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La presse belge se fait de plus en plus l'écho de la possibilité de scission de la Belgique. "Près d'un Flamand sur deux veut que la Belgique soit scindée, et deux sur trois pensent qu'elle le sera tôt ou tard" annonce Le Soir*. Cela doit être observé avec attention.

L'arrogance parisienne fait souvent se moquer de la Belgique.
Or ce pays est beaucoup plus riche que l'image d'Épinal le laisse paraître :
- C'est d'abord 10 Millions d'habitants (grosso modo l'Ile de France).
- C'est le pays qui héberge la capitale de l'Europe. Qui parle quatre langues, car outre le Français et le Flamand, il y a une zone germanophone, et puis bien sûr - de fait - l'anglais business.
- C'est aussi un voisin, qui borde la frontière Nord, qui a vu naître Charlemagne, personnage que la France s'approprie facilement (mais qui est tout aussi symbolique pour les Allemands).

C'est enfin un laboratoire de l'Europe. Depuis longtemps, je pense qu'avec la « création » des frontières européennes, et donc par ricochet la « disparition » des frontières nationales, les vielles frontières « historiques » vont ressurgir. En France, on voit des coopérations entre villes ou groupes de villes qui reconstituent des limites de l'ancien régime (les « pays »).
Une vision cynique de la géopolitique pourrait faire dire que la Belgique n'est qu'une création artificielle voulue par les Anglais pour morceler la côte face à l'Angleterre, et compliquer ainsi la création d'un blocus continental (voulu par tous ceux qui ont lutté contre l'Angleterre, à commencer par Napoléon).

Des forces sont en mouvement, qui comme des aimants font se repousser ou se rapprocher des zones. Il est probable que la Belgique un jour se scinde. Non pas du fait de l'antagonisme wallon-flamand, mais surtout du fait de la construction européenne. Il est probable aussi que la zone Francophone ne rejoigne pas la France. Mais que cela soit plutôt le point de départ d'une réflexion à l'échelle de l'Europe du rôle des frontières, de leur sens, de leur valeur. Pourquoi Liège serait dans le même « ensemble » que Biarritz et Rennes ? Pourquoi pas Lausanne aussi ? Pourquoi les réunir ? La guerre des Balkans a vu resurgir du néant des frontières vielles de plus de 1500 ans (en effet, des géopoliticiens se sont aperçus que l'on retrouvait dans ce conflit les limites de l'Empire romain). Les questions posées ne sont pas faciles.
C'est pour cela qu'il faut observer attentivement ce qui se passe la bas. L'avenir européen de la Belgique est ? capital !

Jérôme Bondu

* Sources
http://www.lesoir.be/actualite/belgique/la-scission-n-est-plus-taboue-2007-09-18-550096.shtml