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L'article de Marie Visot intitulé « Novelli vante la culture du risque »* fait plaisir à lire, en ce qu'il rappel un fondement de l'entreprise : sans prise de risque on ne progresse pas. Où comme le disait si bien un de mes anciens patrons, « pour avancer, il faut se pencher, et donc se mettre en position de déséquilibre. »

L'université d'été des Chambres de commerce et d'industrie, qui s'est déroulée à Toulouse, a insisté sur la nécessité pour la France de « prendre plus de risques pour innover ». L'innovation est essentielle pour la compétitivité des entreprises, peut-on lire. Et pour innover, il faut prendre des risques, et donc ne pas avoir peur de l'erreur.

Selon Xavier Guilhou (qui est intervenu lors de colloques en IE à l'IHEDN), « l'apprentissage de l'erreur devrait être obligatoire ». Pour Philippe Hayat, créateur d'entreprise, « on aura gagné la partie le jour où les français aimeront les entrepreneurs autant que les footballeurs ».

M. Hayat est fondateur de l'initiative « 100 000 entrepreneurs », qui fait intervenir des chefs d'entreprise dans des écoles. Dans une interview pour « Envie d'entreprendre » il place très haut les objectifs de son action : « Il s'agit de donner envie aux jeunes de prendre leur vie en main, de leur donner cette envie d'entreprendre, qu'il s'agisse de fonder une entreprise ou (?) de monter une association ou tout autre projet. D'une manière générale choisir leur vie en montant des projets qui les tiennent à c?ur. » **

Cette initiative rejoint une veille idée personnelle : Je me suis toujours dit qu'il était parfaitement anormal que les gens d'entreprise (salariés, patrons) laisse le soin d'éduquer "leurs enfants" par des personnes qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise (les profs). De cette constatation, j'ai mûrie l'idée suivante :
- Pourquoi ne pas institutionnaliser une demie journée "changement de position" : Il s'agirait pendant une demi journée par an, pour une personne d'entreprise, de passer 4 heures avec des jeunes pour leur expliquer son métier. Le professeur qui écouterait apprendrait aussi beaucoup. Et le salarié ? au contact des jeunes ? de même.
- Inversement, le professeur passerait aussi une demi journée par an en entreprise. Il écouterait, participerait, et s'enrichirait sûrement beaucoup. Bref, il s'agirait de favoriser une progression des deux parties par fertilisation croisée.
Le coût que cela entraînerait serait certainement dérisoire par rapport au changement de mentalité que cela produirait. Cela contribuerait à casser un cloisonnement préjudiciable.

On m'a dit que cela se faisait déjà à petite échelle. Tant mieux. En tout cas l'initiative de "100 000 entrepreneurs" est une forme de réalisation. Chefs d'entreprise, président d'association, à vos claviers pour vous inscrire et consacrer un peu de temps pour vos futurs collaborateurs. Après tout ... c'est sans risque ;-)
Inscription en ligne sur http://www.100000entrepreneurs.com

Jérôme Bondu

Source :
* Article paru dans le Figaro du 7 septembre
** http://www.enviedentreprendre.com/2007/03/par_antoine_tei.html