idriss


J’ai lu « L’âge de la connaissance » d’Idriss Aberkane (interview sur ThinkerView). Ce livre est en quelque sorte la suite de « Libérez votre cerveau » qui avait fait un carton.

Je connais Idriss depuis quelques années. Il m’avait fait le plaisir d’intervenir au Club IES pour une conférence sur l’économie de la connaissance. Ecartons tout de suite la polémique qu’il y a eu sur ses diplômes (je suis personnellement assez en phase avec l'analyse du Précepteur/Youtube). Et voici une petite note de lecture très personnelle.

Ce qui m’a plu : Une vision positive et intéressante du monde de la Connaissance. Si je résume en quelques lignes : Baser notre système économique sur des matières premières épuisables (pétrole, charbon, …) n’est pas durable. Baser notre économie sur la connaissance rend le système pérenne. La connaissance ne se dévalorise pas en se partageant. C’est ce que l’auteur appelle la loi de Soudoplatoff en référence à Serge Soudoplatoff. Il développe en fin d’ouvrage les idées de la blue economy et de biomimétisme. On ne peut qu’être d’accord avec sa vision, qui porte en elle l’espoir d’un monde meilleur.

Mais si j’ai aimé ce livre, je me permets néanmoins de soulever trois petites critiques :

- Premier point : Le problème majeur est que la connaissance engendre des biens matériels ! Et que ces biens matériels ne sont pas « infinis » comme l’est la connaissance. Les conflits, liés à la possession de ces biens matériels dérivés de la connaissance, sont aussi durs que ceux pour la possession des ressources finies. La course à la bombe atomique en est un bon exemple : Pur produit de l’intelligence d’un homme, Einstein, puis développé par un formidable effort de 130 000 personnes dans le cadre du projet Manhattan, pour en faire un outil d’une puissance considérable réservée à une petite élite de pays. Et nous voilà revenus au point de départ d’un monde aux besoins basés sur des ressources limitées. La Connaissance n’est qu’un « état intermédiaire » instable. Assurer sa stabilité est le véritable enjeu ! Et pour cela il faut un effort et des ressources considérables. A mon très petit niveau, en tant que consultant en intelligence économique, j’essaye de mettre en place des flux d’informations pérennes dans les entreprises. Mais comprendre le besoin des managers, trouver les sources d’informations dans et hors de l’entreprise, créer les flux, s’assurer de la valeur des prises de décisions … tout cela requiert beaucoup d’énergie. Idriss pourrait aborder prochainement la problématique de la difficulté de garder la Connaissance dans un état « pur » : partageable et créateur de valeur ! Il y a là un bel enjeu de civilisation.

- Second point : Il vente la nature, qui par essai erreur, a produit les plus hautes technologies que nous peinons à reproduire et que nous ferions bien de re-découvrir et imiter. Il vente dans le même temps le système américain qui permet et valorise l’essai erreur. Le problème est que l’essai erreur dans la nature produit des morts (par exemple l’animal qui n’a pas réussi à échapper à son prédateur). Et que dans le monde de l’entreprise, un mort est un chômeur. Notre société vise justement à limiter les morts économiques. Donc l’essai erreur n’est pas possible. Ou alors avec un sacré parachute et un principe de précaution tel … que l’essai-erreur est vidé de toute substance.

- Dernier point : Il est très virulent sur l’éducation à la française. Il fustige par exemple « L’antique religion du reste-à-ta-place, sanctionnée par ses concours et sa bureaucratie, préférera toujours la conformité à la vérité, et n’aura de cesse d’offrir ses ressources et son autorité à des incompétents … » (p 132) On retrouve assez régulièrement des piques contre les « cadavres spirituels », « bas de plafond » et autres « âmes mortes » (p146). On le sent très revanchard. Son livre aurait mérité plus de nuance sur ce point car cela n’apporte rien à sa thèse sur l’âge de la Connaissance.

L’ensemble est très intéressant, agite les neurones, et mérite une lecture.

Jérôme Bondu




couveture maitriser internet Jerome BonduDans le cadre de la présentation de mon dernier ouvrage "Maîtrisez internet ... avant qu'internet ne vous maîtrise", voici l'introduction des 10 chapitres:

1 Comprendre les grandes révolutions informationnelles

Dans ce premier chapitre, nous évoquerons quelques éléments historiques remarquables. Il n’est naturellement pas question de prétendre à une quelconque exhaustivité ! Mais simplement de rappeler les fondamentaux : nous commencerons par un survol historique de près de 2 500 ans. Puis nous soupèserons l’importance de la révolution numérique que nous sommes en train de vivre. Pour finir sur une sorte de définition de ce qu’est l’intelligence économique.

2 Trouver des informations avec internet

Dans ce second chapitre, nous allons évoquer les techniques de recherche d’informations sur le web. Si le grand public connait essentiellement Google Search, il existe une panoplie d’outils et de techniques pour tirer le meilleur parti de cette immense base de données. Nous verrons successivement comment utiliser des opérateurs de recherche. Comment créer un moteur de recherche personnalisé. Comment créer des alertes, puis des flux RSS. Et enfin, pourquoi s’intéresser à une plateforme de veille professionnelle

3 Compléter la collecte avec le réseau humain

Dans ce troisième chapitre nous nous intéresserons au réseau humain, autre formidable outil de collecte d’informations. Dans une optique résolument opérationnelle, nous allons évoquer les différentes étapes d’une stratégie réseau. Pour finir nous ferons appel à l’éclairage de la sociologie et des disciplines liées à l’analyse du langage non verbal.

4 Analyser les informations

Les chapitres précédents sont consacrés à la collecte d’informations par internet et par le réseau humain. Dans ce quatrième chapitre, nous verrons quelles sont les techniques pour analyser les informations collectées. Nous rappellerons d’abord l’utilité de quelques matrices de gestion. Puis les fondamentaux de l’analyse comparative (benchmark). Nous nous focaliserons ensuite sur l’analyse d’une source (un site internet par exemple) et sur la mesure de son influence. Enfin, sur les techniques de cartographie décisionnelle. La dernière fiche met l’accent sur les ennemis de l’analyse que sont les erreurs de raisonnement : On évoquera les biais cognitifs, les biais décisionnels et les biais d’internet.

5 Diffuser et partager les informations

Dans ce cinquième chapitre nous allons nous pencher sur la diffusion des informations. Nous allons évoquer différents types de support (la lettre de veille, le rapport, la note d'étonnement, le résumé) et les canaux de diffusion (mail, portail, intranet, réseaux internes et externes).

6 Organiser une dynamique de veille dans une organisation

Les précédents chapitres étaient tournés vers les pratiques des utilisateurs. Il est temps d’aborder dans cette sixième partie les aspects organisationnels de la veille. Comment fait-on pour développer une dynamique de veille ? Quelle méthodologie suivre ?
La première étape consiste en une analyse des besoins. Puis, il s’agit de monter un dispositif. Le choix d’un outil adapté est une étape importante. La pratique de la veille demande des compétences et il faudra former certains collaborateurs. Enfin, on veillera à mener une conduite du changement pour s’assurer d’une bonne dynamique d’ensemble.

7 Influencer son environnement

Dans ce septième chapitre nous allons changer d’angle. Jusqu’à présent nous nous étions positionnés en tant que récepteur d’informations. Il est temps de passer à l’offensive et de nous positionner en tant qu’émetteur. Laissons de côté les mécaniques d’influence au niveau étatique (soft power, smart power ) et concentrons-nous sur cinq notions complémentaires : les médias sociaux, le lobbying, la rumeur, les attaques informationnelles et son corollaire avec la gestion de crise.

8 Protéger son patrimoine informationnel

« L’information » est le pétrole du XXIème siècle ! Et comme le pétrole au siècle dernier, l’information est d’ores et déjà enjeu de rivalités, de captations, de vols, de chantages… Dans ce chapitre nous allons évoquer les menaces qui pèsent sur les entreprises et les techniques de protection. D’abord en évoquant le concept de guerre économique, et les différentes formes d'attaques. Puis en décrivant le concept de patrimoine informationnel. Et enfin les notions de sécurité.

9 Comprendre l’étendue de la surveillance généralisée

Dans ce neuvième chapitre, je vous propose un peu de gravité. L’attraction qu’exercent les nouveaux géants de l’internet nous fait dévier d’une route que, dans une logique de puissance et d’indépendance, nous avions patiemment suivie. Cette métaphore va s’éclaircir dès la première fiche consacrée à expliquer les ressorts de la surveillance politique et économique que nous subissons. Puis nous allons analyser les différents soleils de la nouvelle économie que sont Google, Facebook, Apple et quelques autres. Notre voyage s’apparentera à celui d’Ulysse et nous fera aller de Charybde et Scylla. Le pire n’étant pas impossible.

10 Anticiper et réagir avant qu’il ne soit trop tard

Dans ce dixième et dernier chapitre, je vous propose un peu d’anticipation. Le constat dressé plus haut correspond à ce qui se passe aujourd’hui. Demain peut évoluer positivement ou négativement. Cela dépendra grandement de la réaction collective que nous pourrions avoir pour trouver des solutions et reconstruire un espace numérique libre.

Bonne lecture,

Jérôme Bondu

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couveture maitriser internet Jerome BonduVoici quelques bonnes lignes issues du livre ... histoire de vous mettre l'eau à la bouche :

Tout comme un scribe égyptien n’aurait pas pu prévoir l’importance que l’écriture allait revêtir, nous sommes certainement incapables d’envisager toutes les facettes de cette nouvelle accélération.

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La hausse exponentielle de données informationnelles sur internet, couplée avec une baisse des capacités d’analyse, ne produira malheureusement rien de bon. On peut même s’attendre au pire. L’avènement ou le retour d'un régime totalitaire n’est à ce titre pas exclu.

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Clairement, très peu de personnes savent bien utiliser un moteur de recherche. En effet utiliser un moteur de recherche avec deux ou trois mots clés revient à laisser au moteur le choix des résultats qu’il va mettre en avant. C’est confier à l’outil l’effort de réflexion que l’internaute devrait avoir. Cet effort, il va le payer sous une forme particulière : des résultats plus ou moins pertinents, saupoudrés d’annonces publicitaires.

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La révolution numérique a libéré le « marché cognitif ». N’importe qui est maintenant producteur d’informations. Vous-même, lecteur, avez sans doute un profil Facebook, Twitter, LinkedIn ou YouTube. Vous produisez sans doute, ou au moins relayez des informations. Et vous êtes ravi quand d’autres internautes apprécient votre contenu. Bienvenue dans le marché dérégulé de l’attention. Cela a bien sûr d’immenses effets positifs, mais a aussi entraîné des effets pervers.

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On peut voir les phénomènes de rumeur comme incontrôlables. L’analyse du vocabulaire est, à ce titre, révélatrice. On dit qu’une rumeur naît, enfle, disparaît... autant de termes qui évoquent un phénomène mystérieux et impalpable. En réalité, les mécanismes de maîtrise d’une rumeur sont bien connus.

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La sensibilisation des collaborateurs au patrimoine informationnel n’est pas aisée. Car en termes de protection l’accent est souvent mis sur les aspects numériques (virus, attaque informatique...) ce qui tend à masquer un éventail plus large de failles.

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Certains sociologues parlent d’une drogue et de phénomènes d’addiction. Est-ce que ces outils répondent à un besoin si inassouvi que leur face sombre ait à ce point oblitéré notre perception ? Le coût cognitif nécessaire pour une utilisation raisonnée serait trop important. Nous serions dans une forme de schizophrénie avec une double personnalité : celle qui défend bec et ongle ses espaces de liberté, et celle qui offre aux géants du numérique ses données les plus intimes et précieuses.

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Sans vouloir désigner un coupable facile, il faut quand même souligner que ce sont les internautes eux-mêmes qui par méconnaissance des rouages du web ont alimenté les GAFAM et les ont placés en situation monopolistique. Entendons-nous bien. Les GAFAM ont rendu de précieux services, et ne sont pas dangereux en tant que tels. C’est notre inexpérience dans les possibles dérives numériques qui l’est !

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Nous sommes aux balbutiements d’un nouveau monde. Nous voyons émerger cette innovation sous nos yeux et sommes émerveillés. En réalité nous sommes comme un lapin au milieu des « routes de l’information », ébloui par les phares surpuissants des nouveaux géants du web  qui nous foncent dessus et nous tétanisent.

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Nous avons un monde à construire, et cette perspective est réellement réjouissante ! Construire avec les bénéfices qu’apportent ces innovations. Tout en minimisant les effets cognitifs négatifs, la dépendance informationnelle de l’Europe, et la destruction de la vie privée.

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couveture maitriser internet Jerome Bondu

Voici le sommaire complet du livre "Maîtrisez internet … avant qu’internet ne vous maîtrise !"

 

Préface d'Alain Juillet
Introduction - Pourquoi ce livre ?

1- Comprendre les grandes révolutions informationnelles
Les origines de la veille et de l’intelligence économique
Les cinq révolutions informationnelles
Les caractéristiques de la révolution en cours
L’intelligence économique en tant que discipline

2- Trouver des informations avec internet
Utiliser les opérateurs de recherche
Créer un moteur de recherche personnalisé
Enregistrer des alertes
Maitriser les flux RSS
Utiliser une plateforme de veille

3- Compléter la collecte avec le réseau humain
Se fixer un objectif
Développer son réseau humain
Cartographier son réseau
Utiliser son réseau
Prendre en compte le langage non verbal

4- Analyser les informations
Utiliser les matrices de gestion
Mener une étude comparative
Cartographier l’information
Analyser une source
Prendre en compte les biais cognitifs

5- Diffuser et partager les informations
Produire une lettre de veille et un rapport
Produire une note d'étonnement
Produire un résumé et une synthèse
Diffuser par mail, portail ou RSE
Diffuser via les réseaux internes
Diffuser via les réseaux externes

6- Organiser une dynamique de veille dans une organisation
Analyser les besoins
Monter un dispositif de veille
Choisir les outils
Former les collaborateurs
Conduire le changement

7- Influencer son environnement
Communiquer dans les médias sociaux
Faire du lobbying
Maîtriser la rumeur
Parer aux attaques informationnelles
Gérer une crise

8- Protéger son patrimoine informationnel
Connaître le concept de guerre économique
Connaître les différentes formes d’attaques
Mesurer le patrimoine informationnel et les risques
Sécuriser
Sensibiliser

9- Comprendre l’étendue de la surveillance généralisée
Surveillance politique et économique
Surveillance du grand frère Google
Surveillance du petit frère Androïd
Surveillance de Facebook
Surveillance des autres

10- Anticiper et réagir avant qu’il ne soit trop tard
Anticiper les problèmes futurs
Analyser les réactions des internautes
Comprendre l’inertie ambiante
Trouver des solutions
Reconstruire

Conclusion
Postface de Luc Doublet

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Symphonie du vivantJ’ai lu Symphonie du vivant de Joel de Rosnay. J’étais intéressé par le parallèle imaginé par l’auteur entre ADN biologique et ADN numérique.

Il développe dans un premier temps une description de ce qu’est l’ADN et la génétique, et surtout de ce qu’est l’épigénétique.
- Si notre ADN contient le plan général de ce que nous sommes, tout n’est pas inscrit en nous. Et selon ce que nous mangeons, faisons, pensons… nous pouvons modifier (améliorer ou détériorer) notre santé, notre moral et notre longévité.
- Evidemment, dit de cette manière cela semble une tautologie, mais le développement de l’épigénétique a été une petite révolution dans le domaine de la santé. Ecoutez plutôt l’auteur qui explique très bien cela dans cette courte vidéo.

Il envisage dans un second temps que l’ensemble des codes et algorithmes qui constituent l’ossature d’internet soit une forme d’ADN. Et partant de là, il imagine un équivalent de l’épigénétique qu’il appelle épimémétique. Il a formé ce néologisme à partir du mot « mèmes », sorte de réplication, qui symbolise selon lui notre pouvoir d’orientation (de co-construction en continu) du web.
Il évoque longuement notre capacité à changer, améliorer, orienter positivement l’internet. Il estime que la France, où l’on trouve un grand nombre d’entreprises mutualistes et où s’épanoui une formation de collaboration, est bien placé pour utiliser cet épimémétique.

Clairement, l’auteur est un monstre de connaissances et je ne vais pas m’hasarder à critiquer sa pensée. Mon commentaire est donc plus du côté du ressenti que de l’argumentation logique.
- Je suis moins techno-enthousiaste que lui. Il me semble que la difficulté pour l’immense majorité de la population à bien utiliser le web n’est pas réjouissante.
- Pire, il me semble qu’assez peu de structures vont tirer leur épingle du jeu. Il y aura quelques grands gagnants de cette révolution numérique, des californiennes, des chinoises, … et peu d’européennes. Et le sentiment de liberté que charrie le web est un leurre.

Cette divergence de point de vue ne doit néanmoins pas vous détourner de cet ouvrage. J’en recommande la lecture pour la capacité de l’auteur à dépeindre le concept très intéressant d’épimémétique.

Jérôme Bondu






Un fauteuil sur la SeineJ’ai lu et beaucoup aimé « Un fauteuil sur la seine » d’Amin Maalouf.
L’auteur retrace l’histoire des 18 titulaires du siège numéro 29 de l’Académie Française, celui-là même que l’auteur occupe actuellement. Et certains prédécesseurs ont eu un parcours pour le moins éblouissant, tel Claude Levi-Strauss, Claude Bernard ou Ernest Renan. Amin Maalouf témoigne d’une belle culture historique et son ouvrage se lit aussi facilement qu’une bande dessinée.

Mais si j’en relate la lecture dans ce blog c’est à cause d’une citation du grand anthropologue, auteur de Tristes Tropiques, en conclusion : « L’humanité s’installe dans la monoculture ; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat ».

Claude Levi-Strauss s’est éteint le 30 octobre 2009, soit près de 10 ans après le développement de Google, 5 après la création de Facebook. Je ne sais pas si, comme Michel Serre, il était techno-enthousiaste ou s’il voyait dans les GAFAM les producteurs d’une supra-monoculture qui allait tout écraser. En tout cas, il est plus que jamais essentiel de retrouver une culture historique et profondeur de réflexion. Ce livre y concoure avec bonheur.

Jérôme Bondu

lebihanLe jeudi 4 mai 2017 à 19H30
Le Club IES de l’IAE de Paris Alumni
En partenariat avec le réseau Inter-Ligere Paris
Vous invite à sa 134ème conférence-débat sur le thème :


FAIRE FACE A LA REDUCTION DE LA PENSEE CRITIQUE
Comment développer une pensée heuristique ?

Par Frédéric le Bihan

Inscription en ligne 
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THEME :
Partant de son expérience de « cartographe de l’information », Frédéric Le Bihan s’interrogera sur la réduction de la pensée critique et sur les problématiques de créativité.
Son intervention s'articulera en trois parties :
- Les pathologies actuelles : difficulté de concentration, papillonnage, sollicitions permanente …
- La cartographie comme outil de réflexion.
- Méthodologies opérationnelles.

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INTERVENANT :
Fondateur du blog mapping-experts.fr, premier site français de référence sur la carte heuristique, Frédéric Le Bihan est aujourd’hui considéré comme le chef de file de sa discipline. Il enseigne la carte heuristique dans différentes écoles telles que l'ENSAM (École Nationale Supérieure des Arts et Métiers de Paris) et l'IFM Institut Français de la Mode. Il est expert APM
Il est auteur de : « Organisez vos idées avec le Mind Mapping » (éditions Dunod – 19 mars 2014) ; « Organisez vos formations avec le Mind Mapping » (éditions Dunod – 26 septembre 2012) ; « Présentation Design » (éditions LEDUC.S – 5 avril 2014)

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DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE :
19h15 - 19h30 : Accueil des participants par Jérôme Bondu
19h30 - 20h15 : Intervention de Frédéric Le Bihan
20h15 - 21h00 : Débat avec la salle
21h00 – 21h45 : Cocktail dînatoire

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LIEU :
IAE de Paris – Bâtiment D
12 Rue Jean Antoine de Baïf – 75013 PARIS
Métro : Bibliothèque François Mitterrand

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INSCRIPTION OBLIGATOIRE :
Inscription en ligne ou par chèque.
- 6€ pour les membres de l’AAE IAE.
- 16€ pour les non membres, dont 10 € remboursés aux IAE en cas de cotisation payée sur place ou dans la semaine qui suit l'événement.

Jérôme Bondu

votre cerveau etonner

Après pas mal de lectures dans le domaine de la sociologie et de la psychologie (voir ma conférence dans le cadre du forum IES, et ce résumé), je me suis intéressé depuis environ deux ans au fonctionnement du cerveau.

Le domaine est passionnant. Voici quelques lectures :

J'ai beaucoup aimé "Votre cerveau n'a pas fini de vous étonner". Ouvrage coécrit par de nombreux spécialistes, il a le mérite d'être facile à lire et de faire un tour d'horizon large de la matière. On lira les articles de Boris Cyrulnik, Pierre Bustany, Thierry Janssen, Christophe André, Jean-Michel Oughourlian

J'ai lu aussi deux ouvrages de Bernard Sablonnière : « Les nouveaux territoires du cerveau » et la « Chimie des sentiments ». Le professeur est intervenu le 22 juin 2016 dans le cadre du réseau Inter-Ligere Lille. Dans un langage très accessible il nous a montré les principaux ressorts de l'intelligence.

 

 


Dans des domaines connexes on pourra aussi se référer à :

- Gérald Bronner sur le thème des biais cognitifs
- Idriss Aberkane sur les neurosciences cognitives (qui est intervenu au Club IES en 2014).
- Benoît Sillard intervenu au Club IES en 2013 sur le thème "Sommes-nous maître ou esclave du numérique ?"

Jérôme Bondu

 

blockchainInter-Ligere vous donne rendez-vous le 8 décembre pour le 1er Forum Blockchain appliqué à l’open innovation.

Date : 8 décembre 2016
Lieu : 6 avenue de la Porte de Champerret à Paris (17ème).

Ce Forum inédit est le premier organisé sur le thème de la blockchain appliquée à l’open innovation. Il combine des réflexions prospectives (keynote speeches, échanges lors de tables rondes) avec des ateliers sur des thèmes d’application, des business meetings, des pitches de startups. Au travers de nombreux use cases, le Forum illustre les challenges et les opportunités de la coopétition et de son outillage blockchain.

Vous inscrire : http://www.blockchainforum.fr/
En vous inscrivant avant le 25 novembre vous profiterez d'une réduction tarifaire Early Bird de 60 € (code "EarlyBird") !
 

Intervenants
    Kaidi Ruusalepp, Founder & CEO – Funderbeam
    Philippe Bournhonesque, CTO - IBM France
    Mickaël Réault, CEO - Sindup
    Sébastien Jehan, CEO & lead architect - Ledgys
    Marcella Atzori, International technopolitics analyst, blockchain governance specialist
    Louise Guay, Présidente - Living Lab de Montréal
    Dominik Schiener, Co-founder – IOTA
    Sébastien Jehan, CEO & lead architect – Ledgys
    Geoffroi Garon-Epaule, Vice-Président – Communautique
    Thibault Verbiest, Associé - Cabinet d’avocats de Gaulle Fleurance & Associés
    Stefano Volpi, Co-fondateur - Connecting Food
    Vidal Chriqui
    Pierre Paperon, Fondateur - Observatoire Blockchain des énergies
    André Dan, Maître de Cérémonie
    Jacques Arcade, Challenger, Expert en anticipation novatrice et ingénierie stratégique
    Jean-Pierre Malle, Challenger, CEO - M8
    Bernard Thumerel, Challenger, Directeur - AIDA

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charbonnierJ’ai lu deux ouvrages d’Olivier Charbonner et Sandra Enlart : « Faut-il encore apprendre ? » et « Quelles compétences pour demain ». Ces ouvrages traitent de l’impact de la révolution numérique et des mutations que cela va impliquer.
Ouvrages passionnants. En voici une courte synthèse personnelle.


Nouvelles approches du savoir
- Plutôt qu’apprendre des choses qui risquent d’être rapidement obsolètes, mieux vaut apprendre à apprendre. Dans ce cadre, les auteurs proposent deux choses :
- D’une part l’apprentissage d’un « alphabet du futur » pour être autonome dans l’apprentissage.
- D’autre part des « savoirs de base » qui seront comme des « fondations » intellectuelles, sur lesquelles l’on pourra « élever » une connaissance. La métaphore architecturale est très parlante.

Les capacités du futur
Dans le chapitre sur les capacités du futur, les auteurs traitent d’abord des « capacités informationnelles ». Ils opposent l’importance de maitriser les « flux d’informations » plutôt que les « stocks ». Ils appellent ensuite chacun à concevoir son propre système d’information personnel.

Dans cet ouvrage qui est tiré notamment par les nouvelles technologies, ils n’oublient pas les « capacités relationnelles ». La capacité à créer et gérer les réseaux humains sont à juste titre distingués.

Enfin, dans une approche réflexive, ils insistent sur les « capacités existentielles » comme étant un antidote à l’instabilité de tous savoirs.

Acquérir les capacités du futur
L’acquisition de ces capacités n’est pas innée, et les auteurs insistent sur :
- L’importance de refonder les modalités pédagogiques de demain.
- La nécessaire adaptation des outils pédagogiques.
- Le fait pour chacun de développer des postures d’apprentissage.

Au final, j’ai trouvé ces deux ouvrages passionnants. Très en phase avec la révolution informationnelle en cours.
J’aurai bien aimé que les auteurs évoquent plus les aspects de « dépendance informationnelle ». En effet la vision de l’avenir, la construction de son futur, l’appropriation de son histoire, … dépendent des informations avec lesquelles on se nourrit. Or si les flux d’informations sont maitrisés par d’autres, toute votre vision est impactée. Il me semble que l’évocation d’une politique de « souveraineté informationnelle » ou « souveraineté numérique » aurait été un bon complément aux propos très éclairés des auteurs.

Jérôme Bondu