optical-illusion-250x154J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre de Gérald Bronner « La démocratie des crédules ». Beaucoup de ses conseils rentrent directement dans le champ de l’intelligence économique. 

Voici en trois articles ce que j’en ai retenu.

1- Les biais d’Internet
2- Les biais démocratiques et médiatiques
3- Les biais cognitifs

Je précise que ces articles ne reflètent que ma compréhension de l’ouvrage et n’engagent que moi.
Si le sujet vous intéresse, Gérald Bronner intervient au Club IES le 16 mai à 19h30. Voir l’annonce.

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Esprit humain : les biais cognitifs

 

Nous nous considérons facilement comme des êtres rationnels. Mais notre rationalité a aussi sa « face obscure », et les « pentes naturelles de l’esprit humain » peuvent nous emmener bien bas. En voici quelques-unes :

- On accorde plus d’importance à ce qui vient d’un pair ou d’une personne que l’on apprécie.

- On peut se focaliser sur des détails et leur accorder une importance démesurée, si l’on nous amène adroitement à nous y intéresser.

- L’explication d’un phénomène par une raison de type complot est attirante pour notre esprit car elle provoque un « effet de dévoilement » : on a le sentiment agréable de comprendre quelque chose.

- Nous ne pouvons sans cesse tout analyser car cela serait trop difficile à supporter. Notre « avarice mentale » est le garant de bon fonctionnement de la vie de tous les jours. Mais cela nous conduit à minimiser notre investissement et à nous fier à une intuition qui peut être trompeuse.

- Nous recherchons des causes uniques là où il y a en réalité des causes multiples. C’est le biais de « mono causalisme ».

- Nous allons gommer les données qui ne rentrent pas dans notre schéma de compréhension. « Effet râteau »

- Nous allons surestimer les faibles probabilités.

- Nous allons plus nous mobiliser pour éviter de perdre un avantage que pour obtenir un gain. Le premier a une valeur subjective plus importante que le second.

- Lorsque nous sommes face à un problème complexe, nous le divisons en éléments simples. Mais ce faisant nous risquons d’avoir un raisonnement segmenté avec des décisions inconsistantes d’un segment sur l’autre. « Biais de division ».

- Nous valorisons celui qui donne une alerte. Mais à force d’être alerté, nous rentrons dans une application trop stricte du principe de précaution nuisible à l’action. « Effet Esope »

- Tous ces biais cognitifs sont particulièrement présents lorsque nous traitons de questions impliquantes (santé, sécurité…)

 

On pourrait penser que l’éducation est un bon rempart contre les croyances. Mais là encore les études prouvent le contraire :

- On observe une décorrélation entre le niveau d’étude et l’esprit critique. Les plus éduqués sont aussi les plus curieux, sont ceux qui ont la meilleure « disponibilité mentale », et donc sont ceux qui sont plus perméables aux idées nouvelles, différentes, et bizarres.

 

Quelles solutions ?


Gérald Bronner trace quelques pistes :
- Apprendre à avoir un esprit critique et à suivre une méthode de réflexion.
- Connaître les limites de l’esprit humain, dimentionnellement, culturellement, cognitivement. Aiguiser un réflexe de méfiance. Il faut connaître la « cartographie de nos erreurs systématiques ».
- Apprendre aux communiquant (les médias) à minimiser les biais en présentant le mieux possible les informations, en utilisant une argumentation rationnelle.

 

En conclusion : comment passer de la démocratie des crédules à la démocratie de la connaissance ?

Le marché cognitif actuel, marqué par la libération de l’offre et les progrès de la demande, a certes d’immenses avantages. Mais il a aussi provoqué des effets pervers, qui doivent être compensés par un apprentissage. Il faut former les internautes et les citoyens à maîtriser les informations.

 

Jerome Bondu