Ceux qui pensent que les « réseaux humain » sont une véritable richesse, ne seront pas étonnés à la lecture de l'article des Echos titré « votre carnet d'adresse peut rapporter gros »*. L'auteur présente une pratique qui commence à se répandre dans de grandes sociétés anglaises, et qui ne devrait pas tarder à se développer dans l'hexagone.

Sarah Hopkins DRH du Financial Times (FT) a envoyé récemment un mail aux employés du célèbre quotidien en leur proposant de coopter des futurs collaborateurs « Aidez-nous à recruter de nouveaux talents en nous soumettant des candidats puisés parmi vos contacts ». Récompense : 750 livres (1.100 euros) par nouvelle recrue !

En fait, cette pratique n'est pas nouvelle. Pour avoir eu deux expériences dans des sociétés familiales, l'une avait érigé la cooptation en règle, et l'autre proposait une prime à ceux qui étaient à l'origine d'une embauche. Le fait nouveau, est que cette pratique soit ouvertement utilisée par de grandes entreprises : « le distributeur Sainsbury, l'opérateur téléphonique Vodafone ou encore l'assureur Bupa auraient déjà tous leur « referral scheme » (plan amis recruteurs) » continue l'article.

Et pour cause, les avantages sont multiples :
-. D'abord, un marché de l'emploi britannique est tendu. « 78 % des employeurs britanniques peineraient à conserver leur personnel et 84 % à recruter, d'après la dernière en enquête du CIPD. »
- Ensuite, un recrutement coûte cher : « Si ce plan nous fait économiser de 50.000 livres à 70.000 livres sur des coûts de recrutement d'environ 400.000 livres l'an, tant mieux », admet Sarah Hopkins ».
- On peut penser que celui qui recommande une personne, a initié son contact sur la culture de l'entreprise, les us et coutumes, ? Donc l'intégration se fera plus vite et plus facilement.

Les sommes peuvent être coquettes. Le cabinet juridique Eversheds « a porté les primes offertes en échange d'une cooptation à 3.000 livres pour une secrétaire juridique, voire à 10.000 livres pour un avocat. Tandis que certaines des très discrètes banques de la City iraient jusqu'à débourser 15.000 livres pour se voir proposer les meilleurs éléments, selon le consultant Penna. De quoi assurément motiver les salariés » avance l'article des Echos.

Comme « la nature à horreur du vide », il y a déjà des sociétés qui se sont mis sur le créneau. Telle la société Zubka dont le site est « une plate-forme d'échanges non pour vendre et acheter des biens, comme eBay, mais des emplois », explique les fondateurs Armando Ruffini et David Shieldhouse **.

Après tout, si on peut gagner de l'argent et animer son réseau tout en rendant service ;-)

Jérôme Bondu

Source :
* Les Echos 7 & 8 septembre 2007 , « votre carnet d'adresse peut rapporter gros »  par Arielle Goncalves http://www.lesechos.fr/info/metiers/4619210.htm
** http://www.zubka.com ?Unique recruitment through personal recommendation?