pierre lacoste

La Figaro a annoncé le décès de Pierre Lacoste. J'avais eu l'occasion de travailler avec l'amiral quand il était président de la FEPIE - Fédération professionnelle de l'intelligence économique - devenue le Synfie.

Voici une interview en 2013 dans laquelle nous parlons essentiellement de compétitivité d'entreprise, d'intelligence économique mais aussi de mafia et de résistance. Je me suis rendu compte d'ailleurs qu'il n'y avait pas tant d'interviews de lui ... L'interview a été tournée dans le cadre d'ActuEntreprise...

En outre, l'amiral m'a fait l'honneur et le plaisir de préfacer mon premier livre sur les réseaux humains (je copie-colle ci-dessous sa -trop élogieuse- préface).

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L’excellent ouvrage que Jérôme BONDU consacre aux « RESAUX HUMAINS » se distingue par son opportunité et par son originalité.

Opportunité dans un monde de plus en plus comparable au "Village planétaire" que Mc Luhan avait annoncé dès le milieu du siècle précédent, et alors que Joel de Rosnay, le génial auteur du "macroscope" des années 1970, vient de publier un ouvrage sur le "cerveau planétaire", illustration et confirmation du concept de la "noosphère" imaginé par Teilhard du Chardin.

Opportunité au regard des performances actuelles des réseaux de transports, de télécommunication et de satellites artificiels, conséquences entre autres, de la conquête de l’espace. Le "WEB", la "toile d’araignée" INTERNET, et tous ses réseaux associés, ont d’ores et déjà des conséquences majeures sur la vie des personnes, des sociétés et des Etats contemporains. En 2008 l’éclatement de la bulle financière a mis en évidence les fragilités liées aux réseaux qui relient vingt quatre heures sur vingt quatre, à la vitesse de la lumière, les "traders" des salles de marché du monde entier. Ainsi que l’irresponsabilité des apprentis sorciers de la dérégulation, les "faucons" de la politique et de l’économie, profiteurs cyniques de la spéculation financière. En décembre 2010, l’affaire Wikileaks, projetait dans l’actualité une nouvelle forme d’indiscrétions, sources de rapports conflictuels. On connaissait depuis longtemps le rôle des médias dans les conflits. Désormais il faut s’attendre à la multiplication d’affaires analogues en raison des développements inéluctables des réseaux humains fondés sur les facilités d’exploitation du  cyberespace.

Originalité de l’approche et du traitement d’un sujet difficile, foisonnant, complexe, voire embarrassant, quand il évoque certains aspects confidentiels couverts par le "non-dit". En expliquant lui-même "Pourquoi avoir écrit ce livre ?", Jérôme Bondu justifie les raisons de ses choix et la forme d’un ouvrage articulé sur le recueil et l’exploitation de plus d’une centaine de témoignages. Il les présente dans une séquence logique particulièrement intéressante. Après une "ouverture sur les réseaux", il les classe successivement sous les rubriques « structures », « univers » et « visions », rubriques qui ne correspondent pas à des typologies rigides, mais qui présentent très opportunément une approche ordonnée du sujet. Il les complète aussi par des références documentaires sans omettre de rappeler l’existence de divers sites Internet aisément consultables.

La démarche de Jérôme Bondu vient à point pour compléter la connaissance des réseaux existants et pour étudier ceux qui ne manqueront pas de se créer pour exploiter les nouvelles situations politiques, économiques et sociales d’une époque en transition entre deux mondes et entre deux siècles. Le monde d’hier, celui des grandes guerres entre les nations suivies de quarante ans d’affrontement bipolaire entre les deux superpuissances, l’américaine et la soviétique, et le monde multipolaire d’aujourd’hui notamment caractérisé par la montée des nouvelles puissances asiatiques.

Les questions soulevées au détour des entretiens et des exposés réunis dans cet ouvrage offrent aux lecteurs un remarquable outil de travail au profit de leurs propres réflexions. Le résumé du curriculum vitae de l’auteur et le rappel de ses engagements personnels dans plusieurs « réseaux humains» sont une garantie supplémentaire du sérieux de ses connaissances et de ses compétences sur le sujet.

Pierre Lacoste