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radionova

J’ai eu le grand plaisir d’être interviewé en direct ce matin (17 août 2018) lors de la matinale de Radio Nova sur les assistants vocaux. Merci à Armel Hemme qui a mené cette interview tambour battant. C’est l’écriture d’une tribune dans We Demain sur les assistants vocaux qui m’a valu cette invitation.

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Bon à la réécoute, bien sûr, j’ai trouvé des choses à améliorer. J’aurais par exemple pu citer la solution d’Orange (Djingo) ou la startup Snips qui propose une solution d’assistant vocal conçu selon le principe Privacy by Design…

Mais dans l’ensemble j’ai fait passer les idées qui me semblent importantes :
- Nous vivons une révolution informationnelle.
- Il faut être conscient des enjeux qui se jouent (coûts cachés, récupération de nos données personnelles,…).
- Cela implique de rester ouvert sur les innovations (dont les assistants vocaux) tout en étant vigilant sur les dérives possibles.
- Le risque pour l’Europe est de se transformer en idiot du village numérique.
- La solution réside dans la formation des internautes à l’usage d'internet : apprendre à utiliser internet à tous les stades de l'école et dans les entreprises. Et dans le développement de solutions européennes respectueuse de nos droits.


Bonne écoute [Podcast Radio Nova] !

Jérôme Bondu




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Les managers et l informationJe recommande le livre de Pascal Junghans « Les dirigeants face à l’information ».

Pascal Junghans a interviewé une trentaine de dirigeants de très grandes entreprises sur leurs manières de s’informer. Et son ouvrage apporte beaucoup :
- Le livre permet de rentrer vraiment dans la tête des dirigeants. Question cruciale en intelligence économique.
- Il permet de mesurer leurs différentes sources d’information, depuis la lecture de la presse, la consultation des réseaux internes et externes à l’entreprise, la consultation des tableaux de bord.
- Il permet de schématiser les flux du grand bain informationnel dans lequel ils surnagent.
- Le plus intéressant à mes yeux réside dans les très nombreuses citations issues de ces entretiens. On rentre ainsi directement en prise avec les réflexions des dirigeants. On lit par exemple « La maladie aujourd’hui est la profusion des slides » page 62. « Le contrôle de gestion me dresse un portrait idyllique de l’entreprise et me dit que tout va bien » Page 68. « J’utilise aussi beaucoup d’outils pour noter des choses, mais aussi des outils de mind-mapping. » page 118. « Ce qui m’intéresse, ce sont souvent des choses qui ne sont pas écrites, alors j’ai toujours un petit carnet sur moi, et, dans ce carnet, je marque surtout des idées, des réflexions, qui me semblent importantes » page 118.
- L’auteur mélange cette collecte de terrain avec de très nombreuses références universitaires. L’ensemble a ainsi le concret du terrain et la profondeur de la réflexion scientifique.
- Quelques schémas illustrent le propos, dont celui-ci-dessous que j’ai reproduit.

pascal junghans2
 

C’est un livre utile.

Par contre, j’ai regretté quelques éléments. Et suivant le proverbe "Qui aime bien châtie bien" je vais me permettre deux petites critiques :
- L’ouvrage se veut académique, et Pascal Junghans fait sans cesse référence à des auteurs. La pratique est classique dans les ouvrages universitaires mais gène un peu la lecture car on bute pratiquement toutes les 4 ou 5 phrases sur une référence. En outre j’ai eu souvent l’impression que l’auteur allait trop vite dans sa démonstration comme si la citation d’une référence l’exonérait de toutes explications.
- Second point : Le mot « information » est polysémique, et son emploi dans une même phrase avec différents sens gène aussi la lecture. Ainsi se retrouve souvent dans cette situation : En bas de la page 157 on peut lire : « Au centre des outils d’appropriation et des boucles de rétroaction nécessaires à l’appropriation de l’information se trouve l’information. (…) C’est l’information qui est à l’origine des boucles de rétroaction qui permettent de traiter cette information. Ainsi, l’information recueillie par les dirigeants devient un outil d’appropriation de l’information. (…) L’information créé l’information. » L’auteur aurait pu reprendre le découpage pourtant bien pratique entre données, informations, connaissances, savoirs.

Ceci étant dit, c’est un livre essentiel pour comprendre comment les dirigeants se comportent face à l’information ! A lire sans hésitation.

Lien vers la FNAC.
Lire le compte rendu de l'ADBS.
Lire l'article de Challenges.

Jérôme Bondu




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Decathlon Alive

J’ai eu le plaisir d’échanger avec Audrey Hespel, Stephanie Fortin et Axelle Kiers chez @Alive Groupe sur le thème de l’intelligence économique.

Alive de Decathlon est un espace de 400m2 consacré à l’innovation pour tous et par tous (voir l'article de Maddyness).

Au menu de nos échanges : intelligence économique, techniques de recherche d’information sur internet, techniques de veille, influence, jeux des réseaux, signaux faibles... Bref que du lourd. Mais le tout présenté avec légèreté.

J’aime cette photo prise sur le vif car elle illustre bien le fait que les messages les plus sérieux peuvent passer dans la meilleure des ambiances ;-)

Je recommande l'endroit, inspirant et innovant, et la super équipe qui l'anime !!

Jérôme Bondu



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we demain
J'ai signé une petite tribune dans WeDemain. Je vous copie ci-dessous un extrait du dernier paragraphe. Bonne lecture !
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Comme la recherche sur Internet aujourd’hui, les assistants vocaux risquent d’avoir des coûts cachés. Plus personne ne l’ignore désormais : si l’utilisation d’un service est gratuite, c’est que nous en sommes le produit.

En l’occurrence le produit publicitaire et informationnel, puisque chaque clic sur Google est synonyme de rétribution financière et que toutes nos données personnelles sont monétisées.

Faut-il dès lors se méfier de la technologie au point de lui tourner le dos ? La réponse est évidemment non.

Fuir la tendance serait d’ailleurs la pire des attitudes. Non seulement la recherche vocale est porteuse d’une véritable révolution pour les usagers au quotidien, mais elle permet également à un pan entier d’entreprises jusqu’alors peu visibles (PME, TPE ou ETI) de rencontrer leur public. Ceci faisant, des applications comme la Skill PagesJaunes facilitent la transformation numérique de milliers de commerçants.

Lire l'article complet.

Jérôme Bondu




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Dans le cadre de mon activité je suis amené à réaliser régulièrement des analyses d’entreprise. Un critère intéressant peut être la répartition des postes au sein de la direction. Il y a bien sûr différentes solutions. Je vais en présenter une assez sympathique, basée sur une analyse des profils LinkedIn et une présentation cartographique.

L’étude commence par une requête complexe sur un moteur de recherche. Nous allons utiliser Google (en espérant qu’un jour Qwant soit aussi bon ;-)
Nous allons rechercher les profils dans LinkedIn qui contiennent dans leur titre le nom de l’entreprise XPO et le mot « director » (volontairement en anglais) et dont le profil a été indexé sur les deux dernières années (pour avoir des profils récents).

XPO logistics est une société américaine de 15 milliards $ de CA.

Voici la requête :

XPO requete
 
Cette requête peut bien sûr être optimisée pour minimiser le bruit (voir les biais méthodologiques en fin d’article). Mais dans le cadre de cet exemple elle est déjà largement satisfaisante.

Google ramène 99 résultats qui ont été intégrés dans un tableur. J’ai ensuite uniformisé certains titres pour donner plus de cohérence. Par exemple j’ai logiquement regroupé « Director Financial » et « Director Financiero ».

XPO requete3
 

J’ai ensuite intégré les données du tableur (sous format CSV) dans Gephi pour une cartographie des postes de directeurs.
On voit alors clairement que les postes de direction les plus présents sont :
- 13 postes de directeurs des opérations.
- 10 directeurs des ventes.
- 6 directeurs de « business unit ».
- On peut détecter qu’il y a autant de directeurs des Ressources Humaines que de directeurs IT (Information Technologie).
- …

J’ai volontairement réduit la taille des noms, mais sur une carto de taille « normale » tout est bien sûr parfaitement lisible ;-)

XPO requete5
 

C’est une bonne base pour :
- Un benchmarking entre structures concurrentes.
- Une analyse de l’évolution de cette société sur le long terme (avec des collectes à intervalles réguliers, par exemple tous les six mois).
- Une chasse de tête.
- Des actions d’influence.
- Et beaucoup d’autres choses …

Deux conclusions :
- Faire de l’analyse requiert des compétences de recherche, de tri, et de cartographie.
- Linkedin peut reconstituer les structures managériales de beaucoup de sociétés à travers le monde. En matière de protection de l’information et de souveraineté informationnelle, cela est préoccupant. On pourra lire à ce sujet mon article « Quelles entreprises font le plus d’Intelligence Economique ? ».

Et pour ceux que tout cela intéresse, ces techniques (et bien d’autres…) sont enseignées notamment dans la "formation Analyse" de mon catalogue ;-)


Jérôme Bondu

Comme toujours, je devance les futures remarques pertinentes de mes chers lecteurs avec la mise en avant des biais méthodologiques ! Ils sont surtout liés à la requête sur Google :
- Tous les directeurs n’ont pas forcément de profil dans Linkedin.
- Il faut qu’ils aient utilisés le terme « director » … ou alors il faut compléter la requête avec la traduction du mot « directeur » dans différentes langues.
- J’aurai pu rechercher XPO Logistics qui est le nom complet de la société (et non pas seulement XPO)
- Il faut que Google ait bien indexé Linkedin.
- Le choix d’un filtre temporel de 2 ans peut aussi être optimisé. S’il y a sur un même poste trois directeurs qui se sont succédés sur les 24 derniers mois… j’aurai alors trois occurrences alors qu’il n’y a qu’un poste.

Interroger Google plutôt que directement Linkedin a quelques avantages et un gros inconvénient :
- On peut faire ce travail sans abonnement LinkedIn.
- On peut récolter 100 résultats par page (pratique pour le copier-coller dans Excel).
- Mais les résultats sont évidemment moins pertinents qu’avec une interrogation directe de Linkedin. En l’occurrence LinkedIn présente plus de 703 postes de directeurs alors que Google en trouve environ 1200 (dont 99 ont été modifiés sur les deux dernières années).