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serda formation distance

Je vous invite à suivre les deux formations que je vais donner à distance pour la Serda :
- le 04/05/2020 de 14h à 17h sur le thème : "Les fondamentaux de l'Intelligence Economique".
- le 05/05/2020 de 14h à 17h sur le thème : "Les fondamentaux de la sécurité informationnelle".

Pour ce qui est de l'intelligence économique le contenu va s'articuler en quatre points :
- Qu’est-ce que le management de l’information ?
- Mettre en place une dynamique de veille
- Gérer les problématiques d'influence
- Gérer les problématiques de sécurité informationnelle


Pour ce qui est de la sécurité informationnelle :
- Présentation des enjeux
- Présentation d'une typologie de problèmes
- Panorama des actions offensives de concurrents
- Focus sur les personnes Cibles
- Panorama des bonnes pratiques pour se protéger


Pour s'inscrire c'est ici et la. Et voici la liste des formations à distance de la Serda et le responsable de la formation Jean Gauthier.
A bientôt,
Jérôme Bondu




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web20 15ans et après coauteurs

J’ai eu le plaisir de participer à l’écriture du livre « WEB 2.0… 15 ans déjà et après ? » (déjà annoncé ici). 57 pionniers du web 2.0 ont été réunis par David Fayon et Fadhila Brahimi pour produire ce beau témoignage.

Je viens de lire le livre et ait découvert les autres contributions. Voici quelques notes en deux billets (voir le premier).

Les aspects juridiques sont notamment traités par Eric Barbry et Olivier Iteanu . Ce dernier rappelle une évidence « un seul État, les États-Unis, a pu pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, opérer au niveau mondial une surveillance des populations car il s’appuie sur une puissance industrie nationale qui collecte et stocke les données du monde entier, faisant des États-Unis le grenier des données personnelles du monde et de l’Europe en particulier ».  
Il rappelle que le respect de la vie privée tel que le droit français le défendait, est maintenant proche de ce que les Américains appelle la privacy. Or cette privacy « s’efface chaque fois que les propos sont tenus dans un espace public ». (voir p 103).

Anthony Poncier revient sur l’infobésité : « C’est donc une course contre notre « temps de cerveau disponible » est plus globalement notre niveau d’attention et de concentration qui est en jeu. Car avec l’augmentation constante de la production de contenus, c’est aussi celle des notifications, puisque nous sommes en moyenne interrompus toutes les trois minutes … ».

Cela revient comme une antienne dans beaucoup de témoignages. Olivier Berlingué cite Philippe Verdier qui confirme la chute d’attention à 8 secondes des personnes connectées » (voir à ce propos le livre de Patino La civilisation du poisson rouge).

Cyrille Frank rappelle les mécanismes de l’infobésité : « les réseaux sociaux sont passés maitres dans l’art de capter régulièrement cette attention par le système des rétributions symboliques. Les likes, retweets, favs qui récompensent nos publications entretiennent notre autosatisfaction et déclenchent ainsi des mécanismes hormonaux de plaisir, par production de dopamine ».  Si cela nous fait rester plus longtemps sur notre fil d’actualité, on voit plus de pub ! « voila pourquoi les algorithmes de Facebook se mettent à favoriser les informations les plus émotionnelles : émouvantes, choquantes, révoltantes… tout sauf la normalité trop fade du monde réel ». Et il enfonce le clou : « Pire, ils ont permis l’avènement de cette société de post-vérité où tout est relativisé, où les principes de la raison hypothéticodéductive sont remis en cause par le doute nihiliste, où les valeurs républicaines sont niées au bénéfice d’intérêts communautaires et religieux ». Et les sources d’informations sérieuses, mais ennuyeuses, disparaissent dans le fond du classement. Il conclut « Il y a donc un paradoxe assez surprenant : la technologie a permis l’explosion des sources d’information et de contenus via internet. Pourtant, c’est elle qui rétrécit aujourd’hui notre horizon informationnel ».

François Laurent et Damien Douani traitent des marques. Céline Crespin et Yann Gourvennec expliquent le combat des marques pour exister sur les réseaux sociaux. Yann a une belle métaphore pour fustiger ces réseaux qui tiennent les marques par la barbichette « c’est un peu comme si TF1 faisait payer ses annonceurs une première fois pour faire de la publicité et éteignait dans leur dos les postes de télé des spectateurs, forçant ainsi les annonceurs à remettre au pot pour rallumer les postes de TV » ! CQFD.

Mathieu Flaig traite de réalité virtuelle dans un article passionnant. Il évoque notamment l’intérêt des GAFAM. « Facebook annonce également que sa vision à 10 ans est basée sur la réalité augmentée et virtuelle (avec sa division Oculus), laissant penser que bientôt, on n’ira plus sur Facebook, mais dans Facebook ».

Serge Soudoplatoff revient sur les pouvoirs des algorithmes : « Une des grandes erreurs sur l’impact d’internet sur la société a été de croire que cela allait améliorer les rapports humains, et apporter de l’ouverture. (…) En fait, le net a favorisé les phénomènes de polarisation bien plus qu’il n’a effacé les différences ».

Mes deux articles sont en fin d’ouvrage et soulignent l’importance de reprendre la maitrise du web face aux acteurs hégémoniques.

L’ouvrage se conclut sur les manières de réenchanter internet. Et on en a besoin …

Au final, ce livre apporte une vision caléidoscopique des 15 ans du web 2.0 L’ensemble est très riche, profond, et passionnant. C’est une référence à lire et à avoir dans sa bibliothèque. Bravo David et Fadhila pour ce beau travail !

Le livre a été édité par Kawa et on pourra retrouver toutes les informations sur le site dédié réenchanter Internet

Bonne lecture !

Jérôme Bondu
Auteur de « Maîtriser Internet, … avant qu’internet ne nous maîtrise » Editions Inter-Ligere
Directeur du cabinet de conseil en Intelligence Economique Inter-Ligere.fr



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web20 15ans et après

J’ai eu le plaisir de participer à l’écriture du livre « WEB 2.0… 15 ans déjà et après ? » (déjà annoncé ici). 57 pionniers du web 2.0 ont été réunis par David Fayon et Fadhila Brahimi pour produire ce beau témoignage.

Je viens de lire le livre et ait découvert les autres contributions. Voici quelques notes avec de bons extraits.

J’ai trouvé l’article de Jean-Pierre Corniou particulièrement intéressant.
- Il rappelle l’arrivée du web dans une France acquise au Minitel : « Aussi le web s’est-il installé par effraction, de façon marginale, dans le paysage économique français au milieu des années 1990. Le web n’a pas été immédiatement perçu comme une révolution, mais comme une alternative ouverte, libérale, voire libertaire, d’inspiration nord-américaine, à un système national, performant, mais couteux et fermé ».
- Il continue en pointant les faiblesses commerciales des inventions françaises : « La France avait connu une longue série de performances techniques sans retombées commerciales majeures. On peut citer le système SECAM de télévision couleur, le Minitel lancé dès 1982, mais aussi le Plan Informatique pour tous de 1985 avec les fameux ordinateurs M05 de Thomson. Dans ces trois cas, la technologie n’était pas en cause, mais le refus obstiné et orgueilleux de s’inscrire dans une logique de standards de faits internationaux a coupé les industriels de tout espoir d’exportation ».

David Fayon (avec qui j'échange régulièrement, via ses livres ou rencontres) rappelle entre autres que le web social repose sur quatre lois empiriques :
- La loi de la longue traine
- La loi de Metcalfe
- La théorie du petit monde
- La loi des médias participatifs 90/9/1

Henri Verrier commence par rappeler lui aussi que la France avait joué un rôle majeur dans la naissance d’internet avec le datagramme de Louis Pouzin (voir son livre, sa cofnérence sur RINA et son interview), une solide industrie informatique, de grandes sociétés de service, l’invention de l’ADSL, du triple play, …
Mais nous allons subir un décrochage lié à trois éléments :
- L’explosion de la bulle internet a semblé donner raison aux tenants de la vieille économie.
- La faiblesse du tissu français de capital-risque.
- La limite du marché français, alors qu’une croissance ultra rapide et internationale est un facteur clé de réussite.

Cyrille Chaudoit commence par une citation de Marc Dugain issu de son roman Transparence : « la révolution numérique a conduit à peu de dictatures, mais elle a vu éclore des démocraties autoritaires élues par des internautes manipulés sans conscience de l’être ». Et finit par La Boétie « il est moins utile de vouloir empêcher la tyrannie en luttant contre elle que d’en comprendre ses mécanismes pour parvenir à ne pas la subir, ni la désirer ». Chapeau !

Pierre Valet en rajoute une couche avec une question terriblement ironique sur la France : « comment un peuple de dépressifs notoires, le plus consommateur d’anxiolytiques au monde, est-il parvenu à confier à des pythies-algorithmiques, nourries par ses affres et noirceurs, son information, son avenir, ses choix de vie individuels comme collectifs ? ». Plus loin il lance que « au XXIème siècle, les nations sont devenues mortelles ». Et encore plus loin « la réalité n’est jamais qu’une perception manipulée par notre sérotonine et folle envie d’avoir raison, un champ de bataille, un théâtre d’ombres et d’opérations ». Et il évoque une pharmacopée :
- Retrouver notre capacité de concentration.
- Lutter contre notre indigence sémiotique, retrouver une richesse de vocabulaire.
- Renforcer le rôle de l’éducation nationale.
- Réenseigner la philosophie, en tant qu’outil permettant de penser par soi-même, et de jouer un rôle dans la fabrique du citoyen.
- Rendre nos outils d’observation du monde à nouveau intelligibles à tous.
- Nous redonner le pouvoir sur notre fil d’actualité, en pouvant réintégrer ou retirer des sources d’informations.
- Faire face aux prétentions démiurgiques d’un Google « souhaitant ordonner l’ensemble des informations du monde – tel un Jorgue de Burgos, le bibliothécaire aveugle du « Nom de la Rose » d’Umberto Ecco, qui seul connait le plan de la bibliothèque, seul en connait la géographie obscure, le système de classement, seul peut nous guider vers ses ouvrages ou les mettre à l’index des livres interdits »

C’est sur cette image sublime, forte et saisissante que je finis ce premier billet. Je m’en veux de ne pas avoir vu avant ce superbe parallèle ! Mais Pierre ne m’en voudra pas de lui piquer (en lui en attribuant bien sur la paternité ;-)

Comme on a pu le lire, ces pionniers du web sont aussi des fins lettrés, riche de plusieurs cultures, informatique, historique et littéraire.

Le livre a été édité par Kawa et on pourra retrouver toutes les informations sur le site dédié Réenchanter Internet

Bonne lecture !

Jérôme Bondu
Auteur de « Maîtriser Internet, … avant qu’internet ne nous maîtrise » Editions Inter-Ligere
Directeur du cabinet de conseil en Intelligence Economique Inter-Ligere.fr






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ABD cahiers 2020 01 cover 725x1024

L’Association Belge de la Documentation publie un numéro spécial intitulé « La veille aujourd’hui » dans les Cahiers de la Documentation (numéro 2020/1 publié en mars 2020). J’ai eu le plaisir d’y participer avec un article sur la veille collaborative.

Cette participation fait suite à une conférence à Bruxelles le 9 mai 2019 sur le même thème dans le cadre de "Inforum 2019" séminaire intitulé "Stronger together : les pratiques collaboratives en Information & Documentation". Le colloque était aussi organisé par l'ABD Association Belge de Documentation.

Voici l’extrait de l’édito de Michèle ORBAN qui mentionne les co-auteurs :
« Notre itinéraire se poursuivra sous l’angle de la technologie et de l’intelligence artificielle. Cette étape incontournable sera assurée par Marc Borry, qui nous exposera les opportunités et les menaces que représentent les derniers développements de l’intelligence artificielle, et plus particulièrement du ”deep learning”, pour les veilleurs. Et parce que la technologie ne fait pas tout, Jérôme Bondu enchaînera sur la nécessité de l’aspect collaboratif à toutes les étapes du processus. »

On y lira aussi un article de Véronique Mesguich sur les méthodes d’analyse de l’information stratégique, et de Christophe Deschamps sur le mindmapping.

Bonne lecture et bravo pour ce beau travail !

Jerome





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arpagian

J’ai lu « La cybersécurité » de Nicolas Arpagian. Le livre est très bien écrit et se lit facilement. Le plan est limpide. Cela faisait peut-être 20 ans que je n’avais pas lu un Que-sais-je ? Le dernier doit certainement être La veille technologique de Daniel Rouach. Voici quelques notes de lecture. Loin d’être un résumé ou une synthèse, ce billet est plus proche de la prise de notes de quelques détails que je voulais retenir :

Chapitre 1 : Définition et historique de la cybersécurité


L’auteur commence par un rappel de la création d’internet. Cela ne fait jamais de mal, et chaque auteur a sa vision et apporte des éléments nouveaux. J’ai bien aimé le rappel de l’association étroite entre les sphères politiques, économiques et militaires. Nicolas rappel que Marissa Mayer, alors PDG de Yahoo ! reconnaissait en 2003 que « désobéir à la NSA serait comme un acte de trahison ». Citation à garder …

En introduisant les notions de cyberguerre et de cyberterrorisme, l’auteur rappelle qu’Internet incarne parfaitement le principe des conflits dits asymétriques. Les parties prenantes n’y sont pas nécessairement de même nature juridique ni de même taille.

Chapitre 2 : Les attaques sur les réseaux informatiques et téléphoniques


Parmi les éléments qui m’ont intéressé, il y a le rappel des solutions d’interception de la NSA. Keith Alexander, patron de 2005 à 2014, a donné la consigne « il me faut la totalité des données ». Le ton est donné ! Le programme UPSTREAM, complémentaire de PRISM, vise à collecter les données directement sur les câbles sous-marins.

Chapitre 3 : Les attaques informationnelles


L’auteur présente un élément intéressant sur la puissance de Google. Une étude de l’Université de Notre Dame publié en 2009 assure qu’il y a une corrélation entre le nombre de recherche sur Google d’une entreprise commerciale et les performances boursières court terme de celle-ci. (pour avoir d’autres exemples de ce type, on pourra lire mes notes sur le livre de Seth Davidovitz)

Dans la partie sur la « mémoire collective » l’auteur insiste sur la souveraineté des données. Internet est un outil à double tranchant : « A aucun moment dans l’Histoire, les activistes de tous bords n’ont eu accès à une telle capacité de production et de diffusion de leur vérité. Sans filtre éditorial préalable ni barrière financière à l’entrée ».

La propriété des données fait débat. Si on connait tous l’histoire de la revue Le Tigre qui a diffusé la vie de Marc L, un internaute vivant près de Bordeaux, on sait sans doute moins que le site néerlandais d’information De Correspondant a ouvert en février 2005 une boutique en ligne éphémère où il a commercialisé des tasses sur lesquelles figuraient des photos d’enfants postées par leurs parents sur Flickr (p59).

Il rappelle les amendes reçues par Google, et mentionne deux structures (que je ne connaissais pas) Open Internet Project et  Fair Search.

Et comme il le rappelle, la clairvoyance d’Orwell est toujours utile : « Celui qui contrôle le présent, contrôle le passé Et celui qui contrôle le passé, contrôle le futur ». Nicolas continu : « Gardons-nous de confier notre patrimoine numérique commun à des prestataires qui pourraient occulter ou survaloriser des données au détriment de l’intérêt général. Et de la réalité historique. La qualité de notre futur en dépend ».

Bien sûr, le thème central est la cybersécurité.
- Il rappelle par exemple la performance du chercheur argentin Cesar Cerrudo qui a démontré « comment il était en mesure de prendre le contrôle des feux rouges avec des moyens techniques assez limités. »
- Il rappelle le site INSECAM qui donne accès à 70 000 caméras de surveillance mal sécurisées.

Le Chapitre 4, sur Les parties prenantes de la cybersécurité est particulièrement intéressant. Il liste tous les acteurs (Etats, organisations internationales, …) engagés dans la cyber.

Le chapitre suivant présente les modèles d’organisation selon les pays.
- Concernant la France, il rappelle notamment que nous disposons depuis 1986 d’une délégation interministérielle pour la sécurité des systèmes d’information. Point de départ d’un investissement qui aujourd’hui échoit à l’ANSSI.
- Concernant les États-Unis, il rappelle à nouveau l’étroite collaboration entre le privé et le public. Ainsi, sous la présidence d’Obama, les dirigeants de Google se sont rendus à la Maison Blanche 427 fois ! Sachant qu’une année comporte 365 jours, je vous laisse faire le calcul !
- Concernant l’Allemagne, il rappelle que le BND a de longue date partagé avec la NSA ses interceptions. Au passage il glisse que le BND participait à l’espionnage des dirigeants politiques et économiques français.

Nicolas conclut, et on ne peut qu’être d’accord avec lui, qu’il convient « de diffuser une culture de la cybersécurité auprès de l’opinion publique non pas pour transformer chaque citoyen en informaticien, mais bien pour en faire un consommateur de technologies responsable, conscient de l’ampleur de la menace potentielle et de la valeur de l’information ».
A lire !


Jérôme Bondu
Auteur de « Maîtriser Internet, … avant qu’internet ne nous maîtrise » Editions Inter-Ligere
Directeur du cabinet de conseil en Intelligence Economique Inter-Ligere.fr