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France interJ’ai eu le plaisir de passer quelques minutes dans l’émission « Secrets d’info » sur France Inter. Secrets d’info est une émission de Jacques Monin de la Cellule investigation de Radio France. Le thème de l’émission est : «Campagne des européennes : les craintes d'une nouvelle cyberattaque russe».

L’interview a eu lieu le 15 février. Philippe Reltien, qui m’a interviewé, voulait des informations sur l’ingérence Russe dans le phénomène des Gilets Jaunes.

Je me suis basé notamment sur le travail de François-Bernard Huygues « Dans la tête des gilets jaunes » (livre que je recommande au passage) pour minimiser l’idée selon laquelle les quelques 200 comptes trolls pilotés par des Russes auraient eu un rôle significatif dans le mouvement. François-Bernard Huygues passe d’ailleurs aussi plusieurs fois dans l’émission.

J’ai ensuite rappelé que le principal danger ne réside pas dans ces comptes troll mais dans la mauvaise compréhension par le grand public des enjeux du numérique :
- L’absence de maitrise dans la collecte, la veille, l’analyse, l’influence et la sécurité informationnelle.
- La non compréhension du niveau de captation des données des GAFAM. Le fait que nous ne soyons pas les clients de ces outils mais les fournisseurs de données.
- Notre dépendance informationnelle est totale, et notre impossibilité à comprendre l’impact des algorithmes de classement des outils que nous utilisons est dangereuse.
- Le trollisme russe me semble bien moins dangereux que la dépendance aux plateformes d’informations américaines. L'ingérence informationnelle Russe est artisanale, celle des américains est industrielle parce qu'algorithmique.
- Il faut savoir où se trouve le danger réel (et non fantasmé) et où se situe notre intérêt !

Et j’ai conclu sur l’importance d’une indépendance informationnelle (ou souveraineté informationnelle) sans quoi l’Europe n’aura pas les moyens de faire valoir sa vision du monde, sa culture et son modèle de société

L’interview a duré environ 45 minutes. C’était sportif. Les deux passages retenus par Philippe Reltien illustrent bien mon propos ;-)

Juste après le thème des gilets jaunes, Ali Laïdi présente son dernier livre sur lequel je prépare un futur billet.

Jérôme Bondu




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Le jeudi 28 mars 2019 à 19H30
Le Club IES de l’IAE de Paris Alumni et le réseau Inter-Ligere
En partenariat avec Digimind
Vous invitent à la 148ème conférence-débat sur le thème :

Darkweb : êtes-vous à l'abri du risque ?

Par Nicolas Hernandez

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THEME :
Le darkweb est la partie du web qui n'est pas référencée par les moteurs de recherche classiques. On y trouve des informations en tout genre : anodines, illicites, stratégiques pour les organisations. Ce sera sur le darkweb que les données volées de votre entreprise pourront être vendues, négociées, achetées...
Durant cette conférence, Nicolas Hernandez vous présentera en détail les risques auxquels vous ou votre société pouvez être confrontés, les bonnes pratiques pour se protéger, et les outils disponibles pour surveiller ce réseau parallèle.

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INTERVENANT :
Nicolas Hernandez a créé Aleph Networks pour aider les entreprises dans la maîtrise de leurs informations stratégiques. Il a développé une expertise dans la collecte, l’analyse et la veille dans le deep web, hidden web, dark web. Il est titulaire de trois mastères, en mathématique, en épistémologie, et en éthique médicale.

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DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
19h15 - 19h30 : Accueil des participants
19h30 - 20h15 : Conférence
20h15 - 21h00 : Débat avec la salle
21h00 – 21h45 : Cocktail dînatoire

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LIEU :
La conférence aura lieu dans les locaux de Digimind
116B Av. des Champs-Élysées 75008 Paris

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INSCRIPTION OBLIGATOIRE :
L’entrée est gratuite sous réserve d’inscription préalable et de validation de l'inscription par les partenaires.

Jérôme Bondu




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iexpo

J'aurai le grand plaisir d'être sur le salon i-expo le 19 mars après midi. Et je vous donne d'abord rendez-vous pour la table ronde : "Grande masse des données, fake news, intelligence artificielle, toute puissance des GAFA, protection des données, automatisation…: quel renouveau des métiers de l’information et de la connaissance dans l’entreprise data-driven ? J'y apporterai mon modeste témoignage.

Le site i-expo présente cette table ronde comme suit : Comprendre la veille et les métiers de l’information demain : quels nouveaux rôles et compétences ? Comment l’IA va transformer les métiers de la veille et des connaissances ? Au-delà des mythes, comment en tirer profit ? Comment construire une cellule de veille nouvelle génération ? Entre mythes et réelles tendances, cette table ronde vous donnera les clefs pour décrypter les tendances fortes des métiers de l’information et de la veille demain. Et ainsi anticiper le nécessaire renouveau des pratiques et des compétences du veilleur

J'animerai ensuite la seconde table ronde sur le thème : Intelligence humaine et Intelligence Artificielle : le duo gagnant pour une veille et une analyse stratégique fiable et efficace. Avec trois orateurs :
- Olivier STOBAND, Directeur de Projet Conformité Digital Innovation Office, SOCIETE GENERALE
- Marina BELLOT, Experte en veille, SCOPE Responbsable du pôle SCOPE Veille Augmentée
- Thomas BINANT , CEO & Fondateur, GEOTREND


Rendez-vous à Paris, Porte de Versailles, Pavillon 4.3 !

J'aurai en poche quelques exemplaires de mon dernier livre : Maitrisez internet ... avant qu'internet ne vous maitrise ! Avis aux amateurs ;-)

Jérôme Bondu




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idriss


J’ai lu « L’âge de la connaissance » d’Idriss Aberkane (interview sur ThinkerView). Ce livre est en quelque sorte la suite de « Libérez votre cerveau » qui avait fait un carton.

Je connais Idriss depuis quelques années. Il m’avait fait le plaisir d’intervenir au Club IES pour une conférence sur l’économie de la connaissance. Ecartons tout de suite la polémique qu’il y a eu sur ses diplômes (je suis personnellement assez en phase avec l'analyse du Précepteur/Youtube). Et voici une petite note de lecture très personnelle.

Ce qui m’a plu : Une vision positive et intéressante du monde de la Connaissance. Si je résume en quelques lignes : Baser notre système économique sur des matières premières épuisables (pétrole, charbon, …) n’est pas durable. Baser notre économie sur la connaissance rend le système pérenne. La connaissance ne se dévalorise pas en se partageant. C’est ce que l’auteur appelle la loi de Soudoplatoff en référence à Serge Soudoplatoff. Il développe en fin d’ouvrage les idées de la blue economy et de biomimétisme. On ne peut qu’être d’accord avec sa vision, qui porte en elle l’espoir d’un monde meilleur.

Mais si j’ai aimé ce livre, je me permets néanmoins de soulever trois petites critiques :

- Premier point : Le problème majeur est que la connaissance engendre des biens matériels ! Et que ces biens matériels ne sont pas « infinis » comme l’est la connaissance. Les conflits, liés à la possession de ces biens matériels dérivés de la connaissance, sont aussi durs que ceux pour la possession des ressources finies. La course à la bombe atomique en est un bon exemple : Pur produit de l’intelligence d’un homme, Einstein, puis développé par un formidable effort de 130 000 personnes dans le cadre du projet Manhattan, pour en faire un outil d’une puissance considérable réservée à une petite élite de pays. Et nous voilà revenus au point de départ d’un monde aux besoins basés sur des ressources limitées. La Connaissance n’est qu’un « état intermédiaire » instable. Assurer sa stabilité est le véritable enjeu ! Et pour cela il faut un effort et des ressources considérables. A mon très petit niveau, en tant que consultant en intelligence économique, j’essaye de mettre en place des flux d’informations pérennes dans les entreprises. Mais comprendre le besoin des managers, trouver les sources d’informations dans et hors de l’entreprise, créer les flux, s’assurer de la valeur des prises de décisions … tout cela requiert beaucoup d’énergie. Idriss pourrait aborder prochainement la problématique de la difficulté de garder la Connaissance dans un état « pur » : partageable et créateur de valeur ! Il y a là un bel enjeu de civilisation.

- Second point : Il vente la nature, qui par essai erreur, a produit les plus hautes technologies que nous peinons à reproduire et que nous ferions bien de re-découvrir et imiter. Il vente dans le même temps le système américain qui permet et valorise l’essai erreur. Le problème est que l’essai erreur dans la nature produit des morts (par exemple l’animal qui n’a pas réussi à échapper à son prédateur). Et que dans le monde de l’entreprise, un mort est un chômeur. Notre société vise justement à limiter les morts économiques. Donc l’essai erreur n’est pas possible. Ou alors avec un sacré parachute et un principe de précaution tel … que l’essai-erreur est vidé de toute substance.

- Dernier point : Il est très virulent sur l’éducation à la française. Il fustige par exemple « L’antique religion du reste-à-ta-place, sanctionnée par ses concours et sa bureaucratie, préférera toujours la conformité à la vérité, et n’aura de cesse d’offrir ses ressources et son autorité à des incompétents … » (p 132) On retrouve assez régulièrement des piques contre les « cadavres spirituels », « bas de plafond » et autres « âmes mortes » (p146). On le sent très revanchard. Son livre aurait mérité plus de nuance sur ce point car cela n’apporte rien à sa thèse sur l’âge de la Connaissance.

L’ensemble est très intéressant, agite les neurones, et mérite une lecture.

Jérôme Bondu




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IHNESJJ'ai eu le plaisir d'écrire un article dans Regards croisés, le journal de l'ANA-INHESJ (Association nationale des auditeurs de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice). Le journal est en ligne à cette adresse.

Voici l'introduction et la conclusion :

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Et si la souveraineté numérique était le projet fédérateur dont l’Europe a besoin ?

Intro : Début octobre s’ouvrait la première session nationale « Souveraineté numérique et cybersécurité » délivrée par l’INHESJ et l’IHEDN. Le concept popularisé en 2014 par Pierre Bellanger dans son livre « La Souveraineté numérique » a peu à peu gagné en visibilité. Mais l’adoption par le grand public, comme par les politiques ou par les entreprises, ne semble pas aller assez vite. Nous verrons dans cet article que la révolution informationnelle que nous connaissons bouleverse les règles du jeu. Et que l’Europe semble démunie face à ces nouvelles règles qu’elle ne maîtrise pas. Nous verrons également combien les conséquences de cette non-maitrise vont être graves et profondes. Et enfin que pour se sortir de cette ornière, il faut un véritable effort collectif, effort qui peut s’incarner dans le projet d’une souveraineté numérique européenne.

Sommaire de l'article :
- Nous vivons la cinquième révolution informationnelle
- Les règles et le fonctionnement d’Internet ne sont pas maîtrisés
- Les conséquences de cette « non maitrise » vont être graves et profondes
- Pour se sortir de cette ornière, il faut un véritable effort et à tous les niveaux.
- La souveraineté numérique est une utopie … indispensable

Conclusion : Et pourtant … les enjeux sont tellement énormes qu’il est impossible d’en rester là. Ne rien faire c’est laisser se développer une domination du monde numérique par deux entités ayant des valeurs très différentes des nôtres : Pour nos amis Américains, la donnée personnelle appartient à la structure qui la possède (Google, Facebook, …) même s’il l’a prise sans le consentement éclairé de l’internaute. Cette donnée a de la valeur, et par conséquent doit être commercialisée pour en tirer le plus de profit. Pour nos amis Chinois, la donnée personnelle appartient à l’Etat, qui a la légitimité de tout surveiller. Cette donnée permet de prédire un comportement, et par conséquent peut et doit servir à brider la liberté de se mouvoir, d’agir et in fine d’exprimer une pensée !
Notre investissement sur le sujet doit être à la mesure des impacts que connaîtront les prochaines générations. L'Europe a besoin d'un projet fédérateur. On le sait, on le sent. Redimensionner la révolution numérique à la mesure de nos valeurs est le projet Européen qu'il nous faut. Soyons moteur de cette révolution plutôt que spectateurs inconsistants. Et ne tombons pas dans le misérabilisme de l’inaction. Pierre-Georges Latécoère, parmi tant d’autres, a montré qu’à cœur vaillant tout est possible : « J'ai refait tous les calculs, ils confirment l'opinion des spécialistes : notre idée est irréalisable. Il ne nous reste qu'une seule chose à faire : la réaliser ! ».

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Merci à Nour-Eddine El-Bouhati qui m'a proposé d'écrire cet article ;-)

Jérôme Bondu

Sur le même sujet :
- Interview vidéo de Pierre Bellanger : Comment mettre en place une politique de souveraineté numérique?
- A lire : La souveraineté numérique – Le concept, les enjeux. Sous la direction de Pauline Türk et Christian Vallar
- Compte rendu du Colloque sur la souveraineté numérique / 2018