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loveluckJ’ai lu « Réseaux, libertés et contrôle » de Benjamin Loveluck. C’est un livre très dense, très riche en informations. Ce livre est le résultat de sa thèse de doctorat. Nous ne sommes pas ici dans un travail de vulgarisation.

Voici ci-dessous quelques notes surtout liées aux trois derniers chapitres.

L’auteur décrit finement les origines d’internet et ses principales composantes

- Il rappelle le mouvement cybernétique : science du contrôle et de la communication.
- Il souligne les liens avec le monde militaire : « Internet, comme la cybernétique, est un produit du complexe militaro-scientifique, et les liens n’ont jamais été complètement coupés. La Darpa, l’agence de recherche de la Défense américaine, est toujours une source importante d’innovation et de financement, et les passerelles sont nombreuses. L’une des directrices de la Darpa, Regina Dugan, a par exemple rejoint Google en 2012.»
- Mais il rappelle aussi les racines libertaires, cypherpunk, contreculture américaine, incarnés notamment dans la figure du hacker.
- Il évoque la période qui a vu la privatisation d’internet. Le poids des lobbyies industriels et de la communication ont eu raison de la volonté initiale d’Al Gore de garder internet dans le giron du public (p122).
- Il explique l’échec des portails d’informations (type Yahoo) qui se sont heurtés aux spécificités du web.
- Certains hackers ont pu changer d’orientation. Ainsi Gates, Jobs ou Zuckerberg ont été hackers avant d’être capitaine d’industrie. Il explique que « certains pirates du passé peuvent devenir les dirigeants des monopoles d’aujourd’hui » (136). Et plus loin « les plus fervents techno-libertaires de la période contre-culturelle se sont ainsi mués en techno-libertariens militant pour le marché » (159)

L’auto-organisation et le contrôle d’internet sont au centre de ses réflexions :

- Il pointe les illusions du web « De la même façon, si tout le monde peut s’exprimer sur une page web ou un blog, seule une petite minorité de sites dépassent un seuil de visibilité important. Le web n’est pas un réseau aléatoire, et selon Barabasi ces propriétés nous obligent à réévaluer l’idée générale selon laquelle le web serait intrinsèquement un espace de liberté d’expression, de justice et de démocratie : bien que toutes les opinions puissent être publiées, la « topologie du web ne nous permet de voir qu’une infime des milliards de documents qui la compose » (p216).

Centralisation des réseaux et contrôle algorithmique

Mais ce sont les trois derniers chapitres qui m’ont le plus intéressé. A commencer par le chapitre 10 intitulé « La captation : recentralisation des réseaux et contrôle algorithmique. Le cas Google » Ce chapitre est particulièrement captivant. Voici de nombreux extraits :
- Dans la continuité de ce que l’on a pu lire plus haut, on ne peut humainement trier des milliards de documents. Google a fait un travail de réduction de la complexité. Ce travail de réduction est passé par trois étapes : capitaliser sur les partages (de liens, entre internautes, …), créer des effets de réseau et exploiter les échanges d’utilité (p232). L’analyse structurale des hyperliens permet de mettre à jour un « jugement humain latent » permettant de caractériser les pages indépendamment de leur contenu (p243). Les connaissances des profils des internautes sont dans ce que l’auteur appelle un « second index qui vient compléter l’indexation des pages du web » (p246).
- Google se nourri de l’abondance d’informations sur le web. Plus il y en a, plus l’internaute est perdu, et plus son rôle de porte d’entrée du web est renforcé. Parallèlement, plus les internautes interagissent, plus ses algorithmes ont de quoi se nourrir, et plus son classement peut être pertinent. On retombe ici sur une variation de la « sagesse des foules » (p253).
- Google ne capte pas seulement l’attention des internautes mais aussi leurs intentions. L’auteur évoque dans ce cadre « de forts soupçons de dérives (…) un pouvoir économique démesuré (…) un impérialisme technocratique » (p246). Finalement l’organisation du web est devenue une « googlearchie » (p247).
- D’autres structures sont dans une situation de monopole dans la captation d’information. Si Google est au cœur du « graphe documentaire », Facebook est au cœur du « graphe social » (p256). Les acteurs clés de l’intermédiation à l’ère numérique « s’apparentent ainsi à de nouveaux seigneurs féodaux » (p257).
- La tendance ne va pas s’inverser. Car ces grands acteurs « accomplissent une tâche essentielle de réduction de la complexité informationnelle, ils accentuent une tendance centralisatrice inhérente aux réseaux complexes » (p258).

Le chapitre 11, tout aussi intéressant présente la deuxième tendance qu’il intitule la « dissémination : décentralisation radicale et cryptographie. Du peer-to-peer à Wikileaks ». Cela renvoie aux formes les plus « libertaires voire anarchistes du libéralisme informationnel : le réseau ne doit rien savoir de ce qui transite au travers des nœuds qui le composent » (p260).

Le chapitre 12, présente la troisième tendance « l’auto-institution : un projet d’autonomie par les réseaux. Les logiciels libres et Wikipedia ».

L’ouvrage n’est pas facile à lire, mais est passionnant. Il présente la genèse d’internet et ses évolutions, jusqu’à tracer trois grands systèmes d’organisation et de contrôle : centralisation (Google, Facebook), dissémination (Perr-to-peer, Wikileaks) ou auto-organisation (Logiciels libres, Wikipedia). A nous internautes de faire pencher la balancer vers le système dans lequel nous sommes le plus à l’aise. Maîtrisons internet :-)

Jérôme Bondu





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portes ouvertes hiver

Petit coup de gù€ù£e en cette période de noël : Nous avons tous remarqué qu'en hiver par grand froid, les portes de certains magasins restent ouvertes, malgré le chauffage. De même en été quand il faut très chaud et que la climatisation est au maximum. Personnellement je suis sidéré par ces pratiques. C'est un non-sens énergétique en plus d'être un mauvais calcul. Ci-dessus un petit montage avec les portes de Jennyfer, Okaïdi, Jules, Camaieu, Armand ... grandes ouvertes en plein hiver alors que la température est à peine au dessus de zéro ! Signez la pétition sur Change.org

C'est un non-sens énergétique car cela augmente la facture énergétique, et au final augmente la pollution. On peut se demander à combien se monte la facture globale de cette pratique stupide. Car au final, c'est le consommateur qui paye doublement : Sur le prix des produits achetés. Et sur la destruction de notre environnement.

C'est aussi un mauvais calcul commercial :
- Quelqu’un qui entre par hasard n’achètera pas forcément ; alors que quelqu’un qui ouvre lui-même la porte sera plus enclin à acheter.
- En outre, une porte ouverte invite peut-être à entrer, mais invite tout autant à ressortir.
- Enfin, une porte fermée donne un standing certain à un magasin.

Il y a plusieurs solutions :
- Obliger les magasins à fermer leur porte. Ils peuvent poser une affichette : «Poussez, c’est ouvert»
- Ne pas rentrer dans les magasins qui ont des portes ouvertes.
- Fermer nous-mêmes les portes de ces magasins quand en rentrons ou sortons.

Le pire est que je n'ai pas trouvé beaucoup d'articles pour dénoncer cette pratique. Preuve d'une acceptation tacite d'un grand public mi-anesthésié mi-résigné. Bravo en tout cas aux journaux qui en parlent : La Voix du Nord, L'Obs, Télérama, ...

J'ai créé une pétition sur Change.org
N'hésitez pas à la signer et à partager !!
Entre intelligence économique et intelligence écologique, il n'y a que quelques lettres de différence.

Jérôme Bondu





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infographie gafam
Je vous recommande de jeter un œil sur cette belle infographie. Je vous en donne un petit extrait, mais elle est longue comme le bras… à l’image de tous les éléments que nos amis les GAFAM collectent.


Elle montre que nous sommes les vrais « vaches à lait » de leur puissance financière. Que le RGPD n’est pas la panacée, dans la mesure où il ne résout qu’une partie des problèmes. Et que l’Europe doit promouvoir des champions qui respectent notre vision du monde.

Mais cette infographie est aussi terriblement incomplète car elle passe sous silence les élements qui sont induits, calculés, estimés par les GAFAM. Ainsi par corrélation, Google ou Apple peuvent estimer votre niveau de vie, votre santé physique ou votre niveau de cholesterol, et autres éléments que vous n'avez pas l'impression de leur donner. L'équation est pourtant simple : si vous déjeuner souvent chez MacDonald votre ordiphone vous localise et renseigne une belle base de données qui peut calculer votre pourcentage de "chance" de développer une maladie cardiovasculaire. Ces éléments là ne figure pas dans l'infographie et -à la limite- cela peut se comprendre. Car par corrélation, c'est en fait tous les éléments de notre vie qu'il faudrait faire figurer... (voir notamment l'article "Savez-vous jusqu'où Facebook peut profiler votre personnalité ?")


Comme le dite l'article : The infographic provided below will help you better understand the various kinds of data you should protect if you want to use the internet as safely as possible.

A voir sur le site Digital Information.

Jérôme Bondu





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OdemaisonrougeOlivier de MAISON ROUGE est intervenu le 22 novembre au Club IES sur le thème "LA GUERRE ÉCONOMIQUE DANS LE CYBERESPACE". Il résume en quelques mots son intervention dans cette vidéo prise juste avant sa conférence.

Souvent présenté comme le 6ème continent, le cyberespace qui se voulait un réseau affranchi de toute tutelle hégémonique, est devenu un lieu d’affrontements immatériels pour des motifs économiques et politiques. Loin d’être une « autoroute de l’information » sans règle ni barrière, il est désormais l’objet de conquêtes et de domination. Cloud Act, RGPD, souveraineté de la donnée, fiscalité, fake news et influence, … sont autant d’enjeux et de conflits de normes qui traduisent cette tentation de colonisation du Net, avant une prochaine cyberguerre ?


J’en profite pour rappeler son dernier ouvrage, qui figure déjà dans ma bibliothèque : Les cyberisques - La gestion juridique des risques à l'ère immatérielle.

Voici ce qu’en dit l’éditeur :
Si, à l'heure de la transformation numérique et du big data, l'avènement de la société numérique a créé de grands espoirs, elle nourrit désormais des suspicions légitimes face aux actes de cybercriminalité : atteintes aux données personnelles, violation d'informations sensibles, risques réputationnels, divulgations sur les réseaux sociaux, usurpation d'identité, piratage informatique, etc.
Ces cyber-vulnérabilités émergentes affectent toutes les dimensions de la sphère numérique : des infrastructures aux messages, en passant par les supports du quotidien. De la négligence à la malveillance, les cyberisques sont donc légion et nuisent considérablement au bon fonctionnement des nouveaux outils mis à la disposition de l'homme. Ce 6e continent numérique n'est peut-être pas le paradis annoncé.
Prolongement des activités humaines, ce monde immatériel est aussi celui du droit. Ainsi, cet ouvrage complet, se veut un vade-mecum du management juridique des risques numériques, embrassant à la fois la protection critique des supports et la sécurité des communications et des informations.
Cet ouvrage se propose d'aborder ces risques - et leurs réponses juridiques - sous trois axes :
•    l'axe structurel : les acteurs de la régulation numérique, les politiques publiques et les textes fondateurs ;
•    l'axe informationnel : la gestion de la donnée, la protection et le contrôle des flux, et l'expression électronique ;
•    et enfin celui de la répression des atteintes.

J’annoncerai le programme 2019 du Club IES sous peu.

Jérôme Bondu





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doublet lucLe jeudi 20 décembre 2018 à 19H30
Le Réseau Inter-Ligere, en partenariat avec SKEMA Lille
Vous invite à sa 31ème conférence-débat sur le thème :


L’intelligence collective à l’heure d’internet


Par Luc Doublet & Jérôme Bondu

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THEME :
Durant cette conférence, Luc Doublet et Jérôme Bondu évoqueront la révolution numérique en cours et ses multiples implications dans les différents niveaux d’organisation : la cité, le management des entreprises, les Etats. Ils se poseront notamment les questions suivantes :
- Comment mettre en place une dynamique d’intelligence collective dans les organisations à l’heure actuelle ?
- Comment rester maître de son destin numérique ?
- Quelle est la face cachée des géants de l’internet ?
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INTERVENANTS :
Luc Doublet est Président du Conseil de Surveillance de Doublet SA, leader européen dans la fabrication de drapeaux et de produits d'équipement et d'aménagement intérieur et extérieur. Acteur incontournable du Nord, Luc Doublet est par ailleurs Président de Nord France Invest, Président du Centre chorégraphique National de Roubaix, et Président du Conseil de Surveillance de la Société de développement régional.

Jérôme Bondu est créateur et directeur du cabinet de conseil en intelligence économique Inter-Ligere.fr. Il est intervenant pour la session intelligence économique de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale) et expert APM (Association pour le Progrès du Management).
Il dédicacera son dernier livre « Maîtrisez internet … avant qu’internet ne vous maîtrise » postfacé par Luc Doublé. (20 euros)

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DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
19h15 - 19h30 : Accueil des participants
19h30 - 20h30 : Intervention de Luc Doublet et Jérôme Bondu
20h30 - 21h00 : Débat
21h :         fin de la réunion
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LIEU :
Skema

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INSCRIPTION OBLIGATOIRE :
Entrée gratuite sur pré-inscription obligatoire via Meetup !

Cette conférence est organisée par le Réseau Inter-Ligere Lille, en partenariat avec Skema Lille.