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Le journal Le Temps du 4 février 2020 titre « Par crainte pour ses données, le CERN abandonne Facebook »
L’article explique : « Suite à un nouveau modèle de tarification annoncé en juillet 2019 par Facebook, l’institution se trouvait face à un choix : payer pour continuer à utiliser la version initialement gratuite ou passer à «une version certes gratuite, mais sans droits d’administration et d’accès avec une authentification CERN unique, et moyennant un transfert de toutes les données à Facebook». » Que le CERN, inventeur du web, soit tombé dans les bras de Facebook Workplace a de quoi laisser perplexe. Qu'ils en partent parce que Facebook Workplace devient payant me semble tout aussi étonnant. Et si l'outil était resté gratuit ... le CERN l'utiliserait toujours ?

Ce n'est pas tout : Il y a quelques mois Europe 1 titrait « Gmail devient payant alors que "l'ADN de Google, c'est la gratuité" ». L’article détaille : (il y a) « une nouvelle décision de Google : rendre l'accès payant à Gmail, sa messagerie électronique, lorsque ses utilisateurs dépassent quinze giga octets. Google invite, de plus en plus, les abonnés Gmail - sa messagerie électronique - à basculer sur son offre payante s'ils veulent continuer à recevoir leurs e-mails. »

On ne peut s’empêcher de faire le lien entre ces deux informations… Le temps de la gratuité a un temps. Une fois que la dépendance est assurée, soit le nigaud doit payer, soit on se rembourse sur la bête.

Fondamentalement, il y a de quoi s’étrangler les doigts sur le clavier. Les professionnels de l’information n’arrêtent pas de rappeler que les services informatiques gratuits se payent toujours en données. Dit trivialement cela donne « Si c’est gratuit c’est toi le produit ». Ou moins trivialement, j’aime personnellement beaucoup la forme un peu plus choc : Le modèle économique des GAFAM est pareil à celui des vendeurs de crack. La première dose est gratuite. L’accoutumance est immédiate. Le reste se paye au prix fort.

Il serait temps d’entrer dans une phase de maturité numérique. L’enfance informatique avec sa vision bisounours n’a qu’un temps. Les modèles de réflexion apportés par l’intelligence économique et la « souveraineté numérique » sont plus que jamais nécessaires. On pourra revoir à ce propos les interviews de Louis Pouzin et Pierre Belanger.

Jérôme Bondu