dur et juste. Il est parfois même révolté. Et pour être franc, ce sont les passages que j’ai préférés, et donc voici quelques extraits. Florilège :

Il présente ainsi l’apport du réseau :
- « La plupart des sociétés humaines ont, depuis longtemps, été organisées sur le modèle pyramidal parce que, mathématiquement, l’arborescence est le mode de fonctionnement le plus économe en nombre de canaux d’interactions. Mais aujourd’hui, la complexification et l’accélération du monde entrepreneurial et économique rendent ce modèle organisationnel inadéquat parce que trop lent et trop lourd. Un nouveau modèle s’installe de plus en plus partout : le réseau, c’est-à-dire, au contraire de la pyramide, la maximalisation du nombre des canaux d’interactions ».

Sur le réel.
- « L’être humain vit dans une peur atavique du réel. C’est, on l’a vu, la cause profonde de toutes les fuites hors du réel par l’idéal et l’utopie, le rêve et le fantasme, l’alcool et la drogue, les divertissements et … les jeux vidéo. C’est aussi le moteur profond de ce que la Modernité appelle le « progrès » qui, au fond, n’est qu’une immense tentative (vaine et léthale) de réformer le réel et de le mettre à la botte des faiblesses humaines ».
Très pertinent !

Sur l’accoutumance des ados à leur téléphone :
- « Ces deux fonctions (du téléphone) coexistent et, finalement, convergent vers la même finalité : faire croire à son possesseur qu’il existe. Il existe puisqu’il est appelé. Il existe puisqu’il peut appeler. Il existe puisqu’il est connecté en permanence. Car, s’il n’était pas connecté, il serait seul face à lui-même, face à son vide intérieur et à son silence neuronal. Angoisse existentielle, donc, levée, comme chez le nourrisson, par la tutute. »
J’adore :-) à plusieurs reprises Marc Halévy explique détester le téléphone. On s’en serait douté.

Sur la vacuité du monde numérique :
- « Et la plupart des humains n’ont pas grand-chose d’intelligent à dire. La preuve en est étalée au vu et au su de tous dans les millions de forums ou de blogs, dans les milliards de communications téléphoniques quotidiennes. Car la toile et ses copains, c’est aussi cela : la preuve éclatante et incontournable du grandiose vide humain, un immense révélateur d’ineptie et d’imbécilité, d’ignorance et d’arrogance creuse ».
Franchement, vous voulez mon avis … il déchire Marc !!!

Et il s’interroge sur la démocratie. Ce passage m’a d’autant plus intéressé que je m’étais fait exactement la même réflexion :
- « Là aussi, la Toile interroge nos fondamentaux : la démocratie, c’est l’opinion des plus nombreux. Soit ! Mais la Toile révèle, mieux que jamais, la médiocrité de cette opinion de masse qui ne peut servir que l’ambition des démagogues, à leur seul profit. Alors ? »
- « En démocratisant les savoirs – ce qui est une excellente chose -, la Toile a dilué l’autorité authentique et légitime – ce qui l’est beaucoup moins ».
C’est violent, mais cela a me mérite de soulever un problème fondamental.

Sur le modèle économique d’internet :
- « Mais le mariage de déraison entre la Toile et la pub est pathétique. Cette union contre nature, incestueuse en somme, a enfanté du principe de gratuité. Ce qui est gratuit devant être financé, la pub devient pourvoyeuse de fonds ».
Le problème c’est qu’il n’y a pas de modèle alternatif. Ou alors il faut que le grand public accepte de payer pour le web… On pourra lire sur ce sujet mon compte rendu du livre (passionnant) de Nikos Smyrnaïos.

Une réflexion sur l’information :
- « Il y a trois grandes familles de flux immatériels : ceux-ci portent, respectivement, des informations, des émotions et des intentions. (…).
L’information informe (elle engendre de la forme intérieure). (…)
L’émotion émeut (elle fait se mouvoir hors de soi) (…)
L’intention tente (elle suscite une tension interne) (…) Si le message reçu répond à toutes ces attentes, à tous ces critères, alors la communication est pertinente. Sinon elle est inutile et polluante. Et la Toile est neutre face à ces notions de pertinence. Elle ne la fabrique ni ne la détruit. Elle est un médium et ne dit rien quant au contenu. C’est aux hommes qui l’utilisent de lui donner valeur et noblesse ! ».
Belle mise en perspective ! Et je me demande si les professionnels de la veille et de l’intelligence économique ne se sont pas trop préoccupés d’informations, et pas assez d’émotion et d’intention !

Le chapitre qui m’a semblé le plus riche s’intitule « Quel avenir pour les réseaux ? » et j’en parlerai dans mon prochain billet.

Jérôme Bondu